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Monde

À la UneMonde

Guerre à Gaza : armée israélienne cherche soldats désespérément

by Sam's Londele 18 juin 2024
written by Sam's Londele

L’état-major israélien avertit que l’armée risque d’avoir très vite d’importants problèmes d’effectifs, alors que les pertes s’accumulent aussi côté israélien face au Hamas à Gaza. Mais trouver davantage de soldats n’est pas aisé, d’autant plus que le contexte politique devient de plus en plus tendu, avec notamment un conflit ouvert entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Yoav Gallant.

Les problèmes s’accumulent pour l’armée israélienne. Elle a perdu huit hommes dans une explosion à Rafah dimanche 16 juin, dans ce que les médias israéliens ont qualifié d' »incident le plus meurtrier » depuis six mois pour Tsahal. Un nombre de victimes qui peut paraître faible aux yeux de certains étant donné le contexte de la guerre à Gaza mais qui, pour l’opinion publique israélienne, est déjà beaucoup trop élevé.

Une semaine plus tôt, le Hamas s’était targué d’avoir tué un nombre indéterminé de soldats dans l’explosion d’une maison piégée à Rafah.

« Armée épuisée »

Ces pertes viennent renforcer la conviction de l’état-major israélien, qui multiplie les mises en garde ces derniers jours sur le risque de manquer de soldats pour continuer à mener la guerre avec la même intensité contre le Hamas.

Outre ces problèmes d’effectifs, l’armée est aussi très occupée sur le front… politique. Les relations se sont fortement détériorées avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le chef du gouvernement a ouvertement critiqué la décision de l’état-major de prononcer une « pause tactique » tous les jours de 8 h à 19 h dans l’offensive à Gaza pour permettre une « augmentation du volume d’aide humanitaire entrant » dans l’enclave palestinienne.

Sans compter l’opposition de plus en plus ouverte d’une partie de la population israélienne, choquée par le très lourd bilan humain, côté palestinien, de l’offensive israélienne à Gaza. Des heurts se sont ainsi produits, lundi 17 juin, entre les forces de l’ordre et des manifestants qui s’étaient rassemblés à Jérusalem, non loin de la résidence de Benjamin Netanyahu, pour protester contre la manière dont la guerre est menée.

« La réalité est qu’après huit mois de guerre intense, les troupes sont tout simplement épuisées. Ce sont les mêmes soldats, avec le même matériel, qui se battent depuis tout ce temps. L’état-major cherche à tout prix à gagner un peu de temps pour que les soldats puissent se reposer et se regrouper », résume Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres.

L’armée israélienne ne s’étend pas officiellement sur l’état de fatigue de ses troupes, mais il y a des signes qui ne trompent pas. « La cadence de rotation des brigades et des bataillons est plus rapide qu’avant », souligne Steven Wagner, historien et spécialiste des questions de stratégie militaire au Moyen-Orient à l’université de Brunel, à Londres. Autrement dit, les soldats ont besoin plus souvent de se reposer.

Pour les experts interrogés, les attaques terroristes du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre dernier et l’intensité de la riposte décidée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui nécessite un engagement au long cours, ont pris de court une « armée trop petite » pour la tâche, assure Ahron Bregman. Pour ce spécialiste, les stratèges militaires israéliens pensaient que l’époque des grandes guerres régionales – comme la guerre des Six Jours en 1967 ou la guerre du Kippour en 1973 – était révolue. Conséquence : « L’armée a dissous six divisions ces vingt dernières années. Il lui manque aujourd’hui approximativement deux divisions entières, soit 10 000 soldats supplémentaires », détaille Ahron Bregman.

Trouver plus de soldats

La situation est d’autant plus compliquée que « les affrontements deviennent de plus en plus fréquents avec le Hezbollah à la frontière nord, entre Israël et le Liban », souligne la radio publique américaine NPR. Une extension de la guerre au nord « serait catastrophique en l’état actuel pour le Liban et Israël », assure Ahron Bregman.

« D’un point de vue matériel – chars, roquettes et munitions –, Israël peut faire face, mais une guerre ouverte avec le Hezbollah prolongerait encore plus la guerre, ce qui, du point de vue des effectifs et du moral des troupes, serait très difficile », estime Omri Brinner, analyste israélien et spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona, un collectif international d’experts des questions de sécurité internationale.

L’armée sait qu’elle « n’est pas prête pour un tel engagement », ajoute Omri Brinner. Elle redoute d’autant plus une guerre ouverte avec le Hezbollah que si la milice armée pro-iranienne lui tient tête, « ce serait politiquement catastrophique pour Israël », estime Steven Wagner.

La priorité du ministre de la Défense – chef des armées en Israël – est donc d’augmenter les effectifs. « La solution la plus simple serait de mobiliser les ultraorthodoxes, mais c’est politiquement délicat pour Benjamin Netanyahu », note Omri Brinner. L’apport serait non négligeable pour l’armée puisqu’en 2023, plus de 60 000 religieux ont demandé et obtenu l’exemption du service militaire à laquelle ils ont droit selon la loi israélienne.

Mais toucher à ce privilège reviendrait à s’aliéner les partis ultrareligieux et d’extrême droite, qui constituent actuellement le principal soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Il faut donc trouver une autre solution. Le gouvernement s’apprêterait ainsi à adopter une nouvelle loi pour prolonger d’un an le temps durant lequel les réservistes sont mobilisables. Concrètement, « l’âge de la retraite » des réservistes passerait de 40 à 41 ans pour les soldats et de 45 à 46 ans pour les officiers.

« C’est clairement une tentative d’améliorer la question de la rotation des effectifs afin de réduire la fatigue. Mais c’est aussi une mesure qui ne va pas améliorer la qualité générale des troupes, puisque des personnes plus âgées vont forcément devoir effectuer des patrouilles dans des secteurs à haut risque », analyse Steven Wagner.

Netanyahu contre Gallant

Même si l’armée trouvait les ressources pour augmenter suffisamment ses effectifs, il resterait toujours « des problèmes de commandement stratégique au plus haut niveau », estime Omri Brinner.

La dissolution, lundi, du cabinet de guerre plonge l’armée dans le flou stratégique. « Benjamin Netanyahu subit d’intenses pressions de ses alliés à droite et il lui manque la marge de manœuvre pour prendre certaines décisions [comme celle de mobiliser les ultrareligieux, NDLR] », souligne Omri Brinner. Il pourrait s’appuyer directement sur son ministre de la Défense, Yoav Gallant, mais « on est dans une situation inédite : les deux hommes [tous les deux membres du même parti, le Likoud, NDLR] se détestent cordialement et sont prêts à se sauter à la gorge à la moindre occasion », explique Steven Wagner.

Là encore, cela ne simplifie pas les affaires d’une armée qui a besoin d’hommes et d’une orientation claire. « Elle peut encore tenir comme ça quelques mois, mais pas beaucoup plus longtemps », estiment les experts interrogés par France 24. « Cela confirme simplement que les objectifs de détruire militairement entièrement le Hamas et de libérer tous les otages sont inatteignables en l’état actuel des forces israéliennes », conclut Ahron Bregman.

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Israël: le Premier ministre Benyamin Netanyahu dissout le cabinet de guerre

by Ruben Yale 17 juin 2024
written by Ruben Yale

En Israël, Benyamin Netanyahu a dissous le cabinet de guerre ce lundi 17 juin, selon les médias israéliens. Une décision qui découle du départ de l’ancien ministre centriste Benny Gantz il y a une semaine. 

La cellule avait été formée au début de l’offensive israélienne, juste après l’attaque du Hamas, le 7 octobre. Benny Gantz, le principal opposant de Benyamin Netanyahu avait alors rejoint l’équipe de décision formée de six personnes. Il l’a quitté il y a une semaine, critiquant le manque de stratégie de guerre et surtout d’après-guerre du Premier ministre israélien. Il avait été suivi par un autre membre du membre – et de son parti – Gadi Eisenkot, ancien chef d’état major de l’armée. Consécutivement au départ de Benny Gantz, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et des Finances, Bezalel Smotrich, tous deux nationalistes religieux, avaient demandé à intégrer le cabinet de guerre.

Cela n’aura donc pas lieu et Benyamin Netanyahu devrait maintenant prendre des décisions en se réunissant en petit comité avec un petit groupe de ministres, dont le ministre de la Défense, Yoav Gallant, et le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, qui faisaient déjà partie du cabinet de guerre.

Privé des députés centristes du parti de Benny Gantz, Benyamin Netanyahu, conserve sa majorité, mais il est bien plus dépendant encore des décisions des élus ultra-nationalistes.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Nouveaux échanges de tirs d’une ampleur inédite entre Israël et le Hezbollah, un «civil» tué au Liban

by Sam's Londele 14 juin 2024
written by Sam's Londele

La situation, déjà inquiétante, s’est dégradée sur le front entre le Liban et Israël jeudi 13 juin. Deux jours après la mort de plusieurs membres du Hezbollah libanais dans un raid israélien, le mouvement pro-iranien et allié du Hamas a répliqué en lançant une pluie de roquettes sur le territoire israélien en 48 heures. Face à la hausse continue et soutenue des hostilités, les différents acteurs s’inquiète d’un éventuel embrasement général dans la région.

Pour la deuxième journée consécutive, le Hezbollah a déployé une puissance de feu inédite pour soutenir le Hamas à Gaza et pour venger la mort de plusieurs membres du groupe, dont son plus important commandant au Sud-Liban, Taleb Abdallah. Ce dernier a été tué par un raid israélien mardi 11 juin au soir, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

En fin d’après-midi, et pour la deuxième fois de la journée, le parti de Hassan Nasrallah a lancé un escadron de drones d’assaut contre une caserne de l’armée israélienne en Galilée. Dans la matinée, la formation libanaise pro-iranienne a mené une opération combinée de roquettes et de drones : pendant 40 minutes, des salves totalisant plus de 150 roquettes et un escadron de 30 drones suicides se sont abattus sur 10 cibles simultanément.

La puissance de feu utilisée par l’armée israélienne n’avait rien à envier à celle du Hezbollah. Des sources de sécurité libanaises ont indiqué que l’artillerie de l’État hébreu avait attaqué trois localités au phosphore blanc dans le secteur central de la frontière, en plus de six autres régions visées par des obus de gros calibre. Des avions de combat et des drones israéliens ont pris pour cible sept autres localités en différents points du front qui s’étend sur 120 km.

Environ 90 000 civils libanais ont été déplacés des localités proches de la frontière israélienne. Une « civile » a été tuée et au moins sept autres personnes blessées lors d’une frappe israélienne nocturne dans le sud du Liban, a dit vendredi l’agence de presse nationale libanaise, faisant état d’un bilan provisoire. Selon cette source, « des avions de guerre ennemis ont lancé un raid visant une maison » à Janata, petite ville située dans la région de Tyr, ce qui a provoqué la mort d’une persone et des blessures pour « sept autres civils ».

Peur d’une « véritable guerre »

Un haut fonctionnaire américain, cité par l’agence Reuters, a affirmé que les États-Unis sont « très préoccupés par le fait que les hostilités à la frontière entre les deux pays pourraient dégénérer en une véritable guerre ».

Le chef de la diplomatie irakienne Fouad Hussein a également mis en garde, lors d’un entretien à Bagdad avec son homologue iranien Ali Bagheri Kani, contre le « danger » d’une expansion du conflit dans le sud du Liban. Le ministre iranien a de son côté réitéré le refus de voir la guerre à Gaza enflammer tout le Moyen-Orient. Les faits sur le terrain ce jeudi semblent confirmer les craintes exprimées.

Même son de cloche du côté de la Force de maintien de la paix des Nations unies au Liban (Finul), déployée depuis des décennies au sud-Liban : elle redoute une escalade. « La situation n’est pas tenable, s’alarme Kandice Adriel, l’une de ses porte-paroles. En tant que force de maintien de la paix, nous demandons à chacun de faire taire les armes et de s’engager dans une désescalade. Jusqu’au stade où les belligérants pourront se diriger vers une solution politique et diplomatique. »

Kamel Mohanna est préoccupé lui aussi. Originaire du sud Liban, il a fondé l’ONG humanitaire Amel qui a intensifié ses opérations dès le début du conflit Israël-Hezbollah, en octobre dernier. « Quand il y a eu des événements dans le sud (du Liban) le 8 octobre, on a renforcé nos centres existant dans la région frontalière. Il y a des milliers de maisons qui ont été soit détruites, soit partiellement endommagées. Donc on fait un travail énorme. Les besoins sont beaucoup plus importants que les moyens disponibles au Liban. Évidemment, jusqu’à maintenant, les conflits dans la région ont été limités géographiquement, mais tout peut arriver. Donc on s’est préparés pour une situation encore plus grave, surtout au Liban. »

« Pas d’évolution majeure »

Mais pour Yossi Kuperwasser, l’intensification des bombardements de part et d’autre cette semaine ne signifie pas forcément l’embrasement. Selon le chercheur au Jerusalem Center for public Affairs, « on assiste à des épisodes plus intenses que d’autres », mais « on est toujours au milieu d’une escalade graduelle et contrôlée », a-t-il analysé auprès de notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa.

Il n’y a pas vraiment d’évolution majeure. On est toujours au milieu d’une escalade graduelle et contrôlée dans le nord. C’est la même situation depuis le 8 octobre dernier, au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, et le début de la guerre à Gaza. Parfois, on assiste à des épisodes plus intenses que d’autres, et on vient d’en vivre un. Israël a éliminé un haut gradé du Hezbollah, et le Hezbollah a répliqué en bombardant massivement le nord d’Israël. Ce n’est pas une surprise. Donc je dirais que nous en sommes toujours au même point. Nous nous approchons surtout du moment fatidique où il faudra décider de ce que nous comptons faire à notre frontière nord avec le Hezbollah. Deux possibilités : gagner la guerre à Gaza et espérer que cette victoire soit un atout qui nous permette de conclure un arrêt des combats avec le Hezbollah qui s’éloignera de notre frontière. Dans le cas contraire, il faudra probablement faire la guerre au Hezbollah.

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À la UneMonde

Dominé par les tensions géopolitiques, le sommet du G7 s’ouvre en Italie

by Sam's Londele 13 juin 2024
written by Sam's Londele

L’Italie accueille de jeudi 13 à samedi 15 le sommet du G7 à Borgo Egnazia, près de Bari, dans les Pouilles (sud-est). Au menu de ce regroupement des sept plus puissantes démocraties du monde, les tensions internationales autour de l’Ukraine ou de Gaza occuperont une place de choix. Il sera aussi question des rapports avec la Chine, la lutte contre le réchauffement climatique et la dette des pays en développement.

C’est sur un site enchanteur et loin des regards que se tient le sommet du G7, dans les Pouilles, au sud de l’Italie. En plus des pays historiques (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Canada et Royaume-Uni), les dirigeants de l’Ukraine, de l’Inde, du Brésil, de l’Algérie, du Kenya et même le pape François sont invités à ce rendez-vous, rapporte notre envoyée spéciale à Bari, Aabla Jounaïdi.

Lors du premier G7 pour un souverain pontife, François aura plusieurs rendez-vous bilatéraux, comptant parler des dangers de l’intelligence artificielle non maîtrisée. Cela en plus d’appeler à la paix, alors que les pays seront en pleines discussions sur la recherche d’une trêve à Gaza.

Avoirs russes gelés

En plus du Proche-Orient, l’autre grand dossier est ukrainien. Le président Volodymyr Zelensky viendra en espérant entendre de bonnes nouvelles car les dirigeants du G7 se sont mis d’accord pour mettre à profit les avoirs gelés de la Russie afin d’aider financièrement l’Ukraine et son effort de guerre. Depuis des mois, les dirigeants occidentaux étaient divisés sur comment donner accès à Kiev à une partie des bénéfices générés par les avoirs russes gelés depuis deux ans.

Au total, 300 milliards de dollars de la banque centrale russe ont été rendus inaccessibles dans le monde. Certains États – comme l’Allemagne et même la France et l’Italie – s’inquiètent des conséquences légales, voire de la stabilité du marché européen, en cas de saisie pure et simple de ces sommes.

Interrogé la semaine dernière en France, le président américain Joe Biden a assuré avoir trouvé une solution. La proposition des États-Unis consiste à octroyer eux-mêmes un prêt de 50 milliards de dollars à Kiev d’ici la fin de l’année qui serait remboursé grâce aux profits générés par les avoirs russes en Europe.

Les 50 milliards de dollars garantiraient à Kiev le financement de son effort de guerre pour 2025. Cela en plus de ce qui existe déjà au niveau européen : la facilité européenne pour la paix et ses 11 milliards d’euros. L’accord entre chefs d’États trouvé, reste à voir les modalités pratiques de ce prêt de 50 milliards de dollars. Ce sera le travail des ministres des Finances du G7, confie une source à l’Élysée.

Dans ce cadre, les États-Unis ont annoncé mercredi 12 juin de nouvelles sanctions contre la Russie. Cette panoplie plus large vise notamment à empêcher Moscou de contourner les sanctions occidentales pour s’équiper en matériel technologique dans sa guerre contre l’Ukraine.

Via ces nouvelles sanctions, Washington vise également la Chine et son rapprochement économique avec la Russie, qui pourrait aider cette dernière dans la guerre. Les dirigeants du G7 pourraient interpeler directement Pékin dans une déclaration finale.

Meloni met l’immigration sur la table

En plus des questions de migrations et de l’accès à l’énergie, qui devraient être deux autres thèmes abordés, l’Italie a insisté pour inscrire l’Afrique et la méditerranée au menu des discussions. En évoquant le développement des pays africains, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ne cache pas les ambitions de son pays et de son programme d’extrême droite anti-immigration.

L’Union africaine, l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, le Kenya et l’Afrique du Sud ne seront pas tous du voyage. Mais Giorgia Meloni a invité leurs dirigeants dans les Pouilles. La Première ministre avait réussi l’exploit d’en réunir une vingtaine déjà fin janvier à Rome, pour un sommet Italie-Afrique. Elle y avait présenté son plan « Mattei » pour l’Afrique. Ce dernier veut encourager le développement durable du continent via des investissements vertueux. Cela dans un objectif affiché de décourager les départs de migrants.

Des investissements à hauteur de 5,5 milliards d’euros avaient été annoncés dans une série de projets censés donner une large place aux infrastructures énergétiques car l’Italie veut toujours être la plaque tournante qui fait transiter le gaz, et bientôt l’hydrogène, entre les deux rives de la Méditerranée.

Dans les échanges annoncés, la société civile est remarquablement absente. Celle-ci est pourtant inquiète des conséquences potentielles de ces politiques pour le climat et pour les populations les plus vulnérables. Le financement de long-terme du développement dans les pays les plus pauvres et la restructuration de leur dette, seront des sujets sur la table également à Borgo Egnazia.

Influence italienne grandissante

La dirigeante italienne et hôte de l’événement profitera d’ailleurs d’une légitimité supplémentaire cette année, elle qui est confortée par le récent scrutin européen. Giorgia Meloni a été l’une des grandes gagnantes des Européennes : son parti Fratelli d’Italia a recueilli 28,8 % en Italie, soit le plus grand score.

En revanche, le président français Emmanuel Macron, souvent extrêmement investi dans ce genre de rassemblements internationaux, arrive affaibli par l’échec de son parti aux européennes et la perspective d’une victoire de l’extrême-droite lors des élections législatives anticipées qu’il a convoquées. Il aura donc une voix qui « ne pourra que très difficilement engager l’avenir, même à court terme, de la France », analyse Bertrand Badie, professeur émérite à Science Po Paris.

Après son échec aux Européennes et en raison des législatives anticipées, la voix d’Emmanuel Macron au G7 « ne pourra que très difficilement engager l’avenir même à court terme de la France », selon Bertrand Badie, professeur émérite à Science Po ParisHeike Schmidt

Un dispositif sécuritaire pléthorique déployé par l’Italie pour le G7, dont les contrôles aux frontières

Afin de garantir la sécurité du G7, l’Italie, qui assure sa présidence tournante, a réintroduit les contrôles aux frontières pour la période du 5 au 18 juin. Alors que l’extrême droite est au pouvoir à Rome, les autorités ont imposé des mesures drastiques, notamment dans les Pouilles, région du sud bordée par la mer Adriatique et la mer Ionienne et où les nombreux dirigeants se réunissent.

Le dispositif pour l’ordre public et la prévention du terrorisme mobilise près de 10 000 hommes, dont des policiers démineurs, des tireurs d’élite, des soldats, des pompiers, des scaphandriers et des experts des services de renseignement.

Parmi les équipements, on compte une myriade de caméras de surveillance installées entre Bari, Brindisi et Borgo Egnazia, le lieu du sommet. Particulièrement le contre-torpilleur Doria armé de missiles, des scooters de mer, des avions de reconnaissance, des hélicoptères et une multitude de drones.

Les résidents dans les zones « rouges » ne pourront circuler qu’avec des laissez-passer et les plages seront interdites à la baignade jusqu’au 16 juin. Le coût total pour protéger les dirigeants du G7 et les autres invités, dont le pape François et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s’élève à environ 25 millions d’euros.

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Après la réponse du Hamas, l’accord sur une trêve à Gaza reste introuvableX

by Sam's Londele 12 juin 2024
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Au Proche-Orient, le Hamas a donné sa réponse aux États-Unis au sujet de l’accord de trêve avec Israël. Washington l’examine. L’État hébreu reste silencieux alors que la presse israélienne affirme que le Hamas a rejeté le plan. Le mouvement islamiste palestinien précise que sa réponse est « responsable, sérieuse et positive » et qu’elle « ouvre la voie à un accord ». 

La confusion est totale. Les positions des principaux acteurs engagés dans ces négociations pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages israéliens restent en effet ambiguës. Alors qu’Antony Blinken effectue ce 12 juin une nouvelle tournée au Moyen-Orient, le Hamas dit que sa réponse est positive, mais ce n’est pas un oui catégorique et définitif.

Le groupe armé palestinien aurait apporté des amendements à la proposition initiale, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Le Hamas a appelé à un « arrêt total de l’agression » israélienne à Gaza et proposé « notamment un calendrier pour un cessez-le-feu permanent et le retrait total des troupes israéliennes de la bande de Gaza », selon une source au fait des discussions.

Parmi les demandes du Hamas, « certains changements sont réalisables, d’autres ne le sont pas », a dit M. Blinken. « Voici, en résumé, où nous en sommes : il y avait sur la table un accord qui était presque identique à ce que le Hamas avait défendu le 6 mai. Un accord soutenu par le monde entier, un accord accepté par Israël, et auquel le Hamas aurait pu répondre d’un seul mot : « Oui ». Au lieu de ça, il a attendu presque deux semaines et a proposé davantage de changements, dont certains vont au-delà des positions qu’il avait prises et acceptées », a tancé Blinken. « Je pense que ce fossé peut être comblé », a toutefois indiqué le responsable américain, avant d’ajouter: « cela ne veut pas dire qu’il sera comblé car, en fin de compte, c’est le Hamas qui devra décider ». 

 Le plan présenté par M. Biden évoque une libération des otages détenus àGaza, un cessez-le-feu, une augmentation de l’aide humanitaire et la reconstruction de Gaza.

Des divergences en Israël sur l’attitude à adopter

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Les États-Unis se sont érigés en porte-parole du gouvernement de l’État hébreu. La Maison-Blanche tente ainsi de convaincre que le plan actuellement négocié est un plan israélien. Une posture qui vise à mettre les dirigeants israéliens à l’abri des critiques tout en faisant porter la responsabilité d’un échec au Hamas.

Une posture qui ne fait pas l’unanimité en Israël. Le pouvoir refuse d’endosser ce plan dont la paternité lui est attribuée par Washington. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ne cesse en effet de répéter que la guerre à Gaza doit se poursuivre. Israël n’a encore jamais formellement accepté l’accord, le gouvernement estimant « incomplet » le plan présenté par M. Biden. Et le Premier ministre Netanyahu répète que ses conditions pour un cessez-le-feu permanent sont « la destruction des capacités militaires et de gouvernement du Hamas » et la libération « de tous les otages ».

Une source diplomatique explique : « Washington n’a aucun plan pour le jour d’après et refuse toutes les initiatives qui lui sont présentées par les partenaires arabes pour mettre un terme à la guerre à Gaza. Les Américains ont peur des répercussions que peuvent avoir leurs décisions en cette année d’élection présidentielle. Leur politique étrangère est ainsi dictée par des considérations électorales nationales ».

Ces dernières semaines, de nombreux chefs d’État et institutions internationales, comme lundi le Conseil de sécurité de l’ONU, ont exhorté les belligérants à s’entendre après plus de huit mois d’une guerre ayant dévasté la bande de Gaza et ébranlé l’idée que les Israéliens se faisaient de leur sécurité.

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France: la droite implose après la proposition de Ciotti d’une alliance entre les Républicains et le Rassemblement national

by Sam's Londele 11 juin 2024
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C’est une autre déflagration après la dissolution de l’Assemblée nationale. Sur la chaîne TF1, le président du parti conservateur Républicains (LR) Éric Ciotti a annoncé jeudi 11 juin qu’il souhaitait un accord avec le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) pour les élections législatives à venir. Une perspective qui semble exploser le parti de la droite traditionnelle.

C’est peut-être l’acte de décès des Républicains (LR) que vient de prononcer son patron Éric Ciotti en annonçant qu’il souhaitait un accord avec l’extrême droite du Rassemblement national (RN) pour les législatives à venir. Un accord auquel Jordan Bardella avait ouvert la porte dès lundi 10 juin. Les chefs de parti se sont parlés et ont donc topé, rapporte Valérie Gas du service politique de RFI.

Le RN veut élargir son socle et Éric Ciotti estime que les LR sont trop faibles et ont besoin d’alliance pour préserver un groupe à l’Assemblée. Les députés sortants qui le suivront n’auront donc pas de candidats RN face à eux. L’accord prévoit aussi ce qu’Éric Ciotti appelle des circonscriptions de conquête pour les LR.

L’objectif est ainsi de combattre le président Emmanuel Macron et former une nouvelle majorité : « un choix courageux », a tout de suite salué Marine Le Pen. « Quarante ans d’un pseudo-cordon sanitaire, qui a fait perdre beaucoup d’élections, est en train de disparaître », a fait valoir auprès de l’AFP la patronne des députés Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

Si l’accord se concrétise, ce sera le premier de ce genre en France entre la droite et l’extrême droite. Le patron de LR a estimé que la droite avait besoin de cet accord pour préserver sa représentation à l’Assemblée nationale, qui compte aujourd’hui 61 députés, dont beaucoup ne sont pas sur la ligne du président du parti.

Une grande partie des responsables LR opposés à l’accord

Cette annonce marque en effet un point de non-retour pour une grande partie des responsables LR. Ceux-ci, dès avant la prise de parole d’Éric Ciotti, sont montés au créneau pour dénoncer toute alliance avec le parti de Marine Le Pen. De Xavier Bertrand à Jean-François Copé en passant par Valérie Pécresse, Olivier Marleix et même Laurent Wauquiez.

Ce dernier, qui est le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a affirmé qu’il ne « croit pas » aux « alliances » et prône une ligne de « clarté » qui « ne trahit jamais » : « Je vois tous ceux qui sont en train de s’agiter pour faire des coalitions, pour faire des alliances, pour faire des petites combinaisons. Je le dis tout de suite : je n’y crois pas », a ajouté l’ancien patron de LR, qui a annoncé être candidat aux législatives à venir, dans son fief de Haute-Loire.

Le sénateur Bruno Retailleau s’est, lui aussi, désolidarisé en dénonçant une « ligne personnelle » d’Éric Ciotti, tout comme Gérard Larcher. Celui qui est le président des sénateurs LR a accusé Eric Ciotti d’avoir « menti » et de « déloyauté » : il « nous a menti dans un but sans doute personnel vis-à-vis de Nice, mais aussi dans un but qui était de nous placer dans une situation telle qu’on ne puisse pas se retourner », a déploré Bruno Retailleau.

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Volodymyr Zelensky en France: le soutien militaire annoncé par Paris examiné à la loupe à Kiev

by Sam's Londele 8 juin 2024
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La visite de Volodymyr Zelensky en France s’est achevée ce vendredi 7 juin, à l’issue d’une rencontre entre le chef de l’État ukrainien et son homologue français, au palais de l’Élysée. Deux journées placées sous le registre du symbolique, avec la participation de Volodymyr Zelensky aux commémorations du 80e anniversaire du Débarquement allié et sa prise de parole devant les députés de l’Assemblée nationale.

Très médiatisée en France, la venue de Volodymyr Zelensky sur les plages de Normandie l’a été nettement moins en Ukraine. C’est plutôt normal, car si l’histoire du D-Day est connue en Ukraine, à travers les films de Steven Spielberg notamment, la bataille de Normandie, n’est pas au centre du récit historique de la Seconde Guerre mondiale, de ce côté de l’Europe, où s’est jouée l’importante bataille du front de l’Est. Les médias ukrainiens ont fait le service minimum, passant assez rapidement sur les commémorations dans les journaux.

Néanmoins, des éditorialistes de Kiev se sont arrêtés un peu plus sur la prise de parole de Volodymyr Zelensky à l’Assemblée nationale, qualifiée de « discours passionné ». Mais l’essentiel était ailleurs, à savoir le contenu politique de la visite, les entretiens bilatéraux de Volodymyr Zelensky avec Joe Biden et Emmanuel Macron. Et de façon très pragmatique, les Ukrainiens se sont intéressés avant tout aux nouvelles annonces faites par le président français.

Ce vendredi soir, à la télévision ukrainienne, des spécialistes en aéronautique expliquaient les spécificités de l’avion de chasse français Mirage 2000, qui fera son apparition dans le ciel ukrainien, piloté par des pilotes ukrainiens. À Kiev, tout le monde s’est un peu focalisé sur les F-16 américains, mais la fourniture de Mirage est appréciée à sa juste valeur, car on sait qu’il faudra 200 avions de chasse pour faire le poids face aux Russes.

Les journaux ukrainiens commencent aussi à parler de la « brigade française », pour évoquer ces 4500 hommes qui seront formés par des instructeurs français. Tout est bon à prendre pour alléger le fardeau des officiers ukrainiens, pour que ces derniers se consacrent à leur tâche sur le front.

L’autre annonce qui a été retenue, c’est la création en Ukraine d’une filiale du groupe d’armement franco-allemand KNDS, pour produire sur place des équipements d’artillerie et des obus, qui sont le nerf de la guerre.

Infrastructures

On en a moins parlé, mais la création d’un fonds de soutien de 200 millions d’euros pour les infrastructures énergétiques est fondamentale. C’est désormais officiel : l’agence française de développement va s’installer en Ukraine.

Des investissements français, publics et privés, vont être ciblés sur le secteur énergétique, et c’est tout aussi important que le militaire, car actuellement les Ukrainiens sont privés de courant plusieurs heures par jour. Certains experts estiment que l’hiver prochain, les habitants de Kiev pourraient disposer d’électricité seulement de deux à quatre heures par jour…

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Liban: situation explosive entre le Hezbollah et Israël

by Sam's Londele 7 juin 2024
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Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit inquiet d’un risque de « conflit plus large » entre Israël et le Liban « aux conséquences dévastatrices pour la région ». Sa mise en garde intervient après que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré le 5 juin, lors d’une visite à la frontière avec le Liban, qu’Israël est « prêt » pour une « opération très intense ». Des menaces auxquelles le numéro 2 du Hezbollah a répondu en affirmant que si l’État hébreu décidait d’étendre la guerre contre le Liban, il ne connaîtrait que « dévastation, destruction et déplacement ».

Les menaces réciproques entre le Hezbollah et Israël se traduisent depuis quelques jours par une escalade qualitative et quantitative sans précédent sur le terrain. La puissance de feu déployée par le Hezbollah est inégalée depuis le début des affrontements, il y a huit mois.

Le parti de Hassan Nasrallah a massivement introduit les drones sur le champ de bataille et a multiplié les tirs de roquettes en plus grand nombre et plus en profondeur en territoire israélien. En mai, le Hezbollah a mené 280 attaques, avec une moyenne quotidienne passée de six opérations en avril à dix en mai et depuis début juin.

« Alors que les échanges de feu continuent autour de la Ligne bleue, le secrétaire général appelle à nouveau les parties à un cessez-le-feu urgent, a déclaré le porte-parole d’Antonio Guterres, Stéphane Dujarric dans un communiqué. Ces échanges de feu pourraient déclencher un conflit plus large avec des conséquences dévastatrices pour la région », a-t-il mis en garde.

Importantes destructions

Le parti chiite utilise plus fréquemment des missiles lourds al-Burkan et Falaq, dotés d’une forte charge explosive, provoquant de graves incendies en Galilée et entraînant d’importantes destructions, notamment à Kyriat Shmona, Metulla, Shlome et Margaliot.

Israël ne fait pas non plus dans la dentelle. Les drones et les avions de combat israéliens ont intensifié leurs frappes et poussent bien au-delà de la ligne de front. L’armée israélienne utilise des munitions incendiaires et au phosphore blanc, selon Human Rights Watch, réduisant en fumée des milliers d’hectares de forêts et de vergers au Sud-Liban.

RFI via CONGO PUB Online

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Gaza: l’armée israélienne frappe une école de l’Unrwa «abritant une base du Hamas»

by Sam's Londele 6 juin 2024
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Tôt ce jeudi 6 juin, l’armée israélienne a revendiqué une frappe aérienne contre une école de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) dans la bande de Gaza. Selon un communiqué de l’armée, cette école abritait « une base du Hamas ». L’attaque a fait une trentaine de morts selon le Hamas.

L’armée israélienne assume son opération, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Son aviation a mené une frappe contre « une base du Hamas située dans cette école. Plusieurs membres de groupes armés palestiniens (Hamas et Jihad Islamique), ayant participé au massacre du 7 octobre ont été éliminés », détaille l’armée israélienne dans un communiqué.

« Des avions de combat de l’armée […] ont mené une frappe précise sur une base du Hamas placée à l’intérieur d’une école de l’Unrwa dans la région de Nousseirat », a affirmé dans un communiqué l’armée israélienne qui a fait état de « plusieurs terroristes tués. […] Des terroristes du Hamas et du Jihad islamique appartenant aux forces Nukhba et ayant participé à l’attaque meurtrière contre des communautés du sud d’Israël le 7 octobre dernier opéraient dans cette enceinte. Les terroristes ont dirigé leur campagne de terreur depuis la zone de l’école tout en l’exploitant et en l’utilisant comme abri », a assuré l’armée.

Les images qui proviennent de Gaza montrent une nouvelle fois des scènes de chaos, rapporte notre correspondant à Jérusalem. Des dizaines de corps alignés au sol. Des familles décimées. Des survivants en pleurs. Des blessés transportés vers un hôpital de campagne. Des enfants morts.

« Un nombre considérable de martyrs et de blessés continuent d’affluer à l’hôpital des martyrs d’al-Aqsa », situé dans la ville de Deir al-Balah, près de Nousseirat, annonce le service de presse du Hamas. Plus tôt dans la nuit, cet hôpital avait indiqué faire face à la « panne de l’un de ses générateurs électriques », ce qui risquait de compliquer le traitement de patients vulnérables et de provoquer « une catastrophe humanitaire ».

« L’odeur de sang »

Avant cette frappe, l’hôpital d’al-Aqsa avait déjà reçu, depuis le 4 juin, « au moins 70 morts et plus de 300 blessés, en majorité des femmes et des enfants, à la suite des frappes israéliennes sur les zones centrales de la bande de Gaza, selon Médecins sans frontières (MSF). L’odeur du sang dans la salle des urgences ce matin était insupportable. Il y a des gens étendus partout, sur le sol, dehors. Des corps étaient apportés dans des sacs en plastique. La situation est insoutenable », avait déclaré sur X, Karin Huster, coordinatrice de MSF pour Gaza.

Il y a une dizaine de jours, ces mêmes scènes de dévastation, des corps mutilés, brûlés à la suite d’une frappe aérienne israélienne contre un camp de déplacés dans la région de Rafah. Israël avait reconnu « un accident tragique » et annoncé « ouvrir une enquête ». Ce jeudi, pas besoin d’enquêter. L’armée affirme avoir pris un certain nombre de mesures pour minimiser les pertes civiles. Les Palestiniens dénoncent « un horrible massacre ».

Une école de l’Unrwa

La frappe aérienne a touché une école de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). L’organisation, qui coordonne la quasi-totalité de l’aide à Gaza, s’est retrouvée au cœur d’une tempête diplomatique et au bord de la rupture après qu’Israël a accusé, en janvier, une douzaine de ses 13 000 employés de Gaza d’être impliqués dans l’attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien, le Hamas, ayant déclenché la guerre en cours, le 7 octobre 2023.

Cela a conduit de nombreux pays, dont les États-Unis, principal bailleur de fonds, à suspendre brusquement le financement de l’agence, menaçant ainsi ses efforts d’acheminement de l’aide à Gaza, bien que plusieurs États aient depuis repris leurs versements. Et le chef de l’Unrwa, Philippe Lazzarini, a exigé qu’Israël cesse « sa campagne » contre son agence, dans une tribune publiée vendredi dernier dans le New York Times.

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Inde: après la courte victoire du BJP, Narendra Modi ne pourra plus gouverner seul

by Sam's Londele 5 juin 2024
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L’Inde s’éveille après une intense journée de dépouillement lors des élections nationales, qui a vu le Premier ministre, Narendra Modi, reconduit avec une très courte majorité. Ces résultats, beaucoup plus serrés que prévus, dessinent un nouveau paysage politique en Inde. Quelles conséquences peut-on déjà tirer des résultats du 4 juin ?

Ce 4 juin au soir, pas de grande fête ni de klaxons de victoire à New Delhi, comme si ces élections n’était pas vraiment terminées. Car, même si Narendra Modi devrait rempiler pour cinq ans comme Premier ministre, on sent bien que le mandat qui s’ouvre sera différent des précédents.  

Son parti, le BJP, n’obtient qu’une majorité relative au Parlement, il va donc devoir compter sur les alliés de sa coalition qui jusqu’alors servaient plutôt de prise de guerre. Ils peuvent désormais dicter leur condition sous peine de le mettre en minorité, voire de rejoindre l’opposition qui n’est pas loin non plus de la majorité. Cela va forcément impacter la formation du futur gouvernement. 

Des réformes plus difficiles à faire passer

Narendra Modi va avoir plus de difficultés à faire passer de grandes réformes qui lui tenaient à cœur mais sont loin de faire l’unanimité dans le pays. Par exemple, la synchronisation des élections nationales, auxquelles on vient d’assister, avec les élections des différents États de l’Inde, dont beaucoup craignent qu’elles ne renforcent la centralisation du pouvoir. 

Plus généralement, Narendra Modi, l’homme fort, ne pourra plus gouverner seul, cela pourrait le conduire à offrir un visage plus consensuel et éviter les excès envers les minorités religieuses pour se montrer rassembleur. L’avenir nous le dira. 

Les réactions internationales

Le troisième mandat obtenu par Narendra Modi a suscité les réactions de plusieurs pays dans les heures qui ont suivi l’annonce des résultats. La Chine a félicité ce mercredi la coalition menée par le Premier ministre sortant. « La Chine voudrait adresser ses félicitations » à Modi ainsi qu’à son parti et elle « est prête à travailler avec l’Inde pour promouvoir le développement sain et stable des relations entre les deux pays », a déclaré à la presse Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Une relation saine et stable entre la Chine et l’Inde est dans l’intérêt commun des deux parties et est aussi propice à la paix et au développement dans la région et dans le monde », a-t-elle ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui aussi félicité ce mercredi matin le Premier ministre indien. « Tout le monde dans le monde reconnaît l’importance et le poids du rôle de l’Inde dans les affaires mondiales. Il est essentiel que nous travaillions tous ensemble pour garantir une paix juste pour toutes les nations », a déclaré Volodymyr Zelensky dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

« Nous félicitons la coalition au pouvoir dirigée par le Premier ministre Modi pour sa déclaration de victoire », a également déclaré le Japon par la voix a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshimasa Hayashi. « L’Inde est un partenaire important pour la réalisation d’une région Indo-Pacifique libre et ouverte, et nous continuerons à renforcer les relations entre le Japon et l’Inde », a-t-il ajouté. Le Japon et l’Inde sont membres avec les États-Unis et l’Australie de l’alliance de coopération informelle sur la sécurité dite « Quad »

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