L’ère Deschamps s’est donc achevée sur un revers, mais aussi sur un feu d’artifice. Avec une équipe largement remaniée pour aborder cette petite finale du Mondial 2026, samedi 18 juillet à Miami, les Bleus sont passés tout proche d’une déroute totale… Avant retrouver leur maestria offensive et de transformer ce match de prime abord sans réel enjeu contre l’Angleterre en un spectacle grandiose pour les spectateurs du monde entier (4-6).
Le cauchemar de la demi-finale perdu contre l’Espagne s’est poursuivi face à l’Angleterre, lors d’un premier acte cataclysmique pour les Bleus, où peu de choses étaient à sauver côté français. Dès les premières minutes, les hommes de Deschamps ont été cueillis à froid par des Anglais bien plus percutants et n’ont jamais su se mettre à leur niveau.
Une passé latérale ratée de Désiré Doué au milieu de terrain a offert le ballon à Declan Rice, qui a pu se projeter tranquillement vers le but français avant de conclure, sans vraiment être gêné, par une frappe enroulée à droite de Maignan (3e, 0-1). Les Anglais se sont montrés impitoyables et ont continué de maltraiter leurs rivaux, si on peut dire, puisqu’une rivalité exige normalement de la combativité de chaque côté.

Car les Three Lions sont passés tout près de doubler la mise seulement dix minutes plus tard, quand Bukayo Saka a trouvé le petit filet opposé de Maignan (12e). Heureusement, l’attaquant d’Arsenal était bien hors-jeu au départ de l’action. Peu importe pour les joueurs de Tuchel, le break est venu un peu plus tard avec une tête croisée de Konsa sur corner (18e, 0-2). Les Bleus ont pourtant tenté de répondre pour éviter la déroute, mais rien n’y a fait. Dean Henderson s’est montré infranchissable en repoussant notamment la puissante frappe axiale de Cherki (11e) puis en plongeant pour détourner la tentative de Mbappé dans la surface (35e).
Le naufrage français ne faisait lui que commencer. Déjà la tête sous l’eau, les Bleus ont souffert face aux accélérations de Rashford sur le côté gauche, qui a notamment signé une frappe flottante joliment boxée par Maignan (33e). Et après une nouvelle percée en solitaire sur son aile, il a intelligemment patienté devant Maignan, sorti de son but, avant de servir Saka qui a conclu dans les filets (37e, 0-3). Le même Saka est venu s’offrir un doublé et couler un peu plus la France juste avant la mi-temps d’un tir du gauche (45e+1, 0-4).
Les Bleus proches de la remontada
Après une première mi-temps catastrophique, le capitaine français Kylian Mbappé est venu sonner la révolte et rendre à nouveau l’espoir possible dans ce match bien mal embarqué. À chaque fois parfaitement servi par Michael Olise, le meilleur buteur des Bleus est venu tromper Henderson à deux reprises (48e et 66e) et prendre seul la tête du classement des buteurs de cette Coupe du monde devant Lionel Messi avec 10 buts, et même de l’histoire de la compétition (22 buts) en attendant la finale entre l’Espagne et l’Argentine.
Bradley Barcola a également participé à la fête et relancé l’espoir sur une passe de son capitaine, qui l’a lancé en profondeur avant de le voir conclure d’un tir puissant au premier poteau (54e, 2-4). En grande difficulté pendant une heure, Maignan a également réalisé un bel arrêt sur sa ligne pour détourner une tête de Toney sur corner (59e).
Dans ce second acte aux antipodes du premier, les Français ont réagi comme il le fallait pour éviter une véritable humiliation. Ils auraient même pu égaliser à plusieurs reprises, mais Olise a malheureusement manqué de précision pour inscrire le quatrième but français (61e, 75e et 81e) et confirmer la déroute, à leur tour, des Anglais.
Saka est venu mettre fin à l’hémorragie en convertissant le pénalty concédé par Gusto, en souffrance dans ce match (87e, 3-5). Mais ce dernier match des Bleus du Mondial était décidément fou, et Dembélé a encore réduit l’écart (90e+6, 4-5) avant que Bellingham ne marque à son tour au bout du temps additionnel (90e+8, 4-6) pour conclure un match sans enjeu mais qui aura sans doute plu aux spectateurs du monde entier.
« Au moins ça ressemble à quelque chose même si la défaite fait mal », s’est consolé Didier Deschamps, qui quitte la tête de la sélection sur une quatrième place décevante, mais se montre optimiste pour l’avenir des Bleus : « Il y a pas mal de jeunes qui passeront encore les échelons et il y a vraiment le matériel pour continuer à avoir de très bons résultats ».
Valentin BERG





