RDC : BOSHAB relance le débat sur la révision constitutionnelle

par admin9775

Lors d’un colloque sur les 20 ans de la Constitution, l’ancien président de l’Assemblée nationale Évariste Boshab a estimé que le texte de 2006 est « dépassé » et nécessite une adaptation.

Le constitutionnaliste Évariste Boshab a relancé le débat sur la révision de la Constitution congolaise, lors d’un colloque marquant le vingtième anniversaire de la Loi fondamentale, le 18 février.

Ils étaient à Liège, en Belgique, en 2005-2006. Des experts étrangers, des consultants, des juristes venus d’ailleurs, ont planché sur ce qui allait devenir la Loi fondamentale de la République démocratique du Congo. Le texte fut adopté, promulgué, célébré. Vingt ans plus tard, Évariste Boshab pose la question qui fâche : ce vêtement est-il encore à notre taille ?

Décentralisation en panne, provinces sans moyens, régime semi-parlementaire source de blocages, et cette épée de Damoclès qu’est l’article 217, brandi par les uns comme une preuve de trahison, par les autres comme un prétexte à révision. Boshab ne dit pas qu’il faut changer. Il dit qu’il faut évaluer, mesurer, regarder en face ce qui n’a pas marché.

Chaque mot sur la Constitution est immédiatement aspiré dans le tourbillon des polémiques politiques. Le camp Tshisekedi y voit une opportunité de réforme. L’opposition, un risque de hold-up électoral. Le peuple, lui, regarde, inquiet, se demandant si ce débat n’est pas une nouvelle manière de l’oublier.

Une Constitution n’est pas un texte sacré. C’est un outil. Et un outil, quand il ne fonctionne plus, on le répare ou on le change. La question n’est pas de savoir si on doit réviser, mais pourquoi, comment, et pour qui. Si c’est pour améliorer la gouvernance, renforcer la décentralisation, protéger les droits des citoyens, alors le débat est légitime. Si c’est pour permettre à un homme de rester au pouvoir, alors il est dangereux.

Vingt ans après, la RDC a grandi. Sa Constitution aussi devrait pouvoir évoluer. Mais pas dans la précipitation, pas dans la suspicion, pas dans la division. Le courage que Boshab appelle de ses vœux, c’est celui d’un débat national apaisé, transparent, inclusif. Pas celui d’un passage en force.

S’appuyant sur des données comparatives (durée moyenne d’une Constitution : 17 ans), l’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila a estimé que le texte de 2006, rédigé dans l’urgence à Liège par des experts étrangers, n’est plus adapté aux réalités du pays. « Si la Constitution ne reflète plus les aspirations actuelles de la nation, il faut avoir le courage de la retailler », a-t-il déclaré.

Trois griefs majeurs

  • Une rédaction exogène, effectuée en Belgique
  • Une structure formelle précipitée et inachevée
  • Une inadéquation aux réalités sociales et politiques actuelles

Un contexte politique tendu
Cette intervention ravive un débat hautement sensible. L’opposition (Ensemble, Lamuka, FCC) accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Le chef de l’État a dénoncé l’article 217, qu’il présente comme une « vente de souveraineté », alimentant les soupçons.

Boshab, tout en appelant à une réflexion technique et évaluative, n’a pas dissipé les craintes politiques. Son intervention replace la question constitutionnelle au cœur du débat national, alors qu’elle était jusqu’ici éclipsée par la crise sécuritaire à l’Est.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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