Les États-Unis ont retiré François Olenga, ancien chef de la Maison militaire de Joseph Kabila, ainsi que plusieurs entités qui lui étaient associées, dont le Safari Club, de la liste des personnes et entités sanctionnées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain.
La décision, intervenue le 23 septembre 2026, met fin aux restrictions américaines directement liées à ces anciennes désignations sur la liste des Specially Designated Nationals and Blocked Persons (SDN).
Une sanction imposée en 2017
François Olenga avait été placé sur la liste noire américaine en juin 2017, alors qu’il dirigeait la Maison militaire de Joseph Kabila et exerçait des responsabilités sur la Garde républicaine.
À l’époque, Washington l’accusait notamment d’avoir contribué à entraver le processus démocratique en RDC, de harceler des opposants politiques et d’être impliqué dans des arrestations arbitraires. Les autorités américaines lui reprochaient également d’avoir entravé le travail d’observateurs des Nations unies.
Le Safari Club, complexe touristique situé à Kinshasa et présenté à l’époque comme étant sous son contrôle, avait également été visé par les mesures américaines.
Ces sanctions avaient notamment entraîné le gel des éventuels avoirs relevant de la juridiction américaine ainsi que l’interdiction pour les personnes et entités américaines d’effectuer certaines transactions avec les personnes désignées.
Une levée qui intervient dans le cadre de la modernisation des sanctions

La décision de l’OFAC intervient dans un contexte plus large de réexamen de certaines anciennes désignations américaines.
En mai puis en juillet 2026, le Trésor américain avait déjà procédé au retrait de plusieurs dizaines de personnes et entités de la liste SDN, dans le cadre d’une initiative visant à actualiser les listes de sanctions et à supprimer certaines désignations considérées comme obsolètes.
Le retrait d’une personne de la liste SDN signifie que les restrictions directement liées à cette désignation ne s’appliquent plus de la même manière. Il ne constitue toutefois pas, à lui seul, une garantie qu’aucune autre restriction américaine ne puisse éventuellement concerner la personne ou les entités associées.
Un changement dans le traitement américain de l’ancien entourage de Kabila

La levée concernant François Olenga intervient plusieurs années après les sanctions prises par Washington contre plusieurs responsables de l’appareil sécuritaire congolais sous Joseph Kabila.
Elle marque ainsi la fin d’une mesure américaine qui remontait à la période de crise politique ayant entouré la fin du deuxième mandat de l’ancien président.
Pour les banques et entreprises américaines, cette modification implique notamment une mise à jour des dispositifs de filtrage liés aux anciennes désignations concernées. Elle ne signifie cependant pas que l’ensemble des personnes ou structures liées à l’ancien régime congolais ont été retirées des différents régimes de sanctions américains.
Une décision à replacer dans son contexte
Le retrait de François Olenga et du Safari Club constitue donc avant tout une mise à jour du statut de ces anciennes désignations américaines.
Il met fin aux mesures de blocage directement associées à leur inscription sur la liste SDN, sans permettre à lui seul de conclure à un changement général de la politique américaine à l’égard de la RDC ou de l’ensemble des anciens responsables du régime Kabila.
La décision intervient alors que Washington poursuit une révision de plusieurs anciens dossiers de sanctions afin de concentrer ses dispositifs sur les personnes et réseaux considérés comme présentant encore un risque ou une importance pour les priorités américaines.
Par Marius Bopenga
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