La situation judiciaire de l’opposant Prince Epenge Wemakoko, porte-parole de la coalition LAMUKA, connaît un nouvel épisode. Son avocat, Me Nico Mayengele Ngenge, aurait également été interpellé le samedi 31 octobre 2026, peu après le transfèrement de son client à la prison centrale de Makala.
L’alerte a notamment été relayée par Me Clément Muza Kayembe, avocat-conseil de LAMUKA. Selon les informations rapportées, l’interpellation de Me Mayengele serait intervenue sur instruction de la magistrate instructrice du dossier de Prince Epenge. Les motifs précis de cette mesure n’ont toutefois pas été clairement établis.
L’avocat aurait filmé l’arrivée du convoi à Makala
D’après les informations relayées par certains médias, Me Nico Mayengele aurait été interpellé au moment où le convoi transportant Prince Epenge arrivait à la prison centrale de Makala.
Il lui serait reproché d’avoir filmé l’arrivée du convoi et transmis les images à des journalistes. Conduit au parquet, l’avocat aurait également vu ses téléphones confisqués.
Certaines informations font état de sa libération et de son retour à domicile, à la suite de pressions. D’autres alertes indiquaient que ses téléphones étaient hors service et que sa situation demeurait incertaine. Son statut exact au moment de la publication reste donc à confirmer.
Cette affaire soulève des interrogations sur les conditions d’exercice de la profession d’avocat, notamment lorsqu’un conseil intervient dans un dossier judiciaire sensible.
Jean-Marc Kabund interpelle Félix Tshisekedi
La situation de Prince Epenge et de son avocat a également provoqué des réactions politiques. L’opposant Jean-Marc Kabund s’est adressé au président Félix-Antoine Tshisekedi, mettant en cause les informations qui lui seraient transmises par ses collaborateurs et services de sécurité.
« Vos services de sécurité et certains de vos collaborateurs semblent avoir compris qu’il suffit de vous servir les informations qui confortent vos convictions pour gagner vos faveurs. À force de vouloir vous plaire, ils vous désinforment, vous isolent de la réalité et vous installent dans une dangereuse illusion. Or, aucune opération de communication ne peut effacer les faits, encore moins faire disparaître la vérité. »
Kabund est également revenu sur les événements du 15 septembre, affirmant avoir aperçu Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo, quelques minutes avant l’attaque dont il dit avoir été victime devant le siège de l’UDPS.
« Je suis disposé à apporter ce témoignage devant les instances judiciaires compétentes. La vérité ne devrait faire peur à personne, et encore moins à ceux qui prétendent gouverner au nom de l’État de droit », a-t-il déclaré.
Ces propos constituent le témoignage revendiqué par Jean-Marc Kabund. Les circonstances exactes de la mort de Manassé Lomboto doivent être établies par les enquêtes judiciaires.
Martin Fayulu réclame une enquête indépendante
Le président de l’ECIDé, Martin Fayulu, a lui aussi réagi, accusant la Force du progrès de l’UDPS d’être responsable de la mort de Manassé Lomboto lors de la marche de l’opposition du 15 septembre à Kinshasa.
« Que le pouvoir de Kinshasa l’entende clairement : Manassé Lomboto est mort des suites de l’agression du 15 septembre, attribuée à la milice “Force du progrès” de l’UDPS Tshisekedi. Aucune intimidation ne fera taire la vérité ! Cessez de harceler les membres de LAMUKA et de la C64. Nous exigeons une enquête indépendante et la justice pour Manassé ! »
Cette accusation est portée par Martin Fayulu et la coalition d’opposition. Elle n’a pas été établie par une décision judiciaire dans les éléments communiqués.
La mort de Manassé Lomboto au centre des tensions
Âgé de 25 ans, Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo, a été tué lors de la marche de l’opposition organisée le 15 septembre à Kinshasa. Sa dépouille était toujours gardée à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente des enquêtes annoncées.
Le dossier a notamment conduit à la poursuite de Prince Epenge pour propagation de faux bruits, en lien avec les circonstances de ce décès.
Alors que l’opposition réclame une enquête indépendante et dénonce des actes d’intimidation, les faits entourant l’interpellation présumée de Me Nico Mayengele, son statut actuel et les circonstances de la mort de Manassé Lomboto restent au cœur des préoccupations.
Par Pascal Kabeya
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