Le président rwandais Paul Kagame a tenu un discours ferme lors d’une réunion du Bureau politique du Front Patriotique Rwandais (FPR), réaffirmant que le Rwanda ne resterait pas passif face à ce qu’il considère comme des menaces contre sa sécurité nationale.
Selon le chef de l’État rwandais, il serait illusoire de penser que son pays pourrait être réduit au silence ou intimidé. Il a affirmé que toute menace visant le Rwanda ou ses citoyens entraînerait une réponse de Kigali.
« Faire taire notre pays sera plus difficile que certains ne l’imaginent. Toute menace contre les nôtres appellera une réponse de notre part. Rien ne pourra nous réduire au silence de notre vivant », a-t-il déclaré.
Évoquant les appels de certains à la disparition du M23 et, selon ses propos, du Rwanda lui-même, Paul Kagame a indiqué ne pas souhaiter une telle confrontation, tout en affirmant que son pays était prêt à y faire face si les circonstances l’exigeaient.
Les FDLR au cœur du discours
Le président rwandais a également réaffirmé que la principale préoccupation sécuritaire de Kigali demeurait la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon lui, il appartient aux autorités congolaises ou à la MONUSCO d’empêcher ce groupe armé de représenter une menace pour le Rwanda.
« Vous les empêchez d’envahir notre pays, ou nous nous en chargerons nous-mêmes », a déclaré Paul Kagame.
Les opérations à Minembwe
Le chef de l’État rwandais est également revenu sur la situation dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, évoquant notamment Minembwe. Il a affirmé avoir alerté sur des frappes de drones qui, selon lui, visaient des populations banyamulenge.
« Quand je leur ai dit qu’ils tuaient des Banyamulenge, ils m’ont répondu que cela ne me regardait pas », a-t-il déclaré.
« Si je parle de ce qui se passe à Minembwe, les États-Unis me disent : “Tais-toi, ce n’est pas ton affaire !”
Paul Kagame a estimé que le silence de la communauté internationale face à cette situation lui rappelait celui observé avant le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda. Il a appelé à une condamnation des actions qu’il attribue aux forces congolaises et burundaises.
Un discours centré sur la gouvernance
Au cours de cette réunion, le président rwandais a également développé sa vision de l’action politique, qu’il oppose à ce qu’il considère comme une politique fondée sur le mensonge.
« La politique du FPR consiste à affronter les problèmes et à trouver des solutions. La politique fondée sur le mensonge, l’invention, la tromperie (…) ne fait qu’ajouter de nouveaux problèmes à ceux qui existent déjà », a-t-il déclaré.
Des accusations qui s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions
Les déclarations de Paul Kagame interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Kigali et Kinshasa autour du conflit dans l’est de la RDC.
Le gouvernement rwandais affirme agir en raison de la menace que représentent les FDLR, tandis que les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir militairement l’AFC/M23, une accusation reprise dans plusieurs rapports d’experts des Nations unies et rejetée par Kigali.
Concernant les allégations relatives aux attaques contre les populations banyamulenge, plusieurs organisations internationales, dont les Nations unies et des ONG de défense des droits humains, ont effectivement documenté au fil des années des violations des droits de l’homme dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu commises par différents acteurs armés. Toutefois, les responsabilités attribuées à chaque partie font l’objet de rapports distincts et demeurent un sujet de fortes controverses entre les protagonistes du conflit.
Enfin, l’affirmation selon laquelle Paul Kagame aurait « absolument raison » de justifier son action constitue une opinion et non un fait établi. Les motivations des différentes parties au conflit, ainsi que la légalité de leurs actions, restent vivement contestées sur les plans politique et diplomatique.
Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online





