Le crash aérien survenu vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, fait émerger une autre question, celle du devenir de l’ancien aérodrome de la ville.
Dans une tribune publiée après l’accident, l’ancien ministre des Travaux publics Jean Kimbembe Mazunga affirme avoir lancé en 2002 l’aménagement d’une piste d’environ 900 mètres à Kenge. Selon son témoignage, cette infrastructure aurait progressivement disparu sous l’effet du morcellement et de l’occupation du terrain par des constructions.
Une piste aménagée en 2002
Jean Kimbembe Mazunga explique qu’il s’était rendu à Kenge en 2002 pour lancer les travaux d’aménagement de cette piste, alors longue d’environ 900 mètres et réalisée en terre.
Il reconnaît toutefois que l’infrastructure était encore rudimentaire. Des travaux supplémentaires devaient permettre de renforcer sa qualité et sa résistance. Quelques mois plus tard, de fortes pluies avaient d’ailleurs endommagé une partie des remblais.
L’ancien ministre affirme avoir récemment appris que l’emprise de l’ancien aérodrome aurait été morcelée et transformée en lotissements, avec des habitations construites sur une partie de l’ancienne piste. Ces affirmations demandent toutefois à être confrontées aux documents cadastraux et administratifs.
Un répertoire aéronautique de la MONUSCO datant de 2015 répertoriait encore à Kenge une piste de 900 mètres, ce qui confirme l’existence historique d’une infrastructure aéronautique à cet endroit.
Une piste qui aurait pu servir de secours ?
C’est sur ce point que le débat rejoint le crash du 25 septembre.
Selon Jean Kimbembe Mazunga, des informations préliminaires faisaient état de difficultés rencontrées par l’équipage et d’une recherche éventuelle d’une piste de secours. Il pose dès lors une question, sans établir de lien de causalité : si l’ancienne piste de Kenge avait été maintenue et rendue opérationnelle, aurait-elle pu constituer une solution d’urgence ?
À ce stade, rien ne permet cependant d’affirmer que la disparition de cette infrastructure a joué un rôle dans l’accident. Les causes du crash doivent être établies par l’enquête officielle.
Qui a autorisé le morcellement ?
Si la disparition de l’emprise de l’ancien aérodrome est confirmée, une autre série de questions se pose : qui a autorisé son morcellement ? Qui a attribué ou vendu les parcelles ? Quels services ont validé ces opérations et à quelle période ?
Ces réponses devraient pouvoir être établies à partir des archives foncières, des plans cadastraux, des actes d’attribution et des décisions administratives concernant le site.
Au-delà du crash, l’affaire pose ainsi la question plus large de la protection des réserves foncières destinées aux infrastructures publiques. Une emprise aujourd’hui peu utilisée peut, demain, devenir essentielle pour la sécurité, le désenclavement ou le développement d’une ville.
À Kenge, l’enjeu est désormais de déterminer précisément ce qu’est devenu l’ancien aérodrome et, surtout, de comprendre dans quelles conditions son emprise a pu disparaître.
Par Marius Bopenga
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