La République démocratique du Congo a officiellement entamé, ce jeudi, son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2025-2026. Une cérémonie solennelle de levée du drapeau congolais au siège new-yorkais de l’ONU a marqué cette entrée historique, consacrant le retour de Kinshasa dans l’enceinte la plus puissante de l’organisation après plus d’une décennie d’absence.
Sous le regard des représentants diplomatiques du monde entier, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présidé cette étape symbolique forte. « Aujourd’hui est un jour important pour la République démocratique du Congo. En entrant officiellement au Conseil de sécurité des Nations Unies, notre pays assume une responsabilité majeure au service de la paix et de la sécurité internationales. C’est un moment de dignité, mais surtout un moment d’engagement », a-t-elle déclaré, soulignant la portée de cet événement.
Une tribune pour porter la voix de l’Afrique et défendre le multilatéralisme
Dans ses premières déclarations en tant que membre du Conseil, la cheffe de la diplomatie congolaise a fixé les priorités de son pays. « L’Afrique et le monde peuvent compter sur la RDC pour être une voix fondée sur des principes, en faveur de la justice et de la coopération multilatérale », a-t-elle affirmé. Ce positionnement place la RDC comme un défenseur actif d’un ordre international fondé sur des règles, à un moment où le multilatéralisme est soumis à de fortes tensions.
L’entrée de la RDC intervient dans un contexte géopolitique complexe, marqué par des conflits multiples, dont plusieurs sur le continent africain. Pour les analystes, cette mandature offre à Kinshasa une tribune unique. « C’est une opportunité historique de porter les préoccupations africaines au plus haut niveau, notamment les questions de sécurité, de souveraineté et de développement, avec la crédibilité d’un pays qui vit lui-même ces défis », estime un diplomate africain en poste à New York.
Un mandat sous le signe des défis intérieurs et de la crédibilité internationale
Cette accession à un siège au Conseil de sécurité présente un paradoxe saisissant : la RDC y siège en tant qu’architecte de la paix mondiale, alors qu’elle lutte toujours pour pacifier sa propre région orientale, minée par l’activité de groupes armés et les tensions régionales. Cette dualité ne sera pas perdue des observateurs et des autres membres du Conseil. Elle confère à la voix congolaise une autorité particulière sur les questions de résolution des conflits, mais expose également le pays à un examen minutieux de sa gestion interne des crises.
La présence de la RDC au sein du Conseil restreint de 15 membres (avec 5 permanents et 10 non permanents) lui donne un pouvoir d’influence direct sur l’agenda sécuritaire mondial. Elle pourra participer aux votes sur les résolutions, présider des réunions, et influencer les décisions concernant des dossiers brûlants, qu’il s’agisse de la situation au Sahel, en Ukraine ou au Moyen-Orient.
Un test de leadership diplomatique
Pour le gouvernement du Président Félix Tshisekedi, ce mandat de deux ans constitue un test majeur de son leadership diplomatique. Il s’agira de concilier la défense des intérêts nationaux, la promotion d’une agenda africain commun, et l’engagement dans la gouvernance mondiale. La manière dont la RDC usera de son droit de veto (qu’elle ne possède pas en tant que membre non permanent, mais qu’elle peut influencer via des négociations) et portera des initiatives sera scrutée.
Le drapeau bleu ciel frappé de l’étoile jaune et de la bande rouge diagonale flotte désormais parmi ceux des autres membres. Il symbolise l’arrivée d’une puissance continentale déterminée à peser dans les affaires du monde. Les prochains mois révèleront si la RDC parviendra à transformer cette position en levier efficace pour la paix, tant pour le continent que pour elle-même.
Par Pascal Kabeya
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