Le Office of Foreign Assets Control (OFAC), relevant du Département du Trésor des États-Unis, a annoncé l’imposition de sanctions contre les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que contre quatre de leurs hauts responsables militaires.
Selon le document publié par Washington, les RDF soutiendraient activement, entraîneraient et combattraient aux côtés du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis et les Nations unies, accusé de violations graves des droits humains et responsable d’une crise massive de déplacements dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les autorités américaines affirment que les offensives du M23, notamment lors des prises de Goma et Bukavu, ainsi que de sites miniers stratégiques, n’auraient pas été possibles sans le soutien opérationnel direct et la complicité de la RDF.
Les quatre responsables sanctionnés

Les personnes désignées sont :
- Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée rwandaise ;
- Ruki Karusisi, général de division et commandant de la 5ᵉ division d’infanterie ;
- Mubarakh Muganga, chef d’état-major de la défense ;
- Stanislas Gashugi, commandant des forces d’opérations spéciales depuis mars 2025.
Ils sont sanctionnés en vertu du décret exécutif 13413, tel que modifié, pour leur rôle présumé dans des actions menaçant la paix, la sécurité ou la stabilité de la RDC.
Accusations détaillées
Washington affirme que des milliers de soldats rwandais seraient déployés dans l’est de la RDC et que la RDF aurait introduit des équipements militaires avancés, notamment des systèmes de brouillage GPS, des systèmes de défense aérienne et des drones.
Le Trésor américain évoque également des exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et actes de torture commis par le M23 avec l’appui rwandais. En contrepartie de ce soutien, Kigali aurait obtenu un accès à des zones minières stratégiques.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré :
« Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et du matériel des Forces de défense rwandaises. »
Cette annonce intervient quelques jours après une rencontre à Washington entre le président américain Donald J. Trump, le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame, dans le cadre des « Accords de Washington » sur la paix et la prospérité.
Implications des sanctions
Les sanctions impliquent le gel de tous les biens et intérêts des personnes désignées situés aux États-Unis ou contrôlés par des entités américaines. Toute transaction impliquant ces personnes ou entités est en principe interdite sans autorisation spécifique de l’OFAC.
Les violations peuvent entraîner des sanctions civiles ou pénales, y compris à l’encontre d’acteurs étrangers facilitant des transactions prohibées.
Washington souligne toutefois que l’objectif des sanctions n’est pas punitif, mais vise à induire un changement de comportement et à favoriser la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Par Marius Bopenga
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