Le débat sur la tenue d’un dialogue politique inclusif en République Démocratique du Congo s’enrichit d’une nouvelle voix, celle de la société civile, avec une condition ferme. Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), a déclaré mardi qu’il soutenait l’initiative, mais à une condition sine qua non : que « l’ennemi ait quitté notre sol ».
Son positionnement intervient dans un contexte où les appels à un dialogue entre les principales forces politiques du pays se multiplient, face à une crise multidimensionnelle. Toutefois, M. Tshiombela estime qu’engager des tractations politiques dans les circonstances actuelles serait prématuré et contre-productif.
« Nous disons oui au dialogue, mais lorsque l’ennemi aura quitté notre sol », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de restaurer au préalable la souveraineté nationale. Pour l’activiste, toute discussion sur l’avenir politique du pays doit être précédée par le rétablissement de la sécurité et de l’intégrité territoriale.
Cette prise de position reflète un courant d’opinion significatif en RDC, qui considère que la présence de groupes armés, notamment le M23 dans l’Est, constitue une menace existentielle qui doit être résolue avant tout règlement politique interne. Elle sous-tend l’idée qu’un dialogue mené sous la pression ou pendant une occupation partielle du territoire pourrait conduire à des concessions contraires aux intérêts fondamentaux de la nation.
La condition posée par la NSCC, à travers son coordonnateur, lance un défi majeur aux promoteurs du dialogue et au gouvernement. Elle soulève la question épineuse de la séquentialité des priorités : peut-on pacifier le pays par la parole alors que les armes parlent encore dans plusieurs provinces ? Ou, à l’inverse, le dialogue est-il justement un outil indispensable pour créer les conditions d’une paix durable et d’une unité nationale face à l’agression extérieure ?
La balle est désormais dans le camp des acteurs politiques. Leur capacité à intégrer, ou à répondre, à cette exigence portée par une frange de la société civile sera un premier indicateur de la faisabilité et de la crédibilité du processus de dialogue tant évoqué.
Par Marius Bopenga
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