Le président de la Démocratie chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala, s’est prononcé en faveur d’un changement de la Constitution de la République démocratique du Congo, estimant que le texte fondamental adopté en 2006 ne répond plus aux réalités sécuritaires, géopolitiques et institutionnelles actuelles du pays.
Lors d’un point de presse organisé jeudi 22 mai à Kinshasa, l’opposant politique a développé une argumentation juridique et politique fondée sur la nécessité d’une « rupture constitutionnelle » qu’il considère comme adaptée au contexte actuel marqué par les conflits armés persistants dans l’Est de la RDC.
Selon lui, la Constitution du 18 février 2006 est issue d’un contexte historique précis, celui des accords de paix de Sun City et de Pretoria conclus après la deuxième guerre du Congo, dans une logique de partage du pouvoir et de stabilisation nationale.
« Cette rupture n’est pas nécessairement violente, mais elle doit être suffisamment profonde pour rendre l’ancien texte constitutionnel inapte à refléter le nouvel équilibre des forces politiques, la nouvelle conscience nationale et les nouvelles exigences de souveraineté », a expliqué Eugène Diomi Ndongala.
Pour le leader de la Démocratie chrétienne, la situation sécuritaire actuelle, notamment les affrontements dans l’Est du pays et les tensions avec le Rwanda autour de la crise du M23, auraient profondément modifié les équilibres qui avaient justifié l’adoption de la Constitution actuelle.
Il estime que la RDC traverse aujourd’hui une « rupture sécuritaire, territoriale et géopolitique » qui exigerait une adaptation profonde de ses institutions.
Dans son argumentaire, Diomi Ndongala évoque également une « évolution de la conscience nationale », particulièrement chez les jeunes générations, qu’il considère comme un élément pouvant justifier l’ouverture d’un nouveau processus constituant.
S’appuyant sur des références doctrinales du droit constitutionnel, notamment la théorie du juriste Hans Kelsen, il soutient qu’une transformation majeure des réalités politiques et nationales peut conduire à l’émergence d’un nouvel ordre constitutionnel.
L’ancien ministre plaide ainsi pour une révision globale des mécanismes institutionnels liés notamment à la défense nationale, à la gestion des ressources stratégiques, à la protection de l’intégrité territoriale et à la gouvernance sécuritaire.
« Le moment est venu de passer d’une Constitution de compromis post-guerre à une Constitution de souveraineté et de résilience », a-t-il affirmé.
Au-delà de la question constitutionnelle, Eugène Diomi Ndongala a également appelé le président Félix Tshisekedi à utiliser les mécanismes prévus par la Constitution actuelle, notamment l’article 85, pour faire face à la situation sécuritaire exceptionnelle que traverse le pays.
Le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Alors que certains acteurs politiques et sociaux défendent l’intangibilité de la Constitution de 2006, d’autres considèrent qu’une adaptation institutionnelle pourrait être nécessaire face aux défis sécuritaires et géopolitiques actuels.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





