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Monde

À la UneMonde

Des frappes attribuées à Israël détruisent un consulat iranien en Syrie, tuant plusieurs membres des gardiens de la révolution

by Guyguy Lelo 2 avril 2024
written by Guyguy Lelo

Onze personnes ont été tuées, dont le général Mohammad Reza Zahedi, commandant de la Force Al-Qods iranienne pour la Syrie et le Liban. Israël n’a pas revendiqué cette attaque sans précédent sur un bâtiment diplomatique iranien en Syrie.

Des frappes attribuées à Israël ont touché, lundi 1er avril, un quartier huppé de Damas, qui abrite également des ambassades et des bâtiments des Nations unies, détruisant le consulat iranien en Syrie, et tuant onze personnes.

« L’ennemi israélien a lancé des frappes aériennes depuis le Golan syrien occupé, visant le consulat iranien à Damas », a affirmé le ministère de la défense syrien. « Tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur ont été tués ou blessés », a poursuivi le ministère. Sur place, un correspondant de l’Agence France-Presse a confirmé que le bâtiment annexe de l’ambassade d’Iran avait été rasé par les frappes. Israël n’a pas revendiqué cette frappe sans précédent sur un bâtiment diplomatique iranien en Syrie.

Le corps des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, a annoncé que sept de ses membres, dont deux commandants, avaient été tués dans le raid. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, a fait état de onze morts : « huit Iraniens, deux Syriens et un Libanais, tous des combattants, aucun civil ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra mardi à 15 heures (21 heures à Paris) une session publique à la demande de la Russie sur cette attaque, a annoncé le représentant russe à l’ONU Dmitry Polyanskiy, cité par l’agence étatique TASS.

Le ministre des affaires étrangères iranien, Hossein Amir Abdollahian, a annoncé mardi que le chargé d’affaires de la Suisse, qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran, où ils ne disposent pas d’ambassade, avait été convoqué. « Un message important a été adressé au gouvernement américain, puisqu’il soutient l’entité sioniste. L’Amérique doit prendre ses responsabilités », a dit le ministre cité par l’agence iranienne IRNA.

Cinquième raid à viser le pays en huit jours

Selon l’agence de presse iranienne Nour, l’ambassadeur d’Iran à Damas, « M. Akbari, et sa famille, n’a pas été blessé lors de l’attaque israélienne ». Dans une déclaration retransmise par les médias de son pays, le diplomate a affirmé que l’annexe de l’ambassade avait été visée par « six missiles tirés par des F-35 » et assuré que son pays allait apporter « une réponse décisive » à cette attaque.

Selon le corps des gardiens de la révolution, le raid, qui a totalement détruit le consulat iranien, mitoyen de l’ambassade, a tué un commandant de la Force Al-Qods pour la Syrie et le Liban, le général Mohammad Reza Zahedi, ainsi qu’un autre haut gradé de cette unité, Mohammad Hadi Haji Rahimi.

Agé de 63 ans, le général Zahedi était membre du corps des gardiens depuis quatre décennies et avait occupé différents postes de responsabilité, en particulier au sein de la Force Al-Qods, qui est considérée comme l’unité d’élite des gardiens. Elle intervient en dehors des frontières pour, selon Téhéran, aider les voisins de l’Iran et assurer la « stabilité » de la région contre les ingérences occidentales.

De nombreux responsables militaires iraniens ont été visés dans le passé par des frappes en Syrie. Le raid de lundi est le cinquième à viser le pays en huit jours.

L’Iran réclame une « réponse » internationale

Depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, plusieurs « conseillers militaires » iraniens ont été tués en Syrie, dont le général Sadegh Omidzadeh, responsable du renseignement pour la Force Al-Qods dans ce pays, selon des médias iraniens. A la fin de décembre, le général de brigade Razi Moussavi, un important commandant de la Force Al-Qods, avait été tué dans un tir de missile au sud de Damas.

AFP via CONGO PUB Onine

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À la UneMonde

Israël : Netanyahu veut faire interdire la chaîne Al Jazeera

by Ruben Yale 2 avril 2024
written by Ruben Yale

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est engagé lundi à mettre fin aux activités d’Al Jazeera en Israël, la qualifiant de « chaîne terroriste » , après l’adoption par le parlement d’une loi ouvrant la voie à cette fermeture.

L’engagement de M. Netanyahu a intensifié la querelle de longue date entre Israël et Al Jazeera. Elle risque également d’aggraver les tensions avec le Qatar, propriétaire de la chaîne, à un moment où le gouvernement de Doha joue un rôle clé dans les efforts de médiation visant à mettre un terme à la guerre à Gaza.

La chaîne a condamné l’accusation d’incitation de M. Netanyahou en la qualifiant de « mensonge dangereux et ridicule ». Al Jazeera a déclaré tard lundi qu’elle tenait M. Netanyahu pour responsable de la sécurité de son personnel et de ses bureaux, qu’elle poursuivrait ce qu’elle décrit comme une couverture audacieuse et professionnelle, et qu’elle « se réservait le droit de poursuivre toutes les démarches légales ».

Israël entretient depuis longtemps des relations difficiles avec Al Jazeera, qu’il accuse de partialité. Les relations se sont fortement dégradées il y a près de deux ans, lorsque la correspondante d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, a été tuée lors d’un raid militaire israélien en Cisjordanie occupée.

La journaliste américano-palestinienne était bien connue dans le monde arabe pour sa couverture critique d’Israël, et la chaîne a accusé Israël de l’avoir tuée intentionnellement. Israël a nié cette accusation, affirmant qu’elle avait probablement été tuée par des tirs israéliens dans ce qui semblait être une fusillade accidentelle.

Ces relations se sont encore détériorées après le déclenchement de la guerre d’Israël contre le Hamas le 7 octobre, lorsque le groupe militant a mené une attaque transfrontalière dans le sud d’Israël qui a tué 1 200 personnes et en a pris 250 autres en otage.

En décembre, une frappe israélienne a tué un caméraman d’Al Jazeera qui effectuait un reportage sur la guerre dans le sud de la bande de Gaza. Le chef du bureau de la chaîne à Gaza, Wael Dahdouh, a été blessé lors de la même attaque.

La chaîne a également accusé Israël d’avoir tué le fils de Wael Dahdouh lors d’une attaque en janvier. Hamza Dahdouh travaillait pour Al Jazeera lorsque l’attaque a touché la voiture dans laquelle il se trouvait. L’armée a ensuite déclaré que Hamza Dahdouh était membre du Jihad islamique, un groupe militant qui s’est joint au Hamas lors de l’attaque du 7 octobre.

La femme, la fille et un autre fils de Wael Dahdouh ont été tués, ainsi que son petit-fils, lors d’une autre frappe israélienne en octobre dernier. La chaîne a diffusé des images de Wael Dahdouh entrant dans l’hôpital et se laissant aller au chagrin en regardant le corps de son fils décédé. Israël n’a pas précisé quelle était la cible de cette frappe.

Al Jazeera est l’un des rares médias internationaux à être resté à Gaza tout au long de la guerre, diffusant des scènes sanglantes de frappes aériennes et d’hôpitaux surpeuplés et accusant Israël de massacres. Israël accuse Al Jazeera de collaborer avec le Hamas.

« Al Jazeera a porté atteinte à la sécurité d’Israël, a participé activement au massacre du 7 octobre et a incité à la violence contre les soldats israéliens. Il est temps de retirer le porte-voix du Hamas de notre pays », a déclaré M. Netanyahu sur X.

Il a déclaré qu’il prévoyait d’agir immédiatement en vertu des dispositions de la loi nouvellement adoptée. « La chaîne terroriste Al Jazeera n’émettra plus depuis Israël », a-t-il déclaré.

Al Jazeera a été fermée ou bloquée par d’autres gouvernements du Moyen-Orient, notamment l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats arabes unis et Bahreïn.

L’Égypte interdit Al Jazeera depuis 2013. Elle a lancé la répression après le renversement par l’armée, en 2013, d’un gouvernement élu mais divisé, dominé par le groupe des Frères musulmans. L’Égypte considère les Frères musulmans comme un groupe terroriste et accuse le Qatar et Al Jazeera de les soutenir.

À Washington, le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, a déclaré que les États-Unis n’étaient pas toujours d’accord avec la couverture d’Al Jazeera, mais qu’ils respectaient son travail.

« Nous soutenons la presse libre et indépendante partout dans le monde », a-t-il déclaré. « Et une grande partie de ce que nous savons sur ce qui s’est passé à Gaza, nous le devons aux journalistes qui y font leur travail, y compris les journalistes d’Al Jazeera ».

Par le passé, Israël a menacé de fermer Al Jazeera, mais ne l’a jamais fait. La loi adoptée lundi ne prévoit pas la fermeture immédiate de la chaîne, mais elle autorise les autorités à le faire après consultation et approbation des responsables juridiques et des services de sécurité. Toute décision ne serait valable que jusqu’au 31 juillet ou jusqu’à la fin de la guerre à Gaza.

Le ministre israélien des Communications, Shlomo Karhi, a déclaré qu’il avait l’intention de procéder à la fermeture. Il a déclaré qu’Al Jazeera avait agi comme un « organe de propagande du Hamas » en « encourageant la lutte armée contre Israël ».

« Il est impossible de tolérer qu’un média, qui dispose d’une accréditation du Bureau de presse du gouvernement et de bureaux en Israël, agisse de l’intérieur contre nous, certainement en temps de guerre », a-t-il déclaré.

Le bureau du ministre a indiqué que l’ordonnance viserait à bloquer les émissions de la chaîne en Israël et à l’empêcher d’opérer dans le pays. L’ordonnance ne s’appliquerait pas à la Cisjordanie ni à Gaza.

Le chef du bureau local d’Al Jazeera, Walid Al-Omari, a déclaré lundi en fin de journée que la chaîne n’avait pas eu de nouvelles des autorités israéliennes. « Mais il est clair que c’est une question de temps et qu’elles prendront une décision dans les jours à venir », a-t-il déclaré à l’Associated Press.

Mais punir la chaîne pourrait être risqué. Le Qatar a joué le rôle de principal médiateur entre Israël et le Hamas. Il a contribué à négocier et à parrainer un cessez-le-feu d’une semaine en novembre, et accueille depuis des semaines des pourparlers intermittents visant à obtenir une nouvelle pause dans les combats.

En ciblant Al Jazeera, Israël pourrait tenter de pousser le Qatar à exercer une pression supplémentaire sur le Hamas pour qu’il fasse des concessions. Par le passé, M. Netanyahu a accusé le Qatar de ne pas en faire assez. Mais il risque également de s’aliéner le Qatar, un État du Golfe riche en énergie qui est l’un des rares pays à avoir de l’influence sur le Hamas.

Israël a fait l’objet de vives critiques de la part des groupes de défense de la liberté de la presse au cours de la guerre. Le Comité pour la protection des journalistes affirme que 90 journalistes palestiniens ont été tués au cours de la guerre, en plus de deux journalistes israéliens. Israël a également interdit aux journalistes internationaux d’entrer dans la bande de Gaza de manière indépendante pour couvrir la guerre. L’armée a autorisé de petits groupes de journalistes à entrer dans la bande de Gaza pour de brèves visites très contrôlées sous escorte militaire.

Hagar Shechter, avocate de l’Association pour les droits civils en Israël, a déclaré que la loi violait « le droit à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté d’occupation, et qu’elle portait atteinte à la séparation des pouvoirs ». Elle a ajouté que l’association prévoyait de déposer une requête auprès de la Cour suprême d’Israël contre cette loi.

Oren Persico, rédacteur au Seventh Eye, un site Internet indépendant de surveillance des médias en Israël, soutient que la loi était une version édulcorée de la législation souhaitée par le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, en raison de l’opposition des experts juridiques.

La fermeture nécessite l’avis d’un haut responsable de la sécurité qui estime que le réseau « nuit à la sécurité d’Israël ». L’ordonnance doit ensuite être approuvée par le Cabinet ou le Parlement, puis par les tribunaux.

Selon M. Persico, le plus inquiétant est que d’autres médias, y compris israéliens, pourraient également se trouver dans la ligne de mire.

« Ce qui est important ici, ce n’est pas Al Jazeera, c’est l’autorité dont dispose le gouvernement pour fermer des médias, c’est une pente glissante », a-t-il déclaré.

Africanews via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Municipales en Turquie: derrière la lourde défaite de l’AKP, l’échec de la politique économique d’Erdogan

by Sam's Londele 1 avril 2024
written by Sam's Londele

En Turquie, le parti du président Erdogan subit une lourde défaite aux élections municipales. Les résultats, quasi définitifs, donnent la principale formation de l’opposition large vainqueur du scrutin. Le Parti républicain du peuple (CHP), social-démocrate, est reconduit à Istanbul et Ankara, les deux plus grandes villes de Turquie, et rafle de nombreuses autres, comme Bursa, grosse ville industrielle du nord-ouest, qui était pourtant acquise à l’AKP depuis 2004.

  • Quelles sont les raisons de ce recul de l’AKP ? 

Les électeurs semblent avoir d’abord sanctionné le gouvernement pour des raisons économiques et sociales : les prix des produits ne cessent d’augmenter, de nombreux Turcs voient leur pouvoir d’achat diminuer inexorablement, avec une inflation de 67% sur un an, selon les statistiques officielles. À cela s’ajoute la dévaluation de la livre turque. Dans ce contexte, des électeurs traditionnels de l’AKP, sans pour autant voter pour l’opposition, auraient préféré s’abstenir.

Enfin, le nouveau parti islamiste, le Yeniden Refah, a fait une percée, s’imposant comme la troisième force politique lors de ces municipales, avec 6,2% des voix au niveau national, selon des résultats quasi définitifs. Des candidats de cette formation ont été élus à Sanliurfa (sud-est) et Yozgat (centre), deux capitales provinciales qui étaient dirigées par des maires AKP. C’est une conséquence indirecte de la guerre à Gaza, le président Erdogan se voyant reprocher de maintenir des relations commerciales avec Israël.  

  • Peut-on parler d’une défaite pour Recep Tayyip Erdogan ?  

C’est sans conteste un coup dur pour le président qui a pris une part active dans la campagne électorale, enchaînant deux à trois réunions publiques par jour. La défaite est d’autant plus cinglante à Istanbul, sa ville de naissance, qu’il avait promis de reconquérir. C’est là qu’il a commencé sa carrière politique, en étant maire de 1994 à 1998. Pour ces municipales, le chef de l’État turc y est venu en personne et a aussi envoyé la quasi-totalité de ses ministres pour soutenir le candidat de l’AKP.  

Istanbul, c’est la plus grande ville du pays, sa capitale économique et culturelle, c’est un tiers de l’économie et 18% de la population turque, une sorte de microcosme du pays. Or, une victoire à Istanbul, centre économique et financier, aurait pu donner à Recep Tayyip Erdogan l’élan politique et les ressources économiques nécessaires pour aller de l’avant.  

  • Quels défis attendent l’opposition ?  

Cette victoire du Parti républicain du peuple (CHP) est un résultat prometteur pour l’opposition dans la perspective de l’élection présidentielle prévue en 2028. D’autant, que cette fois-ci, le CHP avait fait cavalier seul, contrairement à la présidentielle, où les partis d’opposition s’étaient unis. Le charismatique maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, serait en bonne position s’il décidait de se lancer dans la course à la présidentielle. Mais 2028 est une perspective encore lointaine, d’autant que l’AKP, forte de plus de deux décennies de pouvoir, garde la main sur tous les rouages de l’administration et de l’État.  

L’opposition est aussi sous forte pression pour ne pas décevoir ses électeurs. Le président du CHP, Ozgur Ozel, les a félicités d’avoir décidé de changer le visage de la Turquie : « Ils veulent ouvrir la porte à un nouveau climat politique dans notre pays ». Mais le Parti républicain du peuple est aussi très fracturé, en particulier depuis la défaite à la présidentielle et aux législatives l’an dernier. La formation sociale-démocrate reste désunie, traversée par des courants divers, comme l’ont montré les querelles lors de la nomination de certains candidats, comme à Izmir. Enfin, le maire d’Istanbul est confronté à des ennuis judiciaires. Poursuivi pour insulte au Haut Conseil électoral turc, il a été condamné à plus de deux ans et demi de prison, mais a fait appel. En attendant, il continue d’exercer ses fonctions, mais avec cette menace qui pourrait stopper net ses ambitions politiques. 

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Ukraine : la France attend de la Chine « qu’elle passe des messages très clairs à la Russie »

by Ruben Yale 1 avril 2024
written by Ruben Yale

Lors d’une conférence de presse donnée à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi, le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a déclaré lundi que la France attendait de la Chine qu’elle envoie « des messages très clairs à la Russie » concernant la guerre en Ukraine. Le chef de la diplomatie française a également évoqué la relation économique entre Paris et Pékin, assurant qu’il n’était « pas souhaitable de se découpler de la Chine », plaidant davantage pour un « rééquilibrage économique ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a déclaré lundi 1er avril à Pékin que la France attendait de la Chine qu’elle envoie « des messages très clairs à la Russie », son allié le plus proche, au sujet de la guerre en Ukraine.

« Nous attendons de la Chine qu’elle passe des messages très clairs à la Russie », a déclaré le ministre, plaidant pour « un rapport de force favorable à l’Ukraine » lors d’une conférence de presse avec son homologue chinois Wang Yi.

Car « évidemment la Chine joue un rôle clé dans l’indépendance, le respect du droit international y compris la souveraineté de l’Ukraine », a-t-il estimé.

La Chine, qui se présente comme une partie neutre mais dont la relation avec la Russie s’est approfondie depuis le début du conflit, appelle à un règlement politique pour mettre fin aux combats en Ukraine.

Elle est régulièrement appelée par la communauté occidentale à jouer un rôle plus actif dans ce conflit, en utilisant son influence sur la Russie.

« Pas souhaitable de se découpler de la Chine »

« Comme je vous le disais Monsieur le ministre, cette guerre concerne l’ensemble de la communauté internationale », a lancé lundi Stéphane Séjourné à son homologue chinois, qui n’a pas évoqué spécifiquement le conflit en Ukraine dans son discours introductif en début de conférence de presse.

« Nous avons une conviction c’est qu’il n’y aura pas de paix durable si elle n’est pas négociée avec les Ukrainiens », a ajouté le ministre français. « Il n’y aura pas de sécurité pour les Européens s’il n’y a pas de paix conforme au droit international ».

« C’est donc un enjeu essentiel pour nous, c’est pour cela que la France est déterminée à maintenir un dialogue étroit avec la Chine », a encore déclaré Stéphane Séjourné, en visite pour une journée dans la capitale chinoise.

Le ministre a également évoqué la relation économique entre la France et la Chine : « Il n’est pas souhaitable de se découpler de la Chine », c’est-à-dire de réduire fortement les liens économiques entre les deux pays, a-t-il affirmé.

Ces derniers mois, plusieurs dirigeants politiques en Europe et aux États-Unis ont justement évoqué cette nécessité de réduire la dépendance de leur pays au géant asiatique, ce à quoi le gouvernement chinois se dit fortement opposé.

Le ministre français des Affaires étrangères a toutefois plaidé lundi pour un « rééquilibrage économique », car « nos échanges doivent aussi reposer sur une base saine et durable ».

Wang Yi a dit « apprécier » que son homologue rejette l’idée d’un découplage. « Il n’est pas possible de se découpler de la Chine, et le découplage d’avec la Chine est le plus grand risque », a-t-il déclaré.

« Je crois qu’il a été prouvé, et que ce sera encore prouvé, que la Chine est une opportunité et non un risque pour l’Europe. Les deux parties sont des partenaires et non des rivaux », a-t-il ajouté.

Reprise des échanges

La visite de Stéphane Séjourné s’inscrit dans le cadre du 60e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine, et dans un contexte de reprise des échanges en face-à-face depuis la sortie du Covid.

C’est la deuxième fois en moins de six mois qu’un ministre des Affaires étrangères français se rend en Chine, après la visite en novembre dernier de l’ex-ministre Catherine Colonna.

Le président français Emmanuel Macron s’est quant à lui rendu en Chine en avril 2023.

Lundi après-midi, Stéphane Séjourné doit participer au lancement de l’exposition « Versailles et la Cité interdite », à la Cité interdite de Pékin, où seront présentés au public, jusqu’à fin juin, une soixantaine d’œuvres d’art et objets précieux du château de Versailles.

« C’est la première fois » que des œuvres du château de Versailles voyagent ainsi jusqu’à la Cité interdite, a expliqué à l’AFP Marie-Laure de Rochebrune, conservateur général du château de Versailles.

Vases, objets en porcelaine, tableaux, éventails… Les pièces présentées, parfois des cadeaux échangés entre les rois français et les empereurs chinois de l’époque, montrent « les relations privilégiées entre la Chine et la France qui se tissent dans la seconde moitié du 17e siècle et qui durent jusqu’à la fin du 18e siècle », a-t-elle indiqué.

France 24 via CONGO PUB Online

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Haïti: le chef de gang Jimmy «Barbecue» Chérizier se dit prêt à dialoguer

by Guyguy Lelo 30 mars 2024
written by Guyguy Lelo

Lors d’un entretien à la chaîne britannique Sky News, Jimmy Chérizier, à la tête d’une coalition de groupes armés et gangs en Haïti, s’est dit prêt à dialoguer.  Alors que les gangs sèment la terreur dans le pays depuis des mois et ont obtenu le départ du Premier ministre Ariel Henry, c’est la première fois que celui qui se fait appeler «Barbecue » évoque une telle possibilité.

Fusil mitrailleur en bandoulière entouré d’hommes armés et masqués… Jimmy Chérizier, dit « Barbecue », déroule dans cette interview à Sky News un argumentaire bien rodé. Mais pour la première fois, l’ancien policier qui se présente comme un révolutionnaire se dit ouvert à la négociation : « On est pour le dialogue. Mais la classe politique haïtienne ne veut pas dialoguer ».

« Tout ce qu’elle veut, c’est préserver le système actuel », tance-t-il. « Nous, on est prêts à étudier toutes les solutions du moment que tous les Haïtiens ont leur mot à dire. On est prêts à discuter avec tout le monde parce qu’on n’est pas fiers de ce qui se passe dans le pays. Mais les armes ne se tairont que le moment venu. Et tant que nous n’aurons pas une place à la table des négociations, le pays ne connaîtra pas la paix », dit-il.

Une table à laquelle ne doivent pas siéger les membres du conseil présidentiel de transition, précise Jimmy Chérizier. Depuis la démission du Premier ministre Ariel Henry le 11 mars dernier, c’est effectivement un conseil présidentiel de transition qui est en place à Haïti. Il est notamment chargé de nommer un nouveau Premier ministre et a promis, dans son premier communiqué, de restaurer « l’ordre public et démocratique ».

Non à la force multinationale

Sur le sujet de la force multinationale dirigée par le Kenya, là encore, Jimmy Chérizier a affiché un « non » catégorique. « Si des policiers ou des soldats kényans viennent ici, je les considèrerai comme des agresseurs, des envahisseurs. Il est hors de question qu’on collabore avec des envahisseurs qui veulent nous priver de notre indépendance », a tranché l’homme.

Le chef de gang, qui s’affiche en défenseur des pauvres, clame que la solution doit venir du peuple haïtien. Tant que ce ne sera pas le cas, il continuera à semer le chaos dans son pays. Pour Jean-Marie Théodat, géographe à l’université Paris 1-Panthéon La Sorbonne, joint par RFI, Jimmy Chérizier n’a absolument pas l’intention de négocier avec qui que ce soit. « Il utilise les codes d’une politique formelle. Il parle de dialogue, de lutte des classes, de paradis pour tous, etc. Alors que dans le fond, le véritable langage sur le plan pratique de M. Chérizier, c’est la violence indiscriminée, le crime et le viol. Et ce qu’il nous demande aujourd’hui, c’est tout simplement une impunité. »

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Attentat de Moscou: une semaine après, le deuil invisible

by Sam's Londele 29 mars 2024
written by Sam's Londele

L’attaque de la salle de concert du Crocus City Hall, qui a eu lieu il y a une semaine, a fait au moins 139 morts et 360 blessés, selon un dernier bilan officiel, 95 disparus et/ou morts non identifiés. Vladimir Poutine ne s’est toujours pas rendu sur les lieux, n’a pas encore rencontré les familles de victimes. Dimanche dernier a bien été décrété jour de deuil national par le chef de l’État russe, mais le chagrin et le deuil se vivent presque individuellement.

La soirée de mercredi, comme un précipité de la Russie post-attentat. D’un côté, le déplacement officiel de Vladimir Poutine sur le thème de la culture, abondamment relayé. De l’autre, le groupe Piknik, qui avait dû fuir son propre concert attaqué vendredi soir, et qui remontait sur scène à Saint-Pétersbourg.

À l’extérieur de la salle, selon notamment le média « Fontanka », un déploiement massif de forces de sécurité, garde nationale et police anti-émeutes. À l’intérieur, des survivants du concert de vendredi dernier, mêlés à des spectateurs venus tout exprès. Les recettes engrangées seront toutes affectées aux familles des victimes, annonce du groupe. Après une minute de silence, PikNik a délivré une performance tout en retenue, avec une playlist spécifiquement travaillée pour cette soirée.

Ce moment de communion, de deuil et de résilience sous haute protection a été rendu public uniquement sur les réseaux sociaux. Pas une image à la télévision d’État. Au même moment, les caméras officielles étaient rivées sur le déplacement du chef de l’État russe. « Nous sommes dans la petite ville de Torzhok, 40 000 mille habitants. Il est clair que l’arrivée du président y est un événement énorme », annonce le reporter du pool présidentiel de la chaîne Rossiya 1.

Vladimir Poutine a consacré deux heures à cette visite officielle sur le thème de la culture dans cette ville à mi-chemin entre la capitale russe et Saint-Pétersbourg, s’attardant sur de vieux ouvrages, évoquant un accès à élargir à la carte « Pouchkine », la carte de réduction pour l’accès aux lieux culturels. Seule référence à la soirée qui a bouleversé sa population, ces quelques mots : « J’aurais dû venir lundi, mais en raison des événements tragiques à Moscou, avec cette attaque terroriste barbare, nous avons reporté tous les événements. Mais le fait est que la culture, puisqu’elle est le cadre spirituel du peuple et soutient notre identité, joue un rôle important dans de tels moments difficiles, même tragiques, car elle donne de la force au peuple et à chaque individu. »

Toujours pas de visite de Vladimir Poutine au Crocus City Hall

Les premiers enterrements ont commencé ce mercredi, et seuls les médias locaux en ont parlé. Les blessés dont parlent les médias légitimistes sont ceux qui sortent de l’hôpital. Signe de l’inquiétude et de l’angoisse qui règne encore, le journal RBK rapporte que les russes rendent massivement les billets pris pour des événements publics : 100 000 dans les cinq jours qui ont suivi l’attaque meurtrière contre le Crocus.

De nombreux Russes font le parallèle entre l’attaque de la salle de concert du Crocus City Hall et la prise d’otages de trois jours dans une école de Beslan, il y a 20 ans. Pour eux, le choc, la tristesse, le soudain sentiment d’insécurité dans leur vie quotidienne est le même. À l’époque, Vladimir Poutine avait mis quatre jours avant de se rendre sur les lieux et ce jeudi, le porte-parole du Kremlin a expliqué qu’il allait falloir encore attendre.  

« En ce moment, se rendre sur place est encore totalement impraticable, et cela interférerait simplement avec le travail et l’organisation du personnel qui se trouve toujours sur les lieux », a déclaré Dimitri Peskov. « Quant aux familles et proches des victimes, tous les services concernés sont déjà en lien avec elles. Les paiements et compensations ont déjà commencé de la part de la région de Moscou et de la ville de Moscou. Tout est fait d’une manière très rapide et le travail se poursuit. »Quant à savoir si le chef de l’État russe a l’intention de rencontrer les familles de victimes, là non plus pas de précisions. 

Le pouvoir cherche aussi dans cette période à canaliser la colère exprimée par une partie de la population. On ne sait pas encore si les débats en cours sur la fin du moratoire de la peine de mort trouveront un débouché concret. Mais – peut-être un signal que les autorités ne penchent pas en ce sens – mercredi, un reporter de la chaîne Rossiya 24 s’est rendu dans une colonie pénitentiaire dans l’Arctique, une colonie dite « à régime sévère », soit le type de prison où pourraient être envoyés les assaillants. Il y décrit une météo terrible, « en hiver, la température descend parfois en dessous de 45 degrés, et en été, l’air se réchauffe jusqu’à 30-35 degrés ». Un lieu qui « donne des frissons et la chair de poule, car c’est là que sont détenus les criminels les plus brutaux et sans âme, et les terroristes cannibales. La lumière dans la cellule est toujours allumée et la cellule est toujours surveillée. Les conversations entre prisonniers sont interdites. Ils ont droit à une promenade quotidienne pouvant aller jusqu’à une heure et demie, dans une cour dépourvue de lumière naturelle », bref, « des conditions de détention pires que la mort ».

À aucun moment le reporter ou la chaîne ne donnent cette précision : la colonie pénitentiaire ici décrite est celle où est mort, dans des circonstances très troubles, Alexeï Navalny.

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Gaza: le Hamas demande la fin des largages d’aide, fin de non recevoir américaine

by Sam's Londele 27 mars 2024
written by Sam's Londele

Le Hamas demande la fin des largages d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Le mouvement islamiste, autorité de facto dans l’enclave palestinienne, juge que ces opérations sont dangereuses pour la population. Selon lui, 18 personnes sont mortes accidentellement ces derniers jours en raison de ces largages.

C’est pour tenter de répondre à l’urgence d’une situation humanitaire catastrophique que plusieurs pays ont initié des largages. Les camions ne sont pas suffisamment nombreux à être autorisés par Israël à pénétrer dans l’enclave palestinienne. Et parmi ceux qui passent, rares sont ceux qui peuvent accéder à la moitié nord de l’enclave, où vivent encore plusieurs centaines de milliers de Palestiniens.

Le couloir aérien ouvert par la Jordanie avait pour but de contourner certains des obstacles. Mais pour le Hamas, cette façon de livrer de l’aide humanitaire est dangereuse.

Ce mardi, le mouvement islamiste a affirmé que douze personnes sont mortes noyées en mer alors qu’elles tentaient d’aller récupérer des palettes tombées au large. Six autres ont été tuées lors de bousculades causées par des parachutages.

Déjà au début du mois, cinq personnes avaient été tuées lorsque le parachute attaché à une palette ne s’était pas ouvert et que celle-ci s’était écrasée sur une maison habitée.

Ce mardi, le Hamas a affirmé avoir « toujours prévenu les pays conduisant des opérations de largage aérien du danger ». À la suite de ces nouveaux décès, il leur demande de cesser ces opérations et souhaite qu’ils exercent une pression internationale pour forcer Israël à ouvrir plus largement les accès routiers. La voie terrestre est jugée la plus efficace et la plus sûre par les acteurs du secteur humanitaire.

Les États-Unis ont réagi à cette demande. Ces parachutages « sont l’un des nombreux moyens que nous utilisons pour fournir l’aide dont les Palestiniens de Gaza ont si désespérément besoin et nous allons continuer à le faire », tout en « travaillant sans relâche pour augmenter l’arrivée d’assistance humanitaire par voie terrestre », a déclaré un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

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Russie : ce que l’on sait de l’attaque meurtrière dans une salle de concert de Moscou

by Guyguy Lelo 23 mars 2024
written by Guyguy Lelo

Des assaillants ont ouvert le feu, vendredi, dans une salle de concert située en banlieue de Moscou, le Crocus City Hall, faisant au moins 133 morts. Le groupe État islamique a revendiqué la fusillade. Vladimir Poutine a affirmé que « tous les quatre auteurs » de l’attaque avaient été arrêtés alors qu’ils « se dirigeaient vers l’Ukraine ».

Au moins 133 personnes ont été tuées dans une attaque armée menée vendredi 22 mars et suivie d’un énorme incendie dans une salle de concert située en banlieue de Moscou. Voici ce que l’on sait de cette attaque revendiquée par l’organisation État islamique.

L’assaut, dont les médias russes ont commencé à faire état vers 20 h 15 à Moscou (17 h 15 GMT), a été mené par plusieurs individus armés au Crocus City Hall, une salle de concert située à Krasnogorsk, à la sortie nord-ouest de la capitale russe.

« Armes automatiques » et « liquide inflammable »

Les auteurs auraient utilisé des « armes automatiques » et incendié le bâtiment à l’aide d’un « liquide inflammable », a déclaré le Comité d’enquête samedi.

Les services de secours, cités par l’agence Interfax, ont indiqué que les assaillants avaient « ouvert le feu sur les agents de sécurité à l’entrée de la salle de concert », avant de « commencer à tirer sur le public ».

Selon un journaliste de l’agence de presse publique Ria Novosti, des individus en tenue de camouflage ont fait irruption dans le parterre de la salle de concert avant d’ouvrir le feu et de lancer « une grenade ou une bombe incendiaire, ce qui a provoqué un incendie ».

« Les personnes qui se trouvaient dans la salle se sont allongées sur le sol pour se protéger des tirs, pendant 15 à 20 minutes, après quoi elles ont commencé à sortir en rampant », a-t-il indiqué.

Un journaliste de l’AFP arrivé sur les lieux quelques heures après l’attaque a vu de la fumée noire et des flammes s’échapper du toit de la salle de concert, qui peut accueillir jusqu’à 6 000 personnes. Selon les médias, une partie du toit s’est effondrée. L’incendie a ensuite été maîtrisé.

Le bilan s’est alourdi samedi à la mi-journée à 133 morts, a annoncé le Comité d’enquête russe, qui a précisé que « les opérations de recherches se poursuivent » dans les décombres.

Selon le ministère des Situations d’urgence, une centaine de personnes restaient hospitalisées samedi.

Toujours selon ce ministère, les pompiers sont parvenus à évacuer une centaine de personnes qui se trouvaient dans le sous-sol de la salle de concert. Des opérations ont aussi permis de « sauver des personnes se trouvant sur le toit du bâtiment à l’aide d’équipements de levage ».

Onze personnes arrêtées

Le groupe État islamique a revendiqué l’attentat dès vendredi soir. Samedi, il a expliqué sur l’un de ses comptes Telegram que « l’attaque (avait) été menée par quatre combattants de l’État islamique armés de mitrailleuses, d’un pistolet, de couteaux et de bombes incendiaires ».

Le groupe jihdiste a affirmé qu’elle s’inscrivait « dans le contexte (…) de la guerre faisant rage » entre le groupe et « les pays combattant l’Islam ».

Le Kremlin a annoncé samedi l’arrestation de 11 personnes, dont les « quatre » assaillants, alors qu’une enquête pour « acte terroriste » a été ouverte. Elles ont été arrêtées dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine et de la Biélorussie, a précisé le Comité d’enquête.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré que « les quatre auteurs » de l’attaque avaient été arrêtés alors qu’ils « se dirigeaient vers l’Ukraine où, selon des données préliminaires (des enquêteurs), une ‘fenêtre’ avait été préparée pour qu’ils franchissent la frontière ». Dans son allocution, il n’a pas mentionné la revendication du groupe État islamique.

Les services de sécurité russes (FSB) ont affirmé que les suspects avaient des « contacts » en Ukraine et comptaient y fuir.

Selon des médias russes et le député Alexandre Khinstein, certains des suspects sont originaires du Tadjikistan.

L’Ukraine et une unité de combattants pro-Ukraine à l’origine de récentes incursions armées frontalières en territoire russe ont nié toute responsabilité dans cette attaque.

Le renseignement militaire ukrainien a accusé le Kremlin et ses services spéciaux d’avoir orchestré l’attaque pour accuser l’Ukraine et justifier une « escalade » de la guerre.

L’ex-président russe Dmitri Medvedev a assuré que Moscou tuerait les dirigeants ukrainiens s’il s’avérait qu’ils sont impliqués dans cette attaque.

Avertissement américain

L’ambassade américaine en Russie avait averti il y a deux semaines ses citoyens que des « extrémistes (avaient) des plans imminents de cibler de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts ».

La Maison Blanche a affirmé que les États-Unis avaient partagé ces renseignements avec les autorités russes.

« Si les États-Unis disposent ou disposaient de données fiables à ce sujet, ils doivent les transmettre immédiatement à la partie russe », a réagi vendredi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Les autorités russes avaient pour leur part annoncé le 3 mars avoir tué six combattants présumés du groupe État islamique dans une opération menée en Ingouchie (sud de la Russie), une petite République du Caucase à majorité musulmane.

Par le passé, la Russie a été la cible de nombreuses attaques commises par des groupes islamistes mais aussi de fusillades sans motif politique ou attribuées à des déséquilibrés.

En 2002, des combattants tchétchènes avaient pris en otage 912 personnes dans le théâtre moscovite de la Doubrovka pour réclamer le retrait des troupes russes de Tchétchénie.

La prise d’otages s’était achevée par un assaut des forces spéciales, et la mort de 130 personnes, la quasi-totalité asphyxiées par les forces de l’ordre.

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Ukraine: attaque massive de missiles et de drones russes, Moscou en «état de guerre»

by Sam's Londele 22 mars 2024
written by Sam's Londele

Au deux personnes sont mortes en Ukraine après que la Russie a lancé quelque 90 missiles et 60 drones explosifs contre les infrastructures énergétiques du pays lors d’une attaque massive dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mars 2024. Moscou est « en état de guerre » en Ukraine, reconnaît désormais le Kremlin.

La Russie est « en état de guerre » contre l’Ukraine, a reconnu ce 22 mars, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, dans un entretien au média Argoumenty I Fakty, après une nuit marquée par des frappes massives contre l’Ukraine. Dans cette interview, Dmitri Peskov a également rappelé l’objectif du Kremlin de conquérir entièrement les quatre régions ukrainiennes (Kherson, Donetsk, Lougansk et Zaporijjia) dont Moscou revendique l’annexion depuis septembre 2022.

« Il y a eu plus de 60 Shahed et presque 90 missiles de différents types », a énuméré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, ce 22 mars, présentant ses « condoléances aux familles de ceux qui ont été tués par cette terreur ». Selon le président ukrainien, les attaques ont visé « des centrales électriques, des lignes de haute tension, un barrage hydroélectrique, des résidences et même un trolleybus ». «Pour le moment, il y a deux morts et au moins huit blessés à Khmelnytsky » région de l’ouest, a indiqué de son côté le ministère de l’Intérieur, « il y a également six blessés à Zaporijjia, trois personnes sont portées disparues sur le site des attaques », a-t-il encore précisé.

Sept régions ukrainiennes privées d’électricité

Les frappes russes massives sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine ont entraîné, ce vendredi au matin, des coupures d’électricité dans au moins sept régions du pays, a indiqué l’opérateur ukrainien Ukrenergo. « Des dizaines d’installations électriques ont été endommagées. Coupures d’urgence dans sept régions. Le système électrique reçoit une assistance d’urgence venue de trois pays », a indiqué cette source dans un communiqué sur Telegram, précisant que la situation « la plus difficile » concernait les régions de Kharkiv (est), Odessa (sud), Kirovograd (centre) et Dnipropetrosvk (centre-est).

En outre, une des deux lignes électriques alimentant la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par Moscou, a été coupée par un bombardement, a aussi annoncé le ministre ukrainien de l’Énergie, Guerman Galouchtchenko. « Cette situation est extrêmement dangereuse et menace de déclencher une situation d’urgence, car dans l’éventualité d’une déconnexion de cette dernière ligne de communication avec le réseau électrique national, la centrale nucléaire de Zaporijjia sera au bord d’un nouveau black-out », a averti Energoatom, l’opérateur ukrainien.

Le ministre de l’Énergie a jugé que le bombardement nocturne du pays était « la plus grande attaque contre l’industrie énergétique ukrainienne de ces derniers temps ». Le président ukrainien a lui indiqué que la Russie avait visé Kharkiv et sa région, ainsi que les régions de Zaporijjia, Soumy (nord), Poltava et Dnipro (centre), Odessa (sud), Khmelnytsky, Vinnytsia et Frankivsk (ouest). L’armée de l’air ukrainienne a précisé que la défense anti-aérienne a pu abattre 55 Shahed sur 63 et 37 missiles sur 88.

« Les Shahed ne sont pas indécis, contrairement à certains politiciens », a ironisé M. Zelensky

M. Zelensky s’est dès lors une nouvelle fois agacé des lenteurs de l’assistance occidentale, alors que l’aide américaine est bloquée depuis des mois à cause de rivalités politiques entre républicains et démocrates et que celle de l’UE a pris un important retard. « Les missiles russes n’ont pas de retard, à l’inverse des paquets d’aide à notre pays. Les Shahed ne sont pas indécis, contrairement à certains politiciens », a-t-il ironisé.

La Russie avait déjà lancé jeudi à l’aube une attaque massive contre Kiev, la première depuis début février, mais l’Ukraine avait dit avoir abattu une trentaine de missiles. Vladimir Poutine avait promis précédemment qu’il allait se venger de la multiplication des attaques ukrainiennes ces dernières semaines qui touchent le territoire russe, plus de deux ans après qu’il a ordonné l’invasion de son voisin. Le Kremlin avait longtemps assuré aux Russes que la guerre n’affecterait pas leur quotidien ni le territoire du pays, mais avec la présidentielle russe de la mi-mars ces attaques se sont multipliées.

Combattants pro-Ukraine arrêtés

Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées vendredi matin dans une frappe sur la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a indiqué le gouverneur local. Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir détruit vendredi matin au-dessus de cette région huit roquettes tirées par le système de lance-roquettes Vampire en provenance de l’Ukraine. Par ailleurs, les services de sécurité russes (FSB) ont annoncé, ce 22 mars, avoir arrêté à Moscou sept personnes accusées d’être en lien avec un groupe de combattants pro-Ukraine, auteur d’incursions armées en Russie ces derniers jours. Les suspects auraient été en contact avec le Corps des volontaires russes, désignée comme « organisation terroriste » par Moscou, afin de « mener des actions violentes contre des représentants des forces de l’ordre, des militaires et des étrangers », a indiqué le FSB, cité par les agences russes, assurant avoir empêché la création d’un « groupe criminel » dans la capitale.

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Guerre en Ukraine: au moins dix blessés après une attaque russe sur le centre de Kiev

by Sam's Londele 21 mars 2024
written by Sam's Londele

Des explosions ont retenti, jeudi 21 mars, dans le centre de Kiev après une alerte aérienne pour des missiles et des drones, faisant dix blessés, au lendemain de la mort de plusieurs civils en Ukraine et en Russie de chaque côté de la frontière commune. 

Il était presque 3h30 du matin lorsque les sirènes ont retenti à Kiev ce jeudi matin. Les millions d’habitants de la capitale ont alors retenu leur souffle, rapporte notre correspondant à Kiev, Pierre Alonso. Car des bombardiers stratégiques russes venaient de lancer des missiles de croisière en direction de l’Ukraine. Les premières détonations ont été entendues vers 5 heures du matin. De fortes explosions, qui se sont poursuivies pendant une trentaine de minutes. Dans le quartier central de Podil, on a vu des panaches de fumée noire s’élever dans le ciel. Sur les réseaux sociaux, des images montraient les habitants réfugiés dans les sous-sols du métro. Malgré l’ampleur de l’attaque – 29 missiles de croisière et deux missiles balistiques tirés par l’armée russe – le bilan est relativement modeste : treize blessés à Kiev, quatre dans la région autour, et quelques bâtiments endommagés. 

Sur Telegram, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a fait état de dix blessés. Il a également évoqué des « débris de roquettes » tombés dans certains quartiers de la capitale, notamment sur un « immeuble résidentiel ». L’armée de l’air affirme avoir détruit 31 missiles, dont deux missiles balistiques Kinzhal.

La capitale ukrainienne est particulièrement bien protégée par la défense antiaérienne. Mais ces systèmes onéreux, dont beaucoup proviennent des arsenaux occidentaux, ne sont pas illimités. Volodymyr Zelensky l’a rappelé ce matin, en exhortant ses alliés à poursuivre ces livraisons, indispensables pour contrer ce qu’il qualifie de « terreur russe ».

Bombardements et incursions armées de part et d’autre de la frontière

Les dernières frappes russes d’ampleur sur Kiev avaient eu lieu fin janvier 2024. Mercredi, l’Ukraine et la Russie avaient fait état de frappes ayant provoqué la mort de plusieurs civils de chaque côté de leur frontière commune, où les bombardements se sont multipliés ces derniers temps.

À Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, au moins quatre personnes ont été tuées et sept blessées dans une frappe russe en pleine journée, a annoncé le gouverneur régional Oleg Synegoubov. Un corps a pu être dégagé et deux autres restaient bloqués sous les gravats, a-t-il poursuivi, d’après qui deux blessés se trouvent dans un état grave. Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec la Russie, Kharkiv, qui comptait environ 1,5 million d’habitants avant l’invasion russe il y a deux ans, est régulièrement bombardée par l’armée russe.

À quelque 70 km de là, dans la région russe de Belgorod, trois personnes sont mortes et quatre ont été blessées dans une série de bombardements, particulièrement « massifs » dans l’un des districts frontaliers, a déclaré le gouverneur local Viatcheslav Gladkov. Depuis mercredi matin, la zone subit « des bombardements massifs », en particulier à partir de lance-roquettes multiples, a-t-il dit, évoquant un district frontalier cible d’attaques aériennes et d’incursions terrestres de groupes armés en provenance d’Ukraine. Des bâtiments d’habitation, une école et deux maternelles ont également été endommagés, selon le gouverneur. Aucun élève ou professeur ne s’y trouvait, les autorités régionales ayant décidé cette semaine de fermer à titre provisoire les établissements scolaires des zones frontalières face au risque de frappes.

Le gouverneur local avait également annoncé mardi soir que des points de contrôle seraient installés à l’entrée de plusieurs villages proches de l’Ukraine, théâtres d’incursions armées ces dernières semaines. Ces tentatives d’infiltration à partir du territoire ukrainien, que l’armée russe dit repousser, sont effectuées par des groupes se présentant comme des combattants russes alliés à Kiev et opposés à Vladimir Poutine. La zone où des points de contrôle seront mis en place, autour du village de Kozinka, est celle où les « actions les plus actives » ont été menées par ces groupes, a expliqué le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. Pendant l’élection présidentielle russe, la semaine dernière, « des combattants ukrainiens ont tenté de s’emparer de localités dans les régions de Belgorod et de Koursk », a-t-il dit.

Aide à l’Ukraine

Kiev avait promis de porter les combats sur le sol russe en représailles aux nombreux bombardements sur le territoire ukrainien. De son côté, Vladimir Poutine, qui vient d’être reconduit dans ses fonctions, a promis mercredi d’« assurer la sécurité » des habitants des régions frontalières, dont celle de Belgorod, saluant leur « courage ».

À Kiev où il était en visite officielle, le conseiller à la Sécurité nationale américain Jake Sullivan s’est pour sa part déclaré incapable de prédire si et quand le Congrès adopterait le programme d’aide militaire de 60 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine, toujours bloqué à la Chambre des représentants, dirigée par les républicains. « Cela a déjà pris trop de temps. Je le sais, vous le savez », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, aux côtés d’Andriy Yermak, chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

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