Affaire Katumbi : le Parquet général demande la fixation d’une audience, la défense dénonce un « acharnement politique »

Le dossier judiciaire visant Moïse Katumbi connaît un nouveau développement. Le Parquet général près la Cour de cassation a sollicité la fixation d’une audience dans une affaire opposant l’ancien gouverneur du Katanga à Raphaël Katebe Katoto. Une démarche que le camp Katumbi interprète comme une nouvelle offensive politique contre l’opposant, tandis que la partie adverse affirme qu’il s’agit d’un contentieux strictement judiciaire.

Le Parquet général près la Cour de cassation a demandé la fixation d’une audience dans le dossier judiciaire ouvert contre Moïse Katumbi Chapwe.

L’ancien gouverneur du Katanga est poursuivi pour des faits qui se seraient produits à Lubumbashi et à Kinshasa, dans le cadre d’une procédure faisant suite à une plainte déposée par Raphaël Katebe Katoto.

Une plainte portant sur plusieurs biens

Raphaël Katebe Katoto accuse Moïse Katumbi de lui avoir spolié plusieurs biens immobiliers et fonciers.

La plainte porte notamment sur les résidences de Mulonde, Lofoi n°22 et Kashobwe, ainsi que sur les fermes Futuka et Munguzi.

La demande du Parquet général visant à obtenir la fixation d’une audience ouvre ainsi une nouvelle étape dans cette procédure, dont les enjeux dépassent désormais le seul cadre patrimonial aux yeux du camp Katumbi.

La défense dénonce une offensive politique

Du côté de Moïse Katumbi, cette évolution judiciaire est perçue comme une nouvelle manifestation de l’acharnement politique dont l’opposant affirme être victime depuis plusieurs années.

Son entourage met directement en cause le régime de Félix Tshisekedi et considère que la procédure judiciaire serait utilisée comme un moyen de fragiliser politiquement le président d’Ensemble pour la République.

La défense pointe également le rôle de Raphaël Katebe Katoto, demi-frère de Moïse Katumbi, présenté comme un acteur déjà impliqué dans des épisodes antérieurs de confrontation politique visant l’ancien gouverneur du Katanga.

Le camp Katumbi rappelle notamment que Katebe Katoto aurait, selon lui, déjà été utilisé par le camp de Joseph Kabila dans le passé pour tenter de déstabiliser l’opposant.

Pour ses proches, la réactivation de cette affaire dans le contexte politique actuel soulève donc des interrogations sur la finalité réelle de la procédure.

Le camp Katebe Katoto rejette toute instrumentalisation

L’accusation d’acharnement politique est toutefois fermement rejetée par le camp de Raphaël Katebe Katoto.

Ses proches soutiennent que l’affaire relève exclusivement du droit et rappellent que le contentieux remonte à 2024, bien avant les derniers développements politiques autour de Moïse Katumbi.

Pour cette partie, il ne s’agirait donc ni d’une opération politique ni d’une manœuvre destinée à affaiblir l’opposant, mais d’une procédure judiciaire portant sur des biens dont la propriété fait l’objet d’un différend.

Un dossier judiciaire dans un contexte politique explosif

Cette affaire intervient néanmoins dans un contexte particulièrement sensible.

Moïse Katumbi figure parmi les principales personnalités de l’opposition congolaise et son parti, Ensemble pour la République, est actuellement engagé dans les débats autour du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi.

La demande du Parquet général intervient donc alors que les rapports entre le pouvoir et une partie de l’opposition demeurent fortement tendus.

Pour le camp Katumbi, le calendrier de cette nouvelle étape judiciaire nourrit nécessairement les soupçons d’une instrumentalisation de la justice. Pour le camp adverse, cette lecture relève au contraire d’une tentative de transformer un contentieux judiciaire en affrontement politique.

La justice face au soupçon d’instrumentalisation

Au-delà de l’affrontement entre les deux camps, cette affaire pose une nouvelle fois la question de la perception de l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo.

La fixation éventuelle d’une audience permettra au tribunal d’examiner les éléments du dossier et aux différentes parties de faire valoir leurs arguments.

En attendant, deux récits s’opposent : pour Katumbi, une nouvelle procédure qui s’inscrit dans une stratégie d’acharnement politique ; pour Katebe Katoto, un dossier ancien qui doit simplement suivre son cours judiciaire.

La prochaine étape sera donc particulièrement scrutée, tant par les acteurs politiques que par l’opinion publique, dans un contexte où chaque procédure visant une figure majeure de l’opposition est susceptible de prendre une dimension politique.

Par Marius Bopenga
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