Le ministre Muhindo Nzangi dénonce une « occupation structurée » et des « pratiques de terreur » dans l’Est sous contrôle du M23-RDF

par admin9775

Invité de l’émission Bosolo na Politik, le ministre d’État en charge de l’Agriculture livre un témoignage accablant sur la situation dans les zones contrôlées par les rebelles, évoquant fouet public, travail forcé et spoliation systématique.

La situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo, au-delà des affrontements militaires, prendrait la forme d’une occupation systématique marquée par la terreur et la déshumanisation des civils. C’est le constat sévère et sans détour qu’a dressé ce lundi le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, élu de Goma, lors de son passage sur l’émission Bosolo na Politik de Politik TV.

Le ministre a décrit un quotidien de cauchemar pour les populations des zones sous contrôle des rebelles du M23, milicie soutenue par l’armée rwandaise (RDF). Il a dénoncé un « régime de contrainte systématique » où la violence physique et psychologique est érigée en mode de gouvernance.

Le fouet comme instrument de terreur

Parmi les pratiques les plus brutales évoquées, le ministre a pointé l’usage du fouet comme moyen de coercition publique. « Dans certaines zones, des civils sont fouettés publiquement pour intimider la population. La violence est devenue un mode de gestion », a-t-il affirmé, dépeignant une stratégie délibérée de soumission par la peur et l’humiliation.

Enrôlement forcé, travail imposé et spoliation

Au-delà des châtiments corporels, Muhindo Nzangi a dénoncé un système organisé d’exploitation et de négation des libertés fondamentales. Il a évoqué l’enrôlement forcé des jeunes dans les rangs des rebelles, ainsi que le travail imposé aux habitants, contraints sous la menace de participer à des activités au profit des occupants.

Pour le ministre, cette réalité dépasse le cadre d’un simple conflit armé. Il parle d’un « système d’occupation structuré », caractérisé par la spoliation des terres, le pillage des ressources agricoles et l’instauration d’une administration parallèle au service d’intérêts extérieurs. « Les territoires sont transformés en espaces sans droits, où les populations sont privées de toute protection », a-t-il déploré.

Une cause majeure des déplacements de population

Cette politique de terreur et de dépossession serait, selon le ministre, une cause centrale de l’ampleur des déplacements de population dans le Nord-Kivu. « Les civils ne fuient pas uniquement les combats, mais aussi un environnement marqué par l’humiliation et la négation de leur dignité », a-t-il expliqué, soulignant que l’exode est aussi une fuite devant un ordre oppressif.

Appel à un sursaut national

En conclusion, le ministre a réaffirmé son soutien sans faille aux Forces Armées de la RDC (FARDC) et aux groupes d’autodéfense locaux (Wazalendo). Il a lancé un appel solennel à un « sursaut national » pour la restauration de l’autorité de l’État et de l’intégrité territoriale.

« La souveraineté nationale est non négociable. Notre devoir est de tout mettre en œuvre pour que nos compatriotes de l’Est puissent vivre libres et en sécurité sur leur propre sol », a-t-il martelé, appelant à une prise de conscience collective face à une situation qu’il qualifie de déni fondamental des droits humains et de la dignité congolaise.

Ce témoignage direct d’un membre du gouvernement, originaire de la région, apporte un éclairage cru sur la dimension humaine de la crise et renforce l’urgence d’une réponse à la fois sécuritaire, politique et humanitaire.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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