Mort d’Ali Larijani, figure clef du pouvoir iranien

par admin9775

Le ministre de la Défense israélien a annoncé, mardi 17 mars 2026, la mort d’Ali Larijani dans des frappes menées dans la nuit de lundi à mardi. Une information confirmée par Téhéran dans la soirée du même jour. Il était devenu l’homme fort de l’appareil d’État iranien. Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamanei n’a pas été vu en public depuis sa nomination, Ali Larijani, lui, s’était présenté ces derniers jours en chef de guerre.

Entre diplomatie et violence, Ali Larijani a revêtu différents costumes, de philosophe à conseiller du guide suprême d’Iran, en passant par haut gradé des Gardiens de la Révolution et responsable de la propagande d’État. C’est finalement en tant qu’homme fort du pouvoir iranien qu’il a été ciblé par Israël, dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars.

Un homme du sérail

Ali Larijani est né au cœur du système. Il était fils d’un éminent dignitaire chiite proche de l’ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique. Ses trois frères ont eux aussi endossé des postes à haute responsabilité. L’un d’eux, Sadeq Larijani, chef du système juridique iranien puis président du Conseil de discernement, était d’ailleurs pressenti pour être successeur d’Ali Khamenei.

Ali Larijani a lui-même gravi les échelons dans différentes sphères du pouvoir. Après un doctorat en philosophie occidentale, il a servi durant la guerre Iran-Irak au sein des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Ministre de la Culture de 1992 à 1994, il a ensuite dirigé l’audiovisuel d’État, s’affichant en conservateur fermement opposé aux réformateurs proches du président Mohammad Khatami, orchestrant ainsi la propagande et la censure.

Un négociateur pragmatique

Durant les années 2000, il est devenu secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, s’affichant en interlocuteur pragmatique sur la scène internationale lors de négociations sur le nucléaire. Il a soutenu, dix ans plus tard, l’accord nucléaire historique conclu avec les États-Unis, l’Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Un accord piétiné trois ans plus tard par le retrait des États-Unis de Donald Trump.

Président du Parlement iranien de 2008 à 2020, puis conseiller spécial auprès du Guide suprême, il a plusieurs fois été écarté des élections présidentielles.

Massacres et diplomatie

C’est après la guerre des douze jours provoquée par les États-Unis et Israël, en juin 2025, qu’Ali Larijani est revenu sur le devant de scène. Il avait repris, en août de la même année, le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, principal organe de décision en politique intérieur comme extérieur. Il est ainsi l’organisateur de la répression des manifestations anti-régime de janvier 2026. Des massacres durant lesquels des forces de sécurité iraniennes ont tué entre 7 000 et 30 000 personnes selon les estimations.

Sur la scène internationale, son nom est également revenu comme l’homme de l’ombre des négociations nucléaires indirectes entre Washington et Téhéran, jusqu’à ce que les États-Unis choisissent d’attaquer. De par son parcours au sein des différentes factions du régime, Ali Larijani assurait depuis le rôle de coordinateur entre les différents pouvoirs.

RFI

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