Le sommet tant attendu entre Joe Biden et Xi Jinping en Californie s’est achevé mercredi sur de « vrais progrès », selon le président américain qui veut « s’assurer que la rivalité ne dégénère pas en conflit ».
Les deux hommes, renouant après un silence d’un an, ont passé au total quatre heures ensemble, entre réunion, déjeuner de travail et même une courte promenade, de quoi offrir à la presse une image d’apaisement. Les deux dirigeants ont fait de « vrais progrès » face aux « défis mondiaux », a assuré Joe Biden sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Le président américain avait appelé, dans un court propos introductif face à la presse au début de la réunion, à gérer la rivalité de manière « responsable ». Xi Jinping, qui a mis en garde contre les conséquences « insupportables » d’une confrontation, a lui estimé, selon une traduction en anglais, que la Chine et les États-Unis ne pouvaient pas se « tourner le dos ».
I’ve just concluded a day of meetings with President Xi, and I believe they were some of the most constructive and productive discussions we’ve had.
We built on groundwork laid over the past several months of diplomacy between our countries and made important progress. pic.twitter.com/0RT1q0FZHr
« La planète est assez grande pour que nos deux pays prospèrent », a-t-il assuré, alors que Washington et Pékin se livrent une concurrence féroce, qu’elle soit économique, technologique, stratégique ou militaire. « Nos rencontres ont toujours été franches, directes et utiles », a assuré le démocrate de 80 ans, qui avait rencontré Xi Jinping plusieurs fois avant de devenir président, et qui se targue de particulièrement bien le cerner. « Je crois fermement en un avenir prometteur pour la relation bilatérale », a dit Xi Jinping, tout en mettant en garde contre toute tentation, pour les États-Unis, de « remodeler » la Chine.
Première conséquence de cette reprise du dialogue, les deux chefs d’État se sont mis d’accord pour reprendre les communications militaires de haut niveau, a rapporté un média d’État de Pékin jeudi. « Le président chinois Xi Jinping et le président des États-Unis Joe Biden se sont mis d’accord mercredi pour reprendre les communications militaires de haut niveau sur la base de l’égalité et du respect », a écrit l’agence de presse Chine nouvelle. Ils se sont également entendu pour instaurer des discussions gouvernementales conjointes sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, et établir un groupe de travail sur la coopération en matière de lutte contre les stupéfiants lors du sommet californien, a indiqué l’agence chinoise.
Je me réjouis des pas positifs que nous avons fait aujourd’hui. Et il important que le monde voie que nous mettons en pratique une approche dans la meilleure tradition de la diplomatie américaine. Nous parlons à nos concurrents et ces discussions directes permettent de lever les incompréhensions. Cette une clé pour maintenir la stabilité globale et pour servir le peuple américain. Dans les mois qui viennent, nous allons préserver et poursuivre la diplomatie de haut niveau avec la Chine dans les deux sens, pour garder ouvertes les lignes de communication. Y compris entre le président Xi et moi. Nous sommes mis d’accord pour que si l’un d’entre nous voulait parler à l’autre, il décrocherait son téléphone et nous nous parlerions immédiatement
Joe Biden, président des Etats-Unis
Joe Biden a assuré que les deux hommes pourraient décrocher leur téléphone et se parler « directement et immédiatement » en cas de crise. Car la réunion, destinée à donner une impression de sérénité retrouvée n’a évidemment résolu aucun différend de fond, en particulier concernant Taïwan.
Blocage sur le dossier taïwanais
Joe Biden, en campagne pour un second mandat, et Xi Jinping, confronté à une situation économique et sociale dégradée en Chine, ont au fond intérêt à ce que la rivalité reste sous contrôle au fil d’une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec des élections présidentielles aux États-Unis et à Taïwan.
Le statut de l’île, dont Pékin revendique la souveraineté et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central. Mercredi, Joe Biden a demandé à Xi de « respecter le processus électoral » sur l’île, d’après un haut responsable américain. Le président chinois a de son côté exhorté Biden à « cesser d’armer Taïwan» en parlant d’une réunification « inévitable », selon une source de la diplomatie chinoise
Washington demande aussi à la Chine, proche partenaire de l’Iran et de la Russie, de ne pas envenimer les grandes crises internationales: le conflit entre Israël et le Hamas ainsi que la guerre en Ukraine.
Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping vont se retrouver en tête-à-tête, mercredi, près de San Francisco en marge du sommet de l’Apec. Les deux hommes souhaitent montrer que la rivalité entre leurs deux pays reste sous contrôle.
La réunion ne débouchera peut-être sur rien de concret, et ce n’est pas grave : pour Joe Biden et Xi Jinping, l’essentiel, mercredi 15 novembre, sera d’assurer que la relation sino-américaine, tendue à l’extrême, reste sous contrôle.
Le président américain doit s’entretenir avec son homologue pendant plusieurs heures, à proximité de San Francisco, en Californie, en marge d’un sommet de l’Apec, la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique.
Selon Voice of America, la rencontre, prévue à 18 h 45 GMT, se déroulera dans un domaine huppé et bucolique, à une quarantaine de kilomètres du fameux pont du Golden Gate.
« Le président Xi est un autre exemple de la manière dont le rétablissement du leadership américain dans le monde est en train de s’imposer. Ils ont de vrais problèmes », a affirmé Joe Biden lors d’une collecte de fonds, la veille de son entretien avec son homologue chinois.
Pas de « découplage »
Juste avant ce tête-à-tête, le second en personne depuis l’élection du démocrate de 80 ans, le ton se voulait pourtant conciliant. « Nous n’essayons pas de nous découpler de la Chine », a assuré, mardi, Joe Biden, pour qui l’objectif est d’ « être capables de prendre le téléphone et de se parler s’il y a une crise ». « Nous nous opposons à une définition des relations sino-américaines en termes de concurrence », a même dit une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères .
Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis plusieurs années, avaient discuté pendant trois heures en marge d’un sommet du G20, en Indonésie, il y a un an. La relation a depuis tourné à l’aigre, en particulier avec le survol du territoire américain par un ballon chinois en début d’année. Joe Biden a irrité Pékin en soulignant en février les « énormes problèmes » que rencontre, selon lui, la Chine au plan économique.
Une stratégie d' »encerclement »
En mars, Xi Jinping a critiqué, avec une virulence rare, une stratégie américaine d' »encerclement » alors que Washington muscle ses alliances en Asie-Pacifique. La Chine dénonce les sanctions que lui imposent les États-Unis dans le domaine technologique, tandis que Washington s’insurge contre les actions « provocatrices » de Pékin en mer de Chine méridionale.
Même la fameuse « diplomatie du panda » a fait les frais du coup de froid : le 8 novembre, les trois pandas géants du zoo de Washington sont repartis pour la Chine, signant la fin d’une pratique animalo-diplomatique débutée en 1972.
Le ton entre Washington et Pékin s’est toutefois suffisamment radouci à l’été pour permettre l’organisation du face-à-face californien.
Israël, Ukraine
Joe Biden « veut s’assurer que nous gérons cette relation bilatérale tellement importante de la manière la plus responsable possible », a dit, mardi, un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby.
Surtout avant une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec une élection présidentielle à Taïwan, et aux États-Unis – à laquelle Joe Biden se présente. Le statut de l’île, dont Pékin revendique la souveraineté, et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central.
Les États-Unis demandent aussi à la Chine de ne pas envenimer les grandes crises internationales, et en particulier la guerre entre Israël et le Hamas, que Joe Biden ne veut surtout pas voir s’étendre. « Ils ont dans la région des lignes de communication que nous n’avons pas », a dit John Kirby, en référence à la relation entre Pékin et l’Iran.
Pour ce qui concerne l’Ukraine, les États-Unis n’escomptent certes pas que la Chine coupe les ponts avec la Russie, mais espèrent au moins qu’elle s’abstienne de lui livrer des armes.
Un groupe de travail sur l’action commune pour le climat
Mardi, à la veille de la rencontre entre les deux hommes, la Chine et les États-Unis ont annoncé la prochaine création d’un groupe de travail sur la coopération en matière climatique, à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat (COP28).
Ce groupe de travail se concentrera sur « la transition énergétique, le méthane, l’économie circulaire et l’efficacité des ressources, les provinces/États et villes à faible émission de carbone et durables, et la déforestation », ont indiqué dans une déclaration commune les médias d’État chinois et le département d’État américain. Les membres du groupe mèneront « un dialogue et une coopération afin d’accélérer les actions concrètes en faveur du climat », selon le texte.
Joe Biden est arrivé ce mercredi matin en Israël, quelques heures après la frappe meurtrière sur un hôpital de Gaza. Des centaines de civils tués et les deux camps qui se renvoient la responsabilité de ce drame supplémentaire. C’est dans ce contexte que le président américain a été accueilli par Benyamin Netanyahu. Une visite pour apporter son soutien à Israël.
Dès son arrivée, le président américain a dit que s’il a tenu à faire le déplacement, c’est pour montrer le soutien inconditionnel des États-Unis à l’État d’Israël : « J’ai voulu être ici aujourd’hui pour une raison simple : pour que le peuple israélien et le monde entier sachent de quel côté nous sommes. »
Au nom du peuple américain, il a présenté ses condoléances à Benyamin Netanyahu et s’est lancé dans une comparaison osée entre le Hamas et le groupe État islamique : « Ils ont commis des atrocités qui d’une certaine manière font passer le groupe État islamique pour une organisation plus équilibrée. »
Joe Biden ajoute qu’Israël doit répliquer à l’attaque du Hamas et que les États-Unis vont continuer de fournir à l’État hébreu les moyens de se défendre. Et Joe Biden de prendre position sur le sujet qui a embrasé le Proche-Orient depuis hier soir, l’explosion qui a causé la mort de plusieurs centaines de personnes à l’hôpital de Gaza : « Je suis profondément attristé et meurtri par l’explosion survenue à l’hôpital de Gaza hier… D’après ce que j’ai pu voir, il semble qu’elle ait été causée par les gars d’en face, pas par vous. » Impossible de savoir si les services de renseignement américains ont vérifié ces informations ou si le président américain se fonde seulement sur les éléments fournis par les services de renseignement israéliens.
L’armée israélienne dément toute implication. Ce mercredi matin, son porte-parole s’est présenté devant les journalistes, carte satellite à la main. Il avance que l’explosion n’a pas causé de dommages aux bâtiments voisins de l’hôpital et qu’aucun cratère pouvant être associé aux traces d’une frappe aérienne n’a selon lui été repéré sur le site du drame. D’après lui, si le Hamas a si vite désigné Israël comme responsable, c’est que sa communication était préparée. Il répète que les services de renseignement israéliens auraient des preuves liant la déflagration au défaut d’une roquette tirée par le Jihad islamique, une faction palestinienne, qui aurait causé le drame.
Le bilan, encore provisoire, est lui aussi controversé. Le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas estime qu’au moins 500 personnes ont été tuées, en majorité des femmes et des enfants, et qu’un nombre de corps très important reste enseveli sous les décombres. Car cet hôpital situé dans le centre de Gaza et chapeauté par l’Église épiscopale de Jérusalem hébergeait des milliers de Palestiniens cherchant à fuir les bombardements massifs qui visent l’enclave depuis une dizaine de jours. L’État hébreu rétorque que ces chiffres sont exagérés. Une cérémonie mortuaire est prévue aujourd’hui en hommage aux victimes de l’explosion.
Une visite sous haute sécurité
Ce que veut à tout prix éviter le Secret Service, c’est ce qui est arrivé à Olaf Scholz mardi. Le chancelier allemand venait d’embarquer à bord de son avion à l’aéroport de Tel-Aviv pour rentrer à Berlin quand une alerte aérienne a retenti. Olaf Scholz, ses conseillers et les médias qui l’accompagnaient ont dû sortir au plus vite de l’appareil. Certains journalistes ont filmé la scène : on les voit se coucher sur le tarmac de l’aéroport pendant que le système de défense israélien neutralise un tir de roquette. Olaf Scholz lui a été évacué dans un abri et tout le monde a pu décoller quelques minutes plus tard.
Pour Joe Biden, l’atterrissage s’est bien passé. Son avion est l’un des plus sécurisés au monde, son service de sécurité s’est préparé à cette visite. Et ses déplacements seront limités. Le président américain n’est censé rester que quelques heures en Israël. Il ne dort pas sur place, ce qui facilite sa protection. Son programme est tenu secret. Et selon certains experts cités par le Washington Post, sa visite à Kiev en février dernier était beaucoup plus dangereuse au vu des capacités militaires de la Russie.
Le président américain Joe Biden a rencontré lundi le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants Kevin McCarthy afin de trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette. La discussion a été « productive » mais n’a pas permis de trouver de solution dans l’immédiat, alors qu’un défaut de paiement des États-Unis se profile dans un peu plus d’une semaine.
J-10. Alors que plane la menace d’un défaut de paiement américain, Joe Biden et le chef de l’opposition Kevin McCarthy ont voulu croire lundi 22 mai à une sortie de crise, mais leurs désaccords ne sont pas encore surmontés.
« Je viens d’achever une réunion productive » avec le patron républicain de la Chambre des représentants, a indiqué le président américain dans un communiqué, appelant à négocier « de bonne foi » pour trouver un compromis budgétaire. Joe Biden a reconnu la persistance de « différends » que les équipes des deux hommes vont devoir aplanir, en très peu de temps.
La secrétaire au Trésor Janet Yellen a bien rappelé les enjeux de la rencontre en soulignant lundi, une nouvelle fois, qu’il était « très probable » que les États-Unis se retrouvent à court d’argent public après le 1er juin.
Le président américain a assuré, en recevant le patron de la Chambre des représentants dans le Bureau ovale, qu’il était « optimiste » quant à la possibilité d’une « avancée » à l’issue de la réunion.
« Nous n’avons pas d’accord mais une discussion productive dans les domaines où nous avons des différences d’opinion », a estimé Kevin McCarthy à la sortie de la rencontre. « Je pense que le ton ce soir était meilleur que toutes les fois précédentes », a-t-il ajouté, mais « nous avons toujours des différences philosophiques ».
Les deux hommes, qui se sont déjà vus deux fois en deux semaines avec d’autres dirigeants parlementaires, se retrouvaient cette fois en tête-à-tête. Cette rencontre au sommet visait à relancer les discussions au niveau des équipes de conseillers, qui avaient franchement viré à l’aigre ce week-end, en l’absence de Joe Biden.
Le démocrate de 80 ans, rentré dimanche du sommet du G7 au Japon, avait au départ prévu de prolonger sa tournée diplomatique en Océanie, mais l’imbroglio politico-budgétaire à Washington l’a forcé à écourter son voyage.
Un « plafond de la dette » supérieur à 31 000 milliards de dollars
Pour lever le risque d’une banqueroute, il faut que le Congrès – le Sénat tenu par les démocrates et la Chambre à majorité républicaine – vote pour relever le plafond maximal d’endettement public autorisé. Les républicains exigent, pour donner leur feu vert, une forte réduction des dépenses publiques. Joe Biden, qui fait campagne pour sa réélection en 2024 sur une promesse de justice sociale, s’y oppose.
Interrogé sur CNN avant la rencontre, Kevin McCarthy s’était voulu plutôt optimiste, assurant que « ce que nous aurons négocié sera vu par une majorité des républicains comme la bonne solution pour nous remettre sur le droit chemin ». Le président américain a lui dit lundi qu’il était certes favorable à une réduction du déficit, mais qu’il fallait « s’intéresser aux niches fiscales et assurer que les riches paient leur juste part » d’impôts.
Le « plafond de la dette », supérieur à 31 000 milliards de dollars – un record dans le monde – a été atteint il y a plusieurs mois, mais le gouvernement fédéral a jusqu’ici géré la situation par des arbitrages comptables.
En cas de défaut de paiement, les États-Unis ne seraient plus capables de rembourser les porteurs de bons du Trésor, ce placement roi de la finance mondiale. Le gouvernement ne pourrait plus non plus payer certains salaires de fonctionnaires, ni retraites d’anciens combattants, entre autres. Les conséquences pour l’économie américaine et mondiale seraient catastrophiques, avertissent nombre d’économistes.
Qui va « plier » ?
Alors, qui flanchera le premier ? Le président américain, qui sait bien qu’une récession, quelle qu’en soit la genèse politique, compromettrait ses chances de réélection ? Ou Kevin McCarthy, dont le poste dépend d’une poignée d’élus radicaux, qui l’appellent – comme l’ancien président Donald Trump – à ne pas « plier » ?
L’aile gauche du Parti démocrate pousse quant à elle Joe Biden à passer en force en invoquant le 14e amendement de la Constitution américaine, qui interdit de « remettre en question » la solvabilité de la première puissance mondiale.
Dans ce cas, le gouvernement émettrait de nouveaux emprunts, comme si le plafond de la dette n’existait pas. Cette stratégie est toutefois lourde de dangers juridiques, surtout lorsque l’on fait face comme Joe Biden à une Cour suprême fermement ancrée à droite.
près la faillite de la banque Silicon Valley Bank, le président américain a assuré, lundi, que le système bancaire américain est « solide ». Joe Biden a aussi soutenu que les contribuables ne seront pas responsables des pertes, et a appelé le Congrès à « renforcer » la régulation du secteur. Les institutions bancaires américaines ont, quant à elles, annoncé qu’elles allaient permettre aux clients de retirer l’intégralité de leurs dépôts. Une décision hors norme.
Les Américains peuvent « avoir confiance » en un système bancaire « solide ». Ce sont les mots qu’a employés Joe Biden, lundi 13 mars à la mi-journée, réagissant à la faillite de la banque californienne Silicon Valley Bank (SVB). « Nous ne nous arrêterons pas là » et « nous ferons tout ce qui est nécessaire », a-t-il assuré, après que les autorités américaines ont mis sous tutelle cet établissement proche des milieux technologiques et sont intervenus en toute hâte face à la faillite de deux plus petites banques.
Le président américain, qui a aussi appelé le Congrès à « renforcer » la régulation du secteur, est allé dans le même sens que plusieurs institution bancaires américaines en affirmant que les contribuables ne seront pas responsables des pertes de la SVB.
Ces annonces n’ont, toutefois, pas empêché Wall Street d’ouvrir en baisse lundi matin, avec plusieurs banques régionales qui s’effondraient. Dans les premiers échanges, l’indice élargi S&P 500 perdait 1,08 %. Les marchés financiers tanguaient fortement, rongés par les risques de contagion dans le secteur bancaire mondial : la banque californienne First Republic, qui a lâché 30 % en deux séances, se dirigeait vers une chute de 60 % à l’ouverture, la Western Alliance de près de 50 %.
En Europe aussi, les indices vedettes des principales places souffraient, avec des baisses allant de 2 à 3 % voire au-delà pour les principaux indices, et les valeurs bancaires encaissaient de fortes baisses.
Le Trésor, la Réserve fédérale et l’Agence de garantie des dépôts ont annoncé dimanche, suivies par leurs homologues britanniques, des mesures pour protéger les dépôts de la SVB, et rassurer les particuliers comme les entreprises.
Les autorités américaines vont notamment garantir le retrait de l’intégralité des dépôts de la banque en faillite, et permettre l’accès à tous les dépôts d’un autre établissement, Signature Bank, fermé d’office par le régulateur, à la surprise générale, selon un communiqué.
La Réserve fédérale (Fed) – la banque centrale américaine – s’est également engagée à prêter les fonds nécessaires à d’autres banques qui en auraient besoin pour honorer les demandes de retraits de leurs clients. Ces mesures ont été prises conjointement par la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, la Fed et l’Agence de garantie des dépôts (FDIC), après consultation avec le président américain.
« Pas de risque significatif » de contagion en Europe
La faillite des deux banques américaines SVB et Signature Bank ne représente « pas un risque significatif » pour le système financier européen, a estimé, lundi, le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni. « Il n’y a pas de contagion directe et la possibilité d’un impact indirect est quelque chose que nous devons surveiller mais pour le moment nous ne voyons pas de risque significatif », a-t-il déclaré à Bruxelles, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro.
La faillite de deux banques américaines, SVB et Signature Bank, ne met pas en danger les banques françaises, a assuré de son côté le ministre de l’Économie française, Bruno Le Maire, interrogé lundi matin sur Franceinfo. « Je ne vois pas de risque de contagion, donc il n’y pas d’alerte spécifique », a-t-il déclaré.
« Nous avons des banques qui sont solides », « un système bancaire qui est solide » et « un ratio de liquidités qui est élevé », a affirmé le ministre, ajoutant que les établissements bancaires français avaient « des secteurs d’activité très diversifiés ». Les banques françaises « ne sont pas exposées à un seul secteur d’activité » à l’instar de la Silicon Valley Bank, qui était presque exclusivement exposée au secteur des nouvelles technologies, a souligné le ministre français.
Les banques françaises « ne sont pas exposées » à la faillite de la SVB, a affirmé lundi après-midi à l’AFP une porte-parole de la Banque de France, confirmant une information du journal Le Parisien.
Même son de cloche en Allemagne. La faillite de la banque SVB aux États-Unis ne constitue « pas une menace pour la stabilité financière » en Allemagne, a assuré le superviseur bancaire allemand Bafin. La branche a toutefois ordonné le gel des activités de la succursale allemande de SVB, basée à Francfort, en raison du « risque pesant sur l’exécution des obligations envers ses créanciers ».
La branche britannique de la SVB vendue à HSBC
Londres a, pour sa part, annoncé lundi que la branche britannique de SVB avait été vendue à HSBC, qui a précisé l’avoir acquise pour une livre symbolique. « Silicon Valley Bank (UK) a été vendue aujourd’hui à HSBC. (…) Les clients de SVB UK pourront accéder à leurs dépôts et leurs services bancaires normalement à partir d’aujourd’hui », ajoute le Trésor britannique dans sa déclaration.
Les autorités financières britanniques ont agi dans l’urgence tout le week-end, après l’annonce des déboires de SVB, afin de rassurer les marchés et tenter de limiter les dégâts pour le secteur de la technologie – pour ce dernier, cette faillite pose un « risque sérieux », a admis le ministre britannique des Finances, Jeremy Hunt.
Ces mesures déployées par les autorités américaines témoignent des turbulences qui menacent le système bancaire, perturbé par le resserrement monétaire de la Fed à marche forcée. Ces relèvements de taux d’intérêt ont notamment incité des clients à placer leur argent dans des produits financiers mieux rémunérés que les comptes courants et ont bousculé le secteur des nouvelles technologies, gourmand en cash.
La vague de retraits bancaires qui a suivi a provoqué la défaillance de trois banques la semaine dernière: SVB, Signature Bank mais aussi Silvergate Bank, plus petite mais connue pour ses liens privilégiés avec le milieu des cryptomonnaies.
L’établissement new-yorkais Signature Bank est la 21e banque américaine, avec des actifs estimés par la Fed à 110 milliards de dollars fin 2022. Sa défaillance est la troisième plus importante de l’histoire des États-Unis, derrière SVB et Washington Mutual en 2008.
« Demander des comptes »
Le président américain s’est dit « fermement déterminé à demander des comptes aux responsables de ce gâchis ». La solution annoncée dimanche protège les déposants, mais les actionnaires de SVB et Signature Bank « vont tout perdre », a souligné le responsable de la Fed.
Joe Biden a assuré que « le peuple américain et les entreprises américaines (pouvaient) avoir confiance dans le fait que leurs dépôts bancaires seront là lorsqu’ils en auront besoin ».
Parallèlement, les autorités américaines ont mis aux enchères SVB avec l’objectif de trouver un repreneur au plus vite.
Cette course contre la montre rappelle le week-end des 13 et 14 septembre 2008. Les autorités américaines avaient échoué à trouver un repreneur pour Lehman Brothers et refusé d’intervenir, poussant la banque au dépôt de bilan, avec des conséquences dramatiques pour le secteur financier et l’économie tout entière.
Outre la stabilité du système bancaire, beaucoup se disaient préoccupés par les répercussions de la faillite de SVB sur le secteur technologique, américain, mais aussi au-delà. SVB se targuait d’avoir pour clients « près de la moitié » des entreprises technologiques et des sciences du vivant financées par des investisseurs américains.
Le président Joe Biden a signé, mardi, un texte qui abroge des législations antérieures définissant le mariage comme une union entre un homme et une femme. Et interdit aux agents d’état civil – quel que soit l’État dans lequel ils travaillent – de discriminer les couples « en raison de leur sexe, race, ethnicité ou origine ».
« Love is love » : Joe Biden, qui avait depuis longtemps épousé la cause du mariage homosexuel, a signé, mardi 13 décembre, à la Maison Blanche, devant des milliers d’invités et dans une ambiance de fête, un texte protégeant l’union de personnes du même sexe dans l’ensemble des États-Unis.
En promulguant cette loi, le président américain a salué « une avancée cruciale vers l’égalité, la liberté et la justice, pas seulement pour quelques-uns mais pour tout le monde ».
Il s’agissait d’un moment particulier pour le président américain, qui, en 2012, avait marqué les esprits en se disant publiquement favorable au mariage pour toutes et tous alors qu’il était vice-président de Barack Obama. C’en était aussi un pour la vice-présidente, Kamala Harris, et la patronne de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, également présentes, et engagées de longue date pour la défense des droits des personnes LGBT+.
Lady Gaga et Cindy Lauper
La loi « est un coup porté à la haine dans toutes ses formes », a dit le démocrate de 80 ans, ses lunettes de soleil favorites sur le nez, dans le froid et le soleil.
« C’est une chose quand la Cour suprême prononce un jugement, c’en est une autre quand les représentants élus du peuple votent au Congrès pour dire haut et fort : l’amour est l’amour », a-t-il dit sous les acclamations d’une foule de 5 300 personnes nullement refroidies par les températures très fraîches. Cette expression est devenue un slogan emblématique du combat pour le mariage homosexuel.
Today, I signed the Respect for Marriage Act into law.
We are reaffirming a fundamental truth: Love is love, and Americans should have the right to marry the person they love.
Le président s’est ensuite installé pour signer le texte. Alors qu’il tendait son stylo, en signe de remerciement, à Kamala Harris, un tube de Lady Gaga, « Born this way » (« Né comme ça »), a été diffusé à plein volume tandis que la Maison Blanche s’illuminait aux couleurs de l’arc-en-ciel.
La cérémonie, résolument festive, a mêlé une apparition de Cindy Lauper pour sa chanson « True Colors », avec le témoignage de deux lesbiennes, Gina et Heidi Nortonsmith, qui ont porté un combat précurseur devant les tribunaux pour faire reconnaître leur union et leur famille.
Le moment était aussi, évidemment, politique : on a vu Joe Biden donner l’accolade au secrétaire d’État aux Transports, Pete Buttigieg, premier ministre ouvertement homosexuel jamais confirmé par le Sénat américain, et bavarder avec la sénatrice bisexuelle Kyrsten Sinema – qui vient de claquer la porte du Parti démocrate.
Starting today, millions of American families will know that our marriages are protected — not just by a margin of one on the Supreme Court but by American law. pic.twitter.com/cGrBaSAd87
Les unions entre personnes de même sexe sont garanties par la Cour suprême des États-Unis depuis 2015. Mais après la volte-face historique de la Haute Cour sur l’avortement en juin, nombre de progressistes craignent que ce droit ne soit lui aussi détricoté.
La loi promulguée mardi abroge des législations antérieures définissant le mariage comme une union entre un homme et une femme. Et interdit aux agents d’état civil – quel que soit l’État dans lequel ils travaillent – de discriminer les couples « en raison de leur sexe, race, ethnicité ou origine ».
Elle a été votée au Congrès par l’ensemble des élus démocrates et 39 républicains, tandis que 169 membres du parti conservateur s’y sont opposés. Une large majorité d’Américains soutiennent le mariage entre personnes de même sexe, y compris dans les rangs républicains. Mais la droite religieuse y reste majoritairement opposée.
La Maison Blanche a souligné avec insistance que le président américain avait été l’un des premiers responsables politiques à soutenir, au sommet de l’État, le mariage homosexuel. Jusqu’à diffuser, pendant la cérémonie de signature, un passage devenu célèbre d’une interview télévisée de Joe Biden, alors vice-président, en 2012.
Il avait alors, d’une certaine manière, grillé la politesse à Barack Obama en se disant publiquement favorable au mariage homosexuel, alors que la Maison Blanche cherchait encore la meilleure manière d’officialiser la position du président démocrate, qui lançait alors sa campagne pour un second mandat. « Il s’agit d’une question simple : qui aimez-vous ? Qui aimez-vous et serez-vous fidèle à la personne que vous aimez ? », avait dit Joe Biden, qui a repris exactement la même formule mardi, bouclant la boucle.
C’était le point d’orgue protocolaire de la visite d’Emmanuel Macron à Washington : le dîner d’État donné en son honneur par Joe Biden à la Maison Blanche pour clore deux jours de rencontres protocolaires et politiques avec, au menu, la volonté partagée par les deux présidents d’afficher la solidité des liens entre les États-Unis et la France
Robes longues et smoking étaient de rigueur à la Maison Blanche pour le dîner d’État organisé à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron. Sous une tente dressée sur la pelouse, quelque 350 invités triés sur le volet parmi lesquels le réalisateur Claude Lelouch ou l’homme d’affaires Bernard Arnault étaient réunis autour des couples présidentiels américain et français.
Mets raffinés et sourires
Des mets raffinés, des sourires et les fameux toasts échangés par Joe Biden et Emmanuel Macron. « La France est notre première amie », lance ainsi le président américain. « Mon cher Joe, mon cher ami, et laisse-moi dire, vive les États-Unis d’Amérique, vive la France, et vive l’amitié entre nos deux pays », lui répond son homologue français.
Les deux présidents ont affiché leur proximité. Emmanuel Macron s’en est réjoui :« Je souhaitais vraiment remercier le président Joe Biden, parce que c’est un dirigeant avec lequel nous avons des discussions très franches et très directes. »
Porte ouverte
Des discussions franches dont Emmanuel Macron a profité pour aborder la question des conséquences pour les entreprises européennes du plan américain de subventions à l’économie. Joe Biden n’a rien cédé : « Les États-Unis ne s’excusent pas pour cette législation », tout en laissant la porte ouverte à des aménagements dans son application. Une manière de se montrer à l’écoute de son « ami » Emmanuel Macron qu’il a reçu pour la première visite d’État de son mandat.
À l’occasion de leur première rencontre depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, le président américain et son homologue chinois, Xi Jinping, ont tous les deux plaidé, lundi, pour une amélioration des relations entre Washington et Pékin, à la veille de l’ouverture du sommet du G20 à Bali, en Indonésie.
Taïwan, économie, Corée du Nord ou guerre en Ukraine : Joe Biden et Xi Jinping se sont parlé lundi 14 novembre pendant quelque trois heures. L’entretien, qualifié de « sincère » par la Maison Blanche, visait à aplanir les nombreux sujets de dissensions entre les deux puissances rivales.
Joe Biden a affirmé qu’une nouvelle Guerre froide n’était pas nécessaire, tandis que le dirigeant chinois assurait que Pékin n’avait pas l’intention de « changer l’ordre international existant ». Et la Maison Blanche a indiqué que le secrétaire d’État américain Antony Blinken se rendrait en Chine en début d’année prochaine, ce qui serait sa première visite en plus de quatre ans.
Les deux dirigeants se parlaient pour la première fois depuis que le président Biden est entré à la Maison Blanche, à la veille du sommet du G20 qui se tient mardi et mercredi sur l’île indonésienne de Bali.
Ces trois dernières années, la rivalité entre les deux plus grandes économies mondiales s’est intensifiée à mesure que la Chine gagnait en puissance et en assurance, remettant en question le leadership américain et la donne géopolitique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Alimentant les tensions, Pékin refuse de condamner l’invasion de l’Ukraine lancée en février par la Russie mais la Maison Blanche a affirmé avoir obtenu des assurances chinoises.
Pas d’invasion « imminente » de Taïwan
« Le président Biden et le président Xi ont réitéré leur accord sur le fait qu’une guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée, et ont souligné leur opposition à un recours ou une menace de recours aux armes nucléaires en Ukraine », a fait savoir la Maison Blanche dans un communiqué.
Joe Biden a par ailleurs exhorté Xi Jinping à encourager la Corée du Nord à se montrer « responsable ».
Le président américain ne croit pas que la Chine envisage une invasion « imminente » de Taïwan, a-t-il indiqué en donnant un compte-rendu positif de sa rencontre avec son homologue chinois.
Sur le plan bilatéral, le président américain a émis ses « inquiétudes » sur le respect des droits humains au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong, et a averti que les États-Unis « continueront d’opposer une concurrence vigoureuse » à la Chine mais estimé qu’il fallait « laisser ouverts les canaux de communication », a précisé la Maison Blanche. Il a été convenu que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, se rendrait prochainement en Chine.
L’entretien de lundi en marge du G20 a des relents de Guerre froide et la Maison Blanche a évoqué la nécessité d’établir les « lignes rouges » des deux pays pour disposer de « garde-fous » et éviter le basculement vers un conflit, selon un responsable de la Maison Blanche.
Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone ou vidéo à cinq reprises depuis que Joe Biden est entré à la Maison Blanche, mais jamais en face-à-face, et ils se connaissent depuis 2017.
Il s’agit du deuxième voyage du président chinois à l’étranger depuis le début de la pandémie, après une visite en Asie centrale en septembre.
La Chine avait déclaré lundi espérer que l’entretien remette les relations bilatérales « sur la bonne voie ».
Outre le refus de la Chine de condamner l’invasion russe, Washington et Pékin sont à couteaux tirés sur des questions allant du commerce aux droits humains dans la région chinoise du Xinjiang, en passant par le statut de Taïwan.
Joe Biden veut notamment pousser Pékin à jouer de son influence pour modérer la Corée du Nord, qui vient de procéder à une série record de tirs de missiles, semblant se préparer à conduire le septième essai nucléaire de son histoire.
Poutine grand absent
Le président russe, qui se fait représenter par son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, sera le grand absent de la réunion, qui se tient alors que l’armée russe bat en retraite dans le sud de l’Ukraine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky pourra directement plaider sa cause, s’exprimant par visioconférence.
Au minimum, Joe Biden et ses alliés veulent obtenir du sommet un message clair à Vladimir Poutine sur le fait qu’un conflit nucléaire est inacceptable. Malgré les déclarations de lundi, tout texte commun est susceptible d’être bloqué par l’opposition des Russes ainsi que le refus de Pékin de s’écarter de la position russe ou de paraître concéder du terrain à Washington.
Hôte du sommet, l’Indonésie a déjà averti qu’il ne fallait pas forcément s’attendre au traditionnel communiqué commun final qui conclut ce genre de rencontres.
Le président indonésien a appelé à la « flexibilité » des Européens et du G7 pour obtenir un accord.
La Russie devrait être sous pression pour étendre un accord permettant l’exportation de céréales et engrais par les ports de la mer Noire, longtemps bloqués par la guerre en Ukraine, qui parvient à expiration le 19 novembre.
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