Dialogue national : une ordonnance de Félix Tshisekedi fixera les modalités de l’organisation, annonce Patrick Muyaya

6 views

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé l’ouverture prochaine d’un dialogue national inclusif et résolument républicain, à l’issue de la rencontre qu’il a tenue, vendredi 17 juillet 2026, avec les représentants des principales confessions religieuses de la République démocratique du Congo.

Dans la foulée de cette annonce, le ministre de la Communication et Médias, également porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué qu’une ordonnance présidentielle viendra prochainement fixer le cadre juridique, les modalités ainsi que les mécanismes d’organisation de ce dialogue, réclamé depuis plusieurs mois par une partie de la classe politique et de la société civile.

« Le Président de la République, garant de la Nation en vertu de l’article 69 de la Constitution, agit à ce titre. Dans les jours qui viennent, il prendra une ordonnance qui fixera les termes et les détails de l’organisation de ce dialogue. C’est lui-même qui sera à la manœuvre pour son organisation, avec l’appui notamment des chefs des confessions religieuses, afin de construire cette cohésion en réunissant les Congolais et les Congolaises animés par la volonté de mettre fin à l’agression et de renforcer l’unité nationale », a déclaré Patrick Muyaya.

Un dialogue dans un contexte de fortes tensions

L’annonce du Chef de l’État intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, l’opposition, des organisations de la société civile ainsi que plusieurs acteurs religieux plaident en faveur d’un dialogue national destiné à favoriser un consensus sur les grandes questions qui divisent le pays.

Parmi ces sujets figurent notamment la persistance de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, où Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que les débats suscités par une éventuelle réforme de la Constitution.

L’opposition reproche au pouvoir de vouloir modifier la Loi fondamentale afin de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats. Des accusations que la majorité présidentielle continue de rejeter.

Le dialogue national ne suspend pas les processus de paix

Patrick Muyaya a également tenu à rassurer sur les conséquences de cette initiative concernant les différents processus diplomatiques en cours.

Interrogé sur un éventuel arrêt du processus de Doha, conduit sous la médiation du Qatar entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23, le porte-parole du Gouvernement a affirmé que le dialogue national ne remet nullement en cause les négociations déjà engagées.

« Ce n’est pas suspensif. Nous sommes dans un dialogue avec le père à Washington et avec le fils à Doha. Ceux avec qui nous discutons à Doha sont des supplétifs. Ils ne peuvent pas décider sans le Rwanda. Quoi qu’il en soit, il existe un protocole d’accord ainsi qu’un accord-cadre. Les discussions ont d’ailleurs été relancées à Montreux », a expliqué Patrick Muyaya.

Selon lui, les processus de Washington, qui concernent les relations entre Kinshasa et Kigali, et de Doha, consacré aux discussions avec l’AFC/M23, demeurent complémentaires et évoluent parallèlement.

Des avancées annoncées sur le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers

Le porte-parole du Gouvernement a également évoqué plusieurs progrès enregistrés dans la mise en œuvre des engagements issus des négociations.

Il a notamment confirmé le déploiement d’une mission chargée d’installer le mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu.

« Au moment où nous parlons, certains de nos officiers se trouvent à Goma dans le cadre de cette mission chargée de mettre en place le mécanisme de vérification du cessez-le-feu. Il y a également des prisonniers déjà à Beni qui attendent, du côté ougandais, l’application du protocole Ebola afin de rejoindre Goma dans le cadre des échanges de prisonniers », a-t-il précisé.

Patrick Muyaya a assuré que des progrès étaient également enregistrés dans le cadre du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JMS) prévu par l’Accord de Washington.

Des négociations toujours confrontées à de nombreux obstacles

Malgré ces avancées, le processus de Doha continue de se heurter à d’importantes difficultés.

Après plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et l’AFC/M23 peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de désaccord. Les pourparlers organisés à Montreux, en Suisse, n’ont pas permis de déboucher sur des résultats décisifs, tandis que les engagements pris restent encore largement inachevés.

À cela s’ajoute la poursuite des affrontements dans l’est du pays, où la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, continue de consolider ses positions militaires.

Une initiative soutenue par plusieurs dirigeants de la région

L’annonce du dialogue national intervient également après une série de consultations diplomatiques menées par le Chef de l’État avec plusieurs dirigeants africains, notamment au Burundi, en République du Congo et en Angola.

Au cours de ces échanges, les chefs d’État de la région ont insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion nationale afin de permettre à la République démocratique du Congo de faire face à l’agression dont elle se dit victime, de préserver son intégrité territoriale et de créer les conditions d’une paix durable.

L’ordonnance présidentielle attendue dans les prochains jours devrait préciser la composition, les modalités de participation, les objectifs ainsi que le calendrier de ce dialogue national inclusif, appelé à ouvrir une nouvelle séquence politique dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et institutionnels.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

14 Vues