Avec ses 64.000 mètres cubes d’eau et ses trois millions de poissons d’élevage, la plateforme Xinhuan nᵒ 1 incarne les ambitions chinoises dans l’aquaculture industrielle offshore.
Une immense plateforme aquacole semi-submersible vient d’entrer en service au large de Sanya, dans la province chinoise de Hainan. Capable de contenir plus de 64.000 mètres cubes d’eau –soit l’équivalent d’une vingtaine de piscines olympiques– cette installation marque une nouvelle étape dans le développement de l’aquaculture industrielle en mer.
Baptisée Xinhuan nᵒ 1, elle est aujourd’hui la plus grande structure de ce type en Chine. Dès ses premières opérations, elle doit accueillir environ trois millions de jeunes poissons, principalement des espèces comme le barbure à quatre doigts et le mérou, très prisées sur les marchés asiatiques.
Un article de New Atlas explique que la plateforme est organisée en plusieurs zones compartimentées, permettant d’adapter l’espace aux différentes phases de croissance des poissons. Ce système facilite une production continue tout au long de l’année, grâce à une rotation des élevages et une gestion optimisée des densités.
Selon son exploitant, l’objectif est de produire deux cycles annuels d’environ 2.000 tonnes chacun, soit près de 4.000 tonnes de poissons par an. Au-delà de la production, le projet intègre également une dimension touristique, avec des activités de pêche de loisir et des visites en mer destinées au grand public.
Sur le plan technique, Xinhuan nº 1 repose sur un système de ballast qui lui permet de s’adapter aux conditions maritimes changeantes. La structure a été conçue pour résister aux typhons, un enjeu majeur dans cette région, et a subi des tests rigoureux avant sa mise en service.
Un impact écologique difficile à contrôler
L’installation vise également à reproduire, dans la mesure du possible, les conditions naturelles de l’environnement marin. Elle dispose notamment d’un système d’échange continu d’eau de mer, fonctionnant 24 heures sur 24, afin de maintenir une qualité d’eau compatible avec l’élevage intensif.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine visant à déplacer certaines activités industrielles vers le large. Cette tendance ne se limite pas à l’alimentaire, incluant également des infrastructures innovantes comme des centres de données sous-marins alimentés en partie par des énergies renouvelables.
Cependant, l’impact environnemental de ces fermes marines géantes reste incertain. L’exemple de la Norvège, leader mondial de l’aquaculture, montre que ce type d’élevage peut entraîner des dommages importants aux écosystèmes, notamment en raison des rejets, difficiles à contrôler en pleine mer.
Si Xinhuan nº 1 n’est pas la plus grande structure au monde –ce titre revenant à une ferme norvégienne dédiée au saumon– elle illustre l’essor rapide de ces usines flottantes» aux dimensions impressionnantes, et à l’impact écologique potentiellement dramatique.
Slate






