En échange avec la diaspora congolaise en Russie, le 30 octobre 2026, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a affiché sa volonté de renforcer les relations entre Kinshasa et Moscou. Le chef de l’État a également abordé plusieurs questions liées à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, notamment le dossier des FDLR, ses relations passées avec Joseph Kabila et l’état du système de défense congolais.
La Russie appelée à devenir un partenaire majeur
En marge de son séjour en Russie, Félix Tshisekedi a exprimé son souhait de voir les relations entre les deux pays se renforcer davantage.
« Je crois que la Russie va devenir un partenaire très important, davantage plus important », a déclaré le président congolais devant ses compatriotes établis dans ce pays.
Cette déclaration traduit la volonté affichée par Kinshasa de développer ses relations avec Moscou, dans un contexte où la RDC cherche à diversifier ses partenariats internationaux.
Félix Tshisekedi rapporte une confidence de Joseph Kabila
Au cours du même échange, le chef de l’État est revenu sur une confidence que lui aurait faite son prédécesseur, Joseph Kabila, à l’époque de leur coalition politique.
Selon Félix Tshisekedi, l’ancien président lui aurait déclaré :
« Les Rwandais, je ne les aime pas, ils ont tué mon père. »
Cette déclaration rapportée par Félix Tshisekedi renvoie à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph Kabila et ancien président de la RDC, tué le 16 janvier 2001.
Les FDLR à Kitona : une accusation contre Paul Kagame
Félix Tshisekedi a également abordé la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qu’il considère comme un « prétexte » utilisé par Kigali dans le contexte du conflit dans l’est de la RDC.
Le président congolais a souligné que les combattants de ce mouvement sont aujourd’hui vieillissants. Il affirme que, sur demande insistante des États-Unis, Kinshasa a entrepris de les regrouper à Kitona, dans l’attente de leur transfert vers des pays d’accueil ou de leur retour volontaire au Rwanda.
Selon son récit, un chef d’État africain, dont il n’a pas révélé l’identité, aurait accepté d’accueillir certains de ces combattants sur son territoire.
Félix Tshisekedi accuse toutefois le président rwandais, Paul Kagame, de s’être rendu auprès de ce dirigeant pour le menacer et lui interdire d’apporter son aide à la RDC.
Cette accusation a été formulée par le chef de l’État congolais lors de son échange avec la diaspora. L’identité du dirigeant concerné et les circonstances précises de cette intervention n’ont pas été détaillées.
Joseph Kabila accusé d’avoir affaibli le système de défense
Dans son intervention, Félix Tshisekedi a par ailleurs mis en cause son prédécesseur, Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir détruit le système de sécurité et de défense du pays.
Cette déclaration s’inscrit dans le débat sur les responsabilités politiques et institutionnelles liées à la situation sécuritaire actuelle de la RDC.
À travers cet échange avec la diaspora congolaise en Russie, le président Tshisekedi a ainsi mêlé sa volonté de renforcer les relations avec Moscou à plusieurs prises de position sur le conflit dans l’est du pays et sur l’héritage sécuritaire des précédentes administrations.
Par Pascal Kabeya
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