Moins d’une semaine après leur retour sur Terre, les astronautes de la mission Artemis II de la Nasa ont tenu leur première conférence de presse, jeudi 16 avril 2026, à Houston. Après avoir survolé la Lune et s’être éloignés à plus de 400 000 kilomètres de la Terre — une distance record pour une mission habitée — ils ont confié ne pas avoir encore pris la mesure ni de leur exploit, ni de l’enthousiasme suscité auprès du public.
« C’est difficile de vraiment saisir ce que nous venons de vivre », confie Reid Wiseman, commandant de la mission depuis le centre de la Nasa à Houston. Six jours après son retour, l’astronaute explique « ne pas avoir encore eu le temps de réflexion » ni de « décompression » depuis l’amerrissage de leur vaisseau vendredi soir dans le Pacifique.
« Comme de la profondeur dans la galaxie »
« Cela fait une semaine qu’on est rentrés, mais une semaine de tests médicaux. On n’a pas pu décompresser, ni réfléchir. Par exemple, quand la Lune est passée devant le Soleil, je me suis tourné vers Victor, et je lui ai dit : « je ne pense pas que l’humanité ait suffisamment évolué pour qu’on puisse appréhender ce qu’on voit ». C’était irréel et incroyable ».
À ses côtés, ses compatriotes américains Victor Glover et Christina Koch et leur collègue canadien Jeremy Hansen, qui, lui aussi, a du mal à décrire la sensation. « Je n’ai pas encore trouvé les mots mais l’image qui revient, c’est qu’au travers du hublot, je voyais comme de la profondeur dans la galaxie. Je l’avais jamais réalisé avant. Je voyais cette profondeur. C’était pareil avec la Terre et la Lune. Cette perspective nous rend minuscule, infiniment. C’est ce que je vais essayer de partager, car ce sentiment revenait tout le temps. Petit et impuissant. Et pourtant, on était puissants tous ensemble ».
Publicité
À lire aussiArtémis II: les astronautes ont amerri dans le Pacifique
Base lunaire
De quoi envisager la suite. Une base lunaire projette la Nasa dont les missions Artemis posent les jalons et montrent que c’est possible. «L’inconnu fait peur. Mais à chaque fois qu’on remplissait un objectif, ça se passait bien. Ce n’était pas forcément facile, car il y a une tonne de travail derrière. Et on saura faire le travail pour rendre la suite faisable », indique Christina Koch.
Prochaine étape : la mission Artemis III, prévue dès l’an prochain, qui doit préparer le retour d’astronautes sur la surface lunaire, avant un alunissage en 2028, c’est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune.
RFI





