La capitale ukrainienne a été violemment bombardée par l’armée russe dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai. Quelques heures auparavant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et l’ambassade des États-Unis à Kiev s’étaient inquiétés de la possibilité d’une attaque russe imminente et de grande ampleur tandis que Vladimir Poutine avait promis une réponse militaire à la frappe de drones ukrainiens sur des bâtiments éducatifs de la région de Lougansk occupée par Moscou, dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai.
Quelques jours après une attaque ukrainienne meurtrière contre un lycée dans une région occupée par la Russie pour laquelle le président russe Vladimir Poutine avait promis une riposte militaire, d’intenses bombardements ont frappé Kiev, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai.
Selon notre correspondant dans la capitale ukrainienne, Lucas Lazo, une dizaine d’explosions très puissantes ont retenti sur les coups de 1h du matin, avant que de nouvelles vagues frappent la ville depuis la terre, les airs et la mer Noire. Des journalistes de l’AFP ont également aperçu des balles traçantes fendre le ciel noir et ont entendu des tirs de mitrailleuse tentant vraisemblablement d’abattre un drone vrombissant au-dessus du centre-ville. Dans les abris du métro, la lassitude était visible sur les visages des Ukrainiens, rapporte notre correspondant.
L’armée ukrainienne a de son côté annoncé, sur Telegram, que la capitale faisait l’objet « d’une attaque massive de missiles ennemis ». Une alerte aérienne a été déclenchée dans toute l’Ukraine. L’attaque contre la capitale mobilise « des missiles de divers types et des drones », a indiqué l’armée ukrainienne.
Des incendies étaient toujours en cours dans certains quartiers résidentiels et industriels, dans la matinée du dimanche. Des familles étaient toujours bloquées dans l’abri d’une école du centre-ville dont l’ouverture s’est effondrée.
Ces attaques nocturnes de missiles et de drones ont fait au moins un mort et 13 blessés, dont sept ont été hospitalisés, a écrit sur Telegram le maire de la capitale, Vitali Klitschko, selon qui une école a également été touchée dans le quartier de Shevchenkivsky. Une frappe « à proximité » d’un autre établissement scolaire a entraîné le blocage, par des débris, de l’entrée d’un abri où sont réfugiés des habitants, a enfin précisé celui-ci.
« Des signes de préparation pour une frappe combinée sur le territoire ukrainien »
Quelques heures plus tôt, le président ukrainien et l’ambassade des États-Unis à Kiev s’étaient inquiétés de la possibilité d’une attaque russe imminente et massive contre le pays. « Nous voyons des signes de préparation pour une frappe combinée sur le territoire ukrainien, y compris Kiev, impliquant divers types d’armes », notamment le missile Orechnik de portée intermédiaire et particulièrement difficile à intercepter, avait notamment déclaré Volodymyr Zelensky, appelant la population à « agir avec responsabilité » et à se rendre dans les abris en cas d’alerte. L’ambassade américaine à Kiev avait également « reçu des informations concernant une attaque aérienne potentiellement importante qui pourrait survenir à tout moment », selon un communiqué publié sur son site internet.
L’armée russe a déployé l’Orechnik, son missile hypersonique à capacité nucléaire le plus récent, l’année dernière en Biélorussie, pays allié de Moscou qui partage une frontière avec trois États membres de l’Otan et de l’Union européenne – la Pologne, la Lituanie et la Lettonie – ainsi qu’avec l’Ukraine. Moscou a déjà employé l’Orechnik à deux reprises depuis le début de son invasion de l’Ukraine en février 2022.
Le président russe Vladimir Poutine avait promis une réponse militaire après une frappe de drones ukrainiens dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai sur des bâtiments éducatifs de Starobilsk, dans la région ukrainienne de Lougansk (est) occupée par Moscou. L’attaque a fait au moins 18 morts et plus de 40 blessés.
Kiev a démenti avoir visé des cibles civiles et a affirmé avoir frappé une unité russe de drones stationnée dans la région.
RFI






