Le Syndicat national des médecins (SYNAMED) a annoncé un durcissement de son mouvement de grève en lançant l’opération « Hôpitaux sans médecins », qui se déroulera du 7 au 16 juillet 2026 dans les hôpitaux publics de la République démocratique du Congo, à l’exception des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 6 juillet à Kinshasa. Le syndicat justifie cette nouvelle étape par le non-respect, selon lui, des engagements pris par le gouvernement à l’égard des médecins des services publics.
Le secrétaire exécutif provincial du SYNAMED pour la ville de Kinshasa, Dr Patrick Boloko May, a regretté l’absence de dialogue avec l’exécutif.
« Il est fort regrettable de constater qu’en dépit de l’instruction du Président de la République adressée à la Première ministre de recevoir le SYNAMED et d’ouvrir le dialogue social en faveur des médecins des services publics de l’État, la cheffe du gouvernement est restée indifférente. Cela traduit un mépris à l’égard des médecins des services publics de l’État et de la population bénéficiaire de leurs prestations », a-t-il déclaré.
Le syndicat affirme que cette absence de réponse du gouvernement justifie la poursuite de la grève et la mise en œuvre de cette nouvelle forme de mobilisation.
« Au vu de cette indifférence affichée par le gouvernement, le Bureau exécutif national indique que la grève des médecins des services publics de l’État membres du SYNAMED se poursuit et que le format « Hôpitaux sans médecins » débute ce mardi 7 juillet 2026 à partir de 7 h 30 sur toute l’étendue du territoire national », a ajouté le Dr Patrick Boloko May.
Pendant cette période, les consultations et les activités médicales ordinaires seront suspendues dans les établissements concernés. Le SYNAMED précise toutefois que les services d’urgence et les banques de sang continueront de fonctionner, tandis que la prise en charge des cas critiques sera assurée dans des structures désignées sous la supervision des médecins directeurs, des chefs de département et des chefs de staff.
Le syndicat a également averti les responsables des établissements publics de santé contre toute tentative visant à entraver le mouvement de grève. Il appelle l’ensemble de ses membres à respecter strictement les consignes syndicales et à maintenir la mobilisation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
Cette nouvelle phase du mouvement social intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le corps médical et le gouvernement, alors que les négociations sur les conditions de travail et les revendications des médecins peinent à aboutir.
Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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