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Monde

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Le risque de morcellement plane sur la Syrie post-Assad

by Sam's Londele 13 décembre 2024
written by Sam's Londele

Le régime des Assad en Syrie est tombé ce 8 décembre après plus d’un demi-siècle de règne sans partage. Une nouvelle page s’ouvre pour ce pays dont la libération du joug de la terreur pourrait être synonyme de partition et de divisions.

La rapidité et la facilité avec lesquelles la dictature syrienne s’est effondrée sont déconcertantes. D’aucun se sont interrogés sur le rôle de diverses puissances. Mais il semble que ce soit la Turquie, imprégnée d’une forme de néo-ottomanisme, qui ait été aux avant-postes de cet événement historique qui risque de morceler la Syrie.

« Désormais, nous ne pouvons permettre que la Syrie soit à nouveau divisée […]. Toute attaque contre la liberté du peuple syrien, la stabilité de la nouvelle administration syrienne et l’intégrité de son territoire nous trouvera contre elle aux côtés du peuple syrien », a déclaré le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan mardi 10 décembre. Une annonce qui peut surprendre, tant Ankara s’est impliqué dans la chute du régime syrien, conscient du risque de dislocation, mais focalisé par la question kurde, en fournissant le matériel et la logistique aux rebelles islamistes de l’Organisation de libération du Levant (HTS) désormais au pouvoir à Damas.

« Un véritable risque que des immixtions étrangères se poursuivent »

« L’un des principaux défis des semaines à venir pour la Syrie sera de maintenir son unité et son intégrité territoriale et sa souveraineté, analyse Karim Émile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Moyen-Orient. Il y a un véritable risque que des immixtions étrangères permanentes se poursuivent, notamment de la Turquie qui a en effet joué un rôle de pointe dans l’écroulement du régime syrien, mais également des interférences israéliennes. »

Car aujourd’hui, le pays est devenu une mosaïque de zones contrôlées par différents groupes. Et toutes les hypothèses sont avancées quant à ce que pourra être la Syrie post-Assad. Si Abou Mohammed al-Joulani, chef du groupe jihadiste HTS, arrive à maintenir l’unité du pays comme il l’a fait à Idleb, en instaurant une forme de totalitarisme islamique, les minorités druzes et alaouites, et le peu de chrétiens encore sur place, risquent d’être poussés vers l’extérieur, ou alors soumis à un régime de contrôle très strict.

« Quant aux Kurdes, note Fabrice Balanche*, spécialiste du Moyen-Orient et maître de conférences à l’Université Lyon 2, je crois que pour eux c’est vraiment très mal parti. [Recep Tayyip] Erdoğan veut les écraser. Et comme HTS est l’instrument d’Erdoğan, ils vont participer à l’élimination du Rojava [Kurdistan syrien, NDLR]. » À moins que les États-Unis se montrent fermes à l’égard de la Turquie et en fassent une ligne rouge.

Mais le plan du président élu Donald Trump est de déléguer, finalement, la gestion de la Syrie à la Turquie. L’Américain incite à ne pas se mêler du « foutoir » syrien, tandis que l’administration du président sortant Joe Biden juge, au contraire, qu’il en va des intérêts vitaux des États-Unis. La chute du régime Assad et l’effondrement de l’axe iranien – qui comprend également le Hamas palestinien, les rebelles houthis au Yémen et des milices en Irak – représente une défaite pour Moscou, allié de Damas depuis l’ère soviétique, mais c’est une victoire pour Washington qui l’espérait depuis 2011.

« Trump va certainement vouloir négocier avec la Russie, note Karim Émile Bitar. On peut même se demander si le fait que la Russie ait lâché le régime d’Assad et n’ait pas opposé la moindre résistance ne fait pas partie d’une sorte de deal. Est-ce que la Russie aurait obtenu quelque chose en contrepartie ? La même question pourrait se poser pour l’Iran, préoccupé essentiellement par la survie de son propre régime. » Selon le quotidien américain Washington Post, les combattants syriens ont reçu environ 150 drones ainsi qu’un autre soutien secret des agents des services de renseignement ukrainiens quelques semaines avant l’avancée des rebelles qui ont renversé Bachar el-Assad.

« Israël savait ce qui allait se produire »

La chute du régime syrien du clan Assad représente aussi une victoire pour Israël. C’est par la Syrie que le Hezbollah libanais – qui a fait la guerre aux côtés de Assad pendant 13 ans contre HTS et les rebelles sunnites – recevait des armes d’Iran. Ces derniers jours, Tel-Aviv s’est employé à détruire méthodiquement toutes les infrastructures de l’armée syrienne, qui demeurait la seule institution pluriethnique du pays (la seule du monde arabe à avoir eu des chefs d’état-major chrétiens) malgré le poids des Alaouites et la corruption. Reste ainsi aujourd’hui uniquement des milices confessionnelles ou ethniques qu’un potentiel futur État central, seul détenteur de la force légitime, risque de ne pas pouvoir démilitariser.

Les rebelles du HTS avaient « salué » le massacre du 7-Octobre et avaient pris fait et cause pour les Palestiniens. Mais dès la prise de pouvoir du HTS à Damas, Joulani a voulu rassurer les États-Unis et Israël sur le fait que « la nouvelle Syrie comprend leurs intérêts ». Aujourd’hui, les dirigeants du HTS sont très prudents et considèrent que l’ennemi principal à leurs yeux est l’Iran.

Israël était-il au courant de la chute imminente du régime de Damas ? Pour Fabrice Balanche, depuis le 7 octobre 2023, les Israéliens se rendent compte qu’ils sont dans une guerre existentielle et qu’il va falloir absolument réagir. La première réaction est d’écraser le Hamas, ensuite de neutraliser le Hezbollah au Liban. « La troisième option, c’était de bombarder l’Iran, mais là, c’était quand même un gros morceau en plus », d’autant que le régime de Téhéran possède des missiles balistiques capables de frapper Israël. « La solution intermédiaire, assez efficace, était de faire tomber le régime syrien pour casser l’axe iranien et empêcher justement le renouvellement du stock d’armes du Hezbollah […]. Les Israéliens savent très bien ce qui se passe de l’autre côté de leurs frontières. Israël savait ce qui allait se produire. »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé dimanche 8 décembre avoir ordonné à l’armée de « prendre le contrôle » de la zone tampon du Golan après la chute du président syrien, affirmant ensuite que la partie du Golan syrien occupée et annexée par Israël appartenait à son pays « pour l’éternité », soit une violation de l’accord de désengagement de 1974 entre Israël et la Syrie. Cette sortie lui a valu une saillie de la part de Téhéran : « Il ne fait aucun doute que ce qui s’est passé en Syrie est le résultat d’un complot des États-Unis et d’Israël », a assuré ce 11 décembre le guide suprême iranien Khamenei.

Un morcellement de la Syrie pourrait profiter à Israël aussi, comme il a profité il y a un siècle à la France quand le général français Henri Gouraud, qui avait proclamé la création du Grand Liban en 1920, a morcelé la Syrie en mosaïque de petits États divisés selon des critères confessionnels. Un élément alors essentiel dans la politique coloniale française au Levant : diviser les territoires pour mieux les contrôler.

« Pour Israël, tout ce qui peut diviser et entretenir une instabilité dans le voisinage permet d’éviter d’avoir un État syrien sunnite fort qui commence à revendiquer le Golan », affirme de son côté Fabrice Balanche. « Il y a encore beaucoup de questions sans réponses à ce stade, mais l’un des principaux risques qui pèsent sur la Syrie est celui de la dislocation, de la fragmentation, en mini États-confessionnels, prévient Karim Émile Bitar. Cette solution ne serait pas viable et pérenne, car il y a en Syrie une très grande imbrication, interpénétration des communautés. Mais si le jeu des puissances devait perdurer, il y a un risque sur l’unité territoriale de ce pays. »

Pour Karim Émile Bitar, il y a un risque que, s’il n’y a pas de pression internationale pour que la Turquie et Israël fassent preuve de plus de retenue, ils pourraient être tentés de maximiser leur avantage. « Erdogan pourrait être tenté de consolider son autorité dans le nord de la Syrie de régler ses comptes avec certaines factions kurdes. Et Israël de poursuivre l’annexion du mont Hermon, créer une zone tampon autour de la zone tampon, ce qui est pour le moins problématique. »

« Le diable attend les Syriens à l’autre bout du tunnel »

La Syrie post-Assad représente aussi une opportunité pour les jihadistes du groupe État islamique (EI), qui pourraient tenter de profiter d’un potentiel chaos pour reconquérir des territoires et faire libérer ses combattants emprisonnés en zone kurde. Dès l’annonce de la chute du régime de Damas dimanche 8 décembre, les États-Unis ont mené plus de 70 frappes sur des cibles jihadistes de l’EI. « Le risque est que l’EI mène des attaques spectaculaires contre les minorités, pour semer le chaos et déstabiliser la Syrie pour la replonger dans une guerre civile. Comme il l’a fait en Irak », analyse sur RFI Asiem El Difraoui, docteur à l’Institut d’études politiques de Paris, spécialiste de la mouvance jihadiste internationale.

Quant aux pays sunnites de la région, et particulièrement du Golfe, ils pourraient ne pas voir d’un très bon œil la montée en puissance de la Turquie en Syrie, « qui devient un protectorat pro-turc », selon les termes de Fabrice Balanche. Ainsi, Riyad pourrait soutenir les groupes sunnites rebelles du Sud, concurrents de HTS, pour justement ne pas laisser le monopole à la Turquie, avec le risque d’un scénario à la libyenne. Mais « ce qui compte aujourd’hui pour les pays du Golfe, c’est qu’il y ait une stabilité en Syrie et que la Syrie arrête de produire du captagon, qui pourrit leur jeunesse. »

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HTS pourrait aussi représenter une menace pour les pays de la région en enracinant l’idée qu’on pourrait remodeler le Moyen-Orient. « Il y a des pays en effet qui ont des raisons d’être inquiets aujourd’hui, comme la Jordanie, explique Karim Émile Bitar. Une grande partie des membres de l’administration Trump considèrent que le véritable État palestinien est la Jordanie. Il y a évidemment aussi des risques qui pèsent sur les Houthis au Yémen et sur le régime iranien lui-même. Est-ce que le régime iranien parviendra à négocier sa propre survie en changeant son comportement ou est-ce qu’il sera à son tour emporté dans la tourmente ? C’est à cette question qu’il faudra s’intéresser dans les semaines qui viennent. »

De son côté, le chercheur Fabrice Balanche s’interroge sur l’avenir du Liban, « celui qui devrait subir le contrecoup du changement de régime en Syrie parce que les sunnites libanais aidés par les jihadistes syriens et les Israéliens vont vouloir faire la peau au Hezbollah. Et un Hezbollah affaibli en Syrie, on a vu ce que ça a donné. Un Hezbollah affaibli au Liban aussi, ça peut relancer la guerre civile dans le pays. »

La chute du régime sanguinaire de Bachar el-Assad a galvanisé une grande partie du monde, et avant tout les Syriens qui ont vécu plus de cinquante ans de terreur. Mais plusieurs acteurs antagonistes, aux agendas différents, vont désormais devoir s’accorder avec le groupe islamiste sunnite HTS, ce dernier appelant les Syriens à l’unité et à la réconciliation, et les réfugiés à rentrer au pays. « J’espère que je me trompe, se désole Adel Bakawan, spécialiste du Moyen-Orient, mais je crois qu’aujourd’hui le diable attend les Syriens à l’autre bout du tunnel. »

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À la UneMonde

«Inquiet» pour l’avenir de la Syrie, Antony Blinken en visite en Jordanie et en Turquie

by Sam's Londele 12 décembre 2024
written by Sam's Londele

La situation au Moyen-Orient continue de susciter l’attention internationale. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est dans la région à partir de ce jeudi 12 décembre, en Jordanie, puis demain vendredi en Turquie, et il sera surtout question de la Syrie.

Antony Blinken effectue son douzième voyage dans la région, depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La situation à Gaza et la recherche d’un cessez-le-feu avec Israël que les États ne parviennent pas à obtenir malgré leurs efforts affichés, ne seront que l’un des aspects du voyage.

C’est aussi ce qui se passe à Damas, qui inquiète l’administration Biden finissante. Antony Blinken va d’abord en parler à Aqaba, en Jordanie, puis à Ankara en Turquie, deux partenaires importants pour les États-Unis. Depuis qu’ils ont salué le renversement du régime de Bachar el-Assad, les États-Unis ne cachent pas leur inquiétude sur l’avenir et sur les intentions des nouveaux maîtres jihadistes de la Syrie.

Le département d’État se dit favorable à une transition inclusive, menée par les Syriens, vers un gouvernement responsable et représentatif. Ce gouvernement devra aussi respecter les droits des minorités, faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, empêcher que le pays serve de base au terrorisme et permettre la sécurisation et la destruction des stocks d’armes chimiques, selon les souhaits de Washington. « Je ne suis pas confiant », a dit Antony Blinken au moment de partir. De son côté, le président Biden dit vouloir se concentrer sur les actes plutôt que sur les mots des nouveaux maîtres de Damas.

After 14 years of conflict, the Syrian people finally have reason for hope. The United States strongly supports a peaceful transition of power to an accountable Syrian government through an inclusive Syrian-led process.

— Secretary Antony Blinken (@SecBlinken) December 8, 2024

Cette administration Biden n’en a plus que pour un peu plus d’un mois. Depuis la chute du régime, Donald Trump répète que la situation en Syrie ne concerne pas les États-Unis. « Nous ne sommes pas impliqués là-bas », indique le président élu dans un entretien au magazine Paris Match publié ce mercredi 11 décembre. Pourtant, les États-Unis ont environ 900 soldats dans le pays en mission contre l’organisation État islamique. Des frappes aériennes ont déjà été menées contre elle depuis la fuite de Bachar el-Assad.

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La Syrie ne doit pas répéter les «scénarios terrifiants» de l’Irak, de la Libye et de l’Afghanistan (Kaja Kallas)

by Sam's Londele 11 décembre 2024
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La transition en cours en Syrie après la chute de Bachar al-Assad s’annonce difficile et le pays ne devra pas répéter les « scénarios terrifiants » de l’Irak, de la Libye et de l’Afghanistan, a mis en garde mardi 10 décembre la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

« Cette transition présente d’énormes défis pour la Syrie et la région », a déclaré Mme Kallas lors d’une audition devant la Parlement à Bruxelles. « Il y a des inquiétudes légitimes concernant les violences entre groupes religieux, la résurgence extrémiste et le vide politique », a-t-elle ajouté.

RFI via CONGO PUB Online

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Horațiu Potra, chef des instructeurs roumains des FARDC, arrêté en Roumanie

by admin9775 9 décembre 2024
written by admin9775

Horațiu Potra, un ancien légionnaire franco-roumain, et ses proches, tous partisans de Călin Georgescu, ont été arrêtés par la police en pleine circulation alors qu’ils se rendaient à Bucarest, avec des armes de guerre dans leurs voitures. Potra est connu pour avoir entraîné de 2016 à 2017, la garde présidentielle de Faustin Archange Touadéra et, emmené plus de 1 000 anciens soldats en République démocratique du Congo pour soutenir le gouvernement dans sa lutte contre les rebelles du M23. Le parquet roumain a ouvert une enquête, et une perquisition eu lieu au domicile de Horațiu Potra,

Dans ce pays, des millions d’électeurs étaient théoriquement appelés à voter le 8 décembre pour choisir entre le nationaliste Calin Georgescu, accusé de sympathies prorusses, et sa rivale pro-européenne Elena Lasconi. Mais, vendredi 6 décembre, la Cour constitutionnelle roumaine a décidé de faire table rase du scrutin et de recommencer de zéro. Une mesure sans précédent dans le pays d’Europe orientale et extrêmement rare sur le continent. En cause, écrit l’AFP, de « multiples irrégularités et violations de la loi électorale ayant faussé » le vote sur fond de suspicions d’interférence russe.

Le pays en émoi

Calin Georgescu s’est rendu, le dimanche 8 décembre,  en début de journée devant une école à Mogosoaia, près de Bucarest, où il aurait dû voter, sur fond de cris « Georgescu président ». Une petite foule de partisans l’accompagnait, en se déplaçant aux urnes comme si de rien n’était pour protester contre l’annulation du second tour de la présidentielle roumaine. Mais c’est surtout l’interpellation d’un groupe de 21 paramilitaires qui provoque l’émoi dans le pays. Ces hommes, écrit notre correspondante en Roumanie, Marie Leduc,  se rendaient à Bucarest, avec des armes à feu, des machettes et de grosses sommes d’argent.

MN

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À la UneMonde

Syrie : ce que l’on sait de la fuite du président Bachar al-Assad

by admin9775 8 décembre 2024
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Après avoir passé près d’un quart de siècle à la tête d’un régime liberticide qui dirigeait la Syrie d’une main de fer, le « tyran » Bachar al-Assad a « pris la fuite », ont annoncé les groupes rebelles entrés dimanche dans la capitale Damas. Que sait-on de ce départ réalisé dans la plus grande discrétion ?

Damas est tombée, le régime de Bachar al-Assad aussi. Au matin de ce 8 décembre 2024, les rebelles ont franchi l’imposant portail du palais présidentiel, les bruits de leurs pas résonant dans ses couloirs de marbre. Aucune résistance ne se dressait devant eux, la garde présidentielle ayant, depuis longtemps déjà, déserté les lieux. Une question est sur toutes les lèvres : « où est donc Bachar al-Assad et que va-t-il désormais se passer ? »

À bord d’un avion privé qui décollait de l’aéroport international de Damas, le chef de l’État syrien a quitté la capitale samedi à 22 h (19 h GMT), selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dès lors, rien ne pouvait empêcher le retrait de l’aéroport de l’armée syrienne et des forces de sécurité, selon l’OSDH.

Quelques heures auront suffi pour que les groupes rebelles annoncent la chute du « tyran » et la « libération » de Damas, appelant les millions de Syriens réfugiés à l’étranger et jetés sur la route de l’exil à rentrer chez eux dans une « Syrie libre ».

Si un flou total règne sur la destination de M. Assad, trois options s’offrent à lui, selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Il pourrait se rendre en Russie, soutien indéfectible qui a engagé son aviation dans la guerre en Syrie pour remettre en selle M. Assad. L’Iran, autre allié qui a dépêché conseillers militaires et factions armées pour combattre au côté du pouvoir syrien. Et enfin les Émirats arabes unis, un des premiers pays du Golfe à avoir rétabli des relations diplomatiques avec Damas en 2018, après les avoir rompues dans la foulée du conflit déclenché en 2011.

Quid de l’armée syrienne ?

Après l’annonce du départ d’Assad, des soldats de l’armée syrienne à Damas ont immédiatement retiré leur uniforme militaire, selon des témoignages des habitants recueillis par l’AFP. Un témoin a raconté avoir vu dimanche matin des dizaines de véhicules militaires abandonnés dans le quartier de Mazzé, abritant les locaux de plusieurs institutions sécuritaires, militaires mais aussi des ambassades.

L’armée syrienne n’a publié aucun communiqué ou commentaire officiel. Des soldats interrogés par l’AFP ont assuré qu’il leur avait été demandé de se retirer de leurs positions et de rentrer chez eux. Sur la route reliant Homs, métropole du centre, à la capitale Damas, un correspondant de l’AFP a vu des centaines de militaires rassemblés près de barrages de contrôle établis par des combattants rebelles.

Au début de leur offensive fulgurante lancée fin novembre, de violents combats ont opposé les rebelles aux forces du gouvernement, surtout durant les deux premiers jours, faisant des dizaines de morts dans les deux camps. Par la suite les rebelles ont progressé à une vitesse éclair, sans rencontrer « aucune résistance notable » de la part des soldats, selon l’OSDH et les insurgés, qui ont ainsi conquis coup sur coup les grandes métropoles d’Alep (nord), Hama et Homs dans le centre. Jusqu’à pénétrer dimanche dans Damas.

Depuis 2011, l’armée syrienne a été saignée à blanc par le conflit, perdant la moitié de ses 300 000 soldats d’avant-guerre. Plusieurs experts ont souligné ces derniers jours la faiblesse des forces armées engagées sur le terrain, en l’absence d’un véritable soutien des alliés russe et iranien.

Dimanche à l’aube, une source proche du Hezbollah pro-iranien, allié du pouvoir syrien, a rapporté que les combattants du mouvement s’étaient retirés de leurs positions près de Damas et dans une zone à la frontière avec le Liban voisin. Ces secteurs abritaient notamment des entrepôts d’armes.

Qui est désormais au pouvoir ?

Les rebelles ont proclamé une « nouvelle ère » en Syrie. Le chef du gouvernement de Damas, qui a pris ses fonctions de Premier ministre en septembre, s’est dit lui disposé à coopérer avec tout nouveau « leadership » choisi par le peuple syrien pour une « passation » de pouvoir.

Le commandant en chef de Hayat Tahrir al-Sham, HTS, qui dirige la coalition rebelle à l’offensive en Syrie, a appelé ses combattants à ne pas s’approcher des institutions publiques, précisant qu’elles resteraient sous le contrôle de « l’ancien Premier ministre » jusqu’à ce que cette passation se fasse de manière officielle.

Avec la déroute de l’armée syrienne, dans un pays déjà morcelé par la guerre, les autres belligérants aux intérêts divergents, qui bénéficient d’appuis internationaux et régionaux, se retrouvent confrontés à des défis majeurs.

« Le défi principal aujourd’hui, c’est la reconstruction de l’État syrien, et la sortie d’une phase de chaos et de fragmentation », souligne le chercheur au centre Carnegie pour le Moyen-Orient, Mohanad Hage Ali.

À ce jour, les rebelles étaient « consciencieux dans leurs rapports avec les minorités et leurs prisonniers », reconnaît-il : « Espérons que cela va se traduire dans la reconstruction des institutions étatiques ».

Ouest France via CONGO PUB Online

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Chute du gouvernement Barnier: des discours au vote, retour sur un séisme politique

by admin9775 5 décembre 2024
written by admin9775

Le gouvernement de Michel Barnier, nommé début septembre par Emmanuel Macron sans majorité claire à l’Assemblée nationale, a été censuré par les oppositions de gauche et d’extrême droite ce mercredi 4 décembre dans la soirée, une première en France depuis 1962.

Les deux blocs d’oppositions à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national (RN, d’extrême droite) et le Nouveau front populaire (NFP, de gauche), ont adopté la motion de censure du NFP visant le gouvernement de Michel Barnier ce 4 décembre dans la soirée, après plusieurs heures de discours de la part du Premier ministre et des présidents des groupes de partis. 

Le RN avait assuré qu’il voterait la motion de censure du NFP, la première à être soumise au vote : 331 députés ont voté pour la censure du gouvernement. Avec une majorité fixée à 288 députés pour emporter le vote, le Premier ministre et son gouvernement ont donc été censurés, et ce n’était pas arrivé depuis 1962.

Lundi 2 décembre, Michel Barnier, en l’absence d’une majorité claire à l’Assemblée nationale, a eu recours à l’article 49.3 de la Constitution. Il lui permettait de faire adopter son projet loi de financement de la Sécurité sociale sans le vote des députés, en échange d’un engagement de sa responsabilité devant l’Assemblée. Un pari risqué, qu’il a perdu.

RFI via CONGO PUB Online

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L’Ukraine accuse la Russie d’avoir tiré un missile intercontinental, le Kremlin ne commente pas

by Sam's Londele 21 novembre 2024
written by Sam's Londele

La Russie a tiré jeudi matin un missile intercontinental sur l’Ukraine, une première depuis le début son invasion en 2022, a affirmé Kiev. Une accusation qui intervient après l’utilisation mardi et mercredi par l’Ukraine de missiles américains et britanniques à longue portée pour frapper en profondeur le territoire russe, une première là aussi dans le conflit.

La Russie a tiré jeudi 21 novembre un missile balistique intercontinental lors d’une attaque sur la ville de Dnipro dans le centre-est de l’Ukraine, une première depuis le début son invasion en 2022, a accusé l’armée de l’air ukrainienne.

Ce type d’armement est un vecteur de la dissuasion nucléaire russe, et a une portée de milliers de kilomètres. Il peut être aussi équipé d’une charge conventionnelle.

Son usage, s’il est confirmé, marque une nouvelle escalade, alors que la Russie avait dit préparer une réponse « appropriée » au recours par l’Ukraine à des missiles occidentaux en territoire russe, ce que Moscou avait qualifié de ligne rouge.

« Un missile balistique intercontinental a été lancé depuis la région russe d’Astrakhan » dans le sud-ouest de la Russie, a indiqué l’armée de l’air dans un communiqué.

« C’est la première fois. Nous n’avons pas jamais eu ce genre de missiles avant », a de son côté précisé à l’AFP une source au sein de cette armée. Il est « évident » que le missile ne portait pas de charge nucléaire, a-t-elle ajoutée.

Missiles Storm Shadow

Le Kremlin a refusé de commenter cette accusation. « Je n’ai rien à dire sur ce thème », a dit le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, interrogé par des médias à ce sujet lors d’un briefing quotidien.

Il a également affirmé que la Russie ferait le « maximum d’efforts » pour éviter une guerre nucléaire, après une révision de la doctrine russe qui élargit la possibilité d’utiliser l’arme atomique, en pleine tension entre Moscou et l’Occident autour du conflit en Ukraine.

« Nous avons souligné que, suivant notre doctrine, la Russie adopte une position responsable afin de faire le maximum d’efforts pour ne pas permettre un tel conflit », a déclaré le porte-parole.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part annoncé jeudi avoir abattu « deux missiles de croisière ‘Storm Shadow’ de fabrication britannique » tirés par l’Ukraine et qui visaient son territoire, sans préciser le lieu ni le moment de cette interception.

Des médias britanniques avaient annoncé mercredi que Kiev avait utilisé pour la première fois ces missiles longue portée après avoir obtenu l’autorisation de Londres.

Mardi déjà, l’Ukraine avait utilisé pour la première fois des missiles américains ATACMS, d’une portée de 300 km, contre une installation militaire dans la région russe de Briansk.

Certains pays occidentaux fournissaient des missiles à longue portée à l’Ukraine mais n’autorisaient pas leur usage en territoire russe.

Mercredi, plusieurs ambassades occidentales, dont celle des États-Unis, ont fermé provisoirement pour la journée en raison d’un risque d’une importante attaque russe. L’ambassade américaine avait mis en garde contre une « possible attaque aérienne significative » sur l’Ukraine, sans donner de détails.

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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Haïti : violence extrême à Port-au-Prince, Pétionville en première ligne

by Ruben Yale 20 novembre 2024
written by Ruben Yale

Une violente attaque a secoué Pétionville, un quartier résidentiel de Port-au-Prince, à l’aube du mardi 19 novembre.

Le gang Viv Ansanm, dirigé par Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », a mené un assaut coordonné, affrontant à la fois les forces de l’ordre et des habitants mobilisés pour défendre leur communauté.

Selon Lionel Lazarre, porte-parole adjoint de la police nationale haïtienne, l’opération a coûté la vie à 28 membres du gang, et des centaines de munitions ont été saisies. « Il y a beaucoup de membres de gangs qui ont été tués par la police et la population. Ceux qui s’enfuient se cachent », rapporte un résident local, illustrant la détermination des habitants face à cette nouvelle escalade de la violence.

L’assaut a commencé lorsque deux camions transportant des membres présumés du gang ont pénétré dans Pétionville, bloquant l’accès principal au quartier. Malgré l’annonce préalable de cette attaque par Chérizier dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, la police n’a pas semblé en mesure de prévenir l’offensive. Les témoins décrivent des scènes d’une brutalité extrême : des corps mutilés, brûlés et laissés à l’abandon dans les rues du quartier.

Cette attaque illustre une fois de plus l’ampleur de la crise sécuritaire en Haïti. Aujourd’hui, 85 % de Port-au-Prince est sous le contrôle de gangs armés, qui multiplient les assauts pour étendre leur emprise, y compris dans des zones jusqu’ici épargnées par la violence.

Ces violences surviennent dans un contexte déjà fragile, où plus de 20 000 habitants de la capitale ont fui leurs foyers ces derniers jours, selon les Nations unies. La situation s’aggrave depuis l’arrivée, en juin dernier, de la mission kényane soutenue par l’ONU, qui peine à contenir l’insécurité grandissante.

Alors que la communauté internationale débat de la nécessité de déployer une force de maintien de la paix pour remplacer l’actuelle mission kényane, la population haïtienne, elle, reste livrée à elle-même, sombrant chaque jour un peu plus dans une spirale de désespoir et de violence.

Africanews via CONGO PUB Online

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Sécurité nationale à Hong Kong: 45 militants pro-démocratie condamnés à des peines de prison ferme

by Sam's Londele 19 novembre 2024
written by Sam's Londele

La justice hong-kongaise a condamné, mardi 19 novembre, 45 militants pro-démocratie reconnus coupables de « subversion » à des peines de prison allant jusqu’à dix ans, à l’issue du plus grand procès organisé à Hong Kong pour atteinte à la sécurité nationale.

Les États-Unis, l’Australie et des ONG de défense des droits de l’homme ont immédiatement réagi en condamnant ces peines comme preuve de l’érosion des libertés politiques à Hong Kong depuis une ferme reprise en main par Pékin. Taïwan a également fustigé ces condamnations, soulignant que « la démocratie n’est pas un crime ». Les critiques occidentales « profanent » l’État de droit, a rapidement réagi Pékin.

Le juriste Benny Tai a reçu une peine d’emprisonnement de dix ans, la plus longue prononcée à ce jour en vertu de la loi de 2020, promulguée un an après les manifestations massives et parfois violentes en faveur de la démocratie dans cette région administrative spéciale (RAS) de la Chine.

Condamnés pour avoir organisé une primaire officieuse

Tous les militants ont été reconnus coupables d’avoir organisé une primaire officieuse destinée à sélectionner des candidats de l’opposition en vue des législatives, pour espérer décrocher une majorité au sein de l’assemblée locale, mettre leur veto aux budgets et forcer potentiellement à la démission la dirigeante pro-Pékin de Hong Kong alors en place, Carrie Lam.

En dépit des avertissements des autorités, 610 000 personnes avaient voté à la primaire en juillet 2020, soit près d’un septième des habitants de Hong Kong en âge de voter. Les autorités ont finalement renoncé à l’élection de l’assemblée locale et Pékin a instauré un nouveau système politique qui contrôle strictement les élus de Hong Kong.

Quarante-sept personnes avaient été initialement arrêtées puis inculpées en 2021 dans ce dossier. Parmi ces dernières, 31 avaient plaidé coupable, 16 ont été jugées dans un procès long de 118 jours l’année dernière, à l’issue duquel 14 ont été condamnées et deux acquittées en mai.

Coupables de « conspiration »

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Les juges ont estimé que le groupe avait risqué de provoquer une « crise constitutionnelle », et 45 ont été reconnus coupables de « conspiration visant à subvertir le pouvoir de l’État ». Les hommes politiques Au Nok-hin, Andrew Chiu, Ben Chung et le militant australo-hong-kongais Gordon Ng, désignés comme « têtes pensantes » de l’organisation du scrutin, ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans et trois mois d’emprisonnement.

La deuxième peine la plus longue a été infligée au jeune militant Owen Chow, avec sept ans et neuf mois, le tribunal considérant qu’il avait « joué un rôle plus proactif dans le système que les autres accusés ». Leung Kwok-hung, 68 ans, cofondateur du dernier parti d’opposition de la ville, la Ligue des sociaux-démocrates (LSD), a écopé d’une peine de six ans et neuf mois. Son épouse et leader du LSD, Chan Po-ying, a qualifié la peine de « conforme à (ses) attentes ».

Leticia Wong, ancienne conseillère municipale d’un parti pro-démocratie aujourd’hui dissous, qui a assisté à l’audience, a estimé que les conditions du procès « encourageaient les gens à plaider coupables et à témoigner contre leurs pairs ». « Pour ceux qui ont refusé d’être soumis, la peine est évidemment plus lourde », a-t-elle déclaré.

RFI via CONGO PUB Online

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L’Argentine, première étape stratégique de la tournée d’Emmanuel Macron en Amérique latine

by Sam's Londele 16 novembre 2024
written by Sam's Londele

Emmanuel Macron entame sa tournée latino-américaine. Le président français est, ce weekend des 16 et 17 novembre, en visite en Argentine, avant de participer au sommet du G20 au Brésil. Il conclura son déplacement par le Chili. Cette série de rencontres vise notamment, selon l’Élysée, à approfondir les coopérations dans les secteurs stratégiques avec un continent « qui nous ressemble ».

Emmanuel Macron est ce week-end en Argentine pour y rencontrer le président ultralibéral Javier Milei, admirateur de Donald Trump, dans l’espoir de le « raccrocher » au « consensus international » à la veille du G20 au Brésil. Le chef de l’État français a été convié à un dîner en tête-à-tête par son homologue argentin. Un autre entretien est prévu ce 17 novembre.

Le moment est particulier. Javier Milei est tout juste de retour de Mar-a-Lago, en Floride, où il a rencontré le président élu des États-Unis. Deux hommes ayant en commun une politique de coupes claires dans les dépenses publiques, que Donald Trump veut mettre en œuvre lorsqu’il retournera à la Maison-Blanche en janvier et que l’Argentin, qui se décrit comme un « anarcho-capitaliste », pratique depuis son arrivée au pouvoir il y a onze mois. Ils caressent aussi tous les deux l’idée de tourner le dos aux grands accords et objectifs climatiques multilatéraux.

Ramener l’Argentine au sein du consensus international

Dans ce contexte,Emmanuel Macron espère « surmonter » les « divergences », notamment environnementales, pour « convaincre l’Argentine de continuer de participer au consensus international », explique l’Élysée. Et donc « raccrocher le président Milei aux priorités du G20 », auquel ils participeront les 18 et 19 novembre à Rio de Janeiro.

L’Argentine vient de retirer sa délégation des négociations climatiques de la COP29 à Bakou, et les spéculations vont bon train sur sa possible sortie de l’Accord de Paris sur le climat. Un geste que Donald Trump avait lui-même effectué lors de son premier mandat.

« C’est le président Milei lui-même qui a tendu la main » à la France, plaide-t-on à Paris. On avance aussi qu’Emmanuel Macron est l’un des seuls dirigeants étrangers reçus à Buenos Aires depuis l’élection de son homologue, et qu’il peut, avec son expérience des cénacles internationaux, avoir une influence sur celui dont ce sera le premier sommet du G20.

La question du Mercosur abordée

Le président français aime afficher sa capacité à dialoguer avec des homologues controversés, voire ostracisés. Quitte à mettre en scène une certaine proximité, sans nier les divergences, même si les résultats de cette démarche ont été jusqu’ici mitigés. Emmanuel Macron va ainsi expliquer aux pays du Mercosur, dont l’Argentine et le Brésil, pourquoi il s’oppose à la signature d’un accord de libre-échange entre ce bloc régional et l’Union européenne.

Alors que les réformes à marche forcée pour ramener Buenos Aires vers l’équilibre budgétaire et tenter de sortir d’une profonde crise économique sont très controversées, la France se montre plutôt élogieuse, jugeant qu’elles « vont dans le bon sens ». Paris entend aussi approfondir les relations économiques, notamment dans le domaine des métaux critiques, alors qu’Eramet vient d’inaugurer une mine de lithium en Argentine.

Paris veut vendre ses sous-marins à l’Argentine

La visite en Argentine vise, selon l’Élysée, à approfondir les coopérations dans les secteurs stratégiques. Au premier rang desquels la marine de guerre, Buenos Aires souhaite acquérir trois sous-marins français, mais la signature bute sur des problèmes de financement.

Depuis la tragique disparition en mer du sous-marin San Juan, il y a exactement sept ans et l’annulation de la modernisation du Santa Cruz, la marine argentine n’a plus aucun sous-marin. Une situation préoccupante pour une nation dotée d’une zone économique exclusive de plus d’un million de km². L’Argentine souhaite donc au plus vite récupérer une capacité sous-marine.

Écueil financier

Deux industriels sont sur les rangs, l’Allemand TKMS et le français Naval Group. L’offre française de sous-marins diesel électriques Scorpène best seller de Naval group semble tenir la corde. Il se dit qu’une lettre d’intension pour trois bâtiments pourrait être signée. Le montant du contrat atteint 1,8 milliard d’euros et c’est sur ces considérations financières que l’accord patine.

Si la France est prête à accorder des conditions de crédits favorables, ce n’est pas le cas des banques. Des écueils politico diplomatiques entrent aussi en ligne de compte. Naval group a investi dans un chantier au Brésil pour y produire des Scorpènes, mais entre l’Argentine et le Brésil, les relations sont à géométrie variable. Financement et production : il faut ainsi résoudre un « problème au carré », dirait le président français. 

RFI via CONGO PUB Online

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