L’ancien ministre François Rubota a vivement critiqué la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et la Coalition Article 64 (C64), qu’il accuse de fragiliser la République démocratique du Congo en privilégiant la contestation politique à Kinshasa au détriment de la mobilisation contre la guerre dans l’Est du pays.
Dans une déclaration rendue publique, il estime que les initiatives de la C64, notamment les appels aux marches et aux sit-in contre le pouvoir en place, ainsi que les prises de position de la CENCO sur la situation politique, interviennent alors que, selon lui, « le Rwanda poursuit son projet de contrôle de certaines parties du territoire congolais ».
Pour François Rubota, les forces politiques et religieuses devraient concentrer leurs efforts sur la récupération des territoires occupés plutôt que sur les débats institutionnels.
« Pendant que le Rwanda, sous couvert de l’AFC/M23-Twigwaneho, parle de République fédérale du Congo, vous êtes dans les sit-in, les marches et les homélies au lieu de mobiliser les Congolais pour récupérer les territoires occupés », affirme-t-il.
Critiques contre la CENCO
L’ancien ministre reproche également à la CENCO de ne pas mettre suffisamment en avant les conséquences humanitaires de la guerre dans l’Est, notamment les victimes civiles, les violences sexuelles et les déplacements de populations.
Il évoque également l’assassinat des prêtres Koko et Ndogole à Kidote-Lemera, dans le territoire d’Uvira, en octobre 1996, estimant que l’Église devrait davantage honorer la mémoire de ses religieux tués lors des conflits dans l’Est du pays.
S’adressant directement au cardinal Fridolin Ambongo, François Rubota s’interroge sur l’évolution de son discours. Il rappelle qu’auparavant, le prélat avait appelé les acteurs politiques à s’unir autour du Président de la République pour faire face à la guerre, avant de s’opposer aujourd’hui au projet de révision constitutionnelle.
Selon lui, les divergences politiques actuelles risquent de détourner l’attention de l’agression dont la RDC se dit victime.
Des interrogations adressées à la C64
François Rubota invite également les responsables de la Coalition Article 64 à préciser leur stratégie concernant la guerre dans l’Est.
Il leur demande notamment comment ils entendent obtenir le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et mettre fin au conflit, estimant que la priorité nationale devrait rester la restauration de l’intégrité territoriale avant toute bataille politique.
Évoquant le report de la marche initialement prévue le 8 juillet, il remet également en question la capacité de mobilisation de la coalition, estimant que celle-ci devrait privilégier un débat démocratique plutôt que des actions de rue.
Un appel à privilégier l’unité nationale
Pour François Rubota, les tensions politiques internes risquent de profiter aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC et à leurs soutiens extérieurs. Il appelle ainsi les acteurs politiques, religieux et sociaux à faire de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale une priorité.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par de vives tensions autour du projet de révision de la Constitution, de la mobilisation annoncée par la Coalition Article 64 et de la poursuite des affrontements dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Par Pascal Kabeya
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