Sud-Kivu : L’offensive du M23/RDF s’intensifie, visant les minerais après la chute d’Uvira

par admin9775

La nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier a été le théâtre d’affrontements d’une rare intensité dans les collines surplombant Uvira, au Sud-Kivu. Les Forces Armées de la RDC (FARDC), en coalition avec les miliciens patriotes Wazalendo, ont engagé de lourds combats contre les rebelles du M23, milicie appuyée par l’armée rwandaise (RDF), selon plusieurs sources concordantes sur le terrain. Malgré une résistance affirmée par les forces gouvernementales, la région reste en proie à une escalade militaire alarmante.

Les combats, utilisant des armes lourdes et légères, ont principalement fait rage dans les localités de Musingwe, Kategere et Kabamulonda. Les sources militaires congolaises affirment que les FARDC et les Wazalendo « se portaient bien » et tenaient leurs positions dimanche soir. Sous la pression, les rebelles M23 et leurs alliés rwandais auraient même dû reculer leur artillerie lourde d’environ 2 km, la repositionnant à Kabimba, localité dont ils ont chassé la population civile.

Le double discours de Kigali mis à nu

Cette recrudescence des combats contredit frontalement les affirmations du Rwanda lors de la 1321e réunion ministérielle du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, où Kigali vantait un retrait de ses troupes et du M23 de la zone d’Uvira. Des sources locales et sécuritaires font état, au contraire, de la présence d’au moins trois bataillons entiers de troupes rwandaises progressant dans les montagnes du Sud-Kivu. Ces éléments avanceraient sous le couvert des groupes Twirwaneho avec un objectif clair : le contrôle du riche territoire minier de Fizi, puis une descente vers Bendera, dans la province du Tanganyika.

Cette manœuvre constitue une violation flagrante de l’accord de Washington, censé orchestrer le retrait des troupes rwandaises du sol congolais. Elle met également dans une position délicate l’ancien président américain Donald Trump, qui s’était présenté comme l’architecte de cet accord et le « faiseur de paix » ayant mis fin à trente ans de conflit entre la RDC et le Rwanda.

Des défections dans le M23 et des ambitions territoriales affichées

Signe des tensions internes, sept éléments des FARDC ayant précédemment rallié la rébellion sont retournés dans le giron gouvernemental ce 4 janvier. Témoignant anonymement, ils dénoncent une rébellion « entièrement rwandaise » dans laquelle les Congolais « ont souffert ». « C’est une rébellion Rwandaise, rien de Congolais », ont-ils insisté.

Parallèlement, le M23 assume désormais ouvertement ses ambitions expansionnistes. Après la prise d’Uvira, considérée comme un verrou stratégique sur le lac Tanganyika, la rébellion a annoncé samedi son intention de progresser vers le territoire de Mwenga. Ses cibles déclarées : la cité aurifère de Kamituga et l’aéroport stratégique de Kitutu. Le « gouverneur rebelle » du Sud-Kivu autoproclamé, Patrick Busu Bwangwi, a confirmé cette orientation.

À Kamituga, la panique gagne une population craignant d’être « prise au piège » dans ce que des analystes appellent déjà « la bataille pour l’or ». La progression du M23/RDF semble ainsi méthodiquement calquée sur la carte des richesses minières de l’Est congolais, du coltan au nord à l’or au sud, ignorant les mises en garde répétées de la communauté internationale.

Cette offensive remet en cause toute perspective de désescalade immédiate et pose une question cruciale : la communauté internationale, ayant échoué à faire respecter l’accord de Washington, pourra-t-elle empêcher la partition de fait de l’Est de la RDC et la confiscation de ses ressources par une rébellion étrangère soutenue ?

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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