Près d’une semaine après la reprise du conflit dans le nord de l’Éthiopie, l’armée mène une contre-offensive sur plusieurs fronts. Au Tigré, sous contrôle des rebelles, un drone a frappé dimanche 27 septembre la télévision publique de la région, à Mekelle. Des affrontements entre les troupes fédérales et les forces tigréennes (TDF) ont aussi été signalés au sud du Tigré, dans la zone d’Alamata, à environ 400 kilomètres au nord d’Addis-Abeba. La conquête de cette ville pourrait changer la suite du conflit.

Dimanche matin à 9h, un drone a frappé l’immeuble de Tigrai TV à Mekelle, capitale du Tigré, région du nord de l’Éthiopie. Aucun blessé n’est pour l’instant recensé, a fait savoir un journaliste de la chaîne à l’AFP. Tigrai TV est considérée comme l’organe officiel du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
C’est sur son antenne, le 20 septembre, qu’avait été annoncée la formation de la nouvelle coalition de groupes armés contre le gouvernement fédéral. Le lendemain, Tigrai TV a été suspendue par l’Autorité des médias.
Alamata, ville stratégique dans le sud du Tigré
Depuis deux jours, les affrontements sont particulièrement intenses entre l’armée et les forces tigréennes dans le sud du Tigré. D’après des sources militaires, l’armée contrôle désormais les localités de Kobo et Waja, situées à quelques kilomètres d’Alamata, sur un axe stratégique menant au Tigré.
La prise de cette ville de 80 000 habitants pourrait d’ailleurs constituer une avancée stratégique pour l’armée, avance un chercheur souhaitant rester anonyme. « Ni les TDF, ni les troupes fédérales ne peuvent se permettre d’abandonner Alamata », plus grande ville après la frontière avec l’Amhara, explique-t-il. « On peut donc s’attendre à une intensification des combats dans la zone ces prochains jours. »
Selon une source basée sur place, la peur domine chez les habitants, qui n’osent plus sortir de chez eux par crainte des frappes de drones de l’armée fédérale. Le 22 septembre déjà, une quinzaine de frappes de drones ont été menées sur la ville, d’après Acled, réseau spécialisé dans la couverture des conflits. Elles visaient notamment des écoles et un hôpital. Le nombre de victimes reste inconnu.
Asmara réfute toujours les accusations de soutien logistique
Vendredi, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné les frappes aériennes menées le 22 septembre par l’armée fédérale sur cinq écoles du Tigré.
De son côté, la nouvelle alliance d’opposition mène toujours l’offensive sur plusieurs autres fronts dans le nord du pays. Dimanche, les rebelles des TDF se sont emparés de la localité d’Erebti, en Afar, à une soixantaine de kilomètres à l’est du Tigré par la route.
Pour le chef de l’armée éthiopienne, Birhanu Jula, les groupes armés impliqués dans le conflit n’agissent pas seuls : le maréchal accuse l’Érythrée de leur apporter un soutien logistique, notamment en faisant passer des munitions au Tigré. Des accusations qu’Asmara a toujours réfutées.
RFI






