Dix pays africains risquent d’être touchés par le virus Ebola, en plus de la République démocratique du Congo – épicentre de l’épidémie et de l’Ouganda, a mis en garde samedi 23 mai 2026 l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC).
L’Africa CDC a pris la parole, samedi 23 mai, lors d’une conférence de presse consacrée à la situation sanitaire en Afrique face à l’épidémie d’Ebola. À Kampala, en Ouganda, le président de l’organisation, Jean Kaseya, a prévenu : « Nous avons dix pays à risque ».
Dans le détail, ces pays sont le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie. Tous, à l’exception de l’Éthiopie, sont limitrophes de la République démocratique du Congo et/ou de l’Ouganda, déjà touchés.
En RDC, on compte désormais 867 cas suspects et 204 décès probablement causés par la maladie, selon un dernier bilan publié dans la soirée du samedi 23 mai par le ministère congolais de la Santé. Vendredi 22 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait, elle, rehaussé le niveau d’alerte sanitaire à « très élevé » dans le pays, tandis que plusieurs de ses voisins comme l’Ouganda et le Rwanda avaient pris des mesures de restrictions de voyage avec le territoire congolais. Cette épidémie d’Ebola, la 17e qui touche le pays, « est la deuxième plus importante que nous connaissons au monde en termes de nombre de cas après celle survenue en Afrique de l’Ouest. Lorsque cette épidémie a été déclarée, nous comptions déjà plus de 200 cas suspects : cela montre que l’ampleur de cette flambée est énorme », a également affirmé Jean Kaseya, pour qui « une réponse coordonnée urgente est essentielle ».
319 millions de dollars nécessaires pour répondre à cette épidémie
En Ouganda, le ministère de la Santé a lui indiqué, samedi 23 mai, que trois nouveaux cas du virus ont été confirmés, « ce qui porte le nombre total à cinq » cas. D’après les autorités sanitaires, les malades sont « un chauffeur ougandais qui transportait le premier cas confirmé dans le pays », ainsi qu’une « professionnelle de santé qui a été contaminée lors de soins » prodigués sur cette même personne. Ces deux personnes sont actuellement sous traitement. Le dernier cas est une Congolaise arrivée en Ouganda par avion.
Selon notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud, les ministères de la Santé ougandais, congolais et sud-soudanais ont adopté une feuille de route conjointe portant notamment sur le renforcement de la surveillance transfrontalière et des systèmes d’alerte, l’harmonisation des contrôles aux points d’entrées et du suivi de la mobilité des personnes, ainsi que la consolidation de la coordination régionale et de la gestion des incidents. « Nous mettons en place une seule équipe, un seul plan, un seul budget et un seul modèle de mise en œuvre, le tout placé sous la supervision de l’Équipe continentale d’assistance à la gestion des incidents (IMST) », s’est félicité à ce propos Jean Kaseya.
L’Africa CDC affirme que 319 millions de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins liés à cette épidémie d’Ebola, en majorité pour la RDC et l’Ouganda, mais aussi pour les pays à risque. Jean Kaseya a ajouté que 230 millions de promesses de financements ont déjà été enregistrés.
Ebola provoque une fièvre hémorragique meurtrière mais le virus, qui a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années, est moins contagieux que le Covid-19 ou la rougeole. En l’absence de vaccin et de traitement homologué contre la souche Bundibugyo du virus responsable de la flambée actuelle, les mesures pour tenter d’endiguer sa propagation reposent essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas
RFI





