RDC : nouveaux combats dans l’Est, Chris Van Hollen affirme que les FARDC peuvent déloger leurs ennemis

Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts dans l’est de la République démocratique du Congo, une déclaration attribuée au sénateur américain Chris Van Hollen relance le débat sur les capacités des forces gouvernementales congolaises face aux groupes armés opérant dans la région.

Dans une déclaration présentée comme datant du 19 septembre 2026, le sénateur démocrate du Maryland aurait notamment estimé que les Forces armées de la RDC (FARDC) défendent au mieux le territoire national et disposent, si elles le souhaitent, de la capacité de repousser les forces adverses, y compris l’armée rwandaise.

Cette déclaration circule notamment sur les réseaux sociaux. Sa formulation exacte et son contexte doivent toutefois être établis à partir d’une source officielle ou d’un enregistrement intégral du sénateur.

Minembwe, nouveau foyer d’affrontements

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, notamment autour de Minembwe.

Selon des sources locales citées par Actualité.cd, des affrontements ont opposé ces derniers jours les forces pro-gouvernementales, comprenant des FARDC, des Wazalendo et des éléments burundais, à des combattants de l’AFC/M23 et de groupes alliés, notamment le Twirwaneho.

Le 18 septembre, des combats avaient été signalés à Natulonge et Kabindo, dans le territoire de Fizi. Des habitants auraient fui les zones directement touchées par les tirs, tandis que les activités quotidiennes ont été perturbées.

Le lendemain, les affrontements se sont étendus vers Biziba et Irumba, dans les environs de Minembwe, selon des sources locales. Des structures de la société civile ont également fait état de déplacements de populations et de perturbations des activités socio-économiques dans plusieurs secteurs de Fizi, d’Uvira et d’Itombwe.

Une autre source locale faisait état, le 19 septembre, de nouveaux combats à Ngandura, sur l’axe Rugezi-Kabandja. Ces informations n’avaient toutefois pas pu être vérifiées indépendamment.

Des positions qui changent régulièrement à Masisi

Dans le Nord-Kivu, la situation reste également instable dans les territoires de Masisi et Walikale, où les affrontements entre l’AFC/M23 et les forces pro-gouvernementales se poursuivent.

Selon une analyse publiée le 18 septembre par Critical Threats Project, les forces pro-gouvernementales avaient enregistré plusieurs gains dans le sud de Masisi, notamment dans le secteur d’Ufamandu. Les localités de Miko, Remeka, Kaleta et Kasake ont notamment fait l’objet de changements de contrôle au cours des opérations récentes.

Les combats autour de Ngungu demeurent particulièrement sensibles en raison de la position stratégique de cette zone et de sa proximité avec plusieurs axes menant vers Walikale et la zone minière de Rubaya. Il s’agit toutefois d’un enjeu stratégique potentiel, et non d’une progression militaire établie vers Rubaya.

Kibati repasse sous contrôle de l’AFC/M23

Plus au nord, dans le territoire de Walikale, la situation demeure tout aussi mouvante.

Après avoir été occupé par les forces pro-gouvernementales, Kibati est repassé sous contrôle de l’AFC/M23 après le retrait des FARDC et des Wazalendo, selon le suivi de Critical Threats Project. Les combats autour de cette localité s’inscrivent dans la bataille pour le contrôle de l’axe reliant Walikale à Masisi.

Les affrontements ont également concerné les secteurs de Mahanga, Buhimba et Kasopo, tandis que les forces pro-gouvernementales ont tenté de consolider leurs positions sur plusieurs axes.

La pression se maintient vers Pinga

Sur l’axe reliant Masisi à Walikale, les combats se concentrent également autour de Malemo, Minjenje, Chanjikiro, Buhimba et Luola.

Selon les informations disponibles, l’AFC/M23 a progressé vers Hembe avant d’être repoussé par une contre-offensive des FARDC et des Wazalendo. Critical Threats Project rapporte que les affrontements se poursuivaient encore autour de plusieurs de ces positions au 18 septembre.

Cette succession d’offensives et de contre-offensives rend particulièrement difficile l’établissement d’une ligne de front stable dans cette partie du Nord-Kivu.

Une situation humanitaire toujours fragile

Derrière les mouvements militaires, les conséquences sur les populations restent importantes. Les affrontements enregistrés dans les territoires de Masisi, Walikale et Fizi ont provoqué de nouveaux déplacements et perturbé les activités économiques et sociales.

Radio Okapi avait déjà rapporté début septembre plusieurs vagues de déplacements consécutives aux combats dans Masisi et Walikale.

Dans ce contexte, les déclarations attribuées à Chris Van Hollen interviennent alors que les forces gouvernementales congolaises cherchent à reprendre l’initiative sur plusieurs axes, tandis que l’AFC/M23 conserve des positions dans différentes zones du Nord et du Sud-Kivu.

L’évolution des combats dans les prochains jours devrait permettre de déterminer si les gains enregistrés par les forces pro-gouvernementales sur certains fronts peuvent être consolidés ou si de nouvelles contre-offensives modifieront à nouveau le contrôle des localités concernées.

Par Basengezi Ntomo
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