Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a signé la régularisation de l’avancement en grade des sous-officiers de la Police nationale congolaise (PNC), mettant ainsi fin à un blocage administratif qui durait depuis 2013. Une décision largement saluée au sein de la police, où elle est perçue comme une mesure de justice interne et de motivation du personnel.
Le commissaire général adjoint chargé de l’appui et de la gestion de la PNC, Jean Bosco Galenga Makongo, a estimé que cette décision corrige une injustice qui affectait depuis plus d’une décennie les sous-officiers de la police congolaise.
Selon lui, alors que les officiers avaient bénéficié de plusieurs promotions au fil des années, les sous-officiers étaient restés figés au même grade depuis près de treize ans.
« Il s’agissait de corriger une injustice. Les officiers ont été promus deux ou trois fois alors que les sous-officiers sont restés en statu quo pendant près de 13 ans », a-t-il expliqué.
Près de 84 000 à 85 000 agents seraient concernés par cette mesure, dont environ 74 000 policiers actuellement en activité.
Une réforme administrative présentée comme un levier de professionnalisation

Les autorités policières considèrent cette régularisation comme une étape importante vers la professionnalisation de la Police nationale congolaise.
Jean Bosco Galenga Makongo rappelle notamment que la police dispose aujourd’hui d’outils de formation destinés à structurer davantage les carrières, notamment une école de formation des sous-officiers à Kalemie ainsi qu’une académie de police opérationnelle.
Les futures promotions devront désormais être accompagnées d’un parcours de formation, une orientation qui vise à renforcer la qualité du personnel et à moderniser progressivement l’institution.
Au sein de la PNC, plusieurs responsables estiment également que le gel prolongé des grades avait affecté le moral des agents et, par conséquent, leur rendement opérationnel.
Une partie de l’opinion publique attend davantage qu’une réforme administrative
Cependant, au-delà des avancées internes au sein de la police, plusieurs voix s’interrogent sur l’impact concret de cette mesure sur la sécurité quotidienne des Congolais.
Dans une partie de l’opinion publique, certains estiment que la régularisation des grades, bien qu’importante pour le fonctionnement administratif de la police, ne répond pas aux défis sécuritaires majeurs auxquels font face les grandes villes du pays.
Des critiques visent également la gouvernance sécuritaire actuelle. Certains observateurs jugent que le vice-Premier ministre de l’Intérieur apparaît davantage comme un gestionnaire administratif qu’un acteur fortement connecté aux réalités opérationnelles du terrain.
Ces critiques estiment que les mécanismes actuels reposent encore largement sur des rapports administratifs transmis par la hiérarchie policière, sans toujours intégrer des solutions innovantes face à la criminalité urbaine croissante.
Les nouvelles technologies au cœur des attentes
Plusieurs propositions reviennent régulièrement dans les débats autour de la modernisation sécuritaire en RDC.
Parmi elles figurent :
- le déploiement de caméras de surveillance dans les grands carrefours et zones criminogènes ;
- le recours accru aux drones pour les missions de surveillance et d’intervention rapide ;
- la modernisation des moyens de mobilité des forces de sécurité ;
- l’utilisation de motos électriques pour réduire les contraintes liées au carburant et améliorer la présence policière dans les centres urbains ;
- le développement d’outils numériques de cartographie criminelle et d’alerte rapide.
Pour certains analystes, la sécurité urbaine moderne ne peut plus reposer uniquement sur les effectifs ou la hiérarchie administrative, mais doit aussi s’appuyer sur les innovations technologiques et la capacité d’anticipation.
Entre réforme interne et attentes sécuritaires
La régularisation des grades constitue indéniablement une mesure importante pour des milliers de policiers concernés après plus d’une décennie d’attente.
Mais pour une partie de l’opinion, l’enjeu principal demeure ailleurs : améliorer concrètement la sécurité des populations dans un contexte marqué par la montée de la criminalité urbaine, des violences armées et de l’insécurité persistante dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.
Le défi pour les autorités sécuritaires ne sera donc pas seulement de réorganiser les carrières internes, mais aussi de convaincre que ces réformes administratives peuvent se traduire par une amélioration tangible du quotidien des citoyens.
Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online






