L’opposant congolais Delly Sesanga affirme avoir été empêché de quitter la République démocratique du Congo, dimanche 28 juin 2026, à l’aéroport international de N’djili. Son passeport aurait été retenu par les services de la Direction générale de migration (DGM), qui lui auraient demandé de se présenter devant la Cour de cassation. Une décision contestée par l’intéressé, qui dénonce une violation de sa liberté de circulation, tandis que plusieurs personnalités politiques et organisations de défense des droits humains montent au créneau.
Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a déclaré avoir été empêché de quitter le territoire national ce dimanche 28 juin à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, alors qu’il devait se rendre à l’étranger.
Selon les informations relayées par le média Le Regard et confirmées par son entourage, les agents de la Direction générale de migration (DGM) lui auraient retiré son passeport et refusé l’embarquement. Les services compétents auraient justifié cette mesure par une invitation à comparaître devant la Cour de cassation.
L’opposant conteste cependant cette justification, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle.
« On m’a retiré mon passeport et on m’a refusé l’embarquement. Je n’ai jamais été notifié de quoi que ce soit. C’est une voie de fait exercée contre ma liberté d’aller et venir, garantie par la Constitution », a-t-il déclaré.
Delly Sesanga qualifie cette décision d’« arbitraire flagrant », estimant que les autorités judiciaires disposent de tous les moyens nécessaires pour le joindre sans recourir à une interdiction de sortie du territoire.
« Toutes mes adresses sont connues. La Cour de cassation ou toute autorité judiciaire sait comment m’atteindre », a-t-il ajouté.
L’affaire a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique. Le président de l’Alliance pour le Changement, Jean-Marc Kabund, a dénoncé une « grave violation des droits fondamentaux », affirmant que Delly Sesanga devait se rendre à l’étranger afin de recevoir des soins médicaux après les blessures par balles qu’il aurait subies lors de la répression d’un sit-in.
Selon lui, empêcher un opposant politique blessé d’accéder à des soins constitue un acte « inhumain et inacceptable ». Il a appelé les partenaires internationaux de la RDC, notamment les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine ainsi que les organisations de défense des droits humains, à réagir face à ce qu’il considère comme une multiplication des atteintes aux libertés publiques.
Les organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations. Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a estimé qu’empêcher une personne malade de se faire soigner à l’étranger constituait une violation grave des droits humains. Il a demandé la restitution du passeport de Delly Sesanga afin qu’il puisse bénéficier des soins nécessaires.
Pour sa part, Michel Mwika, coordonnateur du Cadre de concertation, considère que la rétention du passeport de l’opposant constitue une atteinte à la liberté de circulation garantie par l’article 30 de la Constitution, dénonçant ce qu’il qualifie de nouvelle dérive du pouvoir à l’égard des opposants politiques.
Au sein du parti Envol, les proches de Delly Sesanga dénoncent une mesure d’intimidation visant à réduire au silence une voix critique. Ils affirment qu’aucune convocation écrite ni décision judiciaire formelle ne lui avait été notifiée avant son interdiction de quitter le territoire.
À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances de cette mesure ni sur les motifs juridiques ayant conduit à la rétention du passeport de l’opposant. L’évolution du dossier reste suivie de près par les acteurs politiques et les observateurs de la vie publique congolaise.
Par Marius Bopenga
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