Contrairement aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux annonçant la prise de la ville de Baraka, dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), plusieurs sources locales indiquent que la cité demeure sous le contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants Wazalendo et des éléments de l’armée burundaise.
Selon ces mêmes sources, seule la localité de Mulima serait tombée, dimanche 5 juillet, entre les mains de la coalition rebelle AFC/M23-Twirwaneho.
Sur l’axe Mwenga–Baraka–Fizi Centre, des mouvements de panique ont toutefois été signalés. Des militaires ainsi que des membres de leurs familles auraient quitté les zones de combat, tandis que des éléments des FARDC se seraient repliés vers la cité minière de Misisi, située sur l’axe conduisant à Kalemie, dans la province du Tanganyika.
La situation demeure évolutive et aucune communication officielle des autorités militaires n’a confirmé une modification du contrôle de la ville de Baraka.
L’administrateur de Fizi dénonce une détérioration de la situation sécuritaire
Dans un message adressé à la population, l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga, a dénoncé une aggravation continue de la situation sécuritaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Selon lui, plusieurs localités, notamment Point Zéro, Mikenge, Kalingi, Katenge et leurs environs, subissent depuis le 18 juin des bombardements qu’il attribue à des drones et à l’aviation rwandaise.
« Cela fait exactement deux semaines, depuis le 18 juin 2026, que Fizi est en deuil. Plus de cinquante personnes ont été tuées, parmi lesquelles des femmes enceintes, des écoliers, des élèves, des enfants, des déplacés internes ainsi qu’un partenaire humanitaire », a-t-il déclaré.
L’autorité territoriale affirme également que plusieurs infrastructures civiles ont été touchées, notamment des écoles, des églises, des marchés et des champs, aggravant la crise humanitaire dans cette partie du Sud-Kivu.
Des accusations contre la coalition rebelle
Samy Kalonji Badibanga accuse par ailleurs la coalition composée des RDF, de Red Tabara, des FNL, de Twirwaneho et de l’AFC/M23 de commettre de graves violations des droits humains dans les hauts et moyens plateaux de Fizi.
Il affirme également disposer d’informations faisant état de la présence de combattants kényans et somaliens aux côtés de cette coalition. Ces allégations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante.
Au nom du gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, l’administrateur a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a réaffirmé son soutien aux initiatives du président Félix Tshisekedi en faveur du rétablissement de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
Il a également appelé les FARDC et les combattants Wazalendo à poursuivre la défense du territoire, tout en exhortant la population à préserver la cohésion sociale et le vivre-ensemble malgré le contexte sécuritaire.
À ce stade, les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs du territoire de Fizi et la situation reste particulièrement mouvante. Les autorités n’ont pas annoncé de changement officiel concernant le contrôle de la ville de Baraka, qui demeure, selon les informations disponibles, sous contrôle des forces gouvernementales.
Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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