RDC : Grâce Kutino mobilise la jeunesse pour le « Oui » à la Constitution et réaffirme son soutien à Félix Tshisekedi

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La ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Kutino, a placé la jeunesse au cœur du débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo. Ce mercredi 12 août à Kinshasa, elle a conduit une importante mobilisation dans le cadre de la campagne « Oui, je le veux », destinée à soutenir le changement de la Constitution.

Vêtus de polos rouges frappés du slogan de la campagne, les participants sont partis de Limete avant de rejoindre le Centre culturel, où la ministre a prononcé un discours devant les jeunes mobilisés. Elle a défendu l’idée d’une Constitution capable d’évoluer afin de mieux répondre aux réalités actuelles du pays.

Un message clairement adressé à Félix Tshisekedi

Au-delà de la question constitutionnelle, Grâce Kutino a assumé une position politique en apportant son soutien au chef de l’État.

S’adressant directement à Félix Tshisekedi, elle a déclaré : « Monsieur le président, cette jeunesse est prête à vous accompagner jusqu’à la fin de votre mandat. »

La mobilisation apparaît ainsi comme une double démonstration : défendre le principe d’un changement constitutionnel, mais également afficher l’existence d’une frange de la jeunesse favorable à la poursuite de l’action du président Tshisekedi.

La ministre a par ailleurs insisté sur plusieurs préoccupations concernant directement les jeunes : leur accès aux espaces de décision, l’emploi, l’entrepreneuriat et leur participation à la construction nationale.

Une mobilisation qui relance la bataille des chiffres

L’ampleur réelle de la manifestation fait toutefois l’objet de discussions. Les organisateurs et les partisans de la ministre présentent la mobilisation comme une réussite, tandis que ses détracteurs contestent le nombre de participants annoncé et estiment que l’affluence n’aurait pas été à la hauteur des ambitions affichées.

Cette controverse sur les chiffres prend une dimension particulière dans le contexte politique actuel. Elle intervient alors que la coalition C64, opposée au changement de la Constitution et favorable à l’ouverture d’un dialogue national inclusif, prépare de nouvelles actions de terrain après le 15 août.

La mobilisation de Grâce Kutino remet ainsi au premier plan la bataille de la rue entre les partisans et les adversaires d’une révision ou d’un changement de la Constitution. Elle pose également la question de la capacité respective des deux camps à mobiliser massivement la population autour de leurs positions.

Le contraste avec les mobilisations de l’opposition

Pour les partisans du pouvoir, la mobilisation du 12 août constitue un signal politique important, particulièrement en comparaison avec certaines précédentes initiatives de l’opposition qui n’ont pas réussi à réunir les foules espérées.

Les opposants, notamment autour de figures telles que Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, contestent pour leur part le projet de changement constitutionnel et appellent à la mobilisation contre celui-ci.

Cette confrontation ravive également un vieux débat sur la nature des manifestations politiques en RDC. Les mobilisations de l’opposition ont régulièrement été marquées par des tensions, des affrontements ou des incidents, donnant lieu à des critiques sur leur caractère parfois violent. À l’inverse, les organisateurs de la campagne « Oui, je le veux » cherchent à mettre en avant une mobilisation présentée comme pacifique et centrée sur la jeunesse.

Il convient toutefois de ne pas tirer de conclusions définitives sur le rapport de forces politique à partir de la seule affluence observée lors d’une manifestation. Le nombre de participants, son estimation exacte et les conditions dans lesquelles une mobilisation est organisée doivent être établis avec prudence.

Grâce Kutino s’impose dans le débat constitutionnel

Avec cette initiative, Grâce Kutino entend donc démontrer qu’une partie de la jeunesse congolaise ne se reconnaît pas dans les discours hostiles au changement constitutionnel. Sa campagne lui permet également de se positionner comme l’une des voix du pouvoir dans une bataille politique qui devrait s’intensifier dans les prochaines semaines.

À l’approche du 15 août, date fixée par l’opposition comme échéance avant l’annonce de nouvelles actions, la manifestation de Kinshasa marque ainsi une nouvelle étape dans la confrontation entre les partisans du « Oui » et ceux qui réclament le maintien de la Constitution actuelle.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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