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À la Une

À la UneEconomie

RDC : première exploitation de manganèse lancée au Kongo-Central par Asia Mineral Limited

by admin9775 11 mai 2025
written by admin9775

Dans une démarche inédite de diversification minière, la République démocratique du Congo s’apprête à exploiter pour la première fois du manganèse dans la province du Kongo-Central. Ce projet stratégique, porté par Asia Mineral Limited, symbolise un tournant pour l’économie nationale.

Un projet minier historique en terre pétrolière

Le gouvernement congolais a annoncé le lancement imminent de l’exploitation du manganèse dans le territoire de Luozi, au Kongo-Central, lors du Conseil des ministres du 9 mai 2025. Ce projet, confié à Asia Mineral Limited, septième exportateur mondial de manganèse, marque une première pour cette province historiquement tournée vers les hydrocarbures.

La phase exploratoire démarrera le 21 mai 2025, avec une capacité de production estimée à 2 millions de tonnes par an.

Diversification minière : une vision stratégique

Pour les autorités congolaises, ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse :

« Ce projet est un exemple structurant de la diversification des provinces minières et une opportunité de développement régional en dehors des zones à forte instabilité sécuritaire », a souligné Kizito Pakapomba, ministre des Mines.

Ce développement vise à réduire la dépendance vis-à-vis des filières du cuivre et du cobalt, concentrées dans les régions de l’Est, souvent instables, et à attirer de nouveaux partenaires internationaux.

Le Kongo-Central, un pôle d’avenir

Bénéficiant d’une stabilité sécuritaire, de voies logistiques stratégiques (dont le port de Matadi) et d’une tradition industrielle, le Kongo-Central présente un fort potentiel pour accueillir de nouveaux investissements responsables dans l’extraction et la transformation des ressources.

Ce projet marque une reconversion économique majeure pour la province, historiquement dépendante du secteur pétrolier.

Une étape vers un nouveau positionnement de la RDC

Avec cette exploitation, la RDC étend sa présence sur l’échiquier des minerais critiques, et démontre sa volonté d’attirer des partenaires techniques internationaux solides, dans un cadre contractuel qui se veut plus transparente et durable.

Mais ce projet soulève également des enjeux de gouvernance : gestion des revenus, respect des normes environnementales, implication des communautés locales, et intégration dans une vision de développement durable.

Le lancement de la première exploitation de manganèse au Kongo-Central représente bien plus qu’un projet minier : il incarne une nouvelle orientation stratégique pour l’industrie extractive congolaise. Si ce modèle réussit, il pourrait ouvrir la voie à une répartition plus équitable de l’activité minière sur le territoire, moins dépendante des zones de conflit, et tournée vers les marchés d’avenir.

À suivre : le Kongo-Central pourrait devenir le catalyseur d’une nouvelle génération de projets miniers, plus stables, plus durables, et mieux intégrés dans l’économie nationale.

Par MN
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À la UneMonde

L’Inde et le Pakistan s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu conclu plus tôt dans la journée

by admin9775 11 mai 2025
written by admin9775

L’Inde et le Pakistan ont accepté samedi 10 mai de cesser leurs hostilités après quatre jours d’attaques meurtrières de drones, de tirs d’artillerie et de frappes de missiles, mais quelques heures plus tard, les deux pays se sont accusés mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Le gouvernement indien a accusé samedi 10 mai le Pakistan de « violations répétées » du cessez-le-feu, affirmant que son armée y avait riposté « de façon appropriée ». « Il y a eu ces dernières heures des violations répétées » de l’accord, a déclaré devant la presse le secrétaire du ministère des Affaires extérieures, Vikram Misri, « les forces armées ont répondu de façon appropriée à ces violations ».

De son côté, le Pakistan « maintient son engagement à appliquer fidèlement » le cessez-le-feu convenu avec l’Inde après les accusations de violations formulées par New Delhi qui se dit contraint aux représailles, a affirmé son ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les forces armées pakistanaises « gèrent la situation avec responsabilité et retenue », a avancé le ministère, accusant l’Inde de commettre elle-même des violations du cessez-le-feu. « Nous pensons que toute question relative à la mise en œuvre diligente du cessez-le-feu doit être abordée par le biais d’une communication aux niveaux appropriés. Les troupes sur le terrain devraient également faire preuve de retenue », ajoute le communiqué.

Donald Trump avait annoncé un cessez-le-feu « total et immédiat » entre les deux pays

Plus tôt dans la journée, le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu « total et immédiat » entre l’Inde et le Pakistan. Les deux ennemis jurés se livrent depuis mercredi à une intense confrontation militaire, avec attaques de drones, de missiles et échanges de tirs sur leur frontière contestée au Cachemire.

« Après une longue nuit de discussions sous la médiation américaine, je suis heureux d’annoncer que l’Inde et le Pakistan ont accepté un CESSEZ-LE-FEU TOTAL ET IMMÉDIAT », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, adressant ses « félicitations aux deux pays » pour leur « bon sens et grande intelligence ».

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Dans la foulée, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a annoncé que le Pakistan et l’Inde avaient accepté « un cessez-le-feu avec effet immédiat » dans un message sur X, confirmant l’annonce du président américain Donald Trump. L’Autorité pakistanaise de l’aviation a aussi annoncé rouvrir son espace aérien.

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« L’Inde et le Pakistan sont parvenus aujourd’hui à un accord sur un cessez-le-feu et l’arrêt des opérations militaires », avait également confirmé le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, lors d’une conférence de presse.

À New Delhi, une source gouvernementale indienne indiquait toutefois que le cessez-le-feu avait été directement négocié entre l’Inde et le Pakistan et que les deux pays voisins n’avaient pas prévu de discuter d’autre chose que du cessez-le-feu. Le conflit autour de l’eau n’a donc pas été abordé. L’Inde menace toujours d’assécher les fleuves qui irriguent le Pakistan après avoir mis fin au traité de partage des eaux entre les deux pays.

De nouvelles discussions prévues pour le 12 mai

Le cessez-le-feu a été négocié entre le responsable des opérations militaires du Pakistan et son homologue indien lors d’un échange téléphonique samedi après-midi, a précisé le secrétaire du ministère, Vikram Misri, devant la presse. « Les responsables des opérations militaires se reparleront le 12 mai », a-t-il ajouté

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a pour sa part déclaré que l’accord faisait suite à des négociations approfondies entre lui-même et le vice-président J.D. Vance avec les Premiers ministres indiens et pakistanais Narendra Modi et Shehbaz Sharif, ainsi que d’autres hauts responsables.

« Je suis heureux d’annoncer que les gouvernements de l’Inde et du Pakistan ont accepté un cessez-le-feu immédiat et de commencer des pourparlers sur un large éventail de questions dans un lieu neutre, a déclaré Rubio sur X. Nous saluons les Premiers ministres Modi et Sharif pour leur sagesse, prudence et l’esprit d’État dans le choix de la voie de la paix », a-t-il ajouté. 

Ce cessez-le-feu met fin à quatre jours d’affrontements particulièrement violents, les plus graves entre les deux puissances nucléaires depuis des décennies. Soixante civils ont été tués, des deux côtés de la frontière. L’accord a été accueilli avec soulagement par la population en Inde et au Pakistan. Des rassemblements spontanés de badauds s’offrant des sucreries ont eu lieu à travers le Pakistan, relate notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali. Mais l’armée indienne a prévenu que toute action militaire ou future escalade de la part du Pakistan recevra une réponse « ferme et décisive », précise de son côté notre correspondante à New Delhi, Léa Aujal.

« La désescalade est dans l’intérêt de tous », dit le Royaume-Uni

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a salué samedi l’accord de cessez-le-feu conclu entre l’Inde et le Pakistan, disant espérer qu’il aboutisse à « une paix durable ». « Le secrétaire général salue l’accord de cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan comme une mesure positive vers la fin des hostilités actuelles et la réduction des tensions. Il espère que cet accord contribuera à une paix durable et créera un environnement propice au règlement de problèmes plus vastes et de longue date entre les deux pays », selon un communiqué de son porte-parole.

Le cessez-le-feu est « extrêmement bienvenu », a salué le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy. « J’exhorte les deux parties à le maintenir. La désescalade est dans l’intérêt de tous », a ajouté le chef de la diplomatie britannique sur X.

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Le ministère allemand des Affaires étrangères a salué, lui aussi, le cessez-le-feu, jugeant qu’il s’agissait d’« une première étape importante pour sortir de la spirale de l’escalade ». « Le dialogue est essentiel. Le gouvernement allemand a été en contact avec les deux parties ces derniers jours », a ajouté le ministère dans un message sur son compte X.

Son homologue français Jean-Noël Barrot a souligné que « La France encourage les parties à assurer un cessez-le-feu durable et souligne la nécessité de poursuivre la lutte contre les groupes terroristes », écrit-il également sur X.

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L’Iran a exprimé l’espoir que le cessez-le-feu puisse « garantir une paix durable ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a également appelé les deux pays à « saisir cette occasion pour réduire les tensions et instaurer une paix durable dans la région ».

Pékin soutient les efforts de l’Inde et du Pakistan pour conclure un cessez-le-feu et reste « disposé à continuer à jouer un rôle constructif » dans ce processus, a dit le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, selon l’agence Chine nouvelle. M. Wang a tenu ces propos lors d’un entretien téléphonique avec son homologue pakistanais, Ishaq Dar, et a ajouté que la Chine restait préoccupée par toute escalade du conflit, étant donné qu’elle partage des frontières avec les deux pays, a précisé le média d’État chinois.

AFP

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À la UnePolitique

Le député Patrick Salumu propose un arsenal législatif renforcé contre la corruption en RDC

by admin9775 10 mai 2025
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Le député national Patrick Salumu a déposé deux propositions de loi ambitieuses visant à intensifier la lutte contre la corruption, le détournement de fonds publics et l’enrichissement illicite en République Démocratique du Congo. Ces initiatives législatives interviennent dans un contexte où le pays cherche à améliorer sa gouvernance économique et son attractivité pour les investisseurs étrangers.

La première proposition de loi porte sur la réforme du régime des libertés provisoires dans les affaires de corruption. Elle instaure un système de cautionnement dissuasif exigeant le versement d’un montant équivalent à la moitié de la valeur des biens litigieux pour toute demande de mise en liberté provisoire. Ce mécanisme s’accompagne de mesures conservatoires comme le gel préventif des avoirs et la saisie des biens présumés acquis illicitement. Le député Salumu justifie cette approche par la nécessité d’empêcher la dilapidation des avoirs pendant les procédures judiciaires.

La seconde proposition législative marque le retour de la confiscation générale des biens dans l’arsenal répressif congolais, tout en prévoyant des garde-fous contre les abus. Elle prévoit l’extension des confiscations à l’ensemble du patrimoine des condamnés pour crimes économiques, la création d’un fonds spécial de restitution à l’État, et le renforcement des voies de recours pour les justiciables. Cette mesure s’inscrit dans une logique de réparation des préjudices causés à la nation.

Ces initiatives parlementaires surviennent alors que la RDC peine à améliorer son indice de perception de la corruption, stagnant à 20/100 selon Transparency International en 2023. Les experts en gouvernance saluent la démarche tout en soulignant la nécessité de réformes complémentaires, notamment le renforcement de l’indépendance judiciaire, la protection des lanceurs d’alerte et l’assainissement des marchés publics.

Les deux textes législatifs vont désormais suivre le parcours parlementaire classique, avec un examen en commission prévu dans les prochaines semaines. Leur adoption potentielle pourrait constituer un tournant dans la lutte contre les flux financiers illicites en RDC, à condition que leur application s’accompagne d’une volonté politique ferme et de moyens adéquats pour les services répressifs.

Le député Salumu a déclaré vouloir ainsi contribuer à l’assainissement de la vie publique et à la moralisation des pratiques économiques, dans un pays où la corruption reste un frein majeur au développement. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre plus large des réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneEconomie

Les États-Unis engagent 6 milliards de dollars pour le corridor de Lobito

by admin9775 10 mai 2025
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Le gouvernement américain a confirmé par voie officielle un investissement majeur de plus de 6 milliards de dollars dans le corridor de Lobito, projet d’infrastructure transnational reliant la République démocratique du Congo à l’Angola et la Zambie. Cette annonce, faite via le compte Twitter du département d’État, marque un engagement sans précédent des États-Unis dans le développement des infrastructures africaines.

Un projet aux enjeux multiples

Le corridor de Lobito représente bien plus qu’un simple axe de transport. Conçu comme une colonne vertébrale économique pour la région, il vise à désenclaver les zones minières stratégiques de la RDC tout en stimulant les échanges commerciaux intra-africains. Les fonds américains seront spécifiquement alloués à la modernisation des infrastructures ferroviaires, au déploiement de réseaux de télécommunications et à la création de plateformes logistiques intégrées.

Coopération internationale renforcée

Cet engagement s’inscrit dans le cadre d’un partenariat multilatéral associant diverses institutions financières et gouvernements africains. Les États-Unis travaillent en étroite collaboration avec la Banque africaine de développement, l’Union européenne et les autorités des trois pays concernés pour garantir la réussite de ce projet phare. Cette approche collaborative vise à créer un modèle de développement durable tout en assurant une transparence dans la gestion des fonds.

Implications géostratégiques

L’investissement américain dans le corridor de Lobito s’analyse également à l’aune de la compétition économique mondiale. Face à l’influence croissante de la Chine à travers ses initiatives comme la Nouvelle route de la soie, les États-Unis affirment ainsi leur volonté d’offrir des alternatives crédibles en matière de partenariat infrastructurel. Le projet devrait notamment faciliter l’acheminement des minerais critiques vers les marchés internationaux, tout en renforçant la sécurité des approvisionnements.

Perspectives et attentes

Les autorités congolaises ont accueilli favorablement cette annonce, y voyant une opportunité de moderniser les infrastructures nationales et de stimuler l’économie locale. Les observateurs soulignent cependant l’importance d’assurer une gestion rigoureuse des fonds et une répartition équitable des bénéfices pour les populations riveraines.

Avec un calendrier prévisionnel qui table sur une mise en service partielle dès 2027, le corridor de Lobito pourrait devenir un modèle de coopération internationale réussie en Afrique. Les prochains mois seront déterminants pour concrétiser cette ambition et démontrer l’impact transformateur de ce projet sur le développement régional.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Félix Tshisekedi relance ses tournées nationales : un retour sur le terrain pour consolider l’unité et évaluer les priorités

by admin9775 10 mai 2025
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Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé lors du Conseil des ministres du 9 avril la reprise de ses missions d’itinérance à travers le pays. Cette décision marque une nouvelle phase de contact direct avec les populations, dans un contexte où les défis sécuritaires et économiques demeurent prégnants.

Un itinéraire stratégique

Le programme présidentiel s’articulera autour de plusieurs étapes clés :

  1. Lualaba : Point de départ symbolique de cette tournée, coïncidant avec la 12e Conférence des gouverneurs à Kolwezi du 10 au 12 juin
  2. Kongo-Central : Province stratégique sur le plan économique et infrastructurel
  3. Grand Bandundu : Zone aux enjeux agricoles et de développement rural
  4. Grand Équateur : Région aux spécificités socio-culturelles marquées

Une approche multisectorielle

La Première ministre Judith Tuluka Suminwa a reçu pour instruction de superviser l’organisation de ces déplacements, avec l’appui du Vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Cette coordination interministérielle souligne la dimension transversale de cette initiative, qui combine :

  • Évaluation des politiques publiques
  • Échanges directs avec les acteurs locaux
  • Renforcement du dialogue État-population

Continuité d’une démarche engagée

Ces nouvelles tournées s’inscrivent dans la continuité des visites provinciales entamées en 2023, où le chef de l’État avait insisté sur :

  • La nécessité de l’unité nationale face aux menaces sécuritaires
  • L’importance du développement territorial équilibré
  • La prise en compte des réalités locales dans l’action gouvernementale

Enjeux et perspectives

Cette reprise des déplacements présidentiels intervient à un moment crucial où :

  • Les défis sécuritaires à l’Est persistent
  • Les attentes en matière de développement local s’accentuent
  • La cohésion nationale reste un impératif

Le choix des provinces visitées reflète une volonté de couvrir des réalités diverses, des zones minières du Lualaba aux régions agricoles du Bandundu, en passant par les territoires frontaliers du Kongo-Central.

Prochaines étapes

Les services protocolaires et de sécurité sont désormais à pied d’œuvre pour préparer ces déplacements qui devraient s’échelonner sur plusieurs semaines. Les observateurs attendent notamment des annonces concrètes lors de la Conférence des gouverneurs de Kolwezi, qui pourrait servir de cadre à l’annonce de nouvelles mesures de décentralisation.

Cette initiative renforce l’image d’un président proche des territoires, dans un contexte où la connexion entre le pouvoir central et les réalités locales reste un défi majeur pour la gouvernance congolaise.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la Une

Denis Mukwege alerte le Parlement européen sur l’urgence congolaise : « Une guerre oubliée qui exige une réponse internationale »

by admin9775 10 mai 2025
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Le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, a interpellé avec force le Parlement européen ce mercredi, dressant un tableau accablant de la crise en République démocratique du Congo (RDC). Devant une assemblée attentive, le célèbre gynécologue a dénoncé l’indifférence internationale face à ce qu’il qualifie de « génocide silencieux », marqué par des violences systémiques et une catastrophe humanitaire sans précédent.

Un bilan humain insoutenable

Avec une voix portée par trente ans d’engagement sur le terrain, Mukwege a rappelé des chiffres qui glacent le sang :

  • 6 millions de morts depuis le début des conflits
  • 26 millions de Congolais en insécurité alimentaire aiguë
  • 7,8 millions de déplacés internes
  • Une femme violée toutes les 4 minutes

« Comment l’Occident peut-il continuer à détourner le regard ? », a-t-il lancé, déplorant que cette guerre soit « négligée et oubliée » malgré son ampleur. Son discours a particulièrement insisté sur l’offensive du M23, soutenue par le Rwanda selon les experts de l’ONU, qui contrôle désormais de vastes zones autour de Goma et Bukavu.

L’échec des négociations et le piège des minerais

Le Nobel de la Paix a vivement critiqué l’accord de principe signé fin avril à Washington sous médiation américaine, prévoyant un cessez-le-feu et une cogestion des ressources minières entre la RDC et le Rwanda. « C’est une bombe à retardement », a-t-il averti, soulignant l’absurdité de « confier la gestion du cobalt et du tantale à deux pays en guerre ».

Pour Mukwege, cet accord reproduit les erreurs du passé :

  • Opacité sur les clauses économiques, au profit présumé des multinationales
  • Absence de mécanismes de justice pour les victimes
  • Risque d’exacerber les tensions plutôt que de les apaiser

« Plutôt que de partager des minerais, ne devrions-nous pas d’abord partager la vérité et la justice ? », a-t-il interrogé, appelant à une conférence internationale inclusive sous l’égide de l’ONU.

L’Europe face à ses responsabilités

Alors que les États-Unis poussent pour un accord favorable à leurs intérêts économiques, Mukwege a exhorté l’Union européenne à :

  1. Sanctionner les soutiens régionaux au M23, notamment le Rwanda
  2. Geler les importations de minerais liés aux conflits
  3. Financer un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre

« L’Europe ne peut pas se contenter de discours humanitaires tout en fermant les yeux sur les réseaux qui alimentent cette guerre », a-t-il martelé, rappelant que 60 % des réserves mondiales de cobalt – essentielles à la transition énergétique – se trouvent en RDC.

Une solution durable : la justice avant les profits

Pour le fondateur de l’hôpital de Panzi, aucune paix ne sera possible sans :

  • Désarmement des groupes armés sous supervision internationale
  • Réparations pour les victimes de violences sexuelles
  • Transparence totale sur l’exploitation des ressources

« La communauté internationale a une dette envers le Congo », a conclu Mukwege, citant le rapport Mapping de l’ONU qui documente les crimes commis depuis les années 1990. « Il est temps de passer des condoléances aux actes. »

Réactions et suites attendues
Son intervention a suscité une standing ovation. Plusieurs députés européens ont annoncé le dépôt d’une résolution pour un embargo sur les « minerais du sang ». La balle est désormais dans le camp des institutions, tandis que, dans l’est de la RDC, les combats se poursuivent.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

Nicolas Kazadi lève le voile : Un système de prédation institutionnalisé sous Tshisekedi ?

by admin9775 10 mai 2025
written by admin9775

Les récentes déclarations explosives de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et proche du président Félix Tshisekedi, ont jeté une lumière crue sur les mécanismes de gouvernance en République Démocratique du Congo. Le Cadre de Concertation des Forces Politiques et Sociales, mené par les figures de l’opposition Seth Kikuni et Claudel Lubaya, y voit la confirmation d’un système organisé de captation des ressources publiques au profit d’un cercle restreint gravitant autour du chef de l’État.

Une gouvernance de l’opacité

Selon cette plateforme politique, les aveux de Kazadi révèlent une gestion des finances publiques caractérisée par le clientélisme et l’enrichissement illicite depuis 2019. « Ces révélations confirment ce que nous dénonçons depuis des années : la transformation de l’État en une machine à redistribuer des privilèges au mépris du peuple congolais », affirme un communiqué du Cadre.

Parmi les scandales évoqués, le détournement présumé de 30 millions de dollars dans le cadre d’un contrat avec la Chine aurait donné lieu à des « jetons de présence » versés au président Tshisekedi et à son entourage. « Ces pratiques constituent une trahison des engagements constitutionnels et une insulte à la souveraineté populaire », dénoncent Kikuni et Lubaya.

Des institutions contrôlées, une impunité organisée

Le groupe d’opposition accuse les institutions de contrôle – Cour des comptes et Inspection Générale des Finances (IGF) – d’avoir été systématiquement muselées ou instrumentalisées pour couvrir ces dérives. « L’éviction récente de Jules Alingete de l’IGF n’est qu’un exemple de la neutralisation des garde-fous contre la corruption », souligne le texte.

Cette situation, selon les signataires, traduit une violation flagrante des principes de probité et de redevabilité, engageant directement la responsabilité politique du président Tshisekedi. « Quand le chef de l’État tolère ou participe à un tel système, c’est toute l’architecture démocratique qui s’effondre », analyse un expert en gouvernance contacté par notre rédaction.

Demandes d’enquête et mobilisation citoyenne

Face à l’ampleur des accusations, le Cadre exige une réaction immédiate de la justice congolaise. « Nous appelons le Procureur général près la Cour de cassation à ouvrir sans délai une enquête pour identifier les responsables et exiger des comptes », déclarent Kikuni et Lubaya.

Parallèlement, la société civile est sommée de se mobiliser pour exiger la transparence. « Le silence face à ces révélations équivaudrait à une complicité passive », avertit un militant des droits humains.

Une crise de légitimité pour Tshisekedi ?

Ces développements surviennent dans un contexte politique déjà tendu, où les critiques contre le régime s’accentuent. Les partenaires internationaux, notamment le FMI et les États-Unis, pourraient revoir leur coopération financière si les allégations sont confirmées.

Pour l’opposition, il est temps que la communauté internationale cesse de fermer les yeux. « La RDC ne peut pas continuer à être pillée par ses propres dirigeants sous le regard indifférent de ceux qui prétendent soutenir la démocratie », lance un membre du Cadre.

L’heure des choix

Les révélations de Kazadi, qu’elles soient le fruit d’un règlement de comptes ou d’une prise de conscience tardive, placent la RDC à un carrefour critique. Soit le pays s’enfonce dans le déni et l’impunité, soit il saisit cette occasion pour un sursaut collectif vers la réforme.

Comme le résume un analyste politique : « La balle est désormais dans le camp du peuple congolais et de ses institutions. L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront choisi le silence. »

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

L’opposant congolais Martin Fayulu: «On ne peut pas signer un accord sans que les Congolais se mettent ensemble»

by admin9775 10 mai 2025
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En RDC, l’opposant Martin Fayulu ne réclame plus le départ du pouvoir de Félix Tshisekedi et se dit même d’accord pour faire équipe avec lui à certaines conditions. À la présidentielle de 2018, il avait crié au hold-up électoral après la victoire officielle de Félix Tshisekedi. Mais aujourd’hui, il change de stratégie. Le 1er mai dernier, avec les autres opposants Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Delly Sesanga, Martin Fayulu a signé une déclaration commune en faveur d’un dialogue national pour résoudre la guerre dans l’est du pays. De passage à Paris, le président du parti de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) et de la plate-forme Lamuka répond à Christophe Boisbouvier.

RFI : Les ministres des Affaires étrangères du Congo et du Rwanda doivent finaliser d’ici à deux semaines un projet d’accord de paix. Puis, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame doivent se retrouver le mois prochain dans le bureau de Donald Trump à la Maison Blanche pour signer la paix. Est-ce que votre déclaration commune, ce n’est pas une façon de dire « ne nous oubliez pas, nous aussi, on existe ? »

Martin Fayulu : Non, notre déclaration, c’est de dire qu’avant de signer cet accord, il faut que les Congolais se parlent et trouvent des solutions à la crise qui sévit au Congo. Tout accord, toute discussion tendant à aider le Congo à avoir la paix et la sécurité, nous sommes d’accord. Mais nous disons qu’on ne peut pas signer un accord sans que les Congolais se mettent ensemble dans ce que nous appelons la cohésion nationale.

Mais si jamais les pourparlers avancent à Washington, si jamais il y a cet accord de paix le mois prochain à la Maison Blanche, qu’est-ce que vous allez faire ?

Nous pensons que c’est quelque chose qui ne marchera pas. Tant que la plaie n’est pas soignée de fond en comble, on ne pourra pas avoir la paix. Et c’est pour cela que nous disons que nous ne sommes pas contre Washington. Nous ne sommes pas contre Doha, nous ne sommes pas contre l’Union africaine. Mais les solutions aux problèmes du Congo doivent d’abord venir du Congo.

Alors, ce qui frappe dans votre déclaration commune du 1ᵉʳ mai, c’est de vous voir signer, Martin Fayulu, un document avec votre pire ennemi, Joseph Kabila, que vous accusez de vous avoir volé la victoire en 2018. Pourquoi cette volte-face ?

Je l’ai accusé d’avoir fabriqué les résultats et d’avoir proclamé Tshisekedi parce qu’ils ont signé ce qu’on a appelé un compromis à l’africaine. Mais ce n’est pas mon ennemi. Moi, je n’ai pas d’ennemi. Et moi, j’ai signé avec Kabila comme demain je pourrais signer avec Tshisekedi pour sauver le Congo.

Donc, ce que vous appelez le grand hold-up électoral de 2018, vous oubliez tout, vous pardonnez, c’est terminé ?

Mais vous savez, on ne peut pas oublier. Ça existe. Mais maintenant, qu’est-ce que vous voulez que je continue à ressasser ça à longueur de journée, d’année en année ? Non, je dis que c’est une expérience. C’est pour cela que j’ai proposé cette réunion de vérité, réconciliation et cohésion nationale. On ne peut pas oublier ce qui s’est passé. Mais sur la base de ce qui s’est passé, nous pouvons construire l’avenir en toute sérénité.

Dans votre déclaration commune, vous parlez de la guerre à l’est de votre pays, sans jamais citer le Rwanda. Pourquoi refusez-vous de nommer un pays que toute la communauté internationale désigne comme le principal soutien militaire des rebelles du M23 ?

Oui, on ne le cite pas simplement parce que ce n’est pas l’objectif poursuivi. Cette déclaration avait pour objectif de dire aux amis de Washington et de Doha : « ce que vous faites, c’est bien, mais s’il vous plaît, faites attention, il y a des préalables ».

Mais vous ne citez pas le Rwanda parce que Joseph Kabila a mis son veto ?

Non, non, on n’a pas pensé à ça. On n’a pas pensé à citer un pays et nous savons ce que le Rwanda veut dans notre pays. On sait que le Rwanda veut les richesses du Congo et exploiter les ressources. Ça, on le dit et on le répétera.

Depuis quelques semaines, le président Tshisekedi appelle l’opposition à rentrer dans un gouvernement d’union nationale. À quelles conditions pourriez-vous accepter un tel gouvernement ?

On ne peut pas répondre à cette préoccupation de Félix Tshisekedi, parce que nous pensons que d’abord, il faut que les Congolais se mettent autour d’une table, autour des évêques catholiques et des pasteurs protestants, pour d’abord aller dans le fond sur les causes profondes de notre crise. Donc, on ne met pas la charrue avant les bœufs.

Et si demain, il y a un dialogue national, et s’il aboutit… Est-ce que vous seriez prêts à faire équipe avec le président Tshisekedi ?

Je suis Congolais, il est Congolais. J’accepterai les résolutions qui sortiront de ce dialogue parce que j’y contribuerai.

Alors comme vous, les évêques de la CENCO et les pasteurs de l’ECC appellent à ce dialogue national, mais ils disent aussi vouloir respecter le mandat du président Tshisekedi jusqu’à la fin de celui-ci, c’est-à-dire jusqu’en 2028. Est-ce que vous êtes d’accord avec eux ou pas ?

Écoutez, de fait, il est là ! Est-ce qu’il faudrait aller poser la condition qu’il doit partir avant de commencer la réunion ? Je ne pense pas. Je pense qu’il faut avoir des élections saines, crédibles en 2028. Il peut continuer à gérer le pouvoir.

RFI

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Ukraine : Macron à Kiev avec Merz, Starmer et Tusk pour appeler Moscou à un cessez-le-feu

by admin9775 10 mai 2025
written by admin9775

Le président français est arrivé samedi dans la capitale ukrainienne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk pour réaffirmer leur solidarité avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Le président français est arrivé samedi dans la capitale ukrainienne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk pour réaffirmer leur solidarité avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Le président français Emmanuel Macron se prépare à monter à bord d'un train en direction de l'Ukraine à Przemysl en Pologne, le 9 mai 2025

01:53

Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer et Donald Tusk sont arrivés à Kiev samedi 10 mai pour afficher leur soutien à l’Ukraine et réclamer, de concert avec les États-Unis, un « cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours » à Moscou, au lendemain d’une démonstration de force diplomatique russe.

Cette visite des dirigeants français, allemand, britannique et polonais répond, symboliquement, aux commémorations en grande pompe des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie tenues vendredi sur la place Rouge autour du président russe Vladimir Poutine et d’une vingtaine de dirigeants étrangers, dont le président chinois Xi Jinping.

« Nous continuerons d’accroître notre soutien à l’Ukraine. Nous intensifierons notre pression sur la machine de guerre russe jusqu’à ce que la Russie accepte un cessez-le-feu durable », préviennent-ils dans une déclaration commune.

« Coalition des volontaires »

À Kiev, le quatuor européen doit tenir, au côté du président ukrainien Volodymyr Zelensky, une réunion virtuelle avec les autres dirigeants de la « coalition des volontaires », ces pays occidentaux, essentiellement européens, prêts à apporter des « garanties de sécurité » à l’Ukraine.

Ils informeront ainsi les autres pays des « progrès réalisés en vue d’une future coalition rassemblant des forces aériennes, terrestres et maritimes pour aider à régénérer les forces armées ukrainiennes après un éventuel accord de paix et pour renforcer la confiance en la paix future », selon leur déclaration.

Le président français et le Premier ministre britannique assurent le pilotage de cette coalition aux contours encore flous qui s’est déjà réunie à Paris et Londres.

Emmanuel Macron entouré de Keir Starmer (gauche) et Friedrich Merz (droite) lors d'une réunion trilatérale à bord d'un train pour l'Ukraine, le 9 mai 2025
Emmanuel Macron entouré de Keir Starmer (gauche) et Friedrich Merz (droite) lors d’une réunion trilatérale à bord d’un train pour l’Ukraine, le 9 mai 2025 © Ludovic MARIN / POOL/AFP

Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont embarqué dans le même train en Pologne près de la frontière avec l’Ukraine et se sont retrouvés en tenue décontractée dans un wagon pour un échange à trois, ont constaté vendredi soir des journalistes de l’AFP.

Les Européens se rendent à Kiev forts de l’appel du président américain Donald Trump, qui a pressé jeudi la Russie d’accepter un « cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours ». Il a menacé de nouvelles sanctions occidentales en cas d’échec.

Emmanuel Macron a affirmé vendredi souhaiter aboutir « dans les prochaines heures et les prochains jours » à un plan commun américano-européen de cessez-le-feu, assorti de nouvelles « sanctions économiques massives » en cas d’échec.

« Nous réaffirmons notre soutien aux appels lancés par le président Trump en faveur d’un accord de paix et nous demandons à la Russie de cesser (d’y) faire obstacle », ont martelé les quatre dirigeants européens.

« Aux côtés des États-Unis, nous appelons la Russie à accepter un cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours afin de permettre la tenue de pourparlers en vue d’une paix juste et durable », ajoutent ces dirigeants qui doivent aussi rendre « hommage aux défenseurs de l’Ukraine tués et blessés lors de cette guerre menée par la Russie, sur la place Maïdan, où flottent des drapeaux en souvenir de ces victimes ».

Armes occidentales

Photo diffusée par l'agence d'État russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine saluant les commandants militaires après le défilé militaire du Jour de la Victoire sur la Place Rouge, à Moscou, le 9 mai 2025
Photo diffusée par l’agence d’État russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine saluant les commandants militaires après le défilé militaire du Jour de la Victoire sur la Place Rouge, à Moscou, le 9 mai 2025 © Gavriil Grigorov / POOL/AFP

Vendredi à Moscou, Vladimir Poutine a célébré le « courage » des soldats russes engagés dans le conflit depuis l’invasion du pays voisin qu’il a ordonné en février 2022. La guerre en Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts et la Russie occupe actuellement 20 % du territoire ukrainien.

Sur la chaîne américaine ABC, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé qu’un cessez-le-feu devrait être précédé d’un arrêt des livraisons d’armes occidentales, faute de quoi cela donnerait « un avantage à l’Ukraine » à un moment où « les troupes russes avancent de manière assurée » sur le front. Il a jugé que l’Ukraine n’était « pas prête à des négociations immédiates » en vue d’une solution diplomatique.

Moscou a rejeté pour l’instant les appels au cessez-le-feu, se contenant de décréter unilatéralement une trêve de trois jours ; qui doit s’achever samedi, à l’occasion des célébrations de la victoire sur l’Allemagne nazie. L’Ukraine a évoqué des centaines des violations.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, et son début de rapprochement spectaculaire avec le maître du Kremlin, les Ukrainiens et les Européens redoutent un accord qui se nouerait sans leur consentement. Mais ils espèrent avoir réussi à accorder leurs violons avec le président américain, notamment depuis un tête-à-tête Trump-Zelenksy à Rome à l’occasion des funérailles du pape François le 26 avril.

Pour Emmanuel Macron, il s’agit de la deuxième visite en Ukraine depuis le début de la guerre après celle de juin 2022 – à l’époque avec les dirigeants allemand et italien. Il a plusieurs fois dit vouloir y retourner, tout en plaidant qu’un déplacement devrait être « utile ».

« Il y a toute une série de symboles », explique son entourage à l’AFP pour justifier le choix de ce 10 mai.

« Que les dirigeants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Pologne viennent en bloc quatre jours après l’élection du chancelier allemand, ça montre l’unité, la force, la réactivité de l’Europe », estime un proche du président français. « Et puis c’est en miroir avec les célébrations de Poutine. »

Avec AFP

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À la UneMonde

9-Mai: une cérémonie moscovite aux accents très diplomatiques

by admin9775 9 mai 2025
written by admin9775

Ces commémorations des 80 ans de la guerre mondiale ont été placées, comme les éditions précédentes, sous le signe de la filiation directe avec la guerre russe en Ukraine. Mais Vladimir Poutine a aussi pris soin de ménager chacun de ses alliés et partenaires importants du moment, et notamment la Chine, les États-Unis et la Corée du Nord.

Sur la place Rouge aux côtés de Vladimir Poutine étaient présents ses alliés du moment, de l’Asie à l’Afrique en passant par l’Amérique latine, mais le Kremlin n’a quasiment pas pu élargir. Pour célébrer les 80 ans de la victoire contre l’Allemagne nazie, aucun représentant – ou presque – des alliés de l’époque à l’ouest, à l’exception notable, parmi les membres de l’Union européenne du Premier ministre slovaque, n’étaient présents.

Depuis le début de la guerre, jamais le petit écran russe ne s’est montré aussi déterminé à vouloir démontrer que la Russie n’est pas isolée. Une présentatrice de la télévision d’État a ainsi comparé les tribunes et le défilé au sommet des Brics à Kazan. Et tant pis, si, en réalité, le cercle était vraiment bien moins large – le Premier ministre indien Narendra Modi était par exemple absent -. Pour le pouvoir, il fallait montrer à l’opinion public le plus de dirigeants possibles,« malgré l’ignorance de l’ouest », a ainsi insisté un commentateur, « le centre de la diplomatie est au Kremlin ».

11 500 soldats ont défilé sur la place Rouge, selon les chiffres donnés par l’agence étatique Tass. Parmi eux, des soldats de 13 pays ont aussi pris part à la parade comme la Chine, le Vietnam, la Birmanie et l’Égypte. Aucun Nord-Coréen n’a battu le pavé moscovite sous les yeux d’un Xi Jinping qui n’a jamais été aussi proche de son homologue russe, mais qu’on sait aussi soucieux de voir Pyongyang récolter de nombreuses contreparties au renforcement de ses liens militaires avec Moscou. Leur présence, discrète, était dans les tribunes. Mais Vladimir Poutine est venu les saluer à la fin du défilé.

Comme en 2023 et 2024, des soldats russes combattants en Ukraine étaient aussi présents dans le défilé et abondamment honorés dans les commentaires des médias légitimistes. Ils étaient 1 500, selon les chiffres officiels. Manière pour le chef de l’État russe de souligner encore et toujours son narratif assimilant la Seconde Guerre mondiale et la guerre en Ukraine.  Autre manifestation de la guerre menée par les soldats de Vladimir Poutine, les armes qui ont été montrées sur la Place Rouge : les drones iraniens Geran et les russes Lancet qui déferlent sur l’Ukraine depuis presque deux ans.

L’ouest, allié de 45 et ennemis d’aujourd’hui, n’a en revanche pas été ciblé dans la traditionnelle courte allocution du chef de l’État russe. Vladimir Poutine a même déclaré : « Nous nous souviendrons toujours que l’ouverture du deuxième front en Europe après les batailles décisives sur le territoire de l’Union soviétique a rapproché la victoire. Nous apprécions hautement la contribution à notre lutte commune des soldats des armées alliées, des participants à la résistance. » Le président n’a pas dit à quels pays il faisait référence. Mais on pouvait lire, dans ces propos, une volonté qu’on lui connaît bien depuis que Donald Trump a pris les rênes de la Maison Blanche : celle de ménager les États-Unis, le seul interlocuteur qui compte à ses yeux. Un geste particulièrement soupesé, dans cette période incertaine où les pourparlers entre Washington et Moscou sur l’arrêt des combats en Ukraine ne donnent pas de résultat visible.

RFI

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