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Category:

Monde

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France: «l’ensemble des femmes afghanes» pourraient être considérées comme réfugiées, une première

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

« L’ensemble des femmes afghanes » qui fuient l’Afghanistan en raison des mesures discriminatoires prises à leur encontre par les talibans « peuvent obtenir le statut de réfugiées », a statué jeudi 11 juillet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Dans sa décision hautement symbolique et inédite, la juridiction considère « les femmes afghanes » comme un « groupe social » à part entière et pouvant subir des discriminations en raison de cette « appartenance ».

Pour la France, « les femmes et jeunes filles afghanes sont, dans leur ensemble, perçues d’une manière différente par la société afghane » et « doivent être considérées comme appartenant à un groupe social susceptible d’être protégé comme réfugié », ont décidé les juges de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), selon un communiqué.

Cette décision a une portée symbolique forte en facilitant leur protection. C’est une première, car jusqu’à présent, « aucun groupe social des femmes n’[était] reconnu », indique-t-on à la CNDA. En bref, le simple fait d’être une femme ou une jeune fille en Afghanistan devrait permettre d’obtenir le statut de réfugié en France, estime la juridiction.

Les talibans, depuis leur retour au pouvoir en août 2021, ont « porté atteinte » aux « droits et libertés fondamentaux des femmes et des jeunes filles afghanes, notamment en les excluant du gouvernement provisoire, […] ainsi qu’en remettant en cause leur droit à la santé, à l’éducation et leur liberté d’aller et venir », relève la Cour française. Ces « graves mesures discriminatoires » constituent des « actes de persécution » au sens de la convention de Genève, poursuit-elle, s’appuyant également sur les rapports du Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.

Cette instance statue sur les recours introduits par les étrangers déboutés en première instance par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) de leur demande d’asile en France.

En France, le droit d’asile repose en premier lieu sur la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. L’article 1 de cette convention internationale, adoptée dans l’après-guerre, dispose que « le terme « réfugié » s’appliquera à toute personne […] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

Il revient aux juges de définir ce qui relève d’un « groupe social », moins défini que la religion ou les opinions politiques. La CNDA reconnaît déjà l’existence d’un « groupe social » dans le cas des homosexuels dans certains pays – comme le Mali, la Tunisie ou l’Égypte. Elle le considère également pour des femmes voulant se soustraire à un mariage forcé – dans le cas du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée, du Burkina Faso, entre autres -, tout comme pour des femmes risquant l’excision, comme en Égypte ou au Cameroun, entre autres.

Jusqu’ici en France, seules les femmes fuyant un mariage forcé, les fillettes craignant l’excision ou les femmes s’étant extraites d’un réseau de prostitution pouvaient bénéficier de la protection de la Convention de Genève. Cela du fait de leur appartenance à un « certain groupe social ». 

« Uniformiser la jurisprudence pour les années à venir »

En plus de cette question de principe, la question des femmes fait l’objet de trois autres affaires des juges de la CNDA, examinées le 14 juin. Elles concernent une Afghane évoquant la perte de droits depuis l’arrivée au pouvoir des talibans en 2021, une Albanaise redoutant des violences domestiques et une Mexicaine des violences sexuelles. Elle va se prononcer sur ces trois dossiers à part. Mais la question pourra ultérieurement être posée pour d’autres pays, indique-t-elle.

« Cela va uniformiser la jurisprudence pour les années à venir, car les décisions de la Cour en grande formation s’imposent à toutes les formations de jugement et à l’Ofpra », explique-t-on à la CNDA.

La jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a ouvert la voie le 16 janvier 2024 à une telle décision. « Les femmes, dans leur ensemble, peuvent être regardées comme appartenant à un groupe social » et prétendre ainsi à la qualité de réfugiée si « dans leur pays d’origine, elles sont exposées, en raison de leur sexe, à des violences physiques ou mentales, y compris des violences sexuelles et domestiques », selon l’arrêt de la CJUE.

L’Afghanistan est le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France depuis cinq ans : 17 103 premières demandes d’asile ont été déposées en 2022, soit 15 % du total, selon l’Ofpra.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Sommet de l’Otan: l’Alliance atlantique multiplie les gages de soutien à l’Ukraine

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

Des avions F-16, des batteries de défense antiaérienne, une « trajectoire irréversible » vers l’adhésion : les pays de l’Otan ont multiplié ce mercredi 10 juillet les gages d’un soutien renforcé à l’Ukraine, au premier jour d’un sommet historique à Washington marqué par les incertitudes politiques, notamment aux États-Unis.

« La Russie est sur le pied de guerre », avec l’aide de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran pour son industrie d’armement, a averti le président des États-Unis Joe Biden, lors de ce sommet marquant les 75 ans d’existence de l’Alliance. À cet égard, les dirigeants de l’Otan ont exprimé leurs « profondes préoccupations » face au rapprochement entre la Russie et la Chine et dénoncé le soutien de Pékin à l’effort de guerre russe en Ukraine, selon un communiqué final.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l’Alliance être distancée », a ajouté Joe Biden d’une voix forte après les interrogations sur son état de santé et sa capacité à défendre les couleurs du camp démocrate à quatre mois de l’élection présidentielle américaine.

Dès avant l’ouverture officielle de leur réunion, plusieurs pays de l’Otan ont annoncé avoir commencé à transférer des avions de combat F-16 à l’Ukraine. Ces appareils, en provenance du Danemark et des Pays-Bas, « voleront dans le ciel ukrainien cet été », a assuré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne

La Maison-Blanche a de son côté ajouté que la Belgique et la Norvège s’étaient engagées à fournir d’autres appareils à l’Ukraine qui fait face à un barrage croissant de missiles russes contre ses villes et infrastructures. Après avoir fêté en grande pompe la veille au soir à Washington le 75e anniversaire de l’alliance militaire occidentale, les leaders se sont retrouvés au sein du Conseil de l’Atlantique nord, l’organe politique suprême de l’Otan, avant de rejoindre la Maison-Blanche pour un dîner de gala.

Lors de cet événement marqué par un orage, qui a conduit à l’annulation d’un défilé aérien, Joe Biden a comparé l’Alliance transatlantique au quartier de son enfance : « Quand un voisin avait besoin d’aide, vous lui donniez un coup de main, quand des petites brutes menaçaient le quartier, vous interveniez », a-t-il déclaré.

Le président américain avait confirmé mardi soir que les alliés allaient aussi fournir à l’Ukraine un total de cinq systèmes de défense antiaérienne supplémentaires, dont quatre batteries de type Patriot, des missiles sol-air particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes. L’Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie et l’Italie doivent également y contribuer.

40 milliards d’euros d’aide pour l’année à venir

Plus de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine, les alliés se sont aussi engagés à développer leur industrie de défense, a indiqué ce mercredi 10 juillet le secrétaire général sortant de l’Otan, Jens Stoltenberg. « Ce nouvel engagement envoie au monde un message sans ambiguïté », a souligné sur ce point Joe Biden, se félicitant que 23 pays sur les 32 que compte l’Alliance allaient désormais consacrer 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Les alliés ont également décidé que leur aide militaire à l’Ukraine pour faire face à la Russie atteindrait au minimum 40 milliards d’euros sur l’année à venir, selon leur déclaration commune.

L’Ukraine souhaitait recevoir une invitation formelle à rejoindre l’Otan, mais devra encore attendre face à l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis. Les membres de l’organisation sont toutefois d’accord pour reconnaître que l’Ukraine est sur une « trajectoire irréversible » vers son adhésion à l’Alliance atlantique, selon le communiqué final. Pour le chancelier allemand Olaf Scholz, les décisions prises par l’Otan « procurent à l’Ukraine la clarté dont elle a besoin ».

L’OTAN également traversée par des incertitudes

Emmanuel Macron, arrivé ce mercredi, n’a fait aucune déclaration à la presse, malgré les inquiétudes chez ses partenaires européens sur un affaiblissement potentiel de la France après les élections législatives. Le sommet de Washington intervient aussi dans un climat d’incertitudes politiques aux États-Unis, où le président Biden a fait face à une fronde de démocrates le sommant d’abandonner la course à un second mandat en novembre face à Donald Trump.

L’ombre de l’ancien président républicain, qui s’est souvent montré critique de l’Otan et dont certains propos ont semblé fragiliser le principe d’assistance mutuelle prévu par l’article 5 du traité, plane sur le sommet. « Je m’attends à ce que, quel que soit le résultat des élections, les États-Unis restent un allié solide et loyal de l’Otan », a toutefois déclaré mercredi Jens Stoltenberg. Le président finlandais Alexander Stubb n’en a pas moins reconnu que la polarisation aux États-Unis était « très toxique ».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est également présent au sommet après ses récents déplacements à Moscou et à Pékin, qui ont été très mal perçus notamment à Washington et Bruxelles.

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Nouvelle-Calédonie : un homme tué par les gendarmes, dixième mort depuis le début des violences

by Ruben Yale 10 juillet 2024
written by Ruben Yale

Un homme a été tué mercredi par les forces de l’ordre lors d’une opération de déblocage d’une route dans le sud de la Nouvelle-Calédonie. Il s’agit du dixième décès lié aux violents troubles qui secouent l’archipel depuis près de deux mois.

Nouveau décès sur le « Caillou ». Un homme a été tué, mercredi 10 juillet, par les forces de l’ordre dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, ce qui porte à dix le nombre de morts depuis le début des troubles dans l’archipel il y a près de deux mois, a appris l’AFP auprès du parquet de Nouméa.

Les faits se sont produits à la tribu kanak Saint-Louis sur la commune du Mont-Dore, dans l’est de l’agglomération de Nouméa, a indiqué la même source.

La victime a été touchée par un tir de riposte à longue distance effectué par un gendarme du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) lors d’une opération de déblocage d’une route, a indiqué une source proche de l’enquête.

Alors que les gendarmes étaient ciblés par des tirs d’armes à feu, le GIGN, engagé en appui de cette opération, a localisé le tireur et a riposté, selon la version relayée par cette source.

D’après une deuxième source proche de l’enquête, les gendarmes étaient en opération pour aller interpeller des auteurs de tirs d’armes à feu, très réguliers dans cette tribu, et ont été pris à partie au niveau d’une église lors d’une opération de sécurisation d’un axe routier.

L’archipel du Pacifique sud est en proie à de violents troubles depuis le 13 mai, nés de la contestation d’un projet de réforme du corps électoral aux scrutins provinciaux, cruciaux en Nouvelle-Calédonie.

Ce projet de loi constitutionnelle, accusé par les indépendantistes de marginaliser le poids du peuple autochtone kanak, a été suspendu par Emmanuel Macron en juin, trois jours après la dissolution de l’Assemblée nationale.

Mais les troubles perdurent depuis dans le territoire océanien, qui a connu ces deux derniers mois les plus graves violences survenues localement depuis les années 1980. Elles ont fait à ce jour dix morts, dont deux gendarmes, et des dégâts matériels considérables (incendies, destructions, pillages…).

Un regain de tension a été constaté après un vaste coup de filet dans les milieux indépendantistes mené à partir du 19 juin.

Treize personnes, auxquelles il est reproché un rôle dans l’orchestration des émeutes sur le « Caillou », ont été mises en examen. Cinq d’entre elles demeurent incarcérées en métropole, dont Christian Tein, le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités d’avoir organisé les violences.

France 24 via CONGO PUB Online

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Législatives en France: les députés de gauche font leur rentrée à l’Assemblée déterminés à gouverner

by Sam's Londele 9 juillet 2024
written by Sam's Londele

L’alliance de gauche, arrivée en tête des législatives en France sans majorité absolue, a revendiqué mardi 9 juillet le droit d’appliquer son programme de rupture, quitte à nouer des alliances parlementaires au coup par coup, en attendant de parvenir à désigner une personnalité pour diriger le gouvernement.

À entendre les leaders du Nouveau Front populaire, même s’ils n’ont pas une majorité relative suffisante pour gouverner seuls, ils sont arrivés en tête du scrutin. Alors Emmanuel Macron n’aurait pas le choix, il doit appeler un Premier ministre issu de leur rang – ils se sont d’ailleurs engagés à fournir un nom dans les prochains jours – et celui-ci formera un gouvernement de gauche. Mais pour le moment, le président ne répond pas. Dimanche soir, il a indiqué sa volonté d’attendre la « structuration » de la nouvelle Assemblée.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, arrivé en milieu d’après-midi au Palais Bourbon avec les élus socialistes, s’est dit « prêt à assumer » la fonction de Premier ministre « dans le dialogue avec [ses] partenaires » du Nouveau Front populaire, une mise en garde face aux velléités de Jean-Luc Mélenchon d’envoyer un Insoumis à Matignon.

« Bien évidemment, ça peut être ouvert à d’autres »

Mardi, en faisant les uns après les autres leur entrée à l’Assemblée nationale, les députés de gauche ont semblé exclure d’élargir leur base politique et renoncer à rallier le centre droit, alors même qu’ils ne disposent que de 190 députés, loin de la majorité absolue (289). « Je ne pense pas qu’on soit en situation aujourd’hui d’avoir une coalition plus large au gouvernement que le Nouveau Front populaire », a déclaré sur TF1 le sénateur écologiste Yannick Jadot, pour qui « les coalitions vont se construire à l’Assemblée ».

Quant au coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, il a prévenu que la gauche appliquerait son programme et qu’il reviendrait à « chacun des groupes de prendre ses responsabilités, (…) soit de voter nos propositions, soit (…) de nous renverser ». Quelques voix s’élèvent tout de même au sein du NFP en faveur d’un élargissement, mais toujours sous la houlette d’un gouvernement ancré à gauche. « Bien évidemment, ça peut être ouvert à d’autres, lâche le député communiste André Chassaigne. Il peut y avoir des personnalités qui se greffent sur un gouvernement Nouveau front populaire et faire en sorte que, loi par loi, ça n’engendre pas de motion de censure qui mettrait tout par terre. »

Les députés de gauche font leur rentrée à l’Assemblée sur fond de négociations

Un socialiste souffle même une alliance avec le camp présidentiel, mais cela est hors de question pour l’élue écologiste Sandrine Rousseau : « Ils font partie du problème dans lequel nous sommes. Les lois qu’ils ont passées ont brutalisé l’Assemblée et le peuple français et sont à l’origine de la défiance et de la colère qui s’est exprimée lors de ce scrutin ». Même son de cloche côté Insoumis, où l’on estime qu’avant de parler d’alliance ou de coalition, c’est tout d’abord à Emmanuel Macron de prendre ses responsabilités. « Nous exigeons qu’Emmanuel Macron respecte le vote populaire en choisissant de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire », a déclaré Mathilde Panot, députée LFI.

Ceux qui, hier, se querellaient quotidiennement, doivent donc maintenant s’entendre, notamment sur la désignation d’une figure consensuelle pour incarner leur projet. Un nom pourrait sortir du chapeau d’ici à la fin de semaine, ou le début de la semaine prochaine.

Détricoter des mesures phares 

Et après cela, la coalition veut revenir sur plusieurs mesures phares passées par le camp présidentiel, à commencer par la réforme des retraites, texte très impopulaire du deuxième quinquennat Macron. L’union des gauches prévoit aussi l’abrogation d’une loi immigration et d’une énième réforme de l’assurance chômage, ainsi que l’augmentation du salaire minimum. L’agence de notation Moody’s a prévenu mardi que l’abrogation de la réforme des retraites et l’absence de mesures d’économies budgétaires pourraient peser sur la notation de la France. La note de crédit de la France serait « sous pression » si le pays ne parvenait « pas à réduire son important déficit public », qui a fortement dérapé l’an dernier à 5,5% du PIB en 2023, a prévenu l’agence de crédit S&P Global.

Lundi, le président Emmanuel Macron a anticipé de longues discussions tortueuses, demandant à son chef de gouvernement démissionnaire Gabriel Attal de rester en poste pour « assurer la stabilité du pays », alors que Paris accueille les Jeux olympiques dans moins de trois semaines. Pour la France, habituée à la relative stabilité politique grâce à sa Constitution de 1958, la situation est inédite.

Jeu de trois

De plus, à l’alliance de gauche s’oppose un solide camp macroniste (autour de 160 sièges), une droite républicaine qui pourrait jouer un rôle pivot avec quelque 66 sièges et l’extrême droite du Rassemblement national (RN) qui, avec ses alliés (plus de 140 sièges), entend préparer la présidentielle de 2027. Les partis de gauche « ne peuvent pas prétendre gouverner à eux tous seuls », a estimé mardi la présidente de l’Assemblée sortante Yaël Braun-Pivet. « Nous sommes capables de représenter une autre force politique alternative ». 

Décidé à rester au centre du jeu après une campagne qui a évité la déroute au camp présidentiel, Gabriel Attal réunit mardi les députés de la majorité. Quant à l’extrême droite, elle accuse le coup après avoir espéré que son président Jordan Bardella, 28 ans, deviendrait Premier ministre. Lundi, ce dernier a reconnu des « erreurs » dans sa campagne, marquée par les dérapages racistes et autres manifestations d’incompétence de nombreux candidats RN.

Le parti, dont la cheffe de file Marine Le Pen vise la présidentielle 2027 après avoir été battue trois fois à cette élection depuis 2012, entend bien marquer l’Assemblée nationale de son empreinte. Mardi, les députés de gauche ont appelé à empêcher le RN d’accéder aux postes stratégiques de l’Assemblée, ce que les députés RN ont dénoncé comme « antidémocratique ».

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«On a planté notre tente à côté d’un hôpital»: À Gaza, le calvaire des personnes en situation de handicap

by Sam's Londele 9 juillet 2024
written by Sam's Londele

Dans la bande de Gaza, où la guerre fait rage depuis octobre dernier, les personnes en situation de handicap subissent d’autant plus le conflit que l’acheminement de matériel médical relève du très difficile, voire de l’impossible. Une association locale tente de leur venir en aide.

Alors que la guerre entre dans son dixième mois, le bilan dépasse désormais les 38 000 morts parmi la population palestinienne, selon un décompte du ministère de la Santé du Hamas. Des soldats israéliens à bord de chars ont de nouveau pris d’assaut et bombardé lundi plusieurs quartiers de la ville de Gaza, provoquant encore une fois un déplacement forcé de la population gazaouie. Mais comment fuir lorsqu’on est en chaise roulante ? L’ONU alerte sans cesse sur le sort des plus vulnérables.

Ibtihal a 13 ans, elle souffre d’amyotrophie spinale, une maladie génétique rare, qui provoque l’atrophie des muscles. L’adolescente ne peut pas marcher. Et depuis le début de la guerre, elle ne peut plus se déplacer en fauteuil : « Je rêve d’une nouvelle chaise roulante. Les roues de la mienne sont endommagées. Une nouvelle chaise changerait ma vie », explique-t-elle. Il n’y a quasiment plus de routes praticables pour les personnes à mobilité réduite. La bande de Gaza est un champ de ruines parcouru de chemins sablonneux. La sœur d’Ibtihal est également atteinte par la même maladie héréditaire. Lorsqu’elles doivent fuir à cause des bombardements israéliens, leurs proches et leur mère, Hiba, les traînent sur des kilomètres. 

Acheminer du matériel malgré les points de passage fermés

« Lorsque nous avons quitté notre maison à Gaza-ville, nous n’avons pu trouver refuge nulle part, se lamente la mère de famille. Les centres d’accueil ne nous acceptent pas parce que leurs structures ne sont pas adaptées. On a planté notre tente à côté d’un hôpital car les filles ont besoin de soins quotidiens. Elles ont attrapé toutes sortes de maladies. Leur système immunitaire est faible, et donc leur santé est fragile ».

Depuis peu, la famille est accueillie dans un camp de déplacés ouvert par l’association gazaouie Atfalna, (nos enfants), dirigée par Fidaa Shurab. Face à la situation d’extrême urgence, elle ne dispose d’aucun moyen. L’association manque de tout « à cause de la fermeture des points de passage », expose la dirigeante de l’association. « On essaye de travailler avec des organisations locales et internationales, pour faciliter l’importation de chaises roulantes ou d’appareils auditifs, ou tout simplement les batteries de ces appareils auditifs », poursuit-elle. Sans succès, pour le moment. 

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Cohabitation, coalition, gouvernement « technique »… quels scenarios après les législatives ?

by Sam's Londele 8 juillet 2024
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Au lendemain second tour des élections législatives, l’Assemblée nationale apparaît divisée en trois blocs distincts. Si la gauche est arrivée en tête, avec 182 sièges, elle ne dispose cependant pas d’une majorité absolue. Si Emmanuel Macron a demandé à Gabriel Attal de rester Premier ministre « pour le moment », le scrutin ouvre une période d’incertitudes et de tractations : qui lui succèdera ? France 24 explore différents scénarios. 

Un pays ingouvernable ? Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête du second tour des élections législatives dimanche 7 juillet, provoquant la surprise générale. Si elle se retrouve ainsi propulsée comme première force de l’Assemblée nationale, elle ne dispose cependant pas de la majorité absolue. Avec 182 sièges pour la gauche, contre 168 pour la majorité présidentielle et 143 pour le Rassemblement national, l’hémicycle est désormais divisé en trois blocs distincts.

Si Emmanuel Macron a demandé à Gabriel Attal de rester Premier ministre « pour le moment » pour « la stabilité du pays » lundi 8 juin, ce dernier se retrouve face à un paysage politique inédit dans la Ve République. Alors que les tractations démarrent pour dégager une majorité, France 24 explore différents scénarios pour cet après-scrutin.

Scénario 1 : Gabriel Attal à la tête d’un gouvernement provisoire

Face à la défaite du camp présidentiel, le Premier ministre Gabriel Attal avait annoncé qu’il allait présenter sa démission dès ce lundi, conformément à la tradition. « Ce soir, la formation politique que j’ai représentée dans cette campagne, quand bien même elle a réalisé un score trois fois supérieur à ce qui était prédit ces dernières semaines, ne dispose pas d’une majorité. Ainsi, fidèle à la tradition républicaine et conformément à mes principes, je remettrai demain matin ma démission au président de la République », a-t-il déclaré après la publication des résultats.

Cette dernière a cependant été refusée par Emmanuel Macron pour « la stabilité du pays », comme il l’avait déjà fait pour Élisabeth Borne après les législatives de 2022 « afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours ».

Gabriel Attal va occuper Matignon pendant un une période indéterminée. Celui qui a été réélu dans les Hauts-de-Seine s’était dit prêt à rester « aussi longtemps que le devoir l’exigera » et notamment pendant le déroulement des Jeux olympiques qui doivent débuter le 26 juillet.

Scénario 2 : une cohabitation avec le NFP

Emmanuel Macron a « le devoir d’appeler le nouveau Front populaire à gouverner », a immédiatement appelé à l’annonce des résultats le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. « Nous allons gouverner », a abondé peu après l’écologiste Marine Tondelier. Dimanche soir, malgré leur majorité relative, toutes les voix du Nouveau Front populaire ont appelé le chef de l’État à nommer un Premier ministre issu de leur rang, avec le même argument : « le NFP est la première force issue des urnes ».

La France entrerait alors dans une période de cohabitation – où la couleur politique du locataire de l’Élysée n’est pas la même que celle du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les débuts de la Ve République, cette situation s’est produite trois fois. Pendant les mandats du président socialiste François Mitterrand, entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995, et inversement sous Jacques Chirac entre 1997 et 2002. Mais à chaque fois, la droite ou la gauche avaient obtenu une majorité absolue à l’Assemblée.

« Une situation que nous n’avons jamais connue »

« C’est une vraie victoire du Nouveau Front populaire car aucune prévision n’allait dans ce sens il y a encore deux semaines et aujourd’hui il devient le premier groupe à l’Assemblée nationale », note le constitutionnaliste Didier Maus. « Mais nous allons avoir une situation que nous n’avons jamais connue avec une absence de majorité stable, cohérente, homogène, très différente des trois cohabitations qui ont eu lieu précédemment. Et aucun Premier ministre ne s’impose naturellement dans ces circonstances politiques ».

Né à la hâte après la dissolution de l’Assemblée nationale, le NFP se retrouve ainsi face au défi de faire émerger un nom pour Matignon. Et les discussions ont démarré dès dimanche soir. « Il faut que dans la semaine, nous puissions être en mesure de présenter une candidature », a estimé lundi le patron du Parti socialiste Olivier Faure. « On n’a pas besoin d’avoir un nouveau gouvernement nommé cette semaine, on est dans aucun des scénarios des cohabitations précédentes, on a tout à inventer », a de son côté tempéré la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin.

Par ailleurs, si dans ce scénario la gauche pourrait effectivement appliquer une partie de son programme, notamment par décret, le vote des lois, lui, pourrait s’avérer compliqué. « Ce qui s’est fait par 49.3 peut se défaire par 49.3 », a répondu sur France info Olivier Faure, premier Secrétaire du PS tout en prônant un changement de méthode. 

Une possibilité exclue au même moment par la députée écologiste réélue Sandrine Rousseau – preuve des difficultés à parler d’une voix unie pour le NFP. « Le Nouveau Front populaire ne gouvernera pas par 49.3. Nous respecterons l’Assemblée nationale dans sa souveraineté et sa capacité à faire des amendements, à travailler les textes. Je pense qu’il faut le poser de manière très claire au Français », a-t-elle assuré sur BFMTV.

Scénario 3 : une coalition « à l’allemande »

L’autre hypothèse est celle de la constitution d’une grande coalition entre différentes formations politiques qui rassemblerait plus de 50 % de députés derrière un nom de premier ministre. C’est ce qui se passe régulièrement dans les démocraties parlementaires de nos voisins allemands ou italiens. Cela serait en revanche inédit sous la Ve République.

Ce scénario semble cependant mal engagé. L’hypothèse d’une alliance qui irait de la gauche aux macronistes a en effet été régulièrement écartée des deux côtés. Dimanche soir, Olivier Faure, comme Jean-Luc Mélenchon, ont de nouveau fermé la porte à cette option en se disant opposés « à une coalition des contraires ». Seul l’eurodéputé et fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, a tenu un discours légèrement différent : « Il va falloir se comporter en adulte, parler, discuter, dialoguer », a-t-il déclaré. De son côté, le camp présidentiel a maintes fois exclu toute alliance avec la France insoumise – la première force de gauche avec 74 députés.

À droite, l’idée d’une alliance avec LR paraît elle aussi peu probable. Laurent Wauquiez, l’un des hommes forts des Républicains (LR) a lui aussi exclu de participer à « des tractations, des combinaisons, pour échafauder des majorités contre nature », avec l’appui de la soixantaine d’élus LR et divers droite.

Scénario 4 : un gouvernement minoritaire

Ce serait un pari. Un gouvernement peut théoriquement être nommé dans le soutien explicite d’une majorité absolue de l’Assemblée. C’est ce qui s’est passé dans les gouvernements macronistes d’Elisabeth Borne et de Gabriel Attal qui, entre 2022 et 2024, ne disposaient que d’une majorité relative de 246 sièges sur 577 (43 %) à l’Assemblée. Le camp présidentiel avait alors réussi à maintenir ces gouvernements car les oppositions, à droite comme à gauche, n’étaient pas parvenus à se joindre pour les renverser.

Avec un tel scénario, le NFP pourrait théoriquement gouverner mais il leur faudrait les soutiens tacites d’élus d’autres couleurs politiques. Le camp présidentiel pourrait aussi conserver le pouvoir, avec les mêmes contraintes.

Quoi qu’il en soit, ce gouvernement minoritaire vivrait constamment sous la menace d’une motion de censure de l’Assemblée nationale et peinerait à gouverner, obligé d’aller chercher des majorités au cas par cas pour chaque projet de loi. « Un gouvernement minoritaire peut fonctionner s’il n’est pas trop loin de la majorité. Mais il faut alors qu’il y est un accord tacite avec les autres forces politiques pour laisser ce gouvernement faire son travail a minima et pas lui tirer dessus à boulets rouges immédiatement », résume ainsi le constitutionnaliste Didier Maus.

Scénario 5 : un gouvernement technique

Si la situation est bloquée, la nomination d’un gouvernement « technique » pourrait s’imposer. Il s’agit de nommer au poste de ministres des personnes sans affiliation partisane – notamment des experts – pour gérer les affaires courantes et mettre en place des réformes consensuelles et évacuer les affaires courantes. Le concept, un peu flou, n’a jamais existé sous la Ve République.

Cette configuration s’est déjà produite à plusieurs reprises en Italie, notamment avec Mario Draghi entre 2021 et 2022. Mais cette solution est souvent apparue comme une solution de court terme. Difficile en effet pour un tel exécutif de se maintenir dans la durée faute de légitimité des urnes.

Scénario 6 : une impossible nouvelle dissolution

Le scénario d’un nouveau retour aux urnes pour clarifier la situation politique est exclu pendant un an. Selon l’article 12 de la Constitution, « il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections ». La nouvelle Assemblée nationale devrait donc siéger au moins jusqu’à l’été 2025.

Scénario 7 : une démission d’Emmanuel Macron

« S’il n’y a pas de majorité, la solution pour sortir de l’impasse, c’est que lui (Emmanuel Macron, NDLR) s’en aille », assurait avant le second tour Jean-Luc Mélenchon. « C’est normal, c’est lui qui est responsable de la pagaille. »

Comme la dissolution, cette hypothèse paraît cependant hautement improbable. Emmanuel Macron, avait déclaré au lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale exclure de démissionner de la présidence de la République. « Quel que soit le résultat » des élections législatives.

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Législatives en France: Gabriel Attal annonce démissionner après avoir sauvé son camp de la débâcle

by Sam's Londele 8 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le Premier ministre français, Gabriel Attal, a annoncé dimanche qu’il va présenter ce lundi matin sa démission au président Emmanuel Macron après les élections législatives qui ont placé la gauche en tête, mais s’est dit prêt à rester à Matignon « aussi longtemps que le devoir l’exigera », dans le contexte des Jeux olympiques.

Ce dimanche alors même qu’Emmanuel Macron annonçait attendre la « structuration » de la nouvelle Assemblée pour « prendre les décisions nécessaires » Gabriel Attal fonce : « Fidèle à la tradition républicaine et conformément à mes principes, je remettrai demain matin ma démission au président de la République ». Mais tout en assurant qu’il pourrait rester à la tête d’un gouvernement démissionnaire pendant les JO 2024. Aussi, « j’assumerai bien évidemment mes fonctions aussi longtemps que le devoir l’exigera. Il ne peut en être autrement à la veille d’échéances si importantes pour notre pays ». 

Un président qui a dû avoir les oreilles qui sifflent, mais sans jamais être cité par le Premier ministre, note Charlotte Urien-Tomaka, du service politique de RFI. Et pour Gabriel Attal, le centre de gravité de la vie politique sera moins du côté de l’Élysée. « Il faudra inventer quelque chose de neuf, de grand, d’utile. Pour cela, nous devrons assumer de tout remettre en question. Notre espace politique devra se mettre au travail pour bâtir une offre politique nouvelle. Penser toujours et avant tout aux Français. Nous refuserons de nous en remettre aux extrêmes. Toujours, nous chercherons à apaiser. »

Et ce dimanche soir, immédiatement après sa prise de parole, Gabriel Attal est reparti dans sa circonscription des Hauts-de-Seine – où il a été réélu – avec un dernier pied de nez. « Cette dissolution, je ne l’ai pas choisie et j’ai refusé de la subir ».

Six mois à Matignon

L’amertume passée après la dissolution, sur laquelle il n’a pas été consulté, l’ambitieux Premier ministre avait repris la main sur la campagne de son camp, dont il a évité la déroute : la majorité sortante est arrivée deuxième avec 158 députés (contre 250 dans l’Assemblée sortante), devant le Rassemblement national avec 143 députés et derrière le Nouveau Front populaire avec 180 députés. « Nous avons tenu et nous sommes debout avec trois fois plus de députés que ce que donnaient certaines estimations au début de cette campagne », a salué le Premier ministre.

En près de six mois à Matignon, Gabriel Attal n’a même pas eu le temps d’y planter un arbre, comme le veut la tradition, ni d’aller au bout de ses dossiers, mais il y a semé des graines pour l’après et notamment en vue de 2027. Nommé le 9 janvier 2024 plus jeune Premier ministre de la Ve République, au terme d’une ascension spectaculaire, il arrive rue de Varenne auréolé d’un profil plus « politique » et communicant que sa prédécesseure Elisabeth Borne.

Dès la passation, il impose sa marque : se déplacer souvent, communiquer beaucoup. Trop selon certains, s’attirant les foudres des oppositions qui l’accusent d’accaparer les médias et de « baratiner », Marine Le Pen raillant son « autorité » qui lui « va comme un tablier à une vache ». Gabriel Attal assume et continue d’occuper le terrain, à défaut d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Diplômé de Sciences po, quatre fois ministre (Jeunesse, porte-parolat, Budget et Éducation), Gabriel Attal est passé du socialisme au macronisme, en empruntant des codes sarkozystes : il défend les « classes moyennes » et la « France qui se lève tôt », prône « l’autorité » à l’école, et souhaite davantage sanctionner les mineurs délinquants.

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Ukraine : les soldats russes paient cher la stratégie de la « chair à canon » du Kremlin

by Sam's Londele 6 juillet 2024
written by Sam's Londele

Si l’armée russe réussit actuellement à progresser en l’Ukraine, c’est au prix de pertes sans précédent depuis le début du déclenchement de la grande offensive en 2022. La raison : Moscou a intensifié son recours à la stratégie « de la chair à canon », qui consiste à mettre constamment sous pression les défenses ukrainiennes en envoyant à l’assaut des vagues successives de soldats peu entraînés.

Ils ont avancé de quelques centaines de mètres au nord d’Avdiïvka ces derniers jours. Pareil dans les environs de Bakhmout. Les forces russes ont même pris une partie du village de Tchassiv Yar, à quelques kilomètres à l’est de Bakhmout, actuellement considéré comme l’un des points les plus chauds du front en Ukraine.

Pour engranger ces quelques gains territoriaux, l’armée russe s’adonne depuis mai à une « stratégie de la chair à canon » tous azimuts, raconte jeudi 4 juillet la BBC.

Coût humain exorbitant

« Nos hommes doivent défendre leurs positions face à quatre ou cinq vagues d’ennemis par jour, ce qui donne l’impression d’avoir à arrêter des attaques sans fin », a raconté à la chaîne britannique le lieutenant-colonel Anton Beyev, qui défend les positions ukrainiennes au nord de la région de Kharkiv, non loin de la frontière avec la Russie. « Des sources ukrainiennes indiquent qu’à certains endroits, les unités de ‘chair à canon’ peuvent lancer près d’une douzaine d’assauts par jour », précise Joseph Moses, expert en stratégie militaire à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona.

Carte du front ukrainien
Carte du front ukrainien @Studio graphique France 24

« C’est une stratégie que les Russes semblent appliquer tout le long du front – de la région de Kharkiv à celle de Kherson [au nord de la Crimée, NDLR] – pour tester la solidité des fortifications ukrainiennes », constate Jeff Hawn, spécialiste de la Russie à la London School of Economics.

Le coût de cette tactique du rouleau compresseur humain peut apparaître exorbitant. L’armée russe a ainsi perdu environ 1 200 hommes par jour – tués ou blessés – ces deux derniers mois, selon les services de renseignement occidentaux. Du jamais vu depuis le début de l’offensive de grande ampleur russe en Ukraine en février 2022, rapporte l’Institute for the Study of War, un cercle de réflexion nord-américain qui publie des analyses quotidiennes de la guerre en Ukraine.

Si le bilan humain pour les Russes semble être sans précédent, ce n’est en revanche pas la première fois que Moscou a recours à cette stratégie de la « chair à canon ». « Historiquement, c’était l’un des points centraux de la doctrine militaire soviétique. Mais, dans le conflit actuel en Ukraine, ce sont les mercenaires du groupe Wagner qui l’ont appliqué en premier lors du siège de Bakhmout, à partir de la fin du printemps 2022 », détaille Sim Tack, analyste militaire qui suit la guerre en Ukraine depuis le début du conflit.

La méthode Wagner perfectionnée

« Le ministre russe de la Défense s’en est ensuite emparé, et on constate à l’occasion de l’offensive actuelle qu’il a perfectionné cette stratégie », note Huseyn Aliyev, spécialiste de la guerre en Ukraine à l’université de Glasgow.

Du temps de Wagner et de la bataille de Bakhmout, le groupe de mercenaires tentait de submerger les défenses ukrainiennes en envoyant sans relâche des unités de prisonniers russes mobilisés, qui devaient se lancer à l’assaut des positions adverses à pied. Ils avaient pour ordre de ne pas revenir tant que les défenses ukrainiennes n’étaient pas détruites… ou que leur unité n’avait pas été entièrement décimée.

Dorénavant, ces vagues humaines se dirigent vers l’ennemi… à bord de tout type véhicules légers. « L’armée russe se sert même des voiturettes chinoises de golf modifiées pour transporter cette ‘chair à canon' », souligne Huseyn Aliyev.

Ces cibles mouvantes « sont plus difficiles à toucher avec les drones que les soldats à pied, et ils arrivent plus vite, ce qui augmente leur chance de passer à travers les défenses ukrainiennes », résume l’expert militaire de l’université de Glasgow.

Le ministère de la Défense continue de recruter parmi les détenus, leur promettant des remises de peine en plus de leur salaire mensuel. « Ce sont les unités qu’on appelle ‘Storm-Z’, regroupant des prisonniers et des soldats ayant reçu des sanctions disciplinaires », note Joseph Moses.

Mais les autorités russes arrivent aussi à attirer « des chômeurs ou des travailleurs mal payés avec la promesse de récompenses financières s’ils participent à ces ‘unités d’assaut' », précise Huseyn Aliyev.

« La bonne stratégie au bon moment » ?

L’état-major russe a notamment décidé de miser davantage ces derniers mois sur cette stratégie brutale parce que « l’armée russe d’avant l’invasion en Ukraine n’existe plus », affirme Jeff Hawn. Autrement dit, la plupart des soldats professionnels et bien entraînés sont morts ou blessés, et ont été remplacés par des recrues ou des réservistes ayant reçu une formation minimale. Les transformer en chair à canon est plus sûr pour les officiers que de tenter de leur faire réaliser des manœuvres plus compliquées.

À condition d’avoir peu d’égards pour la vie humaine, c’est aussi « la bonne stratégie au bon moment », selon les experts interrogés par France 24. « Si les États-Unis n’avaient pas tergiversé aussi longtemps pour débloquer l’aide militaire, cette approche aurait été beaucoup moins efficace », assure Jeff Hawn. Les réserves en munitions de l’armée ukrainienne demeurent faibles, notamment pour l’artillerie, « qui reste la meilleure arme pour empêcher ces vagues humaines de s’approcher trop près », souligne Huseyn Aliyev.

Les soldats russes ont donc le temps d’arriver au contact, ce qui met non seulement la pression sur les défenseurs, mais « permet aussi à ces unités d’assaut de mener des missions de reconnaissance », précise Sim Tack. Au fur et à mesure que les vagues d’assaut se succèdent, l’armée russe peut ainsi obtenir une vision toujours plus précise de l’emplacement des défenses ukrainiennes.

Autre timing favorable à Moscou, la Russie a décidé de puiser dans son immense réservoir d’individus mobilisables pour constituer ce rouleau compresseur humain peu avant que l’Ukraine décide de promulguer sa loi de mobilisation, qui a pour objectif d’enrôler des centaines de milliers de soldats supplémentaires. « Cela met une pression considérable sur l’Ukraine à un moment où elle peine encore à trouver les moyens suffisants pour remplacer les pertes dues à ces assauts constants », estime Joseph Moses.

Gagner du terrain tant qu’il est encore temps

Ce type de stratégie « a aussi un impact psychologique fort sur les défenseurs obligés d’être constamment à l’affût. En théorie, l’Ukraine devrait augmenter les cadences de rotations pour permettre aux soldats de se reposer, mais Kiev n’en a pas les moyens », ajoute Huseyn Aliyev.

Le choix de Moscou peut donc sembler judicieux. Mais la Russie peut-elle se permettre de sacrifier ainsi des hommes pendant longtemps ? « Dans les circonstances économiques, politiques et militaires actuelles, la Russie a les moyens de s’appuyer sur une telle stratégie pendant quelques temps encore », assure Nicolo Fasola, spécialiste des questions militaires russes à l’université de Bologne. Plus longtemps, en tout cas, que l’Ukraine ne peut se permettre de repousser ces assauts, d’après les experts interrogés par France 24.

Il n’en demeure pas moins qu' »au regard de tous les standards militaires occidentaux, ce n’est pas une stratégie efficace. Il faut quand même se rendre compte qu’on parle de quelques kilomètres de territoires gagnés au prix de dizaine de milliers d’hommes perdus », souligne Sim Tack. Elle représente en revanche un précieux outil de propagande pour le Kremlin. « Moscou peut ainsi se targuer d’avancer et d’être le camp qui a l’initiative », résume Sim Tack.

Et si l’avancée russe peut sembler modeste au regard des pertes, « ce sont tout de même des gains de territoires dont la Russie peut se prévaloir par la suite », note Nicolo Fasola. C’est le dernier pari qui motiverait ce recours à la stratégie de la chair à canon : il faut faire vite pour récupérer autant de territoire que possible avant les élections aux États-Unis.

L’état-major russe « estime que si Donald Trump gagne, Washington va faire pression pour amener l’Ukraine à la table des négociations », explique Jeff Hawn. Et, pour ce spécialiste, plus la Russie détiendra de territoire en novembre, plus elle sera en position de force pour négocier.

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Joe Biden s’obstine sur sa candidature à la présidentielle lors d’une interview cruciale

by Sam's Londele 6 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le président américain Joe Biden, qui lutte pour sa survie politique, a défendu, au cours d’une interview très attendue, diffusée vendredi sur la chaîne ABC, son acuité mentale et sa détermination à battre Donald Trump lors de l’élection présidentielle du mois de novembre.

Alors qu’une écrasante majorité d’Américains le jugent désormais incapable de gouverner quatre ans de plus en cas de victoire contre Donald Trump, lors de l’élection présidentielle de novembre, le président  Joe Biden a complètement écarté, vendredi 5 juillet, l’hypothèse d’abandonner la course à la Maison Blanche.

« Personne n’est plus qualifié que moi pour être président ou gagner cette élection », a-t-il assuré dans une interview très attendue sur la chaîne ABC.

Lors de son échange avec le journaliste George Stephanopoulos, crucial pour le maintien de sa candidature, le président a esquivé à plusieurs reprises la question de savoir si son état physique et mental s’était dégradé durant son mandat, alors qu’il est sans cesse attaqué sur ses capacités mentales depuis un débat raté face à Donald Trump.

Il ne s’est pas non plus engagé à se soumettre à des évaluations médicales indépendantes, assurant qu’être président équivalait à passer « un test cognitif chaque jour ».

Biden is in denial and in decline.

— Karoline Leavitt (@kleavittnh) July 6, 2024

S’il s’est exprimé de manière plus fluide que pendant son duel télévisé raté du 27 juin avec Donald Trump, Joe Biden a toutefois parlé d’une voix étouffée, et a eu des phrases parfois incomplètes ou un peu décousues.

Cela suffira-t-il pour rassurer les démocrates, de plus en plus nombreux à appeler à ce qu’il jette l’éponge ?

« Le président est fier de son bilan, à juste titre. Mais il apparaît dangereusement déconnecté des préoccupations des gens concernant ses capacités à aller de l’avant et sa position dans cette campagne », a jugé sur X le très influent David Axelrod, ancien stratège de Barack Obama.

« Seigneur tout-puissant »

Le candidat démocrate a donc encore fort à faire pour effacer l’impression désastreuse laissée par son débat face à Donald Trump, dont il n’a pas du tout réussi à gérer les conséquences immédiates : une vague d’appels à son retrait dans la presse et une flambée des inquiétudes sur sa santé mentale au sein de son parti.

Quatre parlementaires démocrates ont déjà demandé sans ambiguïté à Joe Biden de renoncer à se présenter. La gouverneure démocrate Maura Healey l’a appelé à évaluer sa candidature « avec soin ».

Le président a balayé ces appels d’un revers de main.

« Si le Seigneur tout-puissant descendait et disait ‘Joe, retire-toi de la course’ je me retirerais de la course, mais il ne va pas descendre », a-t-il affirmé à ABC.

Le démocrate est apparu beaucoup moins énergique que lors d’un discours de campagne qu’il avait prononcé, avec un téléprompteur, peu avant d’enregistrer l’entretien à Madison, dans le Wisconsin.

« Vous pensez que je suis trop vieux pour battre Donald Trump ? », a-t-il lancé lors de ce meeting, ce à quoi le public a répondu un retentissant « Non ! »

Nulle volonté de baisser les bras non plus de la part de l’équipe de campagne de Joe Biden.

Elle a publié vendredi un intense plan de bataille pour le mois de juillet prévoyant une avalanche de spots télévisés, des déplacements dans tous les États clés, et notamment dans le sud-ouest du pays pendant la convention républicaine (15-18 juillet).

Joe Biden doit aussi être l’hôte, la semaine prochaine, d’un sommet des dirigeants de l’Otan, et donnera jeudi à cette occasion une conférence de presse, là encore un exercice très attendu.

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Législatives au Royaume-Uni: victoire écrasante des travaillistes, cinglant revers pour les conservateurs

by Sam's Londele 5 juillet 2024
written by Sam's Londele

C’est une majorité sans précédent que remporte le Parti travailliste face aux conservateurs, selon les sondages sortie des urnes, ce jeudi 4 juillet. Le Labour remporterait 410 sièges sur les 650 de la Chambre des Communes, contre 131 sièges pour les Tories. Le Premier ministre sortant Rishi Sunak conserve son poste de député et la droite dure de Nigel Farage fait une entrée fracassante au Parlement.

Il était 5 h du matin heure locale quand Rishi Sunak, qui a réussi à sauver son poste de député, a reconnu la défaite de son camp. « Le Labour a gagné l’élection et j’ai appelé Keir Starmer pour le féliciter de sa victoire. Je vais maintenant rentrer à Londres où j’en dirai plus sur les résultats… avant de quitter mon poste de Premier ministre pour lequel j’ai tout donné », a déclaré le Premier ministre avant de s’envoler pour Londres ce vendredi matin, son dernier vol dans le jet officiel du gouvernement britannique. Il a rendez-vous avec le roi Charles III pour présenter sa démission avant de rendre les clés du 10 Downing Street.

Ce scrutin, c’est une douche froide pour les conservateurs britanniques qui subissent leur pire défaite depuis le début du XXe siècle au Royaume-Uni. Le Parti travailliste devrait l’emporter avec une énorme majorité, rapporte notre correspondante à Londres, Emeline Vin. Les sondages à la sortie des urnes les créditent à 410 sièges. Pour rappel, la majorité se situe à 326. Les conservateurs, à qui l’on prédisait une défaite record, n’ont que 131 sièges. C’est près de trois fois moins que ce qu’ils possèdent actuellement. 

Les libéraux-démocrates (centristes) se renforceraient avec 61 députés, mais la surprise du scrutin vient surtout du parti anti-immigration et anti-système Reform UK : il gagnerait 13 sièges, une entrée bien plus fracassante que prévu pour la formation de la figure de la droite dure, Nigel Farage. Ce dernier a d’ailleurs été élu pour la première fois après huit essais.

Alors que l’extrême droite est susceptible d’accéder au pouvoir en France et que Donald Trump semble bien placé pour retourner à la Maison Blanche, les Britanniques ont choisi massivement un dirigeant modéré de centre-gauche. Dès demain matin, Keir Starmer devrait être nommé Premier ministre. Le Parti travailliste revient au pouvoir, après quatorze années de règne des conservateurs.

Après l’annonce de la victoire des travaillistes, Keir Starmer, lui-même réélu, a tenu à remercier « tous ceux qui ont fait campagne pour le parti travailliste lors de cette élection, à tous ceux qui ont voté pour nous et ont accordé leur confiance à [leur] nouveau parti travailliste. », a-t-il déclaré sur X (anciennement Twitter). Le Royaume-Uni est « prêt au changement » et aspire à un retour de « la politique en tant que service rendu au public », a déclaré le chef des travaillistes Keir Starmer, amené à devenir Premier ministre.

Tourner la page des conservateurs

Selon l’institut de sondage britannique YouGov, 38 % des Britanniques estiment que les conservateurs ont mené la pire campagne électorale contre 8 % pour les travaillistes. En revanche, 31 % pensent qu’aucun des partis politiques n’a mené la meilleure campagne. Seuls 20 % des Anglais pensent que les travaillistes ont mené la meilleure campagne.

Après cinq Premiers ministres conservateurs, le Brexit, l’austérité, la crise du pouvoir d’achat, et la dégradation du système de santé public, les Britanniques ont signifié leur mécontentement dans les urnes et veulent tourner la page des conservateurs. Les Tories n’avaient plus qu’une ambition dans les derniers jours de la campagne : limiter l’ampleur de la défaite.

Pour Rishi Sunak, le cinquième Premier ministre conservateur depuis 2010, ces législatives qu’il avait annoncées sous la pluie fin mai, marquent la fin d’une campagne qui a tourné au calvaire. L’ancien banquier d’affaires et ministre des Finances de 44 ans, qui a finalement sauvé son siège de député, a accumulé les bévues et a semblé manquer de sens politique, écourtant sa présence aux célébrations du 80e anniversaire du Débarquement en Normandie et tardant à réagir aux soupçons de paris frauduleux dans son camp sur la date des élections.

En face, Keir Starmer a mis en avant ses origines modestes – mère infirmière et père outilleur – contrastant avec son adversaire multimillionnaire. Il a promis une gestion des dépenses publiques très rigoureuse, sans augmentation d’impôts pour la majorité des Britanniques. Il compte sur une stabilité retrouvée, des interventions de l’État et des investissements dans les infrastructures pour relancer la croissance et redresser des services publics.

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