Coupe du monde 2026: l’Algérie saisit la Fifa, l’Argentine à nouveau accusée de bénéficier de favoritisme

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Après sa défaite face à l’Argentine de Lionel Messi (0-3) le 16 juin, pour son premier match dans cette Coupe du monde 2026, l’Algérie a saisi la Fédération internationale de football (Fifa) pour protester contre un arbitrage qu’elle juge défavorable. Des accusations qui relancent l’idée que l’Albiceleste serait favorisée.

L’Algérie s’estime lésée. Dès le lendemain de la défaite cinglante, le 16 juin, des Fennecs face à l’Argentine (0-3), championne du monde en titre, l’Agence France Presse apprend que la Fédération algérienne de football (FAF) a formulé un recours auprès de la Fifa. Elle s’insurge contre « l’injustice arbitrale » dont son équipe aurait fait les frais pour son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026.

L’Algérie assure que trois actions méritaient l’exclusion des joueurs argentins concernés. En tête de liste, le prodige de 38 ans et octuple Ballon d’Or Lionel Messi, auteur des trois buts de l’Argentine.

Messi coupable ?

Alors qu’il a déjà ouvert le score pour l’Albiceleste, le numéro 10 monte au pressing sur l’Algérien Aïssa Mandi. Dans sa course, il marche avec son crampon gauche sur l’arrière du tibia du défenseur, qui chute lourdement et se tord de douleur. La violence du choc, exacerbée par le visionnage de l’action au ralenti, aurait pu valoir à Messi une exclusion. Une décision arbitrale qui aurait privé l’Argentine de sa star avant même la 31e minute de jeu.

Pourtant, l’arbitre polonais Szymon Marciniak ne sanctionne l’action que d’une simple faute. Aussi, si la FAF fait état du manque de pénalisation de « deux coups de coude sur Ibrahim Maza et Anis Hadj Moussa, dans des situations qui justifiaient elles aussi une exclusion », elle précise à l’AFP que c’est « avant tout » la faute de Messi qui est au centre de son recours. L’absence de conséquences pour le geste de l’Argentin a depuis été longuement commentée et disséquée, beaucoup s’accordant à dire qu’il aurait dû écoper d’une pénalité.

En attaque, les « créateurs », comme Leo Messi, bénéficient d’une protection arbitrale de fait, en raison de l’abondance de coups dont ils peuvent être la cible. En revanche, cette même situation pourrait les avantager, lorsqu’ils défendent un peu trop dur. « N’importe quel autre joueur aurait pris un rouge pour cette semelle assez grossière sur un mollet. Il aurait dû être expulsé, surtout après visionnage du VAR [Assistance vidéo à l’arbitrage, NDLR]. La consigne de protection des créateurs peut avoir un effet pervers quand ils font les fautes », insiste Saïd Ennjimi, ancien arbitre international, interrogé sur la question par L’Équipe.

Sur son compte X, le journaliste de beIN Sport, Hafid Derradji, a rapporté le 20 juin que la Fifa avait réagi à la demande de l’Algérie en sanctionnant les arbitres de l’assistance vidéo.

Soupçons de favoritisme

Favoritisme volontaire ou pas, force est de constater que prendre la décision, en tant qu’arbitre, d’expulser un joueur du calibre de Messi au début d’un match de Coupe du monde n’est pas chose facile. D’autant que d’autres coups de semelle, comme celui du capitaine marocain Achraf Hakimi sur le Brésilien Vinicius Jr, n’ont pas été sanctionnés. Toujours est-il que ces accusations d’injustice de la part de la sélection algérienne rappellent les critiques déjà formulées contre l’Argentine lors de la dernière Coupe du monde.

En 2022, l’Argentine s’impose en finale 4-2 aux tirs au but face à la France après une rencontre haletante. Menée 0-2, la France recolle au score grâce à deux buts de Kylian Mbappé entre la 78e et la 81e minute. En prolongation, l’Argentine passe devant mais voit de nouveau la France égaliser par l’intermédiaire de son attaquant vedette. Les Bleus s’inclinent finalement aux tirs au but. Plusieurs décisions de l’arbitre ont toutefois été contestées pendant ce match – notamment le premier penalty accordé à l’Argentin Angel Di Maria pour une faute d’Ousmane Dembélé et l’absence de carton rouge sur la faute de Nicolas Otamendi sur le Français Randal Kolo Muani –, alimentant une théorie selon laquelle le sacre de Messi avait été écrit à l’avance par la Fifa.

Très populaire sur les réseaux sociaux, cette hypothèse n’a aucun fondement tangible mais s’appuie surtout sur le traitement, supposément favorable, accordé à l’Albiceleste pendant les matchs antérieurs de la compétition. Messi qui échappe à l’exclusion après une main alors qu’il avait déjà reçu un carton jaune, ou encore la faute, parfois jugée (trop) sévère, sifflée sur le gardien croate en demi-finale et qui permet à l’Argentine d’ouvrir le score… Les internautes avaient cumulé ce qu’ils considéraient être de nombreuses preuves d’un favoritisme établi de la part de la Fifa à l’égard de la Pulga et des siens.

Ces suspicions reposent ainsi sur bien peu de choses, si ce n’est des interprétations personnelles. Une observation factuelle tout de même : l’Argentine a obtenu plus de penalties qu’aucune autre équipe pendant la Coupe du monde 2022 au Qatar.

RFI

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