En visite officielle à Kinshasa, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a plaidé pour le maintien des frontières ouvertes avec la République démocratique du Congo afin de faciliter la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement l’Est du pays.
La question a été au centre des échanges entre le chef de l’État burundais et son homologue congolais, Félix Tshisekedi, lors d’une rencontre consacrée notamment aux défis sécuritaires, sanitaires et économiques auxquels fait face la région des Grands Lacs.
Face à la résurgence de l’épidémie, les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération régionale afin de coordonner les efforts de prévention, de surveillance épidémiologique et de prise en charge des personnes affectées.
À l’issue de cette rencontre, le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe, a rappelé que les recommandations internationales privilégient la solidarité et la coopération transfrontalière plutôt que l’isolement des pays touchés.
« Selon les règlements sanitaires internationaux de l’Organisation mondiale de la santé, en cas d’épidémie, on ne doit pas fermer les frontières. Au contraire, lorsque vous les fermez, vous empêchez même l’aide d’arriver à l’épicentre de l’épidémie et dans le pays touché. Nous devons ouvrir les frontières, être solidaires et faire entendre notre voix afin que les choses se passent dans de bonnes conditions », a déclaré le scientifique congolais.
Pour les autorités sanitaires, le maintien des échanges contrôlés entre les pays voisins constitue un élément essentiel dans la lutte contre la propagation du virus. Il permet notamment d’assurer la circulation des équipes médicales, des médicaments, des équipements de protection et de l’assistance humanitaire vers les zones affectées.
Le président Évariste Ndayishimiye a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une réponse collective à cette menace sanitaire qui dépasse les frontières nationales. En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, il a appelé les États de la région à renforcer leur collaboration afin de prévenir toute propagation transfrontalière du virus.
Cette position rejoint celle défendue par les autorités congolaises, qui privilégient une approche basée sur la surveillance renforcée aux points d’entrée, le dépistage des voyageurs et la coordination des systèmes de santé plutôt que sur la fermeture des frontières.
Alors que les efforts de riposte se poursuivent dans l’Est de la RDC, Kinshasa et Bujumbura affichent ainsi leur volonté commune de faire de la coopération régionale un levier essentiel pour contenir l’épidémie et protéger les populations des deux pays.
Par Marius Bopenga
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