RDC : Joseph Olenghankoy convoqué à la Cour de cassation après ses déclarations sur le sit-in du 12 juin

by admin9775

Le président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA), Joseph Olenghankoy, est attendu ce mardi 23 juin devant le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde.

Selon des sources judiciaires, cette convocation intervient dans le cadre des enquêtes ouvertes à la suite des incidents survenus lors du sit-in organisé le 12 juin dernier à Kinshasa par la Coalition 64, opposée au projet de révision constitutionnelle.

Le président du CNSA est invité à fournir des éclaircissements sur plusieurs publications diffusées sur son compte X, dans lesquelles il faisait état d’un bilan provisoire de dix morts, quinze disparus et 176 blessés graves.

« Le bilan provisoire de la manifestation contre le changement de la Constitution à Kinshasa fait état de 10 morts, 15 disparus et 176 blessés graves », avait notamment écrit Joseph Olenghankoy.

Dans un autre message, il dénonçait une dérive autoritaire du pouvoir, affirmant que « le pouvoir bascule dans la tyrannie extrême et l’étendard sanglant est levé, mais le peuple gagne toujours ».

Le président du CNSA avait également signalé l’arrestation présumée des activistes Best Mulamba et Kasongo Ilunga, qu’il affirmait avoir été interpellés par des individus non identifiés avant d’être conduits vers une destination inconnue.

Les autorités judiciaires souhaitent désormais vérifier l’origine et la fiabilité des informations relayées par Joseph Olenghankoy, alors que le parquet général a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à établir les circonstances exactes des événements du 12 juin et les éventuelles responsabilités.

Dans un communiqué publié le 19 juin, le procureur général près la Cour de cassation avait indiqué que les investigations en cours visaient à collecter des données objectives et fiables afin de déterminer les faits avec précision et, le cas échéant, d’engager des poursuites contre les auteurs, coauteurs ou complices avérés.

Le parquet avait également mis en garde contre la diffusion de rumeurs, d’allégations mensongères ou d’informations non vérifiées susceptibles de perturber le déroulement de l’enquête.

À ce stade, aucun bilan officiel définitif des incidents du 12 juin n’a été communiqué par les autorités compétentes.

La Coalition 64 avait organisé ce sit-in pour protester contre le projet de révision constitutionnelle, que ses membres estiment susceptible d’ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir du président Félix Tshisekedi. De son côté, la majorité présidentielle rejette ces accusations et soutient que le débat porte uniquement sur l’organisation d’un référendum, conformément aux dispositions de la Constitution.

Par Pascal Kabeya
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