La réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo s’est tenue ce samedi à Lomé, au Togo. Convoquée par le président du Conseil togolais et médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, elle a réuni des délégations congolaises, les médiateurs américain et qatari, et des facilitateurs de l’UA.
Contrairement à l’attente de certains observateurs, aucune nouvelle initiative spectaculaire ou accord n’a été annoncé à l’issue des travaux. L’accent a plutôt été mis sur le renforcement structurel et opérationnel de la médiation africaine.
Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État
La décision principale a été de consolider la médiation africaine en la dotant de cinq co-facilitateurs, tous étant d’anciens chefs d’État africains. Leurs noms n’ont pas été immédiatement dévoilés, mais leur mission sera de donner plus de poids et de continuité politique au processus. Des missions sont prévues dans les prochains jours à Kinshasa, Kigali, Kampala et Gitega pour engager des discussions directes avec les parties et « accélérer la mise en œuvre des engagements » pris dans le cadre des différents accords (Doha, Washington).
Un appel à l’action collective et à la solution politique
Dans son discours, le président Gnassingbé a salué l’engagement des parties et appelé à une action collective renforcée. « Plus que jamais, notre action collective doit rester guidée par une conviction forte : seule une solution politique concertée et durable permettra de restaurer la paix », a-t-il déclaré, visant explicitement le bénéfice des populations de la région des Grands Lacs.
La veille, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, avait précisé que la session devait se concentrer sur la consolidation du processus africain unifié, la clarification du rôle du secrétariat conjoint indépendant et l’examen d’une feuille de route pour les douze prochains mois.
L’UA souligne l’urgence d’apaiser les tensions
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a pour sa part insisté sur l’urgence d’intensifier les actions de l’organisation pour apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda, et plus largement dans toute la sous-région.
Cette réunion de Lomé apparaît ainsi comme une étape de rationalisation et de re-légitimation de la médiation continentale, dans un paysage diplomatique encombré par la multiplication des initiatives. Elle cherche à remettre l’UA au centre du jeu, en lui donnant des relais politiques de haut niveau, mais reporte à plus tard la preuve tangible de son efficacité sur le terrain, où les combats et les violations du cessez-le-feu se poursuivent.
Par Marius Bopenga
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