RDC : Washington prêt à investir jusqu’à 1 milliard de dollars dans le corridor ferroviaire de Lobito

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Les États-Unis envisagent de mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars pour soutenir la réhabilitation et l’exploitation, dans le cadre d’une concession de 30 ans, de la partie congolaise du corridor ferroviaire de Lobito. Derrière cet investissement se joue une bataille stratégique pour l’accès aux minerais critiques de la RDC et la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon les informations rapportées par Bloomberg, l’entreprise portugaise Mota-Engil devrait prendre le contrôle de la section congolaise de cette infrastructure ferroviaire d’environ 1 000 kilomètres, qui relie les principaux bassins miniers du Katanga, notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi, au corridor de Lobito en Angola.

Le financement américain serait porté par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), qui avait signé une lettre d’intérêt avec Mota-Engil pour accompagner la réhabilitation et l’exploitation de cette ligne.

Un enjeu qui dépasse le simple transport

Pour Washington, le projet représente bien davantage qu’un investissement dans les infrastructures. La RDC est au cœur de la compétition mondiale pour le cuivre, le cobalt, le lithium et le tantale, des ressources indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux semi-conducteurs et aux technologies de pointe.

L’objectif américain est notamment de réduire la dépendance des chaînes d’approvisionnement occidentales vis-à-vis de la Chine, qui occupe une position dominante dans l’exploitation et surtout dans la transformation de plusieurs minerais congolais.

La concurrence se joue également sur les infrastructures. Pékin soutient parallèlement la modernisation du chemin de fer Tanzanie-Zambie (TAZARA), évaluée à environ 1,4 milliard de dollars. Deux corridors se retrouvent ainsi au cœur d’une compétition géopolitique : l’un ouvrant aux minerais de la région une voie vers l’Atlantique, l’autre vers l’océan Indien.

Les minerais au cœur de la stratégie américaine

Cette offensive économique s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Washington et Kinshasa. Les États-Unis cherchent notamment à associer investissements miniers, développement des infrastructures et efforts diplomatiques visant à stabiliser l’est de la RDC.

Le dossier de Rubaya, riche en coltan et contrôlé par l’AFC/M23, illustre cette imbrication entre sécurité et ressources naturelles. Les Nations unies ont précédemment fait état de revenus importants tirés de l’exploitation et du commerce du coltan dans cette zone.

Pour Kinshasa, l’enjeu est donc considérable : attirer des capitaux occidentaux, moderniser ses infrastructures et mieux contrôler la chaîne de valeur de ses minerais pourrait permettre à la RDC de renforcer sa position dans l’économie mondiale.

Mais cette perspective pose également une question essentielle : la RDC parviendra-t-elle à transformer cette nouvelle compétition entre puissances en véritable levier de développement national, plutôt qu’en simple déplacement des intérêts étrangers autour de ses ressources ?

Le corridor de Lobito pourrait, à terme, devenir l’un des principaux instruments de cette transformation. Mais son succès dépendra autant de la qualité des investissements que de la capacité de l’État congolais à garantir la transparence, la sécurité et une véritable valeur ajoutée locale.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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