La polémique suscitée par l’annonce, le 2 janvier dernier, du lancement d’une nouvelle plaque minéralogique par la Direction Générale des Impôts (DGI) a été désamorcée ce lundi. Les services du ministère des Finances sont intervenus pour apporter des clarifications essentielles, répondant aux vives inquiétudes de la société civile et des associations d’automobilistes.
Dans un premier communiqué, la DGI avait présenté cette nouvelle plaque « conçue conformément aux normes internationales » comme un outil pour « améliorer la sécurité des automobilistes, harmoniser le système national d’immatriculation et faciliter le contrôle routier ». Une annonce perçue comme un nouveau fardeau financier, intervenant peu après les réformes du permis de conduire et du contrôle technique.
Une mesure progressive, et non une obligation immédiate pour tous
Le point crucial clarifié par le ministère des Finances est le suivant : « le lancement de la nouvelle plaque d’immatriculation ne concerne pas les véhicules déjà immatriculés et en circulation à travers le pays ». L’opération cible exclusivement, dans un premier temps, « tout véhicule destiné à entrer en circulation pour la première fois en RDC », c’est-à-dire tout véhicule neuf ou non encore immatriculé.
Ainsi, il y aura une « coexistence légale de deux types de plaques » jusqu’au lancement du processus de mise en conformité généralisé. Cette précision a pour but d’apaiser les craintes des conducteurs qui redoutaient une obligation de changement immédiat et coûteux.
Une plaque moderne pour lutter contre la fraude

La nouvelle plaque présente plusieurs avancées techniques :
- Conformité internationale : Elle intègre enfin la codification internationale de la RDC.
- Sécurité renforcée : Elle est dotée d’un dispositif de sécurité et permet la lecture électronique des données d’identification du véhicule et de son propriétaire, stockées dans une base centrale.
- Lutte contre la contrefaçon : L’objectif affiché est de « lutter contre la prolifération des fausses plaques minéralogiques émises en dehors du système intégré de la DGI ».
Un calendrier et des coûts définis
Les automobilistes disposent d’une période de transition d’un an. À partir de fin décembre 2026, les propriétaires de véhicules munis de l’ancienne plaque seront invités à se rendre à la DGI pour la « mise en conformité ». Le ministère insiste : il ne s’agira pas d’une réimmatriculation (interdite par le Code de la Route), mais d’un simple changement de plaque, conservant les données initiales.
Les tarifs réduits pour cette opération ont été fixés par arrêté ministériel :
- 115$ pour l’immatriculation d’un véhicule neuf.
- 72$ pour le changement de plaque (mise en conformité).
- 24$ pour la mutation de véhicule.
Sanctions pour les fausses plaques et avantage pour les honnêtes contribuables
Ce processus permettra au gouvernement de détecter les plaques illégales. Les contrevenants s’exposeront à des pénalités pour fraude et devront procéder à une immatriculation légale complète. En revanche, « le propriétaire du véhicule dont la plaque a été obtenue légalement ne paiera que les coûts réduits prévus pour la mise en conformité », souligne le communiqué.
Cette clarification du gouvernement vise à transformer une annonce anxiogène en un projet rationalisé de modernisation administrative, en accordant un délai et des tarifs encadrés aux usagers. Reste à voir si la mise en œuvre sur le terrain sera aussi lisse que la communication.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online








