Lancée pour moderniser la fiscalité et élargir l’assiette, la réforme de la Facture Normalisée (FACNO) livre son premier bilan opérationnel. Les chiffres de décembre montrent une adoption réelle mais contrastée, entre dynamique entrepreneuriale et défis logistiques.
Un décollage chiffré
Entre le 1er et le 24 décembre, l’administration enregistre 54 207 factures normalisées émises, un volume significatif pour une phase de lancement. Ce mouvement est porté par 3 289 contribuables, dont plus de 2 200 ont déjà un compte e-UF pleinement fonctionnel. Parallèlement, près de 1 000 entreprises sont engagées dans l’homologation de leurs logiciels, une étape technique cruciale.
Le mur des réalités opérationnelles
Cet « engouement », selon les termes du bilan, a paradoxalement révélé les premières faiblesses du dispositif. L’afflux des demandes a saturé les capacités de traitement, entraînant des délais d’activation et des retards dans les homologations. Cette friction a obligé le ministre des Finances, Doudou Fwamba, à une réunion de crise avec la FEC le 11 décembre, aboutissant à la création d’une commission ad hoc.
Entre confiance et efficacité
La réussite de la FACNO, réforme-phare du gouvernement, repose sur un équilibre fragile. Elle doit maintenir l’adhésion des entreprises – prouvée par les premiers chiffres – tout en fluidifiant rapidement ses processus sous peine de créer un goulot d’étranglement contre-productif. La dérogation permettant une homologation partielle est un premier correctif. La capacité de la nouvelle commission à apporter des solutions tangibles sera le prochain test de crédibilité pour cette transition fiscale majeure.
Par Pascal Kabeya
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