Le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) traverse une phase de blocage malgré les progrès diplomatiques enregistrés ces derniers mois. C’est l’analyse de Joshua Z. Walker, Associate Fellow au programme Afrique de Chatham House et Senior Fellow au Center on International Cooperation de l’Université de New York (NYU).
Intervenant lors d’un Space organisé lundi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le chercheur a estimé que l’implication accrue des États-Unis dans le dossier congolais s’explique par le renforcement des relations entre Kinshasa et Washington, notamment à travers l’Accord de Washington, le cadre d’intégration économique régionale et le partenariat stratégique conclu entre les deux pays.
Pour Joshua Z. Walker, la question n’est pas tant de savoir si le processus de paix est voué à l’échec, mais plutôt d’identifier les acquis obtenus et les obstacles qui empêchent sa progression.
Il considère que la signature de l’Accord de Washington constitue « une réussite, même imparfaite », tout en soulignant que la dynamique engagée s’est progressivement essoufflée.
Selon lui, le processus est aujourd’hui confronté à une véritable impasse, en raison notamment de l’absence de progrès significatifs dans les négociations menées à Doha et à Montreux, ainsi que de la mise en œuvre limitée des engagements pris par les différentes parties.
Le spécialiste relève en particulier le manque d’avancées concernant les opérations annoncées contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que la poursuite de la présence des forces rwandaises dans l’est de la RDC, deux questions qui demeurent au cœur des divergences entre Kinshasa et Kigali.
Joshua Z. Walker estime également que les médiateurs internationaux, notamment les États-Unis et le Qatar, ont revu à la baisse l’optimisme qui entourait les premières étapes du processus de paix. Il observe toutefois que les efforts diplomatiques continuent de se concentrer principalement sur Kigali, Washington exerçant, selon lui, une pression plus importante sur le Rwanda que sur les autorités congolaises.
Malgré ce ralentissement, l’analyste considère que les initiatives diplomatiques engagées restent importantes et qu’elles constituent une base sur laquelle les différents acteurs pourront s’appuyer pour relancer les discussions en vue d’un règlement durable de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Par Pascal Kabeya
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