RDC : Augustin Kabuya refuse de parler d’un « régime UDPS » et renvoie la responsabilité à la coalition

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À deux ans de la fin constitutionnelle du second mandat de Félix Tshisekedi, le débat sur la nature du pouvoir en République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Augustin Kabuya, secrétaire général et président a.i. de l’UDPS/Tshisekedi, rejette catégoriquement l’idée d’un « régime UDPS » et rappelle que le pouvoir actuel repose, selon lui, sur une coalition politique encadrée par la Constitution.

S’exprimant vendredi 7 août à Kinshasa lors d’une matinée politique, le dirigeant de l’UDPS a contesté les critiques qui attribuent directement à son parti l’ensemble des décisions et du bilan des institutions.

« Nous sommes dans une coalition. Cette Constitution ne peut pas permettre à un seul parti politique de mettre en place son propre organigramme pour gérer le pays », a-t-il déclaré.

Pour Augustin Kabuya, l’article 78 de la Constitution constitue précisément l’un des mécanismes qui empêchent une formation politique de contrôler seule l’appareil d’État. Il rappelle que le chef de l’État doit identifier une majorité parlementaire afin de désigner le Premier ministre, ce qui implique nécessairement des rapports de forces entre plusieurs composantes politiques.

Une défense politique de l’UDPS

Derrière cette mise au point institutionnelle se profile surtout une bataille politique sur la responsabilité du pouvoir. Alors que l’UDPS est régulièrement présentée comme la formation qui détient les commandes de l’État depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, Augustin Kabuya cherche à relativiser cette lecture.

Il refuse ainsi que les échecs ou les controverses de certaines institutions soient automatiquement imputés à l’UDPS.

« “L’UDPS a échoué”, non », a-t-il lancé, estimant que la Constitution fixe les limites des responsabilités de chaque institution et de chaque acteur politique.

Cette position permet également au secrétaire général du parti présidentiel de répondre à une question devenue centrale dans le débat public : qui devra assumer le bilan du pouvoir Tshisekedi à l’approche de 2028 ?

2028, l’échéance qui plane sur le débat

La sortie d’Augustin Kabuya intervient alors que la question de l’avenir politique de Félix Tshisekedi s’installe progressivement au cœur des discussions nationales.

Réélu en décembre 2023, le chef de l’État est, selon la Constitution actuelle, engagé dans son second et dernier mandat. La prochaine présidentielle est donc attendue en 2028, avant une alternance institutionnelle prévue en janvier 2029.

Mais cette perspective est aujourd’hui brouillée par le débat sur une éventuelle modification ou réécriture de la Constitution. Alors que les partisans d’une réforme invoquent la nécessité d’adapter les institutions aux réalités du pays, l’opposition y voit une possible stratégie destinée à remettre en cause les limites actuelles du pouvoir présidentiel.

Dans ce contexte, la volonté de l’UDPS de se dissocier de la notion de « régime UDPS » n’est pas anodine. Elle intervient au moment où le parti présidentiel doit défendre son bilan tout en se positionnant face aux prochaines échéances politiques.

Entre bilan du pouvoir et succession présidentielle

La déclaration de Kabuya traduit ainsi une double préoccupation : défendre le fonctionnement de la majorité actuelle et éviter que l’UDPS porte seule la responsabilité du bilan de la gouvernance Tshisekedi.

Elle intervient également alors que le chef de l’État tente de promouvoir un dialogue national dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est et par de profondes divisions politiques autour de l’avenir institutionnel du pays.

À l’approche de 2028, la question n’est donc plus seulement de savoir si l’actuel pouvoir est celui de l’UDPS ou d’une coalition. Elle devient progressivement celle de la responsabilité politique du bilan de Tshisekedi et de la capacité de sa famille politique à préparer l’après-Tshisekedi sans ouvrir une nouvelle crise institutionnelle.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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