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Monde

À la UneMonde

Un Américain condamné à 60 ans de prison pour la mort de 5 Sénégalais

by Ruben Yale 3 juillet 2024
written by Ruben Yale

Un homme du Colorado a été condamné mardi à 60 ans de prison pour avoir déclenché l’incendie d’une maison qui a tué cinq membres d’une famille sénégalaise élargie, un crime qui, selon les amis et les parents des victimes, a changé à jamais leur vie et leur communauté, tant aux États-Unis que dans le pays d’Afrique de l’Ouest.

Kevin Bui, aujourd’hui âgé de 20 ans, est le dernier des trois adolescents inculpés dans l’incendie du 5 août 2020 à avoir été condamné après avoir plaidé coupable à des charges réduites dans le cadre d’un accord de plaider-coupable. Les autorités affirment que Bui, qui avait récemment été cambriolé alors qu’il essayait d’acheter une arme, pensait à tort qu’il avait retrouvé l’iPhone volé dans la maison et qu’il avait soigneusement planifié sa vengeance. Mais il a négligé de s’assurer qu’il visait bien le véritable voleur.

Au lieu de cela, les membres de trois familles d’immigrés qui dormaient à l’intérieur de la maison au milieu de la nuit travaillaient pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays et n’avaient rien à voir avec le cambriolage. La famille propriétaire de la maison a réussi à s’échapper, mais tous les membres des deux familles liées qui louaient chez elle ont été tués : Djibril Diol, 29 ans, sa femme de 23 ans, Adja Diol, et leur fille de 22 mois, Khadija, ainsi que la sœur de Djibril Diol, Hassan Diol, 25 ans, et sa fille de 7 mois, Hawa.

Les corps des victimes ont été retrouvés au premier étage de la maison, près de la porte d’entrée, alors qu’ils avaient apparemment tenté d’échapper aux flammes. L’un des propriétaires qui a réussi à s’échapper a entendu Djibril Diol crier de faire sortir les gens de la maison. Cet ingénieur, qui travaillait à la reconstruction de l’Interstate 70 à Denver, était très apprécié pour l’aide qu’il apportait à ses compatriotes immigrés.

Adja Diol et sa belle-sœur, Hassan Diol, travaillaient toutes deux en horaires décalés chez Amazon afin de pouvoir s’occuper de leurs enfants respectifs et de continuer à envoyer de l’argent à leurs familles au Sénégal. Elles rêvaient d’aller à l’école pour devenir infirmières.

Au moment de l’incendie, le mari de Hassan Diol, Amadou Beye, se trouvait au Sénégal dans l’attente d’un visa pour rejoindre sa femme et rencontrer son bébé, né aux États-Unis.

Devant le tribunal, M. Beye a qualifié M. Bui de « grand terroriste » qui ne méritait pas de manger, de dormir ou de parler à sa famille pendant son séjour en prison. M. Beye, qui a obtenu la permission de s’installer aux États-Unis après l’incendie, a déclaré qu’il essayait d’éviter d’être seul lorsqu’il ne travaillait pas, afin de ne pas penser à sa perte. Il porte un pendentif avec le nom de Dieu pour se rappeler de ne pas se blesser.

Bui, qui écoutait assis avec ses avocats, n’a pas semblé réagir à Beye ou aux autres intervenants pendant l’audience.

Lorsqu’il a pu s’exprimer, M. Bui a déclaré qu’il était un « crétin ignorant » au moment de l’incendie. Il a déclaré qu’il ne pouvait pas imaginer ce que cela pouvait être de se voir arracher des membres de sa famille et a récité les noms de toutes les victimes.

Mais il a repoussé l’idée qu’il était un monstre ou un terroriste et a plutôt déclaré : « Mon cœur bat comme le vôtre ».

L’une des avocates de Bui, Rachel Lanzen, a déclaré que Bui n’avait pas mis le feu lui-même, rejetant la responsabilité sur le plus jeune du groupe de trois amis inculpés dans cette affaire. La police a contesté cette affirmation, affirmant que Bui avait avoué l’avoir déclenché lui-même et qu’il avait été brûlé au cours de l’opération.

Bui, qui, selon les procureurs, était le meneur du plan, a déclaré aux enquêteurs qu’on lui avait volé son téléphone, son argent et ses chaussures alors qu’il essayait d’acheter une arme avant de décider d’allumer l’incendie, selon des témoignages antérieurs. À cette époque, il aidait sa sœur aînée, Tanya Bui, à livrer de la drogue, selon des documents du tribunal fédéral. L’entreprise de la sœur a été découverte accidentellement lorsque la police a fouillé la maison familiale dans la banlieue de Denver dans le cadre de l’enquête sur l’incendie.

En mai, après avoir tenté en vain de contester des preuves essentielles dans cette affaire, Bui a plaidé coupable de deux chefs d’accusation de meurtre au second degré. Soixante autres chefs d’accusation, dont celui de meurtre au premier degré, ont été abandonnés par les procureurs, qui ont recommandé que Bui soit condamné à une peine de 60 ans de prison.

Les proches ont soutenu l’accord à contrecœur, considérant qu’il s’agissait de la meilleure façon de résoudre cette affaire criminelle de longue haleine.

L’année dernière, Dillon Siebert, qui avait 14 ans au moment de l’incendie, a été condamné à trois ans de détention pour mineurs et à sept ans dans un programme de la prison d’État pour jeunes détenus. En mars, Gavin Seymour, 19 ans, a été condamné à 40 ans de prison après avoir plaidé coupable d’un chef d’accusation de meurtre au second degré.

La vidéo de surveillance a montré trois suspects portant des masques complets et des sweats à capuche sombres à l’extérieur de la maison juste avant le début de l’incendie, mais l’enquête a traîné pendant des mois sans aucune autre piste. Craignant que l’incendie ne soit un crime haineux, certains immigrés sénégalais ont installé des caméras de sécurité à leur domicile, au cas où ils seraient également visés. Le fils du propriétaire de la maison, qui travaillait pour la première fois de nuit dans un 7-Eleven lorsque l’incendie a éclaté, a également été soupçonné jusqu’à ce que Bui et ses amis soient identifiés et arrêtés.

La police ne pensait pas que la maison, nichée parmi de nombreuses autres similaires dans une rue d’un lotissement dense, avait été choisie au hasard. Elle a essayé une stratégie nouvelle et controversée : demander à Google de révéler quelles adresses IP avaient recherché l’adresse de la maison dans les 15 jours précédant l’incendie. Cinq d’entre elles se trouvaient au Colorado, et la police a obtenu les noms de ces personnes grâce à un autre mandat de perquisition, identifiant finalement Bui, Seymour et Siebert comme suspects.

En octobre, la Cour suprême du Colorado a confirmé la recherche de l’historique des mots-clés des utilisateurs de Google, une approche que les critiques ont qualifiée de « drague numérique » qui menace de porter atteinte à la vie privée et aux protections constitutionnelles contre les perquisitions et les saisies abusives. La Cour a précisé qu’elle ne faisait pas de « proclamation générale » sur la constitutionnalité de tels mandats de recherche et a insisté sur le fait qu’elle statuait sur les faits de cette seule affaire.

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À la UneMonde

Viktor Orban à Kiev pour sa première visite en Ukraine depuis le début de la guerre

by Sam's Londele 2 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban effectue ce mardi sa première visite en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, malgré les fortes tensions liées à sa proximité avec Moscou et son opposition à l’aide pour Kiev. 

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est rendu en Ukraine pour sa première visite depuis le début de l’invasion russe, a annoncé Budapest, malgré les fortes tensions liées à sa proximité avec Moscou et son opposition à l’aide pour Kiev, rapporte l’AFP. Le dirigeant « est arrivé à Kiev pour des discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky », a déclaré son attaché de pressé Bertalan Havasi, cité par l’agence de presse nationale MTI.

Viktor Orban, dont le pays vient de prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour six mois, se démarque nettement des autres dirigeants occidentaux sur l’Ukraine. Il bloque par exemple régulièrement l’aide militaire à l’Ukraine, extrêmement précieuse pour Kiev, et ne cesse d’appeler à un cessez-le-feu. En début d’année, il avait mis son veto à une enveloppe de 50 milliards d’euros. Celle-ci avait finalement été validée, mais avec un retard dénoncé par les responsables ukrainiens.

Orban farouchement opposé à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE

Le dirigeant eurosceptique, au pouvoir sans interruption depuis 2010, s’était aussi farouchement opposé à toute discussion d’adhésion à l’UE pour l’Ukraine, jugeant que ce pays n’était pas prêt. Il avait finalement accepté de quitter la table du sommet des dirigeants des Vingt-Sept en décembre dernier, le temps que ses 26 homologues décident d’ouvrir les négociations d’adhésion avec Kiev.

Lundi, le président Zelensky a adressé ses « félicitations » à la Hongrie pour le début de sa présidence de l’UE. Il a dit espérer que le pays promouvrait les « valeurs, objectifs et intérêts européens communs ».

Viktor Orban est resté proche de la Russie et de son président Vladimir Poutine, avec qui les Occidentaux ont coupé les ponts depuis le début de la guerre en Ukraine. À contre-courant, lui renforce les liens politiques et économiques de son pays avec le Kremlin. La Russie reste une source clé pour les besoins énergétiques du pays d’Europe centrale.

Le dirigeant hongrois désapprouve par ailleurs les sanctions européennes votées contre la Russie et tente de les adoucir, sans toutefois les bloquer entièrement. Il a qualifié à plusieurs reprises l’invasion russe de l’Ukraine d’« opération militaire », reprenant un euphémisme imposé par le Kremlin afin d’éviter de parler de guerre.

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À la UneMonde

Sanctions contre le Venezuela : Nicolas Maduro renoue le dialogue avec Washington

by Ruben Yale 2 juillet 2024
written by Ruben Yale

À moins d’un mois de l’élection présidentielle au Venezuela, le président Nicolas Maduro, candidat à sa réélection, a annoncé lundi la reprise des discussions avec les États-Unis malgré les sanctions imposées par Washington contre le secteur pétrolier du pays.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé lundi 1er juillet la reprise des discussions avec les États-Unis malgré les sanctions de Washington contre le secteur pétrolier et à moins d’un mois de l’élection présidentielle du 28 juillet.

« Mercredi prochain, les pourparlers avec les États-Unis reprennent pour qu’ils respectent les accords signés au Qatar et pour rétablir les termes du dialogue avec respect, sans manipulation », a déclaré Nicolas Maduro à la télévision, disant exiger un dialogue « public ».

Le président vénézuélien a affirmé que Washington était à l’origine de cette proposition de reprise des négociations et que Caracas avait choisi d’accepter après y avoir « réfléchi pendant deux mois ».

« Nous allons débattre et chercher de nouveaux accords pour que tout soit respecté, (notamment) ce qui a été signé au Qatar » en septembre, a-t-il assuré.

Contacté par l’AFP, le département d’État américain n’a pas souhaité faire de commentaire.

Retour des sanctions

Caracas et Washington avaient entamé des négociations secrètes l’année dernière au Qatar. Lors de ces discussions, ils s’étaient mis d’accord sur un échange de prisonniers : Washington a libéré Alex Saab, accusé d’être l’homme de paille de Nicolas Maduro, contre la libération de 28 prisonniers, 10 Américains et 18 Vénézuéliens emprisonnés au Venezuela.

En échange, les États-Unis ont allégé l’embargo pétrolier imposé au pays depuis 2019 pour tenter d’évincer du pouvoir le président Maduro, dont ils n’ont pas reconnu la réélection en 2018.

Washington a ensuite réimposé des sanctions en avril, après avoir estimé que le gouvernement vénézuélien n’avait pas permis à la principale dirigeante de l’opposition, Maria Corina Machado, de se présenter à l’élection présidentielle.

Washington a conditionné la levée des sanctions à la qualification de tous les membres de l’opposition, mais le Venezuela a condamné cette mesure et dénoncé « la prétention des États-Unis de surveiller, mettre sous tutelle, contrôler et manipuler l’industrie pétrolière vénézuélienne par le biais de sa politique illégale d’imposition de mesures coercitives et de licences ».

Nicolas Maduro a affirmé lundi vouloir « du dialogue, de la compréhension, un avenir pour nos relations, des changements sous une souveraineté et une indépendance absolues ».

Le gouvernement vénézuélien sera représenté par le président du Parlement, Jorge Rodriguez, et par le gouverneur de l’État de Miranda (centre nord), Hector Rodriguez.

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À la UneMonde

RN, Meloni, Orban : vers un combat des chefs de l’extrême droite européenne

by Sam's Londele 1 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le succès électoral du Rassemblement national lors du premier tour des législatives en France, dimanche, n’a pas suscité un élan de ferveur dans les pays européens déjà dirigés par des formations d’extrême droite. Pourtant, ce serait une opportunité pour la Hongrie de Viktor Orban ou l’Italie de Giorgia Meloni d’avoir un allié de poids. Mais c’est sans compter la potentielle guerre des chefs d’extrême droite à venir au niveau européen.

Elle a pris du temps à réagir. La présidente du conseil italien Giorgia Meloni s’est d’abord montrée « prudente » après le succès électoral du Rassemblement national au premier tour des législatives françaises, dimanche 30 juin. Puis, la dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (Frère d’Italie) s’est tout de même réjoui, lundi 1er juillet, que « la diabolisation » du mouvement de Marine Le Pen « ne fonctionne plus ».

Et du côté de Viktor Orban, le très droitier Premier ministre hongrois ? Il n’a même pas commenté la percée du RN en France. Alors même que si le parti prenait les rênes du gouvernement, cela pourrait offrir à la Hongrie un nouvel « ami » en Europe. 

Une percée électorale qui tombe à pic ?

Étonnant ? Les deux seuls pays européens à être dirigés par des formations d’extrême droite devraient pourtant être aux anges à la perspective de voir Jordan Bardella prendre la tête d’un gouvernement de cohabitation en France. « L’ascension du Rassemblement national en France a de quoi les satisfaire, car avec un peu d’organisation et de discussion, ces trois pays peuvent créer un super groupe d’extrême droite au sein de l’Union européenne », note Georgios Samaras, spécialiste de l’extrême droite européenne au King’s College de Londres.

Une telle alliance des extrêmes aurait d’autant plus de poids que deux de ses membres – la France et l’Italie – sont des pays fondateurs de l’Union européenne. Ce sont aussi les deuxième et troisième économie du bloc européen derrière l’Allemagne.

Cette percée électorale en France tombe aussi à un moment qui peut sembler particulièrement propice. Elle confirme les bons résultats de l’extrême droite française aux élections européennes de début juin – où elle était arrivée en première position – et donne l’impression d’une vague extrémiste française prête à déferler sur l’UE.

Union européenne dont la présidence est assurée par… la Hongrie depuis le 1er juillet. Viktor Orban a profité de cette dynamique politique pour lancer un nouveau groupe au parlement – les « Patriotes pour l’Europe » – avec le FPÖ (extrême droite autrichienne) et le mouvement centriste ANO de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babiš.

Une initiative qui a été saluée par Matteo Salvini, le vice-Président du Conseil des ministres italien et allié de Giorgia Meloni au gouvernement. Ce nouveau groupe pourra-t-il aussi séduire le RN français, dont les eurodéputés siègent actuellement au sein du groupe de droite radicale Identité et Démocratie (ID) ? « Politiquement, le RN, le Fidesz de Viktor Orban et Matteo Salvini sont tout à fait compatibles », confirme Daniele Albertazzi, professeur de politique à l’université de Surrey qui a travaillé sur les mouvements d’extrême droite au sein de l’Union européenne.

Même Giorgia Meloni, dont le parti Frères d’Italie est à la tête du groupe très à droite des Conservateurs et réformistes européens (ECR – European Conservatives and Reformists), pourrait être intéressée par un super-bloc des extrêmes. « Elle vient d’être exclue des négociations pour les postes clés au sein de l’Union européenne et, ambitieuse comme elle est, elle fera tout pour avoir davantage d’influence au sein de l’Europe », estime Georgios Samaras.

Le RN plus « Orbano-compatible »

Cependant, si Giorgia Meloni a attendu que tous les médias italiens et quelques journaux internationaux soulignent son peu d’enthousiasme pour le bon score du RN avant de se « réjouir », c’est que ce « rêve » d’un nouvel axe des extrêmes européens bute sur certaines considérations très terre à terre, d’après les experts interrogés par France 24. « Malgré les apparences, les partis d’extrême droite européens ne se rejoignent pas sur beaucoup de sujets au-delà d’un même socle idéologique d’exclusion », estime George Newth, politologue spécialiste des populismes en Europe à l’université de Bath.

« Une différence importante, par exemple, concerne leur position par rapport à la Russie et la guerre en Ukraine. La Hongrie est davantage pro-Russe, comme semble l’être le RN, alors que Giorgia Meloni se rapproche davantage de la ligne officielle européenne de soutien à l’Ukraine », souligne George Newth.

Avec un Rassemblement national aux portes du pouvoir en France, c’est aussi une extrême droite beaucoup plus eurosceptique que celle de Giorgia Meloni qui triomphe, d’après les experts interrogés par France 24. Marine Le Pen est beaucoup plus en phase avec Viktor Orban sur ces questions. « Giorgia Meloni essaie depuis deux ans de démontrer à Bruxelles que l’extrême droite peut avoir un impact constructif sur les institutions européennes. Si un gouvernement français dirigé par le RN impose un discours beaucoup plus anti-européen au camp d’extrême droite, ce serait un sacré revers pour les efforts de normalisation de Giorgia Meloni », résume Daniele Albertazzi.

« Deux reines pour une même ruche »

Ce ne sont pas que des questions de 50 nuances de bruns. Il en va aussi des ambitions personnelles. Avant la percée électorale du RN – aux européennes puis au premier tour des législatives – Giorgia Meloni représentait la chef de file de l’extrême droite en Europe. « L’Italie était bien sûr plus puissante que la Hongrie au niveau européen. Il est beaucoup plus facile d’isoler Viktor Orban que d’ignorer Giorgia Meloni », note Daniele Albertazzi. Pour lui, la dirigeante italienne était en train de s’imposer comme la dirigeante capable de créer des ponts entre la droite dite traditionnelle et les forces plus radicales qui ont le vent en poupe dans plusieurs pays européens.

Une victoire massive du RN au second tour des législatives pourrait changer cette dynamique. « S’il y avait un groupe rassemblant tous les partis d’extrême droite, il faudrait forcément trouver un ou une leader, et je ne sais pas qui accepterait de céder sa place à l’autre », s’interroge Georgios Samaras. « Il y aurait deux reines pour une seule ruche d’abeille, et je ne vois pas Giorgia Meloni se contenter des seconds rôles », confirme Daniele Albertazzi.

La dirigeante italienne pourrait-elle ainsi devenir un rempart improbable à l’influence sur la politique européenne d’un gouvernement français dirigé par le RN ? Pas forcément, estiment les experts interrogés par France 24. Il y aura toujours des grands thèmes comme la lutte contre l’immigration, ou ralentir l’agenda vert européen qui devraient permettre à ce nouveau front d’extrême droite de mettre des sérieux bâtons dans les roues européennes.

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À la UneMonde

Législatives en France: largement en tête au premier tour, le RN vise désormais la majorité absolue

by Sam's Londele 1 juillet 2024
written by Sam's Londele

L’extrême droite « aux portes du pouvoir » : largement en tête du premier tour d’élections législatives historiques dimanche, le Rassemblement national a demandé aux Français de lui donner une majorité absolue au deuxième tour et espère gouverner pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Alors que le traditionnel « front républicain » contre le RN apparaît moins systématique que par le passé, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen est en mesure d’obtenir une forte majorité relative, voire une majorité absolue dimanche prochain. Pour cela, il lui faudrait faire élire 289 députés. Arithmétiquement, c’est possible : les dernières projections des instituts de sondages donnent entre 240 et 295 sièges pour le Rassemblement national et ses alliés, rappelle Pierrick Bonno, du service politique de RFI.

Mais le scénario d’une Assemblée nationale bloquée, sans alliances majoritaires envisageables entre les trois blocs en présence, reste aussi une possibilité.

Avec 33,2-33,5% des suffrages, le RN et ses alliés obtiennent leur meilleur score au premier tour d’un scrutin dans le sillage des européennes, selon les estimations des instituts Ipsos et Ifop. Ils devancent le Nouveau Front populaire réunissant la gauche, qui obtient 28,1-28,5%, loin devant le camp d’Emmanuel Macron à 21-22,1%, lors de ce vote marqué par une participation en forte hausse. Les Républicains (LR) qui n’ont pas fait alliance avec le RN s’établissent autour de 10%.

« Il nous faut une majorité absolue », a lancé Marine Le Pen, annonçant sa propre élection comme députée dès le premier tour dans son fief d’Hénin-Beaumont. Selon la triple candidate à la présidentielle, « le bloc macroniste » est « pratiquement effacé » après ce premier dimanche de vote anticipé provoqué par la dissolution surprise de l’Assemblée.

« Respectueux » mais « intransigeant » 

Visage lisse incarnant un parti lepéniste dédiabolisé, Jordan Bardella, qui aspire à entrer à Matignon à seulement 28 ans, a promis d’être « un Premier ministre de cohabitation, respectueux de la Constitution et de la fonction du président de la République, mais intransigeant » sur son projet de gouvernement.

Il s’agirait d’une cohabitation inédite entre Emmanuel Macron, président pro-européen, et un gouvernement beaucoup plus hostile à l’Union européenne, qui pourrait faire des étincelles au sujet des prérogatives des deux têtes de l’exécutif, notamment en matière de diplomatie et défense.

« L’extrême droite est aux portes du pouvoir », a alerté le Premier ministre Gabriel Attal, appelant à « empêcher le Rassemblement national d’avoir une majorité absolue ». Cela dépendra en bonne partie des désistements et consignes de vote dans chaque circonscription. Avant ces décisions cruciales, un nombre record de triangulaires potentielles est attendu, pouvant concerner quelque 300 des 577 sièges de députés en jeu.

Les stratégies pour le deuxième tour s’affinent

« Face au Rassemblement national, l’heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour », a affirmé Emmanuel Macron dans une déclaration écrite transmise aux médias dès 20h. À l’Élysée comme chez la plupart des ténors de son camp, ce rassemblement semble devoir exclure les candidats de La France insoumise, ou un certain nombre d’entre eux.

Gabriel Attal est lui-même resté imprécis, promettant des désistements et appelant à « voter pour les candidats qui défendent la République ». L’un de ses prédécesseurs, Édouard Philippe, a lui estimé qu’« aucune voix » ne devait « se porter sur les candidats du Rassemblement national, ni sur ceux de la France insoumise ». Quelques voix macronistes, dont celles du ministre Roland Lescure, se sont toutefois élevées pour faire « barrage à l’extrême droite » y compris, si nécessaire, en votant pour un candidat LFI. Ce qui augure d’une stratégie au cas par cas dans les rangs macronistes.

À gauche, l’appel au barrage face au RN fait consensus : après avoir entretenu un certain flou, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé que ses candidats se retireraient s’ils terminaient troisièmes et que le RN était en tête. La patronne des Écologistes Marine Tondelier a plaidé pour la « construction d’un nouveau front républicain », malgré son étiolement continu au fil des ans. Une centaine d’organisations, dont des associations et des syndicats, ont également appelé à voter contre le RN. LR a pour sa part refusé de donner des consignes de vote.

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À la UneMonde

Liban: après de nouveaux combats à la frontière avec Israël, le spectre d’un conflit généralisé

by Sam's Londele 29 juin 2024
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De nouveaux combats ont éclaté à la frontière libano-israélienne, entre Israël et le Hezbollah le vendredi 28 juin. Ces derniers jours, des responsables de l’ONU ou des capitales occidentales ont mis en garde contre le risque d’un conflit dévastateur si la guerre à Gaza s’étend au Liban. Le chef de la diplomatie libanaise Abdallah Bou Habib a appelé à faire preuve de « positions de solidarité avec le Liban » et à « intensifier les pressions sur Israël pour qu’il mette fin à son agression militaire ».

À Beyrouth, si la vie continue, le climat est anxiogène. Le jeune Saadé a toujours vécu à Ain El-Remmaneh, une banlieue au sud de la capitale. Alors que la rhétorique belliqueuse enfle entre le Hezbollah et Israël, il s’inquiète : « Pourvu que rien ne se passe ! Nous ne pouvons plus supporter davantage, ni conflits, ni guerres économiques. S’il y a une guerre, ce sera un grand effondrement pour le Liban. Nous ne voulons pas qu’il y ait la guerre. »

Le ministre israélien de la Défense a menacé, il y a quelques jours : son pays, dit-il, à la « capacité de ramener le Liban à l’âge de pierre » en cas de conflit généralisé.

Ali, voisin de Saadé, hausse les épaules : « Il n’y aura pas de guerre. Les menaces israéliennes sont creuses. Pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous sommes habitués. J’étais petit pendant la guerre de 2006, je ne m’en souviens pas. On est juste confrontés à une guerre psychologique. »

Un risque de déflagration présent dans tous les esprits

Des ambassades, comme celle d’Allemagne, ont demandé à leurs ressortissants de quitter le Liban.

Assis sur une chaise, à l’ombre du soleil brûlant, Omar est Irakien et les nouvelles le minent : « Nous avons fui une guerre, est-ce pour en retrouver une autre ici ? J’ai peur pour les miens, j’ai des enfants. Les avertissements et les menaces annoncent peut-être une guerre ; des menaces avant une guerre, ça fait peur. »

Le risque d’une grande déflagration est dans tous les esprits. Cela n’empêche pas de nombreux Libanais de profiter du début de l’été, comme si de rien n’était.

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À la UneMonde

Guerre Israël-Hamas : l’évacuation de Gaza se poursuit

by Ruben Yale 28 juin 2024
written by Ruben Yale

Les Palestiniens ont fui les quartiers de la ville de Gaza jeudi après un nouvel ordre d’évacuation israélien et des bombardements intensifs.

L’armée israélienne a ordonné de nouvelles évacuations de quartiers dont celui de Shijaiyah qui ont été fortement ciblés par les tirs et largement vidés au début de la guerre.

« Les missiles nous ont atteints et nous nous sommes enfuis, il y a des martyrs, et les maisons ont été frappées sur leurs propriétaires. (Nous ne savons pas où aller, je le jure, nous ne savons pas où aller », a déclaré Um Atef (surnom), personne déplacée.

Les premiers intervenants de la défense civile de Gaza, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, ont déclaré que les frappes aériennes avaient touché cinq maisons, tuant au moins trois personnes et en blessant six autres.

Les secouristes continuent de fouiller les décombres à la recherche de survivants.

« Ils ont commencé à nous appeler pour nous demander d’évacuer l’est d’al-Tuffah et l’est d’al-Shijaiyah, et comme vous pouvez le voir, nous sommes partis, il y a eu des martyrs et des blessés, et il y a eu des personnes piégées incapables de partir. Les martyrs de la matinée ont été jetés à la poubelle. Personne ne peut atteindre cette zone parce qu’elle est dangereuse », a déclaré Mahmoud Daher, personne déplacée.

La ville de Gaza a été lourdement bombardée au cours des premières semaines de la guerre, qui a débuté par l’attaque surprise du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Israël a ordonné l’évacuation de tout le nord de Gaza, y compris la plus grande ville du territoire, à la fin du mois.

Des centaines de milliers de personnes sont restées dans le nord, même si les troupes israéliennes l’ont encerclé et largement isolé.

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Congo-Russie : Sassou Nguesso et Poutine célèbrent 60 ans de coopération

by Ruben Yale 28 juin 2024
written by Ruben Yale

Le président du Congo a été reçu ce jeudi au Kremlin par son homologue de Russie. Denis Sassou Nguesso et Vladimir Poutine ont parlé de coopération politique et économique sur fond de célébration de 60 ans de relation diplomatique entre Brazzaville et Moscou.

Le Président Poutine a salué la contribution du Président Nguesso au développement des relations russo-congolaises et l’a remercié pour son travail commun sur la scène internationale.

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, Denis Sassou-Nguesso a déclaré qu’il souhaitait discuter avec les responsables russes de la coopération dans les domaines de l’économie, de la finance, de la défense et de la sécurité.

Le président russe a également remis à son homologue congolais une distinction d’honneur pour sa contribution au développement et au renforcement des relations entre la Russie et le Congo.

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À la UneMonde

Présidentielle américaine: un premier débat très tendu, Joe Biden en difficulté face à Donald Trump

by admin9775 28 juin 2024
written by admin9775

Le président américain Joe Biden et son prédécesseur républicain Donald Trump ont débattu ce jeudi dans une atmosphère tendue où les invectives se sont enchaînées

Durant les 90 minutes de débat télévisé, la voix de Joe Biden était à peine audible. Ces mouvements lents et son regard absent. Le président américain a plusieurs fois bégayé. Il s’est repris laborieusement, a perdu le fil de sa pensée. Et face à lui, Donald Trump s’en est donné à cœur joie : « Je n’ai rien compris à la fin de sa phrase, a-t-il dit à un moment, je ne sais même pas s’il sait lui-même ce qu’il voulait dire. »

Une prestation jugée désastreuse sur les plateaux des chaînes d’info américaine. Même l’ancienne directrice de communication, de Joe Biden, est bien obligée de reconnaître que « c’était un débat vraiment décevant pour Joe Biden, impossible de le dire autrement », dit Kate Benenfeld, dont les propos sont rapportés par notre correspondant, David Thomson. 

Son plus gros défi était de prouver aux Américains qu’il a l’énergie pour cette campagne. Ce n’est pas ce qu’il s’est passé. Les démocrates passent en mode panique. Plusieurs, comme l’ancien conseiller de Barack Obama, Van Jones, appellent ouvertement à changer de candidat avant la convention démocrate prévue cet été : « Il nous reste du temps d’ici à la convention, et il faut trouver une autre solution. Il faut qu’il nous permette de le faire parce que ce que nous avons vu de Joe Biden, ce n’est pas ce que nous voulons voir. C’était douloureux et nous sommes en panique ce soir. » 

Ce débat avait pourtant été demandé par la Maison Blanche. « N’êtes-vous pas inquiète ? », demande un journaliste de CNN à la vice-présidente des États-Unis après ce débat, Ça a commencé lentement, avoue Kamala Harris, elle qui sera chargée de remplacer Joe Biden en cas d’incapacité. Mais Kamala Harris est encore plus impopulaire que lui dans les sondages. 

Les deux candidats à la présidentielle américaine ont ferraillé sur l’inflation, l’immigration, le droit à l’avortement ou l’Ukraine pendant ce premier débat.

• Inflation

Le débat a débuté sur la question du coût de la vie. « L’inflation est en train de tuer ce pays », a dit le républicain de 78 ans, qui a assuré que sous son mandat, l’Amérique était « la plus grande économie du monde ». « Nous avions la meilleure économie de l’histoire de notre pays. Et nous n’avions jamais eu autant de succès, le monde entier était émerveillé. »

Joe Biden a reconnu que l’inflation avait fait monter les prix considérablement plus haut qu’au début de son mandat, mais a déclaré qu’il méritait le mérite d’avoir remis « les choses en place » après la pandémie de Covid-19. Le démocrate de 81 ans a répliqué qu’au contraire la conjoncture « était en chute libre » quand il a pris les rênes du pays, et a vanté son bilan, en termes d’emploi et de réformes sociales. Le président Biden a ajouté qu’il souhaite « réparer le système des impôts » en augmentant ceux des plus riches.

• Droit à l’avortement

Le président américain Joe Biden a reproché à Donald Trump son action « terrible » contre le droit à l’avortement en nommant des conservateurs à la Cour suprême des États-Unis. « C’est une chose terrible ce que vous avez fait […]. Et il s’attribue le mérite de l’avoir supprimée ! », a lancé le dirigeant démocrate à son adversaire républicain durant leur face-à-face.

Donald Trump a rétorqué que Joe Biden soutiendrait des avortements sans limitation et a déclaré que renvoyer la question aux États était la bonne ligne de conduite. Joe Biden attaque la position de Donald Trump : « Cela revient un peu à dire que nous allons rendre la question des droits civiques aux États, et que chaque État aura une règle différente. »

• Immigration

Trump a déclaré que Biden n’avait pas réussi à sécuriser la frontière sud des États-Unis, ouvrant la voie à de nombreux criminels. « J’appelle cela le crime des migrants de Biden, a-t-il déclaré. Nous avions la frontière la plus sûre de l’histoire de notre pays. Tout ce qu’il avait à faire, c’était de laisser les choses comme ça. Il a décidé d’ouvrir notre frontière, d’ouvrir notre pays aux personnes qui viennent des prisons, des personnes qui viennent des établissements psychiatriques, des asiles d’aliénés, des terroristes. »

Joe Biden répondu que Donald Trump exagérait et mentait sur la crise migratoire aux États-Unis, lors de leur premier débat à Atlanta. « Il n’y a pas de données pour soutenir ce qu’il dit », a déclaré Joe Biden, alors que l’immigration est l’un des principaux sujets de cette campagne présidentielle. « Encore une fois, il exagère, il ment. »

• Guerre en Ukraine

Joe Biden a accusé Donald Trump d’avoir dit à Vladimir Poutine lorsqu’il était à la Maison Blanche : « Faites ce que vous voulez, ce que vous voulez », et d’avoir permis ainsi l’invasion de l’Ukraine.

La guerre en Ukraine n’aurait jamais eu lieu si les États-Unis avaient un « leader », s’est défendu Donald Trump au président Joe Biden. Le candidat républicain s’est montré très critique des milliards de dollars dépensés par les États-Unis pour soutenir Kiev dans sa guerre contre Moscou. En réponse, Joe Biden affirme : « Tout l’argent que nous donnons à l’Ukraine, ce sont des armes que nous fabriquons ici aux États-Unis, nous lui donnons des armes, pas de l’argent. »

• Donald Trump refuse de reconnaître sans conditions le résultat de la présidentielle

Donald Trump a refusé jeudi de s’engager à reconnaître le résultat de la présidentielle américaine de novembre sans conditions. À la question de savoir s’il reconnaîtrait le résultat de son duel avec Joe Biden, le candidat républicain a esquivé, répondant : « Si les élections sont justes et équitables, absolument. J’aurais de loin préféré accepter [les dernières]. Mais la fraude et tout le reste était ridicules. »

• Invectives en tout genre

« C’est vous le pauvre type, c’est vous le loser » a lancé tout d’abord Joe Biden jeudi à Donald Trump. Il faisait référence à des propos attribués à l’ancien président républicain à propos de soldats américains morts au combat, que Donald Trump aurait qualifiés de « pauvres types » et de « losers », ce dont le milliardaire s’est défendu jeudi, assurant qu’il s’agissait d’une citation « inventée ».

Le président Joe Biden a qualifié ensuite son adversaire républicain Donald Trump de « repris de justice », en référence à sa récente condamnation pénale à New York. « La seule personne qui soit un repris de justice, c’est l’homme que je suis en train de regarder sur scène maintenant », a lancé le dirigeant démocrate au bout de 44 minutes de débat. En réponse, Donald Trump a évoqué la récente condamnation de Hunter Biden, fils du président démocrate, pour avoir menti sur sa consommation de crack pour acheter une arme à feu.

Le président démocrate Joe Biden a plus tard de nouveau invectivé son rival républicain Donald Trump en l’accusant de n’avoir aucune morale, le traitant à plusieurs reprises de « pleurnichard ».

Donald Trump s’est attaqué plusieurs fois aux capacités intellectuelles et cognitives de Joe Biden : « Je ne sais même pas pourquoi nous avons ce débat. Cet homme n’est pas en capacité de gouverner, je le sais, vous le savez ». Donald Trump a aussi mis au défi Joe Biden de passer un « test cognitif ». « J’ai passé deux tests, des tests cognitifs. Je les ai passés haut la main […]. Il [Joe Biden] n’en a passé aucun. J’aimerais le voir en passer un, juste un, un très facile », a lancé l’ex-président républicain.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Législatives en France: pourquoi le RN remise une partie de son programme?

by Ruben Yale 27 juin 2024
written by Ruben Yale

Le Rassemblement national a levé le voile cette semaine sur son programme en cas de victoire le 7 juillet aux législatives. La première mesure prise si Jordan Bardella venait à arriver à Matignon : la baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur l’énergie. Mais une grosse partie du programme de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022 ne serait pas appliquée, en tout cas pas tout de suite. 

Jordan Bardella appelle cela « le second temps ». Un large pan du programme du Rassemblement national (RN) que son patron repousse aux calendes grecques s’il arrive à Matignon. De la suppression de l’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, dont l’efficacité est très contestée, à l’interdiction du port du voile dans l’espace public, en passant par la suspension très coûteuse de la TVA sur les produits de première nécessité, énumère Pierrick Bonno, du service politique.

Temporisation

Alors qu’il est aux portes du pouvoir, le RN temporise et recule disent ses adversaires. Pourquoi ? Il y a d’abord l’argument du financement : Jordan Bardella affirme avoir besoin d’un audit des comptes de l’État pour dégager les économies indispensables à certaines mesures. Il y a ensuite l’argument juridique. Une partie du programme de l’extrême droite, notamment sur l’immigration et la lutte contre l’islamisme, nécessiterait une réforme de la Constitution. Impossible sans l’aval du président de la République, répètent les cadres du RN.

Cette stratégie a au moins deux avantages : elle réduit les risques d’échec pour Jordan Bardella en cas de cohabitation et incite les électeurs à voter Marine Le Pen en 2027, s’ils veulent voir la suite.

RFI via CONGO PUB Online

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