Une opération d’assainissement menée à l’immeuble Flamboyant, à Kinshasa, a donné lieu à une vive confrontation entre le ministre provincial Léon Mulumba et des éléments de la Task Force présidentielle d’assainissement et du Service national. L’incident, qui s’est soldé par l’évacuation du ministre, relance le débat sur les compétences des différents services engagés dans la lutte contre l’insalubrité.
L’intervention faisait suite à une situation sanitaire jugée préoccupante autour de l’immeuble. Une fosse septique défectueuse aurait notamment provoqué le déversement d’eaux usées et de matières fécales dans les caniveaux de l’avenue, aggravant l’insalubrité du secteur.
Face à cette situation, la Task Force présidentielle et le Service national avaient déployé des équipes pour nettoyer les lieux et rétablir des conditions sanitaires acceptables.
C’est au cours de cette opération que le ministre provincial Léon Mulumba s’est rendu sur place. Selon les témoignages et les images diffusées sur les réseaux sociaux, il aurait contesté les méthodes utilisées, notamment la participation forcée de certains occupants aux travaux d’assainissement.
Le ministre aurait rappelé que la Constitution interdit le travail forcé et estimé que la Task Force ne pouvait imposer de tels travaux sans base légale.
Une confrontation autour des compétences
Les éléments du Service national auraient, de leur côté, refusé de se soumettre aux injonctions du ministre, estimant que celui-ci n’avait pas autorité pour leur donner des instructions. Ils ont rappelé que le Service national relève directement du président de la République.
La tension serait alors montée d’un cran. Face à la mobilisation des jeunes du Service national et aux mouvements de foule, les gardes du corps de Léon Mulumba ont dû intervenir pour l’évacuer rapidement.
Au-delà de l’incident, l’affaire soulève une question importante : comment lutter efficacement contre l’insalubrité tout en respectant les compétences de chaque institution et les droits des citoyens ?
La nécessité d’assainir l’espace public ne semble pas faire débat. En revanche, les méthodes employées et la répartition des responsabilités méritent d’être clarifiées.
L’épisode de l’immeuble Flamboyant rappelle ainsi que la lutte contre l’insalubrité ne peut être efficace et durable que si elle s’appuie sur une coordination claire entre les autorités provinciales, les services spécialisés et les structures relevant directement de la présidence.
Nettoyer Kinshasa est une nécessité. Mais l’assainissement, pour être exemplaire, doit lui aussi se faire dans le strict respect de la loi.
Par Marius Bopenga
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