À Kinshasa, l’affaire Manassé Lomboto, militant de l’opposition décédé dans des circonstances contestées, continue d’alimenter les tensions politiques. Interpellé mardi 3 novembre au Conseil national de cyberdéfense (CNC), Adrien Malenga, secrétaire national chargé de la communication de l’ECiDé, a regagné son domicile après plusieurs heures passées dans les locaux de cette institution.
Cette évolution a été annoncée par son parti, qui promet de revenir sur les circonstances et les motifs de cette interpellation.
Plusieurs heures au CNC
Selon l’ECiDé, Adrien Malenga avait reçu une convocation lundi 2 novembre pour ce qui lui avait été présenté comme une séance de travail. Il s’est rendu au CNC le lendemain, accompagné de ses avocats.
D’après les informations relayées par sa formation politique, il aurait été conduit vers une destination inconnue peu après son arrivée, tandis que ses conseils auraient été invités à quitter les lieux.
Le secrétaire national chargé de la communication a finalement retrouvé son domicile après plusieurs heures d’interpellation. Les circonstances précises de cette démarche n’ont pas encore été officiellement détaillées.
L’ECiDé annonce une prochaine communication
Le secrétaire général de l’ECiDé, parti de l’opposant Martin Fayulu, a annoncé qu’il dévoilerait ultérieurement les circonstances ainsi que les motifs ayant conduit à l’interpellation d’Adrien Malenga.
Cette prochaine communication est attendue alors que l’opposition s’interroge sur la succession des interpellations de ses responsables dans le contexte de l’affaire Manassé Lomboto.
Prince Epenge transféré à Makala
L’interpellation d’Adrien Malenga intervient au lendemain du transfèrement de l’opposant Prince Epenge à la prison centrale de Makala.
Il lui est reproché d’avoir propagé de fausses informations concernant le décès de Manassé Lomboto, militant qui assurait sa garde rapprochée.
Au sein de la Coalition Article 64 (C64), ces événements sont perçus par des responsables de l’opposition comme une tentative de réduire leurs voix au silence et d’entraver les démarches liées à l’affaire Lomboto. Ces accusations restent celles de l’opposition.
La déclaration de Félix Tshisekedi contestée
Les tensions se sont également accentuées après une déclaration du président Félix Tshisekedi lors de son récent séjour à Moscou.
Devant la diaspora congolaise, le chef de l’État aurait affirmé que Manassé Lomboto était décédé de mort naturelle. Cette version diverge de celle défendue par des acteurs de l’opposition, qui contestent les circonstances du décès.
Des responsables de l’opposition estiment que cette déclaration pourrait peser sur la sérénité de la procédure judiciaire, alors que l’affaire demeure pendante.
« Comment les magistrats pourraient-ils instruire sereinement une affaire dont la cause du décès a déjà été annoncée au sommet de l’État ? », s’interroge un cadre de l’opposition.
Une affaire au cœur des tensions politiques
Entre le transfèrement de Prince Epenge à Makala, l’interpellation d’Adrien Malenga et les déclarations autour des circonstances du décès de Manassé Lomboto, le dossier continue de nourrir les tensions à Kinshasa.
Le retour d’Adrien Malenga à son domicile constitue une nouvelle étape dans cette affaire. L’ECiDé promet désormais d’apporter des précisions sur les raisons de son interpellation, tandis que l’opposition réclame davantage de transparence sur l’ensemble du dossier.
Par Marius Bopenga
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