RDC : Joseph Kabila invoque le roi Charles pour justifier son combat, tandis que 92 % des Congolais rejetteraient le FRN selon le BERCI

Dans une interview rendue publique ce 27 octobre 2026 par CTGL, l’ancien président de la République démocratique du Congo et leader du Front pour la refondation de la nation (FRN), Joseph Kabila, a défendu son choix de poursuivre le combat politique face à ce qu’il considère comme une fermeture de l’espace politique en RDC. Dans le même temps, une enquête du Bureau d’études, de recherches et de consulting international (BERCI) indique que près de 92 % des personnes interrogées s’opposeraient à la création de son mouvement.

« Nous ne voulons pas de tyrans »

S’exprimant en anglais, Joseph Kabila a invoqué une référence au roi Charles pour soutenir son argument selon lequel la fermeture de l’espace politique ne laisserait d’autre choix que la lutte.

« Lorsque vous fermez l’espace politique, la seule option, selon le roi Charles, est de se battre jusqu’au dernier homme… Dans un pays comme le Congo, on ne peut pas être un tyran, et nous ne voulons pas de tyrans », a-t-il déclaré.

L’ancien chef de l’État a également dressé un bilan sévère de la situation politique du pays, estimant que les acquis des deux dernières décennies auraient été largement compromis.

« Huit ans plus tard, je pense que tous les acquis des vingt dernières années ont été réduits à néant. Là où la gouvernance échoue, vous ouvrez la porte à ce qu’on pourrait appeler l’anarchie et le désordre », a-t-il affirmé.

Ces déclarations traduisent la lecture que Joseph Kabila fait de la gouvernance actuelle et de l’évolution de l’espace politique congolais. La référence au roi Charles, telle que rapportée dans l’interview, n’est toutefois pas accompagnée ici d’éléments permettant d’identifier précisément le propos auquel l’ancien président fait allusion.

Le FRN confronté à un rejet annoncé par le BERCI

Alors que Joseph Kabila défend son engagement, le BERCI a présenté jeudi, à Kinshasa, les résultats d’une enquête menée entre septembre et octobre 2026 dans plusieurs provinces du pays.

Intitulée « Le masque est tombé », cette étude indique que près de 92 % des personnes interrogées s’opposeraient à la création du Front pour la refondation de la nation, le mouvement politico-militaire porté par l’ancien président.

Ce résultat, s’il reflète fidèlement les opinions recueillies dans le cadre de l’enquête, témoignerait d’une forte réserve à l’égard de cette initiative. Son interprétation doit néanmoins tenir compte de la méthodologie du sondage, notamment de la taille de l’échantillon, de sa représentativité et de la répartition géographique des personnes interrogées, éléments qui ne sont pas précisés dans les informations disponibles.

84 % favorables à un dialogue inclusif

Parallèlement, l’enquête du BERCI fait état de 84 % de répondants favorables à la tenue d’un dialogue inclusif entre Congolais, quel qu’en soit le format.

Cette donnée met en évidence un contraste entre le rejet annoncé du FRN et l’adhésion exprimée au principe d’une concertation nationale. Elle suggère que le souhait de voir les acteurs congolais se parler pourrait être plus largement partagé que le soutien à une initiative politique ou politico-militaire particulière.

Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer quels acteurs devraient participer à ce dialogue ni quelles conditions devraient encadrer les discussions.

Entre confrontation politique et recherche d’une issue négociée

Les propos de Joseph Kabila et les résultats annoncés par le BERCI ramènent ainsi le débat congolais à deux questions majeures : la place des acteurs contestant le pouvoir dans l’espace politique et les conditions d’un dialogue susceptible de contribuer à une sortie de crise.

Alors que l’ancien président justifie son combat par ce qu’il décrit comme une fermeture politique, les chiffres du BERCI font apparaître, selon l’enquête, une préférence marquée pour le dialogue, mais pas nécessairement pour le mouvement qu’il dirige.

Reste à savoir comment cette aspiration à une concertation inclusive pourrait se traduire concrètement, dans un contexte où les divergences sur la légitimité des acteurs, le recours aux armes et le respect des institutions continuent de diviser profondément la classe politique congolaise.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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