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Monde

À la UneMonde

Indonésie : au moins onze morts et douze disparus dans l’éruption d’un volcan

by Ruben Yale 4 décembre 2023
written by Ruben Yale

Onze randonneurs ont été retrouvés morts à la suite de l’éruption du volcan Marapi, dans l’ouest de l’Indonésie, a déclaré lundi à l’AFP un responsable des secours. Douze randonneurs restent portés disparus.

L’éruption du volcan Marapi, dans l’ouest de l’Indonésie, a fait au moins onze morts, ont annoncé les secours lundi 4 décembre, après une nuit de recherches qui ont permis de retrouver trois randonneurs vivants, alors que 12 autres sont toujours portés disparus.

« Il y a 26 personnes qui n’ont pas été évacuées, nous en avons retrouvé 14, trois ont été retrouvées vivantes et onze ont été retrouvées mortes », a précisé Abdul Malik, chef de l’agence de recherches et de sauvetage de Padang, au lendemain de l’éruption. Les trois survivants ont été secourus à proximité du cratère et sont « en état d’affaiblissement, certains présentaient des brûlures », a ajouté le responsable.

L’éruption du mont Marapi, sur l’île de Sumatra, a commencé dimanche à 14 h 54 heure locale (7 h 54 GMT). Haut de 2 891 mètres, le Marapi, dont le nom signifie « la Montagne de feu », est le volcan le plus actif de l’île.

Des étudiantes observent le volcan Marapi en éruption, le 4 décembre 2023, depuis Nagari Batu Palano à Agam, sur l'île indonésienne de Sumatra.
Des étudiantes observent le volcan Marapi en éruption, le 4 décembre 2023, depuis Nagari Batu Palano à Agam, sur l’île indonésienne de Sumatra. © Antara Foto, Reuters

Les autorités ont imposé une zone d’exclusion de trois kilomètres autour de son cratère, tandis que les secouristes se sont relayés pour redescendre les corps des défunts au pied de la montagne, l’éruption empêchant de les héliporter. Les trois survivants, en revanche, n’ont pas encore été redescendus en raison du terrain accidenté.

Douze randonneurs restent portés disparus et 49 sont redescendus de la montagne, certains ayant été transportés à l’hôpital, a indiqué Abdul Malik.

« Nous ne pouvons pas effectuer de recherches par hélicoptère car l’éruption est toujours en cours », a-t-il ajouté en précisant que 120 sauveteurs environ participent à l’opération de recherche.

Les sauvetages ralentis par des éruptions sporadiques

Le porte-parole de l’agence de secours locale, Jodi Haryawan, a déclaré à l’AFP que les efforts de sauvetage avaient été ralentis par des éruptions sporadiques, mais que les recherches se poursuivaient malgré les risques.

« Dès que c’était plus sûr, ils reprenaient les recherches », a-t-il poursuivi, en soulignant que « les recherches n’ont donc pas été interrompues ».

Des images vidéo, transmises à l’AFP par les équipes de secours sur les lieux, montrent une ambulance aux sirènes tonitruantes évacuant un randonneur brûlé. Sur d’autres images, on peut voir un secouriste en pleine nuit, lampe sur le front, aidant une randonneuse gémissant de douleur et la conduisant en sécurité.

Parmi les randonneurs secourus, une étudiante de 19 ans a envoyé un message vidéo depuis le volcan dans lequel elle appelle désespérément sa mère à l’aide. Zhafirah Zahrim Febrina y apparaît visiblement choquée, le visage brûlé et les cheveux mêlés d’une épaisse couche de cendres grises. « Maman, aide Ife », implore-t-elle en utilisant son surnom.

La jeune femme, qui randonnait avec 18 camarades d’école, est à présent soignée dans un hôpital, avec son père et son oncle à ses côtés.

« Elle subit un énorme traumatisme », dit sa mère, Rani Radelani, âgée de 39 ans. « Elle a été psychologiquement bouleversée à la vue de ses brûlures, en plus d’avoir enduré la douleur toute la nuit. »

Des cendres rejetées jusqu’à 3 000 mètres au-dessus du sommet

Les cendres rejetées par le mont Marapi ont été observées jusqu’à 3 000 mètres au-dessus de son sommet, a déclaré dimanche Hendra Gunawan, chef du Centre indonésien de vulcanologie et des dangers géologiques.

udy Rinaldi, directeur de l’agence de gestion des catastrophes de Sumatra occidental, a déclaré à l’AFP que certains des randonneurs secourus recevaient un traitement médical.

« Certains ont souffert de brûlures en raison de la forte chaleur et ont été emmenés à l’hôpital », a-t-il dit. « Les blessés sont ceux qui se sont approchés du cratère. »

Au moins huit personnes ont été victimes de brûlures, selon une liste de personnes secourues de l’agence nationale de recherches et de sauvetage Basarnas, consultée par l’AFP. Une personne, outre ses brûlures, souffre d’une fracture tandis qu’une autre personne rescapée a été blessée à la tête.

L’Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre des plaques continentales provoque une importante activité volcanique et sismique. Le pays compte près de 130 volcans actifs.

udy Rinaldi, directeur de l’agence de gestion des catastrophes de Sumatra occidental, a déclaré à l’AFP que certains des randonneurs secourus recevaient un traitement médical.

« Certains ont souffert de brûlures en raison de la forte chaleur et ont été emmenés à l’hôpital », a-t-il dit. « Les blessés sont ceux qui se sont approchés du cratère. »

Au moins huit personnes ont été victimes de brûlures, selon une liste de personnes secourues de l’agence nationale de recherches et de sauvetage Basarnas, consultée par l’AFP. Une personne, outre ses brûlures, souffre d’une fracture tandis qu’une autre personne rescapée a été blessée à la tête.

L’Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre des plaques continentales provoque une importante activité volcanique et sismique. Le pays compte près de 130 volcans actifs.

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À la UneMonde

L’armée israélienne face aux multiples défis du sud de la bande de Gaza

by Ruben Yale 1 décembre 2023
written by Ruben Yale

Alors que le cessez-le-feu avec le Hamas a pris fin vendredi, Israël relance ses opérations militaires. Mais les États-Unis mettent la pression sur l’armée israélienne pour qu’elle fasse preuve de retenue, notamment dans le sud de la bande de Gaza.

Après sept jours sans affrontements, le retour des intenses bombardements aériens israéliens ? C’est l’un des scénarios les plus redoutés à Washington. Les États-Unis ont multiplié les contacts avec l’État hébreu depuis dimanche 26 novembre pour s’assurer que l’armée israélienne a bien « tiré les enseignements des opérations dans le nord [de la bande de Gaza, NDLR] », affirmait le Washington Post mercredi 29 novembre.

Le président américain Joe Biden aurait même précisé au téléphone au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ce qu’il entendait par là. Il lui aurait affirmé que « la façon dont Israël a agi dans le nord de Gaza – en menant une vaste offensive avec trois divisions blindées et d’infanterie – ne pouvait être répétée dans la partie sud de l’enclave », croit savoir le site d’information américain Axios, qui cite « plusieurs responsables de l’administration américaine » ayant préféré garder l’anonymat.

Préserver les populations civiles ?

« C’est une manière de dire qu’il faudra faire davantage attention aux éventuelles victimes civiles de l’opération militaire », décrypte Omri Brinner, analyste israélien et spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient à l’International Team for the Study of Security Verona (ITSS), un collectif international d’experts des questions de sécurité internationale.

Depuis le début des opérations militaires israéliennes, des centaines des milliers de Gazaouis ont fui le nord de l’enclave pour trouver refuge dans le sud, où résident désormais près de deux millions de personnes. Les États-Unis n’ont aucune envie de voir le décompte des victimes civiles palestiniennes – qui s’élèvent déjà à plus de 14 000 selon le Hamas – s’envoler à partir du moment où le cessez-le-feu actuel va prendre fin. « Washington ne veut pas apparaître comme le complice de telles actions », résume le Washington Post.

Cet appel à la retenue va-t-il être entendu en Israël, alors que le cessez-le-feu avec le Hamas risque d’expirer ce vendredi, après sept jours d’accalmie ? La rhétorique guerrière israélienne ne donne pas cette impression. « Lorsque nous reprendrons le combat, la puissance sera plus grande et s’étendra sur l’ensemble de la bande de Gaza », a au contraire promis Yoav Gallant, le ministre israélien de la Défense.

L’État hébreu a d’ailleurs « enjoint la population civile palestinienne sur place à se rendre dans une zone à l’ouest de l’enclave », note Omri Brinner. Une manière de préparer le terrain en vue d’une future campagne de bombardements aériens pour protéger l’avancée des troupes au sol ?

Mais ces appels aux civils de quitter les futurs lieux de combat ne peuvent avoir qu’un impact très limité. D’abord parce que le sud de la bande de Gaza est déjà trop petit pour les deux millions de Palestiniens qui y ont trouvé refuge. « Ils ne pourront, dès lors, certainement pas tous se réfugier dans une zone encore plus étroite », reconnaît Omri Brinner.

Ensuite parce que les combattants du Hamas « ont perfectionné l’art de se fondre dans la population civile et à l’utiliser comme bouclier contre les soldats israéliens », souligne Amnon Aran, spécialiste des conflits entre Israël et le monde arabe à la City University of London. « Ils vont tout faire pour les dissuader de partir », confirme Omri Brinner.

Demandes américaines incompatibles avec les objectifs israéliens

« On se rend compte maintenant qu’Israël a commis une erreur tactique majeure en choisissant d’avancer lentement mais surement du nord vers le sud, plutôt que d’attaquer simultanément au nord, au centre et au sud de la bande de Gaza », analyse Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres. En agissant ainsi, l’armée a « ironiquement contribué à renforcer le bouclier humain formé par la population civile autour du Hamas au sud, alors que c’est là que l’armée devrait leur infliger le plus de dégâts », remarque cet expert.

À ce contexte humanitaire déjà compliqué s’ajoute le fait que « les principales forces combattantes du Hamas se trouvent au sud », assure Amnon Aran. « Sur les 14 bataillons engagés dans la guerre contre Israël, dix sont basées dans cette région de l’enclave », précise-t-il. 

Autrement dit, Israël n’avait pas besoin que les États-Unis viennent mettre des bâtons supplémentaires dans les chenilles de ses chars. D’autant plus que certaines exigences sont très spécifiques. Washington a ainsi appelé à la création de « zones de déconflit ». Il s’agirait de bâtiments spécifiques – comme les installations de l’ONU, les hôpitaux ou les écoles – où les soldats israéliens ne pourraient pas ouvrir le feu, afin d’assurer la sécurité des populations civiles qui s’y trouvent.

Pourtant, « le Hamas est justement connu pour utiliser des bâtiments justement comme les hôpitaux ou les écoles pour y abriter des armes et des combattants. Je ne vois pas comment cette demande américaine serait compatible avec les objectifs militaires affichés d’Israël », s’interroge Veronika Poniscjakova, spécialiste des aspects militaires du conflit israélo-palestinien à l’université de Portsmouth, en Grande-Bretagne. Omri Brinner veut croire que « si les renseignements permettent d’établir sans l’ombre d’un doute que le Hamas se cache dans tel ou tel bâtiment, les Américains devraient laisser faire ».

Les États-Unis ont aussi appelé Israël à « utiliser des munitions de plus petites tailles et plus précises », note le Washington Post. Autrement dit, l’armée israélienne devrait s’abstenir de lâcher des charges explosives de grandes tailles comme c’était le cas dans le nord. 

Une impossible victoire israélienne ?

Le but est non seulement louable – éviter au maximum les victimes civiles collatérales –, il rejoint aussi une préoccupation majeure de Washington : empêcher un bombardement faisant trop de morts civiles, ce qui pourrait avoir de graves répercussions géopolitiques. « La densité de population sera telle que les possibilités d’une erreur de calcul lors d’un bombardement seront démultipliées. Ce qui augmente aussi le risque d’avoir un incident majeur susceptible d’embraser la région, forçant les États-Unis à intervenir militairement », résume Amnon Aran.

Politiquement cependant, le gouvernement israélien peut difficilement faire preuve de beaucoup de retenue dans sa campagne aérienne. Pour une partie de l’opinion israélienne, « cela reviendrait à placer la sécurité des civils palestiniens au-dessus de celle des soldats israéliens [qui ont besoin de soutien aérien pour assurer la sécurité de leur avancée, NDLR] », souligne Omri Brinner. Ce n’est pas le genre de message que Benjamin Netanyahu veut faire passer.

Mais Israël peut-il défier les avertissements américains ? Si l’État hébreu se met Washington à dos, « il risque de perdre son principal soutien au conseil de sécurité de l’ONU, et les Américains pourraient se mettre à repenser leur politique de livraison d’armes à Israël », résume Veronika Poniscjakova.

En raison de l’élection présidentielle qui se profile aux États-Unis, les dirigeants israéliens vont devoir faire attention « aux répercussions de ce qui se passe à Gaza sur la campagne américaine », assure Amnon Aran. Joe Biden risque d’être beaucoup moins patient avec Benjamin Netanyahu si le modus operandi de l’armée israélienne le fait passer pour un complice de ce qu’une partie de l’électorat américain pourrait percevoir comme des exactions contre les civils palestiniens.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’Israël pourra atteindre son but militaire affiché dans la bande de Gaza, à savoir l’éradication du Hamas et de ses capacités militaires. « L’armée israélienne peut amoindrir [les] capacités militaires, détruire quelques usines de fabrication d’armes et des tunnels, mais sûrement pas rayer le Hamas de la carte définitivement », assure Ahron Bregman.

Pour ce spécialiste, « à un moment donné, Benjamin Netanyahu va sûrement dire qu’Israël a gagné, mais ce sera une déclaration vide de sens. » En attendant, « le Hamas a déjà gagné une victoire une première fois le 7 octobre en frappant Israël, et une deuxième fois en obtenant la libération de prisonniers, ce qui leur vaut une certaine admiration de la part de tous les Palestiniens”, conclut Ahron Bregman.

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États-Unis : un Indien poursuivi pour avoir tenté d’assassiner un indépendantiste sikh

by Ruben Yale 30 novembre 2023
written by Ruben Yale

Nikhil Gupta, un ressortissant indien de 52 ans, a été inculpé mercredi à New York pour avoir commandité l’assassinat d’un dirigeant séparatiste sikh. Selon l’acte d’accusation, il a été recruté par un agent du gouvernement indien. Cette affaire rappelle celle du meurtre de Hardeep Singh Nijjar au Canada, qui avait déclenché une crise diplomatique entre Ottawa et New Dehli en septembre.

Un ressortissant indien est poursuivi aux États-Unis pour avoir commandité le projet d’assassinat à New York d’un dirigeant séparatiste sikh, à l’instigation d’un agent de New Delhi, a annoncé mercredi 29 novembre le ministère américain de la Justice.

Ce dossier pourrait empoisonner les relations de l’Inde avec les États-Unis, comme cela fut le cas en septembre pour le Canada. Le Premier ministre Justin Trudeau avait alors incriminé les services de renseignement indiens pour le meurtre en juin d’un autre dirigeant sikh, Hardeep Singh Nijjar, près de Vancouver.

Le secrétaire d’État Antony Blinken avait prévenu à cette occasion en septembre que les États-Unis étaient « extrêmement vigilants dès lors qu’existent des allégations d’une répression transnationale ». Il faisait référence au phénomène de projection par les régimes autoritaires de leur contrôle sur leurs citoyens hors de leurs frontières, apparu au grand jour avec l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul en octobre 2018, et en expansion constante, selon les défenseurs des droits humains.

Le ministère américain de la Justice ne cite pas nommément la cible présumée à New York, mais la description des faits permet de l’identifier comme Gurpatwant Singh Pannun, un avocat fondateur de l’organisation américaine Sikhs For Justice (SFJ), qui revendique un État indépendant pour cette minorité dans le nord de l’Inde.

« Terrorisme transnational »

« La tentative contre ma vie en territoire américain est une manifestation flagrante du terrorisme transnational de l’Inde qui est devenu une menace pour la souveraineté américaine, la liberté d’expression et la démocratie », a d’ailleurs réagi dans un communiqué Gurpatwant Singh Pannun, désigné comme « terroriste » par New Delhi en 2020 et recherché pour « terrorisme et sédition ».

Nikhil Gupta, 52 ans, a été inculpé à New York pour avoir commandité le meurtre, a annoncé le ministère, précisant qu’il avait été arrêté le 30 juin en République tchèque en vertu du traité d’extradition entre les deux pays. Il est visé par deux chefs d’accusation, passibles chacun de dix ans de prison.

Selon l’acte d’accusation, un agent du gouvernement indien (identifié uniquement par des initiales) a recruté Nikhil Gupta, résidant en Inde et impliqué dans des trafics de drogue et d’armes, pour assassiner la « victime », en échange de l’abandon de poursuites pénales contre lui.

Un prix fixé à 100 000 dollars

Le prévenu a ensuite contacté un individu qu’il considérait comme un complice « mais qui était en fait un informateur des services de sécurité américains, pour l’aider à engager un tueur ». Cet individu lui a présenté un soi-disant tueur à gages, en réalité un agent des services américains sous couverture, selon la même source.

L’agent du gouvernement indien a accepté de payer 100 000 dollars à ce prétendu tueur à gages lors de négociations conduites par Nikhil Gupta, dont 15 000 lui ont été versés d’avance en liquide dans sa voiture le 9 juin, selon l’acte d’accusation, photo à l’appui.

L’agent a également fourni des informations sur le domicile et l’emploi du temps de la victime à Nikhil Gupta, qui les a transmises au prétendu tueur, tout en lui donnant instruction de ne pas passer à l’action pendant des réunions américano-indiennes de haut niveau en raison de possibles retombées « politiques ».

Après l’assassinat le 18 juin au Canada de Hardeep Singh Nijjar, qui était « également une cible », il lui a indiqué qu’il n’y « avait maintenant plus besoin d’attendre » pour exécuter son « contrat » à New York, selon les mêmes sources.

L’Inde « forme une commission d’enquête »

L’annonce de ces poursuites aux États-Unis « démontre à quel point l’Inde doit travailler avec le Canada, doit prendre au sérieux ces allégations », a réagi Justin Trudeau devant la presse.

L’administration américaine « a évoqué cette affaire avec le gouvernement indien, y compris au plus haut niveau », a déclaré la semaine dernière Adrienne Watson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. « Nous avons fait savoir que nous nous attendons à ce que toute personne jugée responsable rende des comptes », a-t-elle souligné.

Le ministère indien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que New Delhi avait « formé le 18 novembre une commission d’enquête de haut niveau » après avoir été informé par Washington de « connexions entre des organisations criminelles, des trafiquants d’armes, des terroristes et d’autres ». « Le gouvernement indien prendra les mesures nécessaires sur la base des conclusions de la commission d’enquête », a assuré le ministère.

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«C’est l’anarchie totale»: à Gaza, malgré la trêve, la catastrophe humanitaire continue

by Sam's Londele 30 novembre 2023
written by Sam's Londele

Depuis l’accord de trêve, l’aide humanitaire a pu rentrer plus régulièrement. Mais « le volume d’aide qui parvient aux Palestiniens à Gaza est toujours totalement insuffisant », a dénoncé mercredi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et la population vit « une catastrophe humanitaire monumentale ».

Il est 20h, Aabir, mère de famille, fait la queue depuis 6h ce matin pour obtenir de quoi manger. Lasse, ce soir elle perd espoir. « C’est l’anarchie totale. Les gens se marchent dessus. Et je suis la seule à pouvoir venir faire la queue : mon frère est mort dans un bombardement et a laissé des orphelins, explique-t-elle. Avec les autres membres de la famille on se partage les tâches : certains font la queue pour la farine, d’autres pour l’eau. Cette guerre nous a totalement dépouillés. C’est une humiliation. »

Volume insuffisant

Près de 80% de la population gazaouie a été déplacée à cause des bombardements israéliens. « Le système alimentaire s’est effondré, et la faim se propage », a souligné le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres mercredi. L’accord de trêve a accéléré l’entrée de l’aide humanitaire, qui arrivait auparavant au compte-gouttes. Mais le volume est toujours totalement insuffisant. « Nous pensons que nous avons besoin d’un véritable cessez-le-feu humanitaire », a plaidé le chef de l’ONU : « La population de Gaza vit au milieu d’une catastrophe humanitaire monumentale, sous les yeux du monde. Nous ne devons pas détourner les yeux. »

Trouver du gaz

Pour les plus chanceux qui ont obtenu un petit sac de farine pour faire du pain, le défi est de trouver du gaz pour le faire cuire. Mohaned est épuisé. « Ma famille compte cinq membres. Comme j’ai une grande maison, j’ai accueilli des déplacés. On est vingt-et-une personnes, témoigne-t-il. J’ai fait la queue durant 26 heures pour avoir du gaz. J’ai dormi dehors, ici dans le froid, et sous la pluie. Je suis tombé malade. » Face à l’ampleur des besoins, les convois d’aide humanitaire qui entrent quotidiennement à Gaza, sont loin de suffire, soupire le père de famille.

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«Visage du mal», Yahya Sinouar, le redoutable chef du Hamas à Gaza, traqué par Israël

by Ruben Yale 29 novembre 2023
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Pour les Israéliens, il est l’homme à abattre : Yahya Sinouar, chef du Hamas dans la bande de Gaza, est considéré comme le cerveau de l’attaque du 7 octobre contre Israël. À 61 ans, il est bien connu des services de renseignement.

« Je rêve de Sinouar, j’y pense quand je mange… J’y pense tout le temps ! », avoue Michael Kobi. À 78 ans, ce vétéran du Shin Bet, le renseignement intérieur israélien, est hanté par Yahya Sinouar, raconte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Il l’a côtoyé dans les prisons israéliennes où il était chargé des interrogatoires. Il comptabilise 150 heures d’interrogatoire avec celui qui était, à l’époque, à la tête d’une milice chargée de traquer les traîtres à la cause palestinienne. « Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi cruel, témoigne-t-il. Il utilisait un couteau de boucher et il décapitait ses victimes. À Gaza, ils l’ont surnommé « le boucher de Khan Younès ». Il parlait avec froideur, indifférence. Rien ne le touchait. »

Le « boucher de Khan Younès »

Yahya Sinouar, c’est « le visage du mal », déclarait récemment un porte-parole de l’armée israélienne. Né dans le camp de réfugiés de Khan Younès, à Gaza, Yahya Sinouar grandit dans l’ombre de cheikh Yacine, le fondateur du Hamas, rapporte Murielle Paradon, journaliste au service international de RFI. Bientôt, il prend la tête d’une milice chargée de traquer les traîtres. Sa cruauté lui vaudra donc son surnom. Sa radicalité envers Israël est connue.

Parfait arabophone, Michaël Kobi discute avec lui, tente de comprendre le personnage, sa vision. En vingt-deux ans de prison en Israël, Yahya Sinouar a, lui, appris l’hébreu et eu l’occasion de se documenter sur l’ennemi, avant d’être libéré en 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers visant à libérer le soldat Gilad Shalit, aux mains du Hamas. « Il n’a jamais caché son objectif », se rappelle l’ancien agent.

Cerveau des attaques du 7 octobre

Mais lorsqu’il devient chef du bureau politique du Hamas à Gaza, en 2017, son discours change. Yahya Sinouar affirme vouloir développer économiquement l’enclave palestinienne plutôt que de faire la guerre. Était-ce une façade ou une ambition sincère qui a échoué ? Cet homme à la fois charismatique et manipulateur est en tout cas soupçonné d’être à l’origine des attaques sans précédent du 7 octobre qui ont plongé Israël dans l’effroi et entraîné une répression sanglante contre les Gazaouis.

« En 1989, il avait dit qu’il planifiait un grand massacre de juifs, conformément à la charte du Hamas. Il considère donc ce qu’il a fait comme une réussite. Nous aurions dû l’éliminer depuis longtemps. »

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a juré de le « trouver » et de l’« éliminer ». Il serait retranché dans les tunnels sous l’enclave palestinienne.

RFI via CONGO PUB Online

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Israël-Hamas: nouvelles libérations d’otages et de prisonniers au troisième jour de trêve

by Ruben Yale 27 novembre 2023
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La trêve entre Israël et le Hamas qui a permis la libération d’otages, de prisonniers et une aide d’urgence dans la bande de Gaza, entame, ce lundi sa quatrième et dernière journée, sur fond de pourparlers pour la prolonger. En Israël, un hélicoptère militaire rapatriait encore des otages libérés par le Hamas ce dimanche.

Le ministre de la Santé d’Israël, Joseph Mendlovic, a confirmé, lors d’une conférence de presse, que « les otages sont bien arrivés et ont été admis discrètement à l’hôpital où ils ont retrouvé leurs proches et ont commencé une évaluation médicale menée par le personnel de l’hôpital avec sensibilité et dévouement ».

Au total, 117 prisonniers palestiniens détenus dans des prisons israéliennes ont été libérés, dont 39 dimanche soir. Ils sont majorité des adolescents, comme Nashed, heureux de pouvoir à nouveau embrasser sa mère : « Le premier jour (de la guerre, ndlr), le 7 octobre, ils sont entrés dans nos chambres, ils ont pris toutes nos affaires et ne nous ont laissé qu’un seul ensemble de vêtements que nous étions censés porter jusqu’à ce que Dieu nous libère. Ils nous battaient, nous humiliaient et nous insultaient durant notre détention. Dieu merci, nous sommes rentrés chez nous », a déclaré le jeune homme. 

La trêve a offert un répit aux Gazaouis, mais la situation humanitaire dans le territoire est « dangereuse » et les besoins « sans précédent », a alerté l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Africanews via CONGO PUB Online

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La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement de son satellite espion

by Ruben Yale 23 novembre 2023
written by Ruben Yale

La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement d’un satellite de surveillance que Pyongyang a réussi à placer en orbite cette semaine, ont déclaré jeudi des parlementaires sud-coréens, citant les services de renseignement. La Corée du Nord a annoncé qu’elle allait renforcer sa présence militaire à sa frontière avec la Corée du Sud.

La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement de son satellite militaire espion, a affirmé, jeudi 23 novembre, l’agence de renseignement sud-coréenne, Pyongyang souhaitant ainsi renforcer sa présence militaire à sa frontière avec la Corée du Sud.

Le Service de renseignement national sud-coréen a confirmé qu' »après le sommet » entre le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en septembre, « le Nord a fourni à Moscou le plan et les données concernant les premier et deuxième lancements de satellite. La Russie a à son tour analysé ces données et communiqué au Nord des retours », a soutenu l’agence devant des législateurs, d’après un briefing du député Yoo Sang-bum.

Après deux échecs en mai et en août, la fusée a décollé mardi de Corée du Nord et a placé en orbite le satellite d’observation militaire Malligyong-1, selon les médias d’État. La Corée du Sud a confirmé jeudi que la mise sur orbite avait réussi.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a assisté personnellement au lancement de la fusée, et a déjà étudié des photographies des principales bases militaires américaines dans l’île de Guam, dans l’océan Pacifique, prises par le satellite, ont encore affirmé les médias officiels de Pyongyang.

Le lancement s’est fait en violation des résolutions de l’ONU qui interdisent à Pyongyang de se servir de technologies de missiles balistiques. Il a été condamné par la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis et les Nations unies.

Le satellite a été « placé sur une trajectoire orbitale », a indiqué jeudi le Service national de renseignement du Sud lors d’un briefing avec des députés.

Suspension de l’accord militaire de 2018

Le renseignement sud-coréen, qui avait collecté et analysé les débris d’un des satellites tombé en mer après l’échec de son lancement et avait conclu qu’il n’avait aucune utilité militaire, juge toutefois peu probable que le satellite fonctionne déjà, a indiqué Yoo Sang-bum.

« Vu qu’il faut généralement trois ans pour développer un satellite, les affirmations actuelles ne garantissent pas la capacité satellitaire du Nord, à moins que Pyongyang ne rende publiques les photos de la base de Guam qu’il a mentionnées », a expliqué le député.

Après le lancement, Séoul a partiellement suspendu mercredi un accord militaire conclu le 19 septembre 2018 avec la Corée du Nord pour prévenir les incidents armés le long de la frontière intercoréenne (en créant notamment des « zones tampon » maritimes), et a immédiatement déployé des « moyens de surveillance et de reconnaissance » à cette frontière.

Le ministère nord-coréen de la Défense a qualifié les mesures prises par Séoul d' »imprudentes » et a annoncé qu’il suspendait également l’accord de 2018, dans son intégralité.

La Corée du Nord « ne sera plus jamais liée » par cet accord « réduit depuis longtemps à un vulgaire bout de papier », a affirmé le ministère dans un communiqué cité par l’agence officielle KCNA.

Pyongyang va désormais « déployer des forces armées plus puissantes et du matériel militaire de type nouveau dans la région située le long de la ligne de démarcation militaire », a-t-il averti.

La Corée du Nord a également tiré un missile balistique tôt jeudi, mais ce lancement a échoué, selon l’état-major interarmées de Séoul.

Risque d’affrontements accru

Ce lancement de missile est un signe avant-coureur, estime Yang Moo-jin, président de l’Université des études nord-coréennes.

« Afin de montrer que la suspension de l’accord n’est pas un vain mot, on s’attend à une démonstration de force par la violation de la frontière maritime, le déploiement de l’artillerie côtière, les envois de tracts et le lancement de divers missiles », prédit-il.

« En conséquence, le risque d’affrontements armés accidentels le long de la ligne de démarcation militaire augmentera, de même que le risque que ces conflits armés accidentels dégénèrent en guerre », ajoute ce chercheur.

Le ministère de la Défense de Corée du Nord a répété jeudi que le lancement du satellite par Pyongyang s’inscrivait dans le cadre du « droit à l’autodéfense » du pays et a fustigé la réaction « extrêmement hystérique » de Séoul.

Le Sud « doit payer cher ses provocations politiques et militaires irresponsables et graves qui ont poussé la situation actuelle vers une phase incontrôlable », a poursuivi le ministère.

Officiellement, le satellite doit débuter son travail de reconnaissance le 1er décembre, d’après KCNA. Selon des experts, la mise en orbite réussie d’un satellite espion améliorerait les capacités de collecte de renseignements de la Corée du Nord, en particulier au-dessus de la Corée du Sud et de Guam, et fournirait des données cruciales en cas de guerre.

En 2021, Kim Jong-un avait fait du développement d’un satellite espion l’une des priorités du régime.

La Corée du Sud prévoit pour sa part de lancer son premier satellite espion le 30 novembre depuis les États-Unis, via une fusée SpaceX.

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À la UneMonde

La communauté internationale salue l’accord conclu entre Israël et le Hamas

by Sam's Londele 22 novembre 2023
written by Sam's Londele

Après cinq semaines de négociations difficiles, le gouvernement israélien a approuvé, mercredi 22 novembre, l’accord prévoyant la libération de cinquante otages en échange de la libération de prisonniers palestiniens et d’une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a approuvé, dans la nuit de mardi à mercredi, l’accord prévoyant la libération de 50 otages – des femmes et des enfants – aux mains du Hamas en échange de la libération de prisonniers palestiniens et d’une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza, selon un communiqué officiel. « Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’État d’Israël depuis Gaza », ajoute le communiqué.

■ L’Union européenne (UE) a donné son feu vert à la poursuite de son aide au développement en faveur des Palestiniens.

■ 108 membre de l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, ont été tués à Gaza. Trois médecins ont aussi perdu la vie dans une frappe sur l’hôpital Al-Awda, au nord de la bande de Gaza, déplore MSF. 

■ Le bilan des bombardements israéliens dans la bande de Gaza a atteint les 14 128 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre, dont 5 840 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne. Depuis cette date, plus de 1 200 Israéliens ont été tués. L’armée israélienne fait état de 239 personnes retenues en otage par le mouvement islamiste palestinien.

Les combats continuent dans la bande de Gaza, la trêve ne devrait pas entrer en vigueur avant jeudi

Panache de fumée après une frappe dans la bande de Gaza, le 22 novembre 2023.
Panache de fumée après une frappe dans la bande de Gaza, le 22 novembre 2023. AP – Leo Correa
Les combats continuent dans la bande de Gaza après la conclusion de l'accord, mercredi 22 novembre.
Les combats continuent dans la bande de Gaza après la conclusion de l’accord, mercredi 22 novembre. AP – Leo Correa

Londres salue une « étape cruciale » après l’accord entre Israël et le Hamas

Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron a salué mercredi l’accord entre Israël et le Hamas pour une trêve à Gaza et la libération des otages, le qualifiant d’« étape cruciale ». « Cet accord est une étape cruciale pour soulager les familles des otages et résoudre la crise humanitaire à Gaza », a dit David Cameron dans un communiqué. Le chef de la diplomatie britannique a appelé « toutes les parties à veiller à ce que l’accord soit respecté dans son intégralité ».

Berlin salue une « avancée » qu’il « faut mettre à profit » pour apporter de l’aide

L’Allemagne a salué mercredi une « avancée » qu’il « faut mettre à profit pour acheminer une aide vitale aux habitants », après l’accord pour une trêve humanitaire à Gaza en échange de la libération des otages enlevés par le Hamas. « La libération annoncée d’un premier groupe d’otages est une avancée, même si rien au monde ne pourra effacer leur souffrance. La trêve humanitaire doit être utilisée pour apporter l’aide vitale nécessaire aux habitants de Gaza », a déclaré la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Mahmoud Abbas salue l’accord entre Israël et le Hamas par la voix d’un haut responsable de l’Autorité palestinienne

Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué mercredi l’accord humanitaire conclu sous médiation étrangère entre ses rivaux islamistes du Hamas et Israël dans la bande de Gaza, et a appelé à des solutions à plus long terme au long conflit israélo-palestinien.

L’administration de Mahmoud Abbas, basée en Cisjordanie occupée, « apprécie l’effort qataro-égyptien », souhaite une trêve prolongée avec Israël et « la mise en œuvre d’une solution politique basée sur la légitimité internationale », selon un message publié sur les les réseaux sociaux par Hussein Al-Sheikh, un haut responsable de l’Autorité palestinienne.

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Guerre Israël-Hamas: un hôpital de campagne et des soignants venus de Jordanie sont entrés à Gaza

by Sam's Londele 20 novembre 2023
written by Sam's Londele

Les forces israéliennes « étendent » encore ce lundi 20 novembre leurs opérations contre le Hamas dans le nord de la bande de Gaza sur fond de pourparlers visant à libérer des otages entre les mains du mouvement islamiste en échange d’une trêve dans les combats. Une frappe israélienne a tué au moins 12 patients de l’hôpital indonésien de Gaza, selon ministère de la Santé du Hamas. Un convoi avec le matériel pour un premier hôpital de campagne venu de Jordanie est entré à Gaza.

Un convoi humanitaire jordanien entre par l'Égypte à Rafah, dans la bande de Gaza, le 20 novembre 2023.
Un convoi humanitaire jordanien entre par l’Égypte à Rafah, dans la bande de Gaza, le 20 novembre 2023. AP – Hatem Ali

Par :RFISuivre

Ce qu’il faut retenir :

■ L’armée israélienne a étendu son offensive dans le nord de la bande de Gaza ce lundi 20 novembre.

■ Une frappe israélienne a tué au moins 12 patients et fait des dizaines de blessés dans l’hôpital indonésien de Gaza situé en bordure du grand camp de réfugiés palestiniens de Jabaliya, a annoncé le ministère de la Santé du Hamas.

■ Le premier hôpital de campagne venu de Jordanie est entré à Gaza. 40 camions contenant les équipements et 17 soignants et techniciens jordaniens sont entrés depuis l’Égypte par le terminal de Rafah.

■ Le bilan des bombardements israéliens dans la bande de Gaza a atteint les 13 000 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre, dont 5 500 enfants, selon le ministère de la santé du Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne. Depuis cette date, plus de 1 200 Israéliens ont été tués. L’armée israélienne fait état de 239 personnes retenues en otage par le mouvement islamiste palestinien.

■ Lors d’un échange téléphonique avec le président chinois Xi Jinping, Emmanuel Macron a appelé ce lundi la Chine à accroître son aide aux civils palestiniens.

■ 29 des 31 bébés prématurés évacués de l’hôpital al-Chifa, de Gaza, sont arrivés en Égypte. 

■ Il ne reste que des obstacles « mineurs » avant un accord sur les otages, affirme le Qatar. La conclusion d’un accord sur la libération des otages enlevés par le Hamas repose désormais sur des questions pratiques « mineures », a affirmé dimanche le Premier ministre qatarien, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, sans toutefois fournir de calendrier.

Le Hezbollah revendique des attaques contre l’armée israélienne dans le nord d’Israël

Le Hezbollah libanais a annoncé lundi avoir mené une série d’attaques à l’aide de drones, de missiles et d’obus d’artillerie contre l’armée israélienne dans le nord d’Israël frontalier du Liban, sur fond de guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.Depuis le début de cette guerre le 7 octobre, les affrontements entre Israël et le puissant Hezbollah pro-iranien sont quotidiens mais restent en général limités à la zone frontalière. Le Hezbollah a indiqué dans un communiqué que ses combattants avaient pris pour cible, lundi à 13h10 (11h10 TU), « à l’aide de trois drones d’attaque des centres de rassemblement des soldats de l’occupation israélienne à l’ouest de Kiryat Shmona ». Dans la foulée, le Hezbollah a ajouté avoir tiré à l’artillerie sur des sites où sont déployés des soldats israéliens dans la même zone. Il a également annoncé avoir ciblé plusieurs positions militaires israéliennes dans les zones proches de la frontière à l’aide de missiles Burkan (Volcan). Il a affirmé que ces attaques avaient fait des victimes parmi les forces israéliennes.

l’OMS « consternée » par l’attaque contre l’hôpital indonésien à Gaza

Le directeur général de l’Organistation mondiale de la santé (OMS), le Dr. Tedros Ghebreyesus, s’est dit « consterné par l’attaque contre l’hôpital indonésien à Gaza » dans un message posté sur X (ex-Twitter). « Les agents de santé et les civils ne devraient jamais être exposés à une telle horreur, surtout à l’intérieur d’un hôpital », a-t-il ajouté. Cette attaque a fait au moins 12 morts et des dizaines de blessés.

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Argentine: le candidat ultralibéral «anti-système» Javier Milei remporte l’élection présidentielle

by Ruben Yale 20 novembre 2023
written by Ruben Yale

À l’issue du scrutin de l’élection présidentielle en Argentine ce dimanche 20 novembre au soir, le candidat ultralibéral, d’extrême droite et dégagiste contre les péronistes et libéraux, Javier Milei est élu président de la République avec 55,95 % des voix, selon les premiers résultats partiels officiels. Son rival péroniste Sergio Massa, l’actuel ministre de l’Économie, a concédé sa défaite avec 44,04 % des votes. Le résultat entre les deux candidats s’annonçait pourtant serré, alors que le pays est plongé dans une grave crise économique.

Les résultats, montrant une avance de plus de 11 points pour Javier Milei, ont été communiqués par le secrétariat général de la présidence, avec plus de 86% des votes décomptés. Quelques minutes auparavant, Sergio Massa avait concédé sa défaite, annonçant à ses partisans que Javier Milei « est le président que la majorité des Argentins a élu pour les quatre prochaines années ». Sa candidature a été plombée par la crise économique sans précédent depuis 20 ans dans le pays.

Il a ajouté avoir appelé Javier Milei « pour le féliciter et lui souhaiter bonne chance ».

En même temps, l’euphorie a envahi l’extérieur du QG de campagne de Javier Milei, où quelques milliers de partisans ont chanté et scandé deux des slogans fétiches du candidat: « La caste tiene miedo » (« La caste a peur ! ») « Viva la libertad, carajo ! » (« Vive la liberté, bordel ! »). « Qu’ils s’en aillent tous, qu’il n’en reste pas un seul ! », ont entonné aussi les pro-Milei, agitant des drapeaux jaunes à l’effigie du lion -une image cultivée par Milei lui-même, évoquant sa chevelure-crinière.

« Nous sommes confrontés à des problèmes monumentaux », prévient Milei

Dans son discours de victoire, Javier Milei, qui avait promis austérité, dérégulation et privatisations, a affirmé qu’« aujourd’hui commence la fin de la décadence » et la « reconstruction de l’Argentine », mais mis en garde qu’il n’y aura « pas de demi-mesures ». « C’est une nuit historique pour l’Argentine », a lancé Milei à plusieurs milliers de partisans, à son QG de campagne à Buenos Aires. « C’en est fini du modèle appauvrissant de la caste, aujourd’hui nous adoptons le modèle de la liberté, pour redevenir une puissance mondiale, a-t-il poursuivi. Aujourd’hui prend fin une manière de faire de la politique, et commence une autre ».

« Nous sommes confrontés à des problèmes monumentaux : l’inflation, la stagnation, l’absence de véritables emplois, l’insécurité, la pauvreté et la misère », a énuméré le président-élu. « Des problèmes qui n’auront de solution que si nous adoptons à nouveau les idées de liberté ».

L’ex-président américain Donald Trump a félicité dimanche l’ultralibéral Javier Milei pour son élection à la présidence de l’Argentine, sur son réseau social Truth Social, estimant qu’il allait « transformer » son pays. « Je suis très fier de toi. Tu vas transformer ton pays et faire de l’Argentine à nouveau un grand pays », a écrit M. Trump sur son réseau social Truth Social, avant la publication des résultats officiels.

Le président brésilien Lula a souhaité « bonne chance et succès » au nouveau gouvernement argentin, dans un message sur le réseau social X dans lequel il n’a pas mentionné Javier Milei. « L’Argentine est un grand pays qui mérite tout notre respect. Le Brésil sera toujours disponible pour travailler avec nos frères argentins », a écrit Lula.

L’ampleur de l’écart surprend : des sondeurs avaient ces dernières semaines donné un léger avantage à Milei, mais nombre d’analystes prédisaient un résultat se jouant « au vote près », dans une élection crispée et indécise comme rarement en 40 ans depuis le retour de la démocratie.

Au final, « l’outsider » qui promettait de dégager la « caste politique parasite », les gouvernements péronistes et libéraux se succédant depuis 20 ans, a renversé la politique argentine par un petit raz-de-marée, à hauteur du ras-le-bol d’Argentins éreintés par une économie à genoux.

Une inflation chronique, désormais à trois chiffres (143 % sur un an), quatre Argentins sur dix sous le seuil de pauvreté, un endettement pathologique et une monnaie qui dévisse dressent le paysage de ce second tour.

Un redressement économique graduel contre un dégagisme tronçonneur

Soins longue durée ou thérapie de choc ? Pour la troisième économie d’Amérique latine, 36 millions d’Argentins étaient appelés à se prononcer entre projets d’avenir on ne peut plus antagoniques.

D’un côté, Massa, politicien accompli, ministre de l’Économie depuis 16 mois d’un exécutif péroniste (centre-gauche) dont il s’était distancié. Et qui promettait un « gouvernement d’unité nationale », et un redressement économique graduel, préservant l’État-providence, crucial dans la culture argentine.

Face à lui, l’économiste Javier Milei, polémiste de plateaux TV surgi en politique il y a deux ans. Dégagiste contre la « caste parasite », résolu à « tronçonner » l’« État-ennemi » et à dollariser l’économie, laissant mourir le peso argentin de sa belle mort.

Au milieu, des Argentins passés « de crise en crise, et au bord de la crise de nerfs », a résumé Ana Iparraguirre, politologue au cabinet GBAO Strategies. Les Argentins sont éreintés par des prix qui grimpent de mois en mois, voire de semaine en semaine, quand les salaires décrochent, dont le salaire minimum à 146 000 pesos (400 dollars).

« Il faut voter pour le moins pire », s’est résignée Maria Paz Ventura, docteure de 26 ans. « Beaucoup de gens ont peur de (Milei), mais vu comment on va, un changement ne nous ferait pas de mal. Il faut parier ! ».

Une période d’incertitudes

Désormais, écrit notre correspondant en Argentine, Théo Conscience, la première interrogation, ce sera la réaction des marchés financiers. Lors de la victoire surprise de Javier Milei au primaires obligatoires mi-août 2023, le cours du peso et la Bourse de Buenos Aires s’étaient effondrés. Ce lundi 20 novembre étant férié en Argentine, il faudra attendre la journée de mardi pour savoir comment les acteurs financiers réagiront à l’élection du candidat ultralibéral.

Viendra ensuite la question de la marge de manœuvre qu’il aura pour gouverner. Si sa victoire d’hier soir est sans appel, le mouvement de Javier Milei, La Libertad Avanza, ne compte que de 40 députés et une poignée de sénateurs, et le futur président n’aura donc pas de majorité au Congrès pour faire passer ses ambitieuses réformes. Il pourra peut-être compter sur le soutien de la droite traditionnelle, qui a appelé à voter pour lui au second tour, mais devra sûrement faire des concessions, quitte à renoncer à la promesse de changement radical sur lequel il a été élu.

Car Milei effraie, aussi, avec des idées polémiques, comme la dérégulation de la vente d’armes, une « solution de marché » pour le don d’organes, ou son opposition à l’avortement, légalisé en 2021. Enfin, pour lui, le changement climatique n’est qu’un « cycle », pas « une responsabilité de l’homme ».

L’élection de Milei inquiète le Brésil, premier partenaire économique de l’Argentique

La victoire du candidat d’extrême-droite Javier Mileil à la présidentielle argentine est vue comme une déception chez le voisin brésilien. À la tête de l’autre pays fort du bloc économique du Mercosur, le président brésilien de gauche Luiz Inácio Lula da Silva a félicité la victoire de l’économiste ultra-libéral, mais cette défaite cuisante du péronisme pourrait ouvrir une période d’incertitude entre les deux principaux pays du marché commun du Cône Sud.

Dans un court message sur les réseaux sociaux, Lula a félicité les institutions et le peuple argentin. Du bout des lèvres, il a souhaité « bonne chance au nouveau gouvernement », sans toutefois évoquer le nom de Javier Milei. Le désormais président-élu l’avait qualifié de « communiste corrompu » pendant la campagne électorale, rapporte notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard.

Un ministre brésilien avait de son côté affirmé que l’élection de Javier Milei inquiétait le Brésil. En coulisses, des contacts diplomatiques ont pourtant déjà été noués pour trouver un terrain d’entente, ou au moins calmer le jeu.

Toutefois, la plupart des observateurs brésiliens estiment que les relations vont forcément se dégrader, et que s’ouvre une énorme période d’incertitude entre les deux principaux pays du Mercosur, le marché commun du Cône Sud.

Sans compter que la victoire de Javier Milei a été suivie de près par les partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro et pourrait constituer un coup de pouce à l’extrême-droite au Brésil après sa défaite en octobre 2022.

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro (2019-2022) a également félicité dimanche Javier Milei et déclaré que « l’espoir brille à nouveau » dans la région. « Félicitations au peuple argentin pour la victoire de Javier Milei. L’espoir brille à nouveau en Amérique du Sud », a écrit M. Bolsonaro sur X (ex-Twitter). L’ancien leader d’extrême droite brésilien a ajouté espérer que les « bons vents atteindraient les États-Unis et le Brésil » afin que « l’honnêteté, le progrès et la liberté reviennent ».

L’ex-président Donald Trump, candidat à la présidentielle américaine 2024, a également félicité M. Milei.

– Parabéns ao povo argentino pela vitória com @JMilei . A esperança volta a brilhar na América do Sul.

– Que esses bons ventos alcancem os Estados Unidos e o Brasil para que a honestidade, o progresso e a liberdade voltem para todos nós.

– Jair Bolsonaro.

— Jair M. Bolsonaro (@jairbolsonaro) November 19, 2023

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