Après les déclarations du cardinal Ambongo, des critiques visent le rôle social et politique de l’Église catholique en RDC

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Les récentes déclarations du cardinal Fridolin Ambongo, appelant les Congolais à se montrer méfiants envers la classe politique et affirmant que les évêques recherchent uniquement le bien du peuple, continuent de susciter des réactions contrastées au sein de l’opinion publique.

Si certains saluent la prise de position de l’archevêque de Kinshasa en faveur de la défense des intérêts de la population, d’autres estiment que l’Église catholique devrait également faire son autocritique sur son propre rôle dans les domaines social et éducatif.

Parmi les critiques exprimées, certains observateurs rappellent que l’Église catholique avait émis des réserves lors de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire, aujourd’hui considérée comme l’une des principales réformes sociales du pays. Ils estiment également que de nombreuses écoles conventionnées catholiques pratiquent des frais scolaires élevés, difficilement supportables pour une grande partie des familles congolaises.

Ces voix appellent le ministère de l’Éducation nationale à renforcer le contrôle des frais exigés dans les établissements conventionnés afin de garantir un meilleur accès à l’éducation, en particulier pour les ménages les plus modestes.

D’autres estiment que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) occupe désormais une place importante dans le débat politique national, parfois au détriment de son action sociale et pastorale. Selon eux, l’Église intervient régulièrement sur les questions institutionnelles, électorales et constitutionnelles, ce qui nourrit les critiques de ceux qui lui reprochent une implication croissante dans le champ politique.

À l’inverse, les responsables de la CENCO soutiennent que leurs prises de position relèvent de leur mission prophétique et de leur responsabilité morale face aux défis auxquels est confrontée la République démocratique du Congo. Ils affirment agir dans le respect de la doctrine sociale de l’Église et au nom de la défense de la dignité humaine, de la justice et du bien commun.

Ce débat illustre une nouvelle fois les divergences de perception sur le rôle que doivent jouer les institutions religieuses dans la vie publique congolaise, entre engagement citoyen, mission spirituelle et action sociale.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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