Le journaliste congolais Pero Luwara affirme avoir été interpellé par les autorités belges au sujet de ses activités journalistiques et de ses prises de position à l’égard du pouvoir de Kinshasa. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré que des responsables belges lui auraient demandé de mettre fin à ses activités journalistiques ou, à défaut, de ne plus critiquer le président Félix Tshisekedi.
Selon son témoignage, plusieurs réunions auraient été organisées dans des locaux des autorités et de la police belges afin d’évoquer ses activités, que ses interlocuteurs auraient qualifiées de « conflictogènes ».
Une demande qu’il attribue à la police belge
Pero Luwara affirme que ses interlocuteurs seraient allés jusqu’à lui demander de s’engager à ne plus critiquer le régime de Kinshasa s’il souhaitait poursuivre ses activités en Belgique.
« On me demande, moi, Claude Pero Luwara, par la Police belge, d’arrêter ce travail », a-t-il déclaré, affirmant également qu’il lui aurait été demandé de ne plus critiquer le président de la République.
Le journaliste soutient qu’un document lui aurait même été présenté afin qu’il formalise cet engagement.
« Moi, Claude Pero Luwara, désormais, je m’engage à arrêter le journalisme et à critiquer le pouvoir de Kinshasa », affirme-t-il avoir lu dans le document qui lui aurait été soumis.
Le journaliste évoque également des menaces
Dans son intervention, Pero Luwara a également affirmé avoir été informé qu’il se trouvait à un niveau élevé de menace en Belgique.
Il n’a toutefois pas précisé publiquement la nature exacte de ces menaces, leur origine ni les mesures concrètes que les autorités belges envisageraient à son égard.
Le journaliste affirme par ailleurs bénéficier en Belgique du statut de réfugié et rappelle avoir, selon ses déclarations, été confronté à plusieurs situations dans lesquelles sa sécurité aurait été menacée.
Des accusations qui nécessitent des éclaircissements
Les déclarations de Pero Luwara mettent en cause directement des représentants des autorités et de la police belges. À ce stade, elles reposent toutefois sur son propre témoignage.
La nature exacte des réunions évoquées, le contenu du document qu’il affirme avoir reçu ainsi que l’identité précise des responsables qui auraient formulé ces demandes restent à établir.
Une confirmation officielle des autorités belges permettrait notamment de déterminer si les échanges portaient effectivement sur l’exercice du journalisme et les critiques visant le pouvoir congolais, ou s’ils s’inscrivaient dans un autre cadre lié à la sécurité du journaliste.
L’affaire soulève ainsi des questions sur les conditions dans lesquelles Pero Luwara exerce son activité journalistique en Belgique, mais aussi sur les mesures éventuellement prises par les autorités belges à son sujet.
Par Marius Bopenga
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